On peut voir à ce sujet notre précédeote. iinn^e, p
pas en doute la conviction de M. Duchinski, ni sa parfaite bonne foi, ni même sa science historique; mais M. Duchinski est Polonais, Polonais réfugié. Dans des recherches où la rigoureuse impartialité historique est une condition absolue, c'est, noas le craignons, beaucoup attendre de la nature humaine, si Ton demande que les souffrances, les regrets, le vif amour de la patrie absente et de ses frères opprimés, disons le mot, que la haine de la pation asservie contre le peuple dominateur, s'effacent devant le froid esprit d'examen. C'est ainsi qu'entraîné par des inspirations qui ne sont pas celles de la science pure, — et si celles-là sont quelque part strictement nécessaires, c'est à coup sûr dans les difficiles investigations qui touchent aux origines des peuples, — c'est ainsi, disons-nous, qu'on arrive à des théories parfaitement étrangères à la réalité des faits, et qu'en voulant plier les faits à ses théories on aboutit aux conséséquences les plus bizarres, — par exemple, à classer les Chinois, peut-être le plus ancien des peuples agriculteurs, parmi les races « à dispositions nomades. » £t l'on ajoute « qu'au point de vue physiologico-psychologique et physiologico-moral, les Moscovites font partie intégrante des Chinois. » Au reste, et cela seul mettrait hors de doute, s'il en était besoin, la bonne foi parfaite de M. Duchinski, il faut convenir que s'il ne reconnaît pas toujours la force des objections que soulèvent ses étranges théories ethnologiques, ces objections, du moins, il ne les a jamais dissimulées. C'est ainsi qu'on trouve dans son livre, de la page 131 à 134,' un passage tout entier transcrit d'un écrit de Proudhofi, qui est la réfutation la plus vigoureuse, la plus complète et la plus péremptoire des récentes théories polonaises sur les limite^? de la nationalité slave.