‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 89 sur 204 · SEE · texte numérisé non relu

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danger de l’offenser par des démarches imprudentes. C'est aussi le caractère de ceux qui n’aiment pas le prochain, que de ne pas craindre de faire queique chose qui le gêne et le blesse.

Non est ambitiosa : La charité n'est point ambitieuse. La preuve qu'on aime Dieu, c’est quand on met sa gloire à le servir —sans rechercher avec avidité les distinctions et les honneurs, etc.— La preuve qu’on aime son prochain, c’est quand on est éloigné de vouloir s'élever à ses dépens. L’ambitieux n'aime personne chrétiennement : ni ses inférieurs, qu’il méprise; ni ceux qui sont au-dessus de lui, il ne s’attache à eux que par intérêt ; ni ses égaux, s’ils peuvent prétendre aux mêmes honneurs que lui, il s'en défie, et tâche de les supplanter.

La charité ne s'enfle point d'orgueil.—Pour aimer Dieu, il faut être humble, et reconnaître que tout ce que nous avons vient de lui. Pour aimer le prochain, il faut être humble aussi, car l’orgueil n'’inspire que du mépris pour les autres, et il fait prendre sur eux un airet un ton offensants... Se placer au dernier rang dans l'estime de sa propre personne.

Non quærit quæ sua sunt : La charité ne cherche point ses propres intérêts. Il ne faut pas prendre ces raots absolument à la lettre. Il est permis, sans doute, de nenager ses propres intérêts, mais dans de justes bornes... Dans la maladie, l’adversité, la persécution, il faut mettre au pied de la croix le désir bien naturel, sans doute, d’être plus heureux.

Il faut s’abandonner sans murmure à la conduite de la Providence ; ne vouloir aucunement que notre

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légères ne resse attentif s

Non ç late: La réjouit de de le voi s'afflige r pour le se on comp malheur.

prospérité nuise à la prospérité du prochoin, ou que la nôtre lui coûte des larmes.

Non irritatur : La charité ne s’emporte point. Se servir avec patience de tout ce qui arrive pour avancer dans les sentiers de la justice et de la vertu; regarder la main de Dieu dans les coups qui nous frappent ; ne pas s’irriter de l'indifférence, du mépris, des injures dont on est l’objet, ce sont là des marques de charité. La charité nous fait aimer nos ennemis mêmes. Il n'appartient qu'à l’amour-propre de se piquer, de se blesser, de s’irriter facilement.

Non cogitat malum : La charité ne pense mal de personne. Ce n’est pas à dire, que pour être charitable, il faille même consentir à être dupe. Il y a une méfiance qui n’est que de la sagesse et de la prudence. Mais ces paroles de l’Apôtre : ‘‘ La charité ne pense mal de per:onne,” sont contre ces censeurs mains, qui ont toujours les yeux ouverts sur les défauts de leurs frères, et qui soupçonnent le mal sur les plus légères apparences. Le zèle et l’amour de ses frères ne ressemblent en rien à cette malignité qui rend si attentif sur leurs démarches.

Non gaudet super iniquitate, congaudet autem veritate : La charité ne se réjouit point de l'injustice, elle se réjouit de la vérité. Quand on aime Dieu, on s’aflige de le voir offensé. On se peine des désordres : on safflige même si on s'aperçoit qu’on a peu d’ardeur pour le service de Dieu. Quand on aime le prochain, on compatit à ses peines, à ses souffrances, à son malheur.

Omnia suffert, omnia credit, omnia sperat, omnia sustinet : La charité supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, bou souffre tout.

II1° QUALITÉS DE LA CHARITÉ, continuées.

Elle supporte tout. La simple amitié rend les peines légères : la charité va jusqn’à les faire aimer. Elle fait qu’on ne se rebute pas des grossièretés et des imperfections du prochain, mais qu'on attend le moment propice de le corriger de ses défauts.

La charité croit tout, espère tout. Une foi humble et soumise est l'accompagnement de cette vertu. Quand on est disposé à observer les obligations que la loi prescrit, on ne se fait pas incrédule. On est, au contraire, heureux de sa foi, parce au’elle. fait espérer des biens ineffables, éternels. ,

Enfin la charité souffre tout. Pour aimer Dieu comme il mérite d’être aimé, il faut supporter les épreuves.—Épreuves de l’âme,—ces désolations si tristes.—Épreuves du cœur,—ces tentations, etc.— Épreuves du corps, —ces infirmités, —ces langueurs.— La charité souffre tout. —Elle rend martyr de l’amour de Dieu et du prochain.

