COMMISSION SCIENTIFIQUE DU MEXIQUE
ans environ avant Gortez. Les temps antérieurs appartiennent à d'autres races, et on n'en a plus que des notions vagues, d'autant plus vagues, quant aux faits et aux épo-* ques, cpi'on s'enfonce plus avant dans le passé. U est question de grandes migrations successives sorties des contrées du Nord et qui s'étaient tour à tour abattues sur le Mexique, — sur rAnahuae, comme on nommait le platteau central où s'élève Mexico. La plus ancienne de ces migrations, la première du moins dont on eût gardé le souvenir positif, était celle des Tolteks; après ceux-là étaient venus les Tchichimeks, puis les Âzteks qui étaient la race de Montézuma. L'origine de la civilisation mexicaine est rapportée aux Tolteks. Les Tchichimeks, qui les expulsèrent, ramenèrent avec eux la barbarie ; et enfin la première civilisation avait repris le dessus avec la domination aztèque. Ces vieux souvenirs sont tout à la fois mêlés d'embellissements légendaires qui éveillent à bon droit la défiance de la critique, et de circonstances archéologiques et géographiques dont la réalité a été constatée par des découvertesrécentes. Il y a là, comme dans les premiers souvenirs de la Grèce et de Rome, un fond réel que la transmission orale a plus ou moins dénaturé, comme cela arrive toujours aux traditions que l'écriture n'a pas fixées. Au total, les origines mexicaines, telles que les chroniqueurs indigènes du seizième siècle nous les ont transmises, nous offrent une énigme historique pleine d'obscurités, — une énigme que nous ne croyons pas insoluble, tant s*en faut, mais qui jusqu'à présent n'a guère été abordée qu'à travers des préoccupations étrangères ou des vues systématiques.
La création d'une Commission scientifique rattachée à notre expédition du Mexique est une pensée généreuse ; elle sera l'honneur du gouvernement qui Ta conçue et du ministre qui l'a organisée. La Commission a été constituée par un décret impérial du 29 février ; elle siège à Paris et a pour objet d'éclairer par des instructions précises les
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recherches à faire, de même que plos tard elle aura à préparer pour la publication d'un grand ouvrage les travaux qu'elle aura reçus de ses voyageurs. On peut suivre ses actes et prendre une idée de ses travaux dans les Archives quelle publie dès aujourd'hui (n*" 221). L*action de la Commission ne dépasse pas les limites du Mexique, et le champ est assez large ; mais les études sévères et précises qu'elle doit inspirer et diriger deviendront, on n'en saurait douter, la base ou le point de départ de bien des investigations ul« térieures. Elle aura inauguré les études américaines.
Nous reprenons ainsi la tâche admirablement ébauchée, il y a soixante et un ans^^par Alexandre de Humboldt, et dont l'illustre explorateur légua l'achèvement à l'avenir. C'est une succession glorieuse que la France, dans la position où les circonstances l'ont placée, ne pouvait décliner.
Que nous resterait-il de notre expédition d'Egypte sans le monument littéraire où l'intuition divininatrice de Ghampollion a su retrouver le secret des siècles? A notre tour, restituons à la science les monuments de la terre mexicaine; ils trouveront, eux aussi, leur Champollion.
Le Mexique lui-même, ému d'une généreuse émulation, entre avec chsdeur dans la «roie des travaux scientifiques. La société de Géographie qui a son siège à Mexico a publié, dans les deux derniers volumes de ses mémoires (les tomes IX et X; — voyez à la bibliographie, ci-dessus, le n*" 234), des travaux d'une véritable importance sur la géodésie de la Vallée de Mexico, et sur d'autres sujets qui touchent à la météorologie, à l'histoire naturelle, à l'ethnologie, 4l l'histoire, à l'économie sociale. Un membre éminent de la société, M. Garcia y Cubas, auteur bien connu d'un Atlas mexicain ^, adonné en 1863 une grande et belle carte du nouvel Empire à une échelle beaucoup plus large que la carte d'ensemble de son Atlas (n"" 235) ; nous pouvons con-