LES ANTILLES ET L'ATLANTIQUE
218. Charles Philippe de Kerhallet, capitaine de vaisseau. Manuel de la navigation dans la mer des Antilles et dans le golfe du Mexique. 2' édit. Paris 1864, in-8, xxvii-502 pages, avec 5 cartes (t. III et dernier. — Bossange).
Publications da ministère de la marine.
219. Charles Sainte-Claire Dbville. Hypsométrie des Antilles. Paris,
1864, in-4.
Extrait du Voyage géologique aux Antilles et aux Hes de Ténériffe et de Fogo.
220. W. H. Rosser. The Atlantic Directory; being the physical geography and meteorology of the North and South Atlantic, together with Sailing Directions for the principal ports.... Lond. 1864, in-8 (Imray).
l'année GéooR. ni. 19
221. Archives de la commission scientifique du Mexique, publiées sous les auspices du ministère de Tinstruction publique. Paris, impr. impér., grand in-8 (t. I, 1" et 2* livraison).
Voici l'indication des principaux documents contenus dans ces deux premiers cahiers :
Documents officiels relatifs à la création de la Commission.
Instructions sommaires sur l'anthropologie, — la zoologie, — la botanique, — la géologie et la minéralogie, — la médecine, — la météorologie et la physique du globe, — la géographie, — Téconomie politique et la statistique.
Note sur l'exploration hydrographique des côtes du Mexique, par M. le vice-amiral Jurien de la Gravière,
Esquisses d'histoire, d'archéologie, d'ethnographie et de linguistique, par M. l'abbé Brasseur de Bourbourg.
Kenseigncmcnts destinés aux voyageurs qui auront à étudier les monuments anciens situés dans les environs de Mexico, par M. le baron Gros.
Note pouvant servir à l'exploration des anciens monuments du Mexique, par M. César Daly,
Instructions météorologiques rédigées et publiées par rAssociation pour l'avancement de l'astronomie, de la physique et delà météorologie.
Rapport sur l'état actuel de la géographie du Mexique, et sur les études locales propres à perfectionner la carte du pays, par M. Vivien de Saint 'Martin,
222. Franz Ritter von Hauslab. Ueber die Bodengestaltung in Mexico, und dcren Einfluss auf Vcrkehr und militxrischen Angrifî und Vertheidigung. Wien, 1864, in-8, 23 pages et 3 cartes,
Coup d'œil sur la géographie militaire du Mexique.
223. D. JouROANET. Le Mexique et l'Amérique tropicale. Climats, hygiène et maladies. Paris, 1864, in- 18, vin-459 pages.
224. Coleccion de documentes relatives al descubrimiento, conquista y colonizacion de las posesiones espanolas en America y Oceania, sacados en su mayor parte del Real Archive de Indias, bajo la direccion de les Sres Don Jeaiquim F. Paghioo y Don Francisco de Gardbnas, y de Don Luis Torrbs de Mkndoza. Madrid, 1864, in-4.
T. I, fascicules 1-3. Chaque fascicule se compose de f 2 feuilles, ou
IIEXIQUE. 291
225. D. Francisco Pimentel. Cuadro descriptivo y comparativo de las lenguas indigenas de Mexico. Mexico, 1862, in-8. lii-541
pages. (T. I).
Après ane introduction, dans laquelle Tauteur trace nn aperçu des récentes études de philologie tomparée en Europe, mais où Ton voudrait aussi quelques vues nettement formulées sur la philologie et l'ethnologie mexicaines, ce premier volume d'un ouvrage qui doit en avoir trois consacre un article particulier à chacune des douze langues suivantes : lehuaxtec, le miztec, le marné ou zakiohpakap, l'othoml ou hià-hioû, le mexicain, appelé aussi nahuati ou aztec, le totonac, le tarasc, le zapotec, le tanihoumar, l'ôpata ou tégouima, le cahita, et le matlazinca ou pirinda. Sur chacune de ces langues, M. Pimentel donne un court aperçu historique et géographique, suivi d'une grammaire et de quelques notes. Pas de vocabulaires.
226. Du même : Vocabulario manual de la lengua Ôpata. Boletin de la sociedctd Mexicana de Geografia y EstadUtica, t. X, n..4, 1864, p. 287-313.
