FRANCE. SOCIÉTÉS SAVANTES
est le patois du Hainaut, s'opéra la fusion entre le latin et la langue française de Tépoque archaïque. Ces deux dialectes, un peu ternes, d'apparence barbare et franchement gaulois, représentent le moment où la langue latine , brisée , mutilée , va pousser une nouvelle tige, à la manière d'un arbre coupé pour recevoir la greffe.
Ce fut donc dans les provinces limitrophes, les unes habitées par des peuples de même race, les autres occupées par des peuples d'origine différente, que s'élabora le fond de la langue française. Ces éléments divers, se combinant avec lenleur, finirent par former Tidiome national, qui eut son point d'appui, comme la France elle-même , daiis la petite province dont Lutèce était la capitale....
Il faut bien, dit en terminant le .savant critique, qu'il y ait en tout pays une province, et dans cette province une ville, dont le langage fasse loi; et cette ville ne peut être autre que la capitale; centre intellectuel et administratif où tout converge et d'où tout rayonne au dehors. Les habitants de telle ou telle ville peuvent, si bon leur semble, se vanter d'avoir une prononciation meilleure que celle de la capitale, mais personne ne le croira. La capitale est l'expression intime du génie national ; elle jouit même du singulier privilège d'imposer à la province ses locutions vulgaires, ses façons de dire incorrectes ou vicieuses. Que voulez-vous? ces idiotismes parisiens, quelquefois reproduits par des écrivains populaires, constituent peut-être un jargon ; mais le jargon est une monnaie courante qu'il ne faut pas confondre avec des expressions surannées dont l'usage est limité à quelque coin de province. Celles-ci n'ont plus chance de renaître ; celui-là au contraire court risque de réussir, et nous en voyons chaqu^jour des exemples.
S s. Travaux des sociétés sarantes. Concours des Antiquités nationales. Congrès des départements. Réunion des délégués des sociétés départementales k la Sorbonne. — Un mot de regret sur les Dictionnaires de la France.
496. A. DU CiiATELiER. Du mouvcmeiit des études littéraires et scientifiques en province. Histoire des congrès. Orléans, 1864, in-8, 75 pages.
49T. Congrès Scientifique de France. 28' session, tenue à Bordeaux en septembre 1861. Paris, 1862-64, 5 vol. in-8.
l'année géogr. III. 25
498. Congrès Archéologique de France, 30* session. Séance générale tenue à Rodez, à Âlbi et au Mans en 1863, par la société française d'Arciiéologie pour ia conservation des monuments historiques. Caen (et Paris, 1864), in-8, Lxviii-616 pages.
499. Mémoires lus à la Sorbonne dans les séances extraordinaires du comité impérial des travaux historiques et des sociétés savantes, tenues les 21, 22 et 23 novembre 1861. Pari», impr. impér. 1863, 2 vol. in-8, avec planches.
Non s n'avons à signaler, dans cet important recueil, qae les mémoires qui touchent soit à la géographie proprement dite, soit k la géographie historique on à l'ethnologie.
Dans le tome i", consacré à l'histoire, à la philologie et aux sciences morales :
De l'état des forces romaines en Bretagne vers le cinquième siècle, d'après la Notice des dignités de Tempire, par M. Morin^ professeur à la faculté des lettres de Rennes; p 75-85.
Mémoire sur les habitants des Fourgs, peiniure de mœurs, par M. Tissot, doyen de la faculté des lettres de Dgon; p. 87-100.
Note sur les limites méridionales de la Celtique, entre les sources de la Garonne et la Méditerranée, par M. Camboulirij professeur à la faculté des lettres de Strasbourg: p. 131-138.
Mémoire sur quelques points controversés de la géographie des pays qui ont constitué le Dauphiné et la Savoie, avant et pendant la domination romaine, par M. A. Macé, professeur d'histoire k la faculté des lettres de Grenoble *, p. 267-322.
Dans le tome II, consacré aux Mémoires archéologiques :
Étude scientifique et archéologique sur les rives et l'embonchare de la Seine, par M. Aug. Lévy^ secrétaire perpétuel de l'Académie impériale de Rouen ; p. i-22.
Dissertation critique sur le passage d'Annibal à travers la Gaule, par M. G. Rossignol, de l'Académie de Dijon; p. 31-51.
Mémoire sur les vuies romaines qui traversent le département de l*Yonne, par M. Quanftn; p. 53-64.
Mémoire sur les fouilles pratiquées au village de Vieux (Calvados), par M. A. Charma^ secrétaire de la société des antiquaires de Norma^ie ; p. 131-144.
500. Mémoires lus à la Sorbonne dans les séances extraordinaires du comité impérial des travaux historiques et des sociétés savantes, tenues les 8, 9 et 10 avril 1863. Paris, impr. impér. 1864, 2 vol. Ûi-8, avec planchçs.
Au tome i"* :
De la famille chez les Burgondes, par M. Val. Smiihf de Tacadémie de Lyon; p. 1-48-
Notice sur le P. Trigault, missionnaire en Chine (1577-1628), par Tabbé C. DehaisHes\ p. 199-217.
Les Fourgs, ou un village de la haute Comté, par M. Tissot; p. 219-252.
Examen de quelques-unes des questions soulevées par la notice de M. G. Lapérouse intitulée : « Étude sur le lieu de la défaite d'Attila
FRANCE. SOCIÉTéS SAVANTES. 387
(Uns let plaines de Ghampa^e, •> par M. (TArbois de JubainviUe; p. 271-27*.
Les Sémites i Uion, on la vérité sur la guerre de Troie, par M. L. Benkno, professeur à la faculté des lettres de Dijon ; p. 471-507.
Au tome deuxième :
Examen critique de l'opinion de Coelius Antipater sur le passage d'Annibal dans les Alpes, par M. G. Chappuis^ de Tacadémie de Besançon; p. 31-4i2.
BeheiuSf Ehl près Benfeld (Bas-Rhin), au cinquième siècle, avec une carte archéologique, par M. Napoléon Nickles' ; p. 43-66.
Dissertation sur le lieu de l'assemblée annuelle des Druides, par M. L. de laSaussaye; p. 8d-105.
Notice sur les lec*hs bretons, par M. L. Rosenzweigy de la société
Polymathique du Morbihan; p. 153-167.
501 • Réunion annuelle des sociétés savantes (à laSorbonne), et distribution des récompenses, en 1864. Revue des sociétés savantes y 3* série, t m, avril 1864, p. 273-480.
Le mouyement que depuis quelques années une haute impulsion a imprimé en France aux études locales, ne s*est pas ralenti ; embrassant à la fois le sol, les monuments et les textes, les recherches profitent également à Tarchéologie, à l'histoire et à la géographie historique. L'œuvre qui a si puissamment contribué à cette reprise ardente des travaux archéologiques touche elle-même à son terme ; au moment oii nous traçons ces lignes, on annonce l'apparition très-prochaine de la Vie de César (n® 454), événement littéraire qui pour surexciter lattention de l'Europe aura un double titre, le sujet et lauteur.
Il est impossible de se reporter aux travaux auxiliaires, dont s'est entourée P œuvre impériale, sans songer tout d'abord à la carte de la Gaule. Nous n'avons pas à rappeler les péripéties de cette élaboration collective ^. Depuis deux ans bientôt qu'im premier tirage, livré à une demi publicité, a permis d'en apprécier les qualités, et aussi, il faut bien le dire, d'en relever les défauts, nous ignorons quelles mo-