‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 141 sur 368 · FRANCE. CARTE DE LA GAULE · texte numérisé non relu

FRANCE. CARTE DE LA GAULE

Suisse, la Commission a relève plus de huit cents inscriptions latines, parmi lesquelles figurent bon nombre d^ inscriptions géographiques et de légendes de bornes milliaires. Tout dernièrement encore elle constatait, dans le département de la Mayenne, l'existence d'un gué romain d'un travail très-curieux, et elle fouillait avec succès les tumuli de Meloisey. Plusieurs passages obscurs des Commentaires ont pu être par là élucidés. Le nombre des découvertes d'antiquités celtiques et galloromaines, recueillies par la Commission, s'élève actuellement à plus de dix mille ^ sans compter les indications de tronçons de voies romaines et les découvertes de monnaies gauloises. L'année prochaine, ces divers documents pourront être reportés sur les cartes de la Commission. Jusque-là l'enquête reste ouverte.

Quelques mots encore. ,

Dieu nous garde d'introduire dans nos remarques sur une œuvre aussi considérable et d'une telle importance Tombre d'une pensée désobligeante pourries savants qui en ont accepté la responsabilité; mais ce serait, à ce qu'il nous semble , mal apprécier l'esprit purement scientifique qui doit présider à une pareille tâche, que de dissimuler ou d'atténuer, par une vaine délicatesse, les observations que suggèrent les communications de la Commission. Ce n'est pas le détail que nous pouvons toucher ici ; nous nous bornerons à une ou deux remarques générales.

Il en est une qui pourrait nous mener loin, et à laquelle nous ne nous arrêterons pas, peut-être, précisément, parce qu'il y aurait trop à dire : c'est le morcellement des travaux de la Commission. Un autre reproche, s'il est permis d'employer ce terme, que l'on est en droit de faire kux communications qui nous occupent, c'est l'oubli systématique que la Commission semble faire des travaux qui l'ont précédée. Pour les dépouillements de textes, par exemple, il est permis de croire que le plus fort a été fait par Adrien de Valois. Que Ton n'admette qu'avec un contrôle minutieux les études de M. Walckenaër sur la Gaule, cela se conçoit, à la rigueur, parce que l'érudition profonde de

Tillustre secrétaire perpétuel derAcadémie des inscriptions a pu être trop souvent égarée par quelque reste des déplorables idées systématiques que Gossellin avait introduites dans la géographie comparée; mais un travail sur leqnel a passé d'An ville ne saurait être une table rase. Il y a là tout an moins une admirable préparation que nulle' érudition géographique n*a, j'imagine, la prétention de surpasser. Ce qui reste à faire aujourd'hui, c'est Tine œuvre de révision, une épuration comparativemept facile, une mise au net définitive, en un mot, pour laquelle les secours sont innombrables. Avec les travaux de détail dont la géographie historique de notre sol s'est enrichie depuis cent ans; avec la masse énorme de matériaux que renferment les nombreuses publications de nos sociétés départementales ; avec le secours précieux que le zèle surexcité des travailleurs de nos provinces a dû et doit encore apporter à la carte des Gaules, avec tous ces moyens, disons-nous, le travail n'était plus, nous osons l'affirmer, qu'une tâche d'une difficulté ordiuaire, à laquelle il n'a manqué, pour être nous ne dirons pas mieux, mais plus rapidement accomplie, que d'être confiée non à une commission nombreuse, mais à un seul des travailleurs compétents dont se compose la Commission.

Nous allons étendre notre regard sur un plus large horizon. Ce n'est plus un petit groupe de travailleurs isolés, c'est le pays tout entier que nous allons voir à l'œuvre.

On n^aurait qu'une bien faible idée de la vie scientifique qui circule dans le pays, si l'on en jugeait seulement par les publications que nous avons enregistrées sous notre bibliographie départementale (n"* 394 à 495). Notre point de vue se concentre, il est vrai, sur les travaux dont le principal objet est l'étude du sol et l'archéologie historique; mais par ses rapports intimes avec Thistoire des temps passés, par l'intérêt général qui s'y rattache et par la multiplicité de

Page 1