227. J. C. E. BnsGHMANN. Grammatik der Sonorischen Sprachen; vorzûglich der tarabùmara, tepegouana, cora und cahita. 1 Abtheilung : Das Lautsystem. Berlin, 1864, in-4.
Extrait anticipé des Mémoires de l'Académie de Berlin. Sur les nombreux travaux de lingnistiqne américaine du D' Buschmann, voir cidessus, p. 38.
228. Don Manuel Orozco t Bbrra. Memoria para la carta hidrogràfica del Valle de Mexico (fin). Boletin de la soc, Mexic, de Geo^ grafia, t. IX, n" 6, 1863.
Voir ci-dessus, p. 31.
229. Francisco Diaz Covarrubias, ingeniero geôgrafo, y director de la comision del Valle de Mexico. Determinacion de la posicion geografica de Mexico. Ibid. t. X, n« 3, 1864, p. 144-197.
Voir ci-dessus, p. 43. — Le mémoire sa termine par la liste des déterminations en latitude et longitude des points les pins notables, au nombre de 33, de l'intérieur de Mexico et des environs de la ville.
230. Sylvester Mowry of Arizona. The geography and resources of Arizona and Sonora. San Francisco (and New Yorli), 1863, in-8. 124 pages. (Map.)
Réimpression. Voir notre i^ Année ^ p. 366, no259.
231. La Sonora; étendue, population, climat, produits du sol, mines, tribus indiennes, etc. Par W. F. Nyb. Ouvrage traduit de l'anglais et accompagné de notes. Suivi d'une Notice sanitaire et géographique sur le port de Panama, par A. de Zeltner, consul de France à Panama. Paris, 1864, in-8, 94 pages.
Extrait de la Revue Britannique,
Le fond de ces diverses publications sur la province de Sonera, importante par ses mines, est le grand travail de Velasco. Voir ci-dessus, p. 21, et notre f Années p. 366.
^32. Baron J. W. voa MÙller. Reisen in den Vereinigten Staaten, Canada und Mexico. Leipzig, 1^64, 3 vol. in-8, avec plans et figures.
Voir ci-dessus, p. %1.
233. C. CoMBiER. Voyage au golfe de Californie.... Paris (1864), in-8, xvi-544 pages. Carte.
234. Bolelin de la sociedad mexicana de Geografia y Estadlstica. t. X. Mexico, 1863-64, cah. 1-6, iD-4.
Voici l'indication des morceaux spécialement géographique ou ethnographiques que contiennent ces six fascicules (à Texception du n* % qui n*est pas venu dans nos mains) :
Dictamen del sr. socio D. Franc. Diaz Covarrubiaz sobre el estableeimiento de observatorios meteorologicos. — Instrucciones para hacer las observaciones meteorologicas, adoptadas por el Instituto Smithsoniano, y traducidas por Fr. Jimenez. — Determinacion de la posicion geografica de Mexico, etc. (ci-dessus, n» 229). — Yocabulario de la lengua Opata, etc. (ci-dessus, n* 226). — Cartas para servir de intioduccion a la historia primitiva de las naciones civilizadas de la America setentrional, por el Abate E.C. Brasseur de Bourbourg. — Descripcion de la ciudad de Umapan, en el departamento de Michoacan.— Itinerario medido y rectificado con el auxilio del odometro, por el sr. D. Joêé de Salas (de Mexico à Matamores par San Luis Potoii. De Mexico à Zaeatecas. De Zacatecas à Mazapil par Fresnillo. De Zacatecas à Real de Catorce).
235. Carta gênerai de la Repùblica Mexicana, formada por Ant. Garcia y Cubas (Mexico), 1863. 4 feuilles grand format (au 2 ,362,000% 0%047 environ au degré).
Accompagné d'un Mémoire (166 pages in-8) où Tuuteur rend compte de la construction de la carte en termes un peu généraux, et où se trouvent consignés uneisérie d'itinéraires odométriques. Un plan détaillant la route de Mexico à San Blas, sur la côte de TOcéan, accompagne le Mémoire.
236. V. A. Malte-Brun. Essai d'une carte ethnographique du Mexique, d'après les travaux de Clavigero, de Humboldt, de Beltrami, de Stephens, de Duflot de Mofras et de Brasseur de Bourbourg. (Paris), 1864. l feuille.
