FRANCE. LES ÉTUDES SAVANTES
ses applications particulières , cette nature de recherches doit Décessairement tenir une place considérable dans les préoccupations scientifiques de toute nation que les intérêts matériels du présent n'absorbent pas tout entière.
Chez nous, les travaux les plus notables d'archéologie, de géographie et d'histoire locales viennent aboutir, actuellement du moins» à trois centres principaux : les Congrès scientifiques, le Concours au prix annuel décerné par l'Institut aux meilleurs travaux sur les antiquités nationales, et enfin la Réunion annuelle (depuis 1861) des délégués des Sociétés savantes à laSorbonne. Les travaux provoqués par ce triple appel à l'activité scientifique sont toujours trèsnombreux; et bien que nécessairement d'une valeur fort inégale, ils témoignent d'un zèle incessant qui apporte périodiquement à la science un riche et fructueux tribut.
Il peut sembler assez difficile, en présence de cette excitation permanente et du courant scientifique qu'elle détermine, d'apprécier l'influence relative des causes qui l'ont produite. Nous croyons, néanmoins, qu'on peut sans trop de risque les classer ainsi :
L'Institut,
Les Congrès,
La Sorbonne.
Si nous maintenons au premier rang les concours solennels de l'Institut, c'est que par la généralité de leur appel, en même temps que par la spécialité constante du terrain où ils se placent, « les antiquités de la France, » ces concours exercent une action à la fois très-étendue et trèsconcentrée, double condition favorable à l'importance des résultats.
Les Congrès agissent d'une manière plus directe, et peutêtre plus puissante, mais seulement sur un point déterminé qui change et se déplace chaque année.
Les réunions de la Sorbonne, enfin, ont le même caractère de généralité que les Concours de l'Institut ; mais, par
l'apparal même dont on les entoure, par leur tendance nn peu oratoire, et aussi parce qu'elles se répandent à la fois sur tous les objets de Tinvestigation scientifique, elles ont manifesté, jusqu'ici du moins, une tendance marquée vers les généralisations toujours un peu vagues, qui profitent ordinairement moins à la science que les fortes monographies.
Au surplus, il ne faudrait pas attacher trop d'importance à ces classifications toujours un peu factices. Dans une mesure différente, ces incitations diverses arrivent à un résultat semblable. Elles entretiennent l'activité scientifique et y intéressent un grand nombre d'esprits : voilà ce qu'il faut voir et à quoi il faut applaudir avant tout.
Au concours de l'Institut pour les Antiquités de la France, les distinctions suivantes ont été proclamées :
La première médaille à M. Henri Lepage, pour son Pouillé du diocèse de Toul rédigé en 1412, publié pour la première fois d'après la copie conservée à la bibliothèque impériale (I vol. in-8o, 1863), et pour ses autres ouvrages sur l'histoire de la Lorraine.
Des mentions honorables sont accordées :
1® A M. Champion, pour son ouvrage intitulé: Les inondations en France depuis le sixième siècle jusqu^à nos jours ; 5 vol. in-8o 1861-1863 (ci-dessus, n® 387) ;
2<> A M. Macé, pour son Mémoire sur la géographie du Dauphiné et de la Savoie^ avant et pendant la domination romaine; in-8% 1863.
n est regrettable que les Congrès soient toujours un peu arriérés dans leurs publications. Le dernier qui ait publié ses actes et sur lequel nous puissions nous arrêter, est celui de 1861 (le âS*^), qui s'est tenu à Bordeaux (n» 497) ; il est vrai que cinq forts volumes sortent tout à fait des proportions habituelles. Tout n'est pas à notre adresse, dans ces cinq volumes ; mais les communications qui touchent directement aux sciences historiques, à la géographie