Oh ! que les qualités de la charité sont précieuses et saintes ! qu’il est important de les bien étudier, pour ne pas s’abuser, en prétendant avoir la charité sans en remplir néanmoins les devoirs. D'après ce que vous venez d'entendre, voyez donc si vraiment vous possédez ce premier des dons de Dieu.

Voyez, et dites vous-mêmes si vous avez vaincu en

rité; si lans les êtes bon des avant vous sup

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vous les vices que la charité repousse loin d’elle? Ne portez-vous envie à personne ? Ne mettez-vous pas dans vos actes de l’inconsidération ou une pétulance téméraire ? Ne vous enflez-vous pas d'orgueil ? L’ambition ne vous fait-elle rien faire d’odieux ou d’injuste ? Les intérêts de votre amour-propre ne passentils pas, dans votre conscience, avant ceux de Dieu ? Si l’on vous blesse, ne vous vengez-vous pas de suite ? Ne soupçonnez-vous pas trop facilement le mal ? Enfin, ne vous réjouissez-vous pas de l’adversité d’autrui ?

Voyez aussi si vous pratiquez ce que prescrit la cha-

rité, si vous êtes patientes dans les contradictions,

lans les peines et les souffrances de cette vie ; si vous êtes bonnes et bienfaisantes ; si vous vous réjouissez des avantages de votre prochain comme des vôtres ; si vous supportez ses défauts, etc.

La religion attend de vous que vous donniez des preuves de votre amour de Dieu, tous les jours de votre vie, et surtout dans ces jours que l’Écriture appelle ‘‘ jours de salut, jours favorables.”

En méditant ces qualités et caractères de la vraie

charité, il faut s’exciter à des sentiments de regret d'y

avoir souvent manqué, et peut-être d’être éloigné de les posséder. Il faut gémir sur les désordres du monde, et sur ses vices si opposés à la charité. Il faut s'adonner aux actes et à la pratique de la réparation, pour ses propres faules, et pour les fautes centre l'amour envers Dieu et la charité envers le prochain.

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Nunc autem manent fides, spes, caritas; tria hæc :

major autem horum est caritas. (1. Cor., XIII, 43.) “hs La foi, dit saint Augustin, jette ies fondements de la pe maison de Dieu, l'espérance élève l’édifice, la charité . ? y. met le comble et la perfection. La La vertu, dit saint François de Sales, c’est d’aimer Die Dieu ; la perfection, c’est d'aimer Dieu ; en un mot, hs c'est à aimer que tout consiste. Le salut est montré à h la foi, il est préparé à l’espérance, mais il n’est donné + we qu’à la charité. 2 à êtes s LEN CARACTÈRES DE LA VRATE PIÉTÉ, FAISANT ge NATURELLEMENT SUITE À L'INSTRUCTION ET MÉ- DITATION SUR LES CARACTÈRES ET LES QUALI- La TÉS DE LA CHARITÉ. ; reçoit Pour connaître les caractères de la vraie piété, il maladi faut étudier ce que dit saint Paul des caractères de la sb: charité. Car la piété chrétienne n’est autre chose que sde la charité et l’amour.—Sujet d'instruction vraiment Domine important. # va!

1° La piété est patiente. La pitié est produite par la “s inte charité. Elle est son fruit. Elle a donc sa nature, ses cours d qualités, son caractère. Or, la charité est patiente, sax or donc aussi la piété. Patience, mot d’un grand sens : sages dé signification d'une grande étendue. Patiens veut dire du pre qui souffre, endure, supporte. Que faut-il souffrir, qualités endurer, supporter, pour être vraiement pieux? Il mur le faut commencer par supporter Dieu et sa volonté, — coup d' ses perfections adorables, —sa providence... souffrir ap ce qu’il fait, — vouloir ce qu'il veut, — être soumis à eur gr Christ, s

ses ordres, quelque pénibles à la nature qu'ils paraisles plus

sent. Dieu règle tout... dans sa sagesse infinie. — Rien n'arrive que par sa volonté ou permission. Pas un cheveu ne tombe de notre tête sans sa permission. Il gouverne tout.