Nous aurions à nous arrêter longuement sur les travaux scientifiques que rexpédition française inaugure au Mexiquei si déjà nous n'avions touché spécialement ce sujet dans le morceau qui sert d'introduction à notre présedt volume. Ce
ne sont ni des sujets ni des territoires que nous sommes allés chercher sur la terre meiicaine; mavs la conquête que nous ne demandons pas à nos armes, nous la demandons k la science. Cette mission scientifique si digne d'un grand siècle et d'une grande nation, la France, depuis soixante ans, en a partout donné l'exemple. Elle l'a remplie en Egypte par la publication de l'ouvrage célèbre qui a été le point de départ des études hiéroglyphiques; elle l'a remplie en Asie par les fouilles qui ont rendu à la lumière les restes oubliés de la civilisation assyrienne, et qui ont contribué puissamment k l'avancement des études cunéiformes; elle l'a remplie en Algérie par la restitution des vieux souvenirs de Garihage et de Bome, et de ceux de la race aborigène; elle l'a remplie en Grèce et en Asie Mineure par de fructueuses recherches, par de belles publications, et mieux encore par l'institution de cette École d'Athènes qui est devenue pour les contrées helléniques une pépinière de profonds investigateurs. Ce que la France a fait dans tant de foyers éteints des grandes civilisations antiques, une noble inspiration a voulu qu'elle le fasse sur la terre mexicaine.
Pour ne pas remonter, comme les souvenirs de TËgypte et de Babylone, aux premiers âges des traditions humaines, ni s'envelopper du prestige des souvenirs classiques, le nouveau théâtre sur lequel vont se porter nos explorations n'en mérite pas moins de prendre rang à côté des grands foyers historiques de l'ancien monde. A l'époque où Fernand Gortez, cet héroïque aventurier, fit avec une poignée d'Espagnols la conquête du vaste empire de Montézuma, le Mexique était le siège d'une civilisation très-remarquable, au moins par ses côtés extérieurs et matériels. Le pays avait de grandes villes, des routes, des canaux, toute une organisation poUtique, de grandes cultures, une industrie fort avancée dans certaines directions, un déploiement de luxe et d'apparat propre k frapper les yeux, quoiqu'on y pût découvrir plus d'une réminiscence de la vie barbare.
29(l AMÉRIQUE DU KORD.
Pour Goriez et ses compagnons ce fat un spectacle merrailleuxy t&nt une pareille société était différente de tout ce qns les Espagnols avaient vu jusqu'alors au Noaveaa-Monde. Comme toute société organisée, la nation de Monténum avait sou histoire et ses monuments. Les monuments, tons (l'un caractère religieux, étaient des constructions massÎTei dont la forme pyramidale rappelait celles de la ?allée du Nil ; les souvenirs historiques étaient consignés dans des livres écrits en caractères symboliques, dont Tintelligenoe fUait réservée aux prêtres du pays et aux personnages ))rincipaux de la nation. L'écriture proprement dite, Técrilure alphabétique, n'existait pas. Aujourd'hui la première ])uusée serait de recueillir précieusement ces documents du ])a8bé, pour y chercher les origines du peuple conquis; les l']H}jagnol$ du seizième siècle avaient d'autres préoconptlions. Sous Tinfluence d'un monachisme ignorant, ces livres eu signes inconnus d'un aspect étrange furent regardés — ce sont les expressions du temps — comme une œuvre da d('inon propre à entretenir lesindigènes dans leurs croyanoes ])aïennes. Ils furent frappés de la même sentence que les hérétiques, le bûcher. Tous les manuscrits mexicains que Ton put découvrir furent détruits. Très-peu échappèrent h cette proscription inepte. Heureusement plusieurs des chefs convertis, qui possédaient encore quelques-uns de leurs livres nationaux ou qui en gardaient fidèlement le contenu ilans leur mémoire, voulurent consigner par écrit les fastes de leur patrie. Ils rédigèrent en espagnol des histoires ([ue les archive» de Mexico ou de Madrid ont conservées, et (|ui de nos jours ont été pour la plupart traduites en iVau(;ais Hur les manuscrits et publiées par un homme qui a bien mérité de la science historique, M Ternaux Gom- ])ans. Nous pouvons apprécier ainsi en pleine connaissance ce qu'était l'histoire mexicaine. Les annales de la dynastie régnante au temps de la conquête espagnole, paraissent avoir été fidèlement conservées; cela remonte à deux cents
