‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 158 sur 368 · ANTIQUITÉ. MOYEN AGE. ORIENT · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉ. MOYEN AGE. ORIENT

S 1 . Antiquité classique.

574. MoMMSEN. Verzeichniss der rœmischen Provinzen aufgesetzt um 297. Mit einem Anhange von H. MûIlcnhofT, und eine Karte. Abhandlungen der kœn. Akademie der Wissenschaflen xu Berlin aus dem Jahre 1862. Berlin, 1863, in-4''. Classe philologique, p. 490-539.

575. Scriptorum Metrologicorumreliquiae. CoIlegit,recensuit,partim nunc primum edidit, F. Hultsgh. Leipzig, 1864, in-S" (vol. 1) (Teubner).

576. Emile Bouchotte. Trois études sur des mesures anciennes : le stade, la coudée babylonienne, le pied de carrières du pays Messin. Metz, 1864, in-8", 102 pages.

577. Gaston Boissier. Progrès de l'archéologie grecque et romaine. Revue des Deux-Mondes, 1" mai 1864, p. 116-154.

L'article de M. Boissier est moins restreint que son titre; c'est en réalité un coup d'œil jeté de haut sur le caractère et la direction actuelle des études historiques. Le passage suivant résume Tesprit de son travail :

Notre siècle appartient aux sciences. C'est une vérité que Ton ne contebte plus, et leur domination est si bien établie qu'elle se fait sentir môme sur la littérature. Parmi les genres littéraires, ceux-là réussissent le mieux aujourd'hui qui ressemblent le plus aux sciences, et qui font, comme elles, plus l'annèb géoor. ui. 2 S

d'usage du jugement que de l'imagination, par exemple la critique et P histoire ; et même il est visible, surtout depuis quelques années, que Pbistoire et la critique cherchent à se développer de préférence du côté par où elles sont le plus scientifiques. Elles s'éloignent des grands développements oratoires, des théories générales, dans lesquelles il entre toujours un peu d'arbitraire, et des considérations vagues d'esthétique, que chacun applique à sa fantaisie. Au contraire, elles s'attachent de plus en plus aux textes, aux inscriptions, aux chartes, aux monuments de toute sorte; elles les publient, elles les analysent, elles les commentent avec ce soin minutieux que prennent les sciences physiques de multiplier les observations de détail, au lieu de perdre pied, du premier coup, dans des généralités douteuses. De là vient l'essor qu'ont pris sous nos yeux tous les genres d'érudition, l'étude des langues, la critique des textes, l'interprétation des monuments, et suitout les recherches archéologiques, qui en ce moment sont à la mode. Ce qui semblerait assez prouver que ces sortes d'études sont la véritable vocation de notre siècle, c'est qu'il est là plus original, plus véritablement inventif que dans tout le reste. Certes nous avons eu de grands poètes et d'illustres orateurs ; je crois pourtant que si les lettres voulaient opposer quelque chose aux admirables découvertes que les sciences ont faites de nos jours, elles seraient bien obligées d'avoir recours aux travaux de Ghampollion sur l'É'jrypte et à ceux d'Eugène Bumouf sur les anciennes langues de l'Orient. De cette façon elles soutiendraient la lutte sans trop de désavantage, car il n'est guère plus beau d'être parvenu à décomposer la lumière et à trouver par ce moyen de nouveaux corps simples, que de nous avoir révélé toute une grande civilisation ignorée. Quelque admiration que l'on éprouve pour Guvier quand il reconstruit les créations primitives de la terre, on peut, je crois, sans faire tort à sa gloire, placer auprès de lui le savant qui en nous donnant la clef de ces vieilles langues perdues, et en nous faisant connaître du même coup les peuples qui les parlaient, a reculé de plusieurs siècles les souvenirs de l'humanité.

Dans cet autre passage, l'auteur n'a pas moins heureusement défini une des tendances caractéristiques de l'érudition contemporaine :

Aujourd'hui nous aimons en toute chose le primitif. Les peu-

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