‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 138 sur 368 · FRANCE. BIBLIOGRAPHIE LINGUISTIQUE · texte numérisé non relu

FRANCE. BIBLIOGRAPHIE LINGUISTIQUE

rixutitnt. Dans la nouvelle édition, le glossaire du Centre de la France a été revu avec soin, amélioré encore sur beaucoup de points et notablement augmenté. Il est précédé d'une introduction qui a été lue à l'Académie française le 26 avril iseh, et dans laquelle Tautenr donne les détails nécessaires sur le plan de son travail et sur les perfectionnements qu'il a reçiis. Ce glossaire, dans sa forme actuelle, présente le résultat définitif des recherches de M. le comte Jaubert sur le dialecte du centre delaFrance, et ces recherches contribueront certainement à faire mieux connaître ces anciennes formes provinciales de la langue française, dont l'étade est regardée, avec raison, comme un des fondements de la linguistique.

490. H. Beadchet-Filleau. Essai sur le patois poitevin, ou petit Glossaire de quelques-uns des mots usités dans le canton de Chef-Boutonne et les communes voisines. Melle, 1864, in-8, xvi-288 pages.

491 . Aug. DU Peyrat, Mémoire sur les idiomes du Midi de la France en général, et sur celui du centre de la Guienne en particulier. Grammaire et Glossaire. Congrès scientifique de France, 28*ses-

. sion, t. V, 1864, p. 399-453.

492. Th. d'Estocquois. Sur les limites de la langue provençale. Mémoires de la Société d'Émulation du DoubSy 3* série, t. VIII,

a La langue provençale, ou langue d'oc^ s'est étendue longtemps jusque dans les cantons de Vaudetde Neuchàtel. Les patois des montagnes du Jura en conservent des traces que M. labbé d'Artois a mises en évidence. Les autres parties de la Franche-Comté ont, au contraire, toujours parlé la langue d'oil, celle du nord de la France. »

493. J. B. Onofrio. Essai d'un Glossaire des patois du Lyonnais, Forez et Beaujolais. Lyon, 1864, in-8, lxxxii-456 pages.

494. L. Jouve. Coup d'oeil sur les patois vosgiens. Remiremont,

1864, in-12, 119 pages.

495. A. HouzÉ. Étude sur la signification des noms de lieux en France. Paris, 1864, in-8, 140pages.

Travail fort remarquable, à la fois par le sujet et par la manière dont il est traité. J'aurai à y revenir dans la section suivante.

A roccasion du monument lexicographique que M. Littré élève à la langue française, M. Théodore Pavie a fait, dans la Retme des Deux-Mondes , une étude savante et pleine d'intérêt sur les origines de notre idiome et sur les patois provinciaux (n° 488}. J'en citerai un seul passage.

Il faut se rapprocher de PIle-de-France, si Ton veut interroger les patois d'origine romaine, aussi vieux que le français, qui ont contribué à former la langue que nous parlons aujour^ d'hui, ceux du Midi s'étant constitués sans elle, en dehors de son action. Prenons les dialectes picard, normand, berrichon et bourguignon, nous nous convaincrons facilement qu'ils ont aidé à la formation de l'idiome perfectionné qui est devenu celui de la France entière. Sans doute il serait difficile d'établir d'une façon exacte la part qui revient à chacun dans ce grand travail ; mais il suffît de les étudier avec un peu d'attention pour y reconnaître les caractères principaux de notre langue. Celui de la Bourgogne semble avoir acquis de bonne heure un certain degré de correction. A mesure qu'il se romani$e et s'éloigne de ses origines germaniques, il se rapproche du français du Nord ; mais dans son allure un peu méridionale se reflète le génie de ces Burgondes, le plus doux, le plus civilisé des peuples de race teutonique, qui adopta le christianisme dès le quatrième siècle, et s'associa plus tard avec tant de bravoure et d'élan à l'ambition de ses ducs. Le patois bourguignon aura pour effet de communiquer à la langue française, coudoyée de trop près, au nord et à l'est, par le wallon et le rouchi, un peu de cette accentuation et de cette vivacité qui lui font défaut.

Le patois du Berri, implanté au centre même de la France, nous fournira bien des mots celtiques ou gaulois, qui suppléeront ceux que nous ne tirons pas du latin, et serviront à donner à notre langue cette physionomie tempérée que Tinfluence trop marquée du Nord et du Midi ne pouvait que lui enlever.

De la Normandie viendra la prononciation parisienne, le grasseyement, qui a sa source dans les lettres aspirées des dialectes germaniques. L'apport du dialecte normand consistera dans un certain nombre de mots, qui avant d'arriver à l'embouchure de la Seine, ont suivi, avec les peuples de race finnoise et saxonne, les rivages de la Baltique et de la mer du Nord. N'est-ce pas du haut-allemand que sont venus les premiers termes de marine usités parmi nous?

Enfin, de la Picardie et de la Champagne, pays de plaines en contact avec les Flandres et la Lorraine, l'habitant de l'Ilede-France a reçu cette façon de parler lourde et traînante qui parait, à en juger par l'orthographe des anciens textes, avoir longtemps dominé à Paris. Peu à peu la capitale répudiera cet accent provincial pour s'en former un autre fortement marqué et qui lui appartient en propre. Par le wallon et le rouchi qui

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