COMMISSION SCIENTIFIQUE DU MEXfQUE. 295
ans environ avant Gortez. Les temps antérieurs appartiennent à d'autres races, et on n'en a plus que des notions vagues, d'autant plus vagues, quant aux faits et aux époques, qu'on s'enfonce plus avant dans le passé. Il est question de grandes migrations successives sorties des contrées du Nord et qui s'étaient tour à tour abattues sur le Mexique, — sur l'AnahuaCy comme on nonmiait le platteau central oti s'élève Mexico. La plus ancienne de ces migrations, la première du moins dont on eût gardé le souvenir positif, était celle des Tolteks; après ceux-là étaient venus les Tchichimeks, puis les Âzteks qui étaient la race de Montézuma. L'origine de la civilisation mexicaine est rapportée aux Tolteks. Les Tchichimeks; qui les expulsèrent, ramenèrent avec eux la barbarie ; et enfin la première civilisation avait repris le dessus avec la domination aztèque. Ces vieux souvenirs sont tout à la fois mêlés d'embellissements légendaires qui éveillent à bon droit la défiance de la critique, et de circonstances archéologiques et géographiques dont la réalité a été constatée par des découvertesrécentes. Il y a là, comme dans les premiers souvenirs de la Grèce et de Rome, un fond réel que la transmission orale a plus ou moins déuaturé, comme cela arrive toujours aux traditions que récriture n'a pas fixées. Au total, les origines mexicaines, telles que les chroniqueurs indigènes du seizième siècle nous les ont transmises, nous offrent une énigme historique pleine d'obscurités, — une énigme que nous ne croyons pas insoluble, tant s'en faut, mais qui jusqu'à présent n'a guère été abordée qu'à travers des préoccupations étrangères ou des vues systématiques.
La création d'une Commission scientifique rattachée à notre expédition du Mexique est une pensée généreuse ; elle sera Thonneur du gouvernement qui la conçue et du ministre qui Ta organisée. La Commission a été constituée par un décret impérial du 29 février ; elle siège à Paris et a pour objet d'éclairer par des instructions précises les
Pour Gortez et ses compagnons ce fut un spectacle merveilleuXy t&nt une pareille société était différente de tout ce que les Espagnols avaient vu jusqu'alors au Nouveau-Monde. Gomme toute société organisée, la nation de Montézuma avait sou histoire et ses monuments. Les monuments, tous d'un caractère religieux, étaient des constructions massives dont la forme pyramidale rappelait celles de la vallée du Nil ; les souvenirs historiques étaient consignés dans des Uvres écrits en caractères symboliques, dont Tintelligence était réservée aux prêtres du pays et aux personnages principaux de la nation. L'écriture proprement dite, l'écriture alphabétique, n'existait pas. Aujourd'hui la première pensée serait de recueillir précieusement ces documents du passé, pour y chercher les origines du peuple conquis ; les Espagnols du seizième siècle avaient d'autres préoccupations. Sous l'influence d'un monachisme ignorant, ces livres en signes inconnus d'un aspect étrange furent regardés — ce sont les expressions du temps — comme une œuvre du démon propre à entretenir lesindigènes dans leurs croyances païennes. Ils furent frappés de la même sentence que les hérétiques, le bûcher. Tous les manuscrits mexicains que l'on put découvrir furent détruits. Très-peu échappèrent à cette proscription inepte. Heureusement plusieurs des chefs convertis, qui possédaient encore quelques-uns de leurs livres nationaux ou qui en gardaient fidèlement le contenu dans leur mémoire, voulurent consigner par écrit les fastes de leur patrie. Ils rédigèrent en espagnol des histoires que les archives de Mexico ou de Madrid ont conservées, et qui de nos jours ont été pour la plupart traduites en français sur les manuscrits et publiées par un homme qui a bien mérité de la science historique, M Ternaux Gompans. Nous pouvons apprécier ainsi en pleine connaissance ce qu'était l'histoire mexicaine. Les annales de la dynastie régnante au temps de la conquête espagnole, paraissent avoir été fidèlement conservées; cela remonte à deux cents