‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 113 sur 368 · LA PLAT A · texte numérisé non relu

LA PLAT A

débordé comme en 1825j et une barque nous ramène enfin dans la ville de ce nom , capitale actuelle de la Confédération, et terme désiré de ce rude, mais instructif voyage.

Comme la première, cette seconde excursion n'a pas duré moins de deux années.

M. Martin de Moussy dit ailleurs :

Peut-être, au point de vue de la science pure, pourra-t-on trouver incomplètes nos notes sur la géologie, la minéralogie et Thistoire naturelle. Nous rappellerons que notre travail s'adresse à des masses , et non à un petit nombre de savants ou d'hommes spéciaux. Nous avons eu à cœur de nous conformer au désir généralement exprimé, et que nous éprouvions nousmême, à savoir : que ce livre devint un guide exact et sûr entre les mains des immigrants qui viendraient apporter dans La Plata leurs capitaux et leur industrie , un manuel d'une utilité immédiate et pratique qui leur enseignât, sous une forme claire et précise, les ressources de ce pays fertile et salubre, et les progrès matériels dont il est promptement susceptible. Nous avons décrit enfin tout ce qui existe , et indiqué ce qu'on peut faire dès aujourd'hui, surtout avec Paide d'éléments européens.

Nous disons avecl'aide d'éléments européens, ajoute l'auteur : c'est d'Europe en efi'et que nous vient la lumière, et l'Amérique doit nécessairement puiser chez elle tous les enseignements, tous les moyens d'amélioration matérielle, intellectuelle et morale que l'expérience d'une longue série de siècles y a accumulés. Mais c'est plus particuHèrement vers la France , à laquelle tant de liens moraux — religion, instincts, aptitudes, analogies de langage et d'origine, — rattachent les États sud-américains, que se portent les sympathies de ces populations. Et ce sentiment prend d'autant plus d'empire, que la facilité chaque jour plus grande des communications maritimes, le développement des rapports intellectuels et des transactions, commerciales, rapprochent davantage les deux continents. Nulle part, peutêtre, la langue française, devenue celle de la diplomatie et de la science, ne reçoit une extension plus marquée que dans les régions platéennes, où son enseignement est aujourd'hui la base de toute éducation un peu avancée. Aussi, suivant la pensée du gouvernement argentin, avons-nous écrit cet ouvrage en français, sûr qu'il sera parfaitement compris en Amérique, et qu'il trouvera en Europe un bien plus grand nombre de lecteurs que s'il eût été écrit en espagnol.

S k. Les lignes de grande communication commerciale entre la Plata et le Chili.

fitades et projets. L'avenir de l'Amérique.

Par ce qui précède, on voit que nul mieux que le D' Martin de ^oussy n'était en état de parler avec pleine autorité des études et des travaux qui s'élaborent dans cette partie de r Amérique pour établir, il travers la chaîne des Andes, une communication régulière entre les provinces Argentines et le Chili ; comme dans le continent du Nord, le gouvernement de Washington faisait rechercher , il y a quelques années, les meilleures lignes de grande communication entre les états du Mississipi et la Californie ; comme, dans Tisthme central, on étudie depuis longtemps les différents points favorables à une coupure inter-océanienne. Car un même besoin se manifeste aujourd'hui chez tous les peuples policés, un besoin qui domine les rivalités nationales et les inimitiés politiques , celui des communications faciles, rapides , habituelles , à travers les continents et les mers, au profit du commerce du monde et de la civilisation générale.

Dans les Andes chiliennes, quatre points principaux ont été proposés et partiellement étudiés : Tun à la hauteur de Caldera aux environs du 27'' parallèle (n"" 249) ; un autre, (le col de Planchon), plus méridional de 200 lieues, sous le 35* parallèle environ (n"" 248) ; le troisième , à lapasse de Rinihué, encore plus méridionale de 120 lieues, aux environs du40« degré de latitude, c'est-à-dire sous le parallèle de Valdivia (n"" 247) ; le quatrième , enfin, à 35 lieues au sud du précédent et presque àTextrémité du territoire chilien, suivrait le col de Bariloche près du lac de Nahueihuapi. Ce dernier projet a été particulièrement étudié par M. Cox, un habile ingénieur chilien , dont la relation (u*" 246} a été l'objet d'un rapport substantiel du D' Martin de Moussy à la Société de géographie (n*» 245).

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