Mais nos désirs sont contrariés par les désirs de Dieu, par les ordres de Dieu, par la providence de Dieu.—Beaucoup de choses coutrarient nos vœux, nos penchants, nos désirs. Il faut que notre volonté sache toujours dire : en me contrariant, mon Lieu, vous êtes sage, bon, miséricordieux.— Vous agissez pour votre gloire et pour mon bien : je supporte, c'est un devoir sacré.

La vraie piété ne se fâche pas contre Dieu, mais recoit le bien et le mal en adorant... la pauvreté, la maladie, les douleurs, les pertes, les privations, les intempéries des saisons, les événements pénibles, Elle est toujours tranquille, patiente, résignée. Sit nomen Domini henedictum !

A ces caractères sont opposés les murmures, révoltes intérieures, plaintes; enfin les sentiments et discours détiotant un manque de soumission à la volonté, aux ordres, dispositions et décrets toujours infiniment sages de la Providence.—La piété est patiente à l'égard du prochain, supporte ses défauts naturels, mauvaises qualités, procédés peu convenables.… Elle travaille pour le bier. du prochain malgré peu de goût et beaucoup d'obstacles. Elle voit en ses frères l'image de la personne de Jésus-Christ,les aime malgré leurs défauts, leur grossièreté, leur ingratitude. Elle imite Jésus- Christ, si bon avec ses apôtres, même avec scs ennemis les plus acharnés. La vraie jicté supporte les supé-

rieurs, les égaux et les inférieurs, sans murmurer ni se plaindre ; elle souffre, supporte, endure tout.— Enfin, la vraie piété est patiente à l’égard d'elle-même. Elle souffre, avec calme, tout ce qu’elle ressent : propres misères, imperfections, faiblesses, moments de tristesse profonde, langueurs, difficultés, obstacles. Elle ne se rebute pas, ni ne fait entendre de plaintes amères, à propos même de ce qu’il y a de plus pénible dans la ‘ie. Elle se console par l'attente des pures joies de l'éternité. O heureuse disposition ! sort enviable ! Les âmes où règnent une piété semblable sont de Dieu,

sont de Jésus-Christ et à Jésus-Christ. créatt

2° La piété est douce. —‘‘ Bienheureux ceux qui sembl sont doux,” a dit Jésus-Christ.” ‘‘ La charité est La douce,” a dit saint Paul. La douceur est fille de la core 1

bonté. La bonté est dans le cœur, dans l’âme ; la dou- mal, ceur, dans les formes extérieures. La bonté est la sève ; nit, sa la douceur le fruit. La bonté est une qualité morale les ref qui porte à faire du bien, à être facile, indulgent; c’est la bienveillance du cœur.—L’objet de la bonté est tout le monde. La bonté de Jésus est répandue sur tous, méchants, pauvres, délaissés.— Le cœur de Jésus La j: est le siège de la bonté parfaite, de la bonté divine. —Ce de cœu qui nous rend bons, de méchants par nature, ce sont cès, des les sacrements.. Ils nous régénèrent par la grâce et remarq font de nous des créatures nouvelles capables de bonté. ressent

\, Mais la bonté est une vertu, il faut l’acquérir avec La jalo ‘travail, par bien des violences ; par des combats sou- de préf tenus. Ainsi l’homme devient bon comme il devient qu’on a humble, patient, chaste :—comme il devient saint. tage des

Sans doute, sans travail point de sainteté, ni de véri- entenda

table piété. La bonté doit se prouver par la douceur f# dans les discours, par les manières, par tous les mauvements. La douceur est dans le regard ; les yeux sont son siège ; elle est dans le geste, le maintien; elle règne sur les lèvres qui distillent par elle un baume délicieux. Pour être une vertu, la douceur doit être produite par la bonté... Sans la bonté, la douceur n’est que ruse, finesse, hypocrisie.—La vraie piété est donc bonne, douce, à l'exemple de Jésus-Christ. Oh ! que de grâces, de trésors, de hénédictions elle renferme ! La bonté, c'est de l’amour ; de l'amour se répandant sur toute créature capable de glorifier Dieu. Elle est une ressemblance avec Dieu, avec Jésus-Christ.

La bonté n’est pas de la faiblesse, et l1 douceur encore moins.— Bon, doux, et fort — ferme contre le mal, voilà la règle. La bonté reprend, corrige, == pu- ‘ nit, sans irriter,— faisant aimer les représentations, les reproches. ñ

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