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On en peut dire autant de la France. V. S. M

recherches locales, pourra embrasser d'un même coup d'œil l'Europe entière. C'est par cette application comparée, et par elle seulement, que la lumière se fera réellement, non pas seulement sur les antiques immigrations ariennes en général — de ce côté la lumière est complète — mais sur les immigrations successives des difiérentes branches de la grande famille, gaéliques, kymriques , teutons Scandinaves, thraces ou pélasgiques, helléniques et slaves, — sans parler de l'immigration îbérienne — et sur les routes qu'elles ont respectivement suivies. Autant qu'il est possible aihjourd'hui de reconnaître encore la trace de ces migrations pré-historiques, sur lesquelles ont passé tant de siècles et tant de révolutions, on peut afiirmer que c'est par cette étude, faite avec uue forte critique et toujours appuyée sur le sansciit comme ^ point de comparaison, que cette trace sera restituée. Ce sera un jour, nous n'en doutons pas, une branche extrêmement importante des études qui travilillent à retrouver, par Tethuologie et la philologie comparée, l'hîjstoire de la première population de l'Europe.

DE L'ANNÉE 1864

En tête de cette triste revue des pertes que la science a faites dans Tannée qui vient de s'écouler^ nous inscrivons un nom dont la place est marquée parmi les plus dignes, un-nom qui est entouré de tous nos regrets comme il le fut de toute notre affection, le nom de M. Hachette. C'est servir la science et y concourir en quelque sorte que d'en faciliter, d'en propager, d'en élever Télude par de nombreuses et grandes publications, toutes dirigées vers l'amélioration intellectuelle et morale, depuis les plus humbles éléments destinés à la première enfance, jusqu'aux immortels chefs-d'œuvre de l'esprit humain qui assainissent l'âme et fortifient l'intelligence. La Géographie eut une large part daus les préoccupations de M. Hachette, et on lui devra de grandes publications propres à en ranimer chez nous et k en relever Tétude, des publications qu'une puissante maison telle que la sienne pouvait seule entreprendre.

Parmi les notices tiès-nombreuses que tous Its journaux importants ont consacrées à la mémoire de M. Hachette, nous reproduisons celle que M. Edmond About a donnée au Moniteur, L'hommage est digne de celui qui l'a inspiré : c'est une œuvre d'esprit et de cœur.

La France vient de perdre un de ses hommes les plus droits, les plus intelligents, les plus laborieux, les plus l'année géogr. m* 31

482 NÉCEOLOGIB GÉOGRAPHIQUE.

Utiles. £t, poar tout achever, M. Hachette était d'une telle modestie, que je craindrais de Toffenser dans la tombe en disant qu'il a été une des grandes figures de l'industrie moderne.

Nos voisins d'outre-Manche, qui étudient l'économie politique en apprenant à lire, ont une bonne habitude qui finira par se naturaliser chez nous. Au lieu de dénigrer par envie l'honnête parvenu qui crée un capital -énorme, ils ne savent comment le remercier du service qu'il a rendu *à tous en accroissant par son travail la richesse publique. M. Hachette,. né pauvre, chassé de l'École normale par ime persécution qui a fait date dans l'histoire, se réfugie à vingt-deux ans dans une petite librairie scolaire ; il assesible autour de lui ses compagnons de disgrâce et les associe à son travail. Grâce à lui, les collèges, fermés à leur personne, sont forcés de s'ouvrir à leurs livres. L'antiquité, si maussade, si rébarbative, j'allais dire si malpropre dans les éditions de 1820, se rajeunit et s'humanise par les soins de ses nouveaux interprètes, et Ton voit, prodige incroyable ! des Virgile qui ont la vogue et les dictionnaires qui font fureur. Après quelques années, le modeste atelier est de* venu une grande fabrique de bons livres; les écoles primaires et les collèges royaux s'y fournissent par approvisionnements; pour correspondre avec sa vaste clientèle, la librairie est obligée de fonder deux ou trois journaux. Enfin, par une dernière évolution, la fabrique devient ime manufacture immense, qui publie à la fois les anciens et les mo dernes, les Français et les étrangers, la littérature sérieuse et la prose légère, des grammaires à quatre sous pour les pauvres écoliers de village, et des éditions de luxe pour les bibliothèques princières : l'alphabet à cinq centimes et le Don Quichotte de Gustave Doré. Que ne fabrique-fr-on pas dans cette usine plus féconde en lumières que la plus grande usme de gaz! On y fait vingt journaux, dont un seul est tiré k plus de 100000 exemplaires. La maison, enfermée

entre denx rues et deux boulevards^ couvre un terrain de 10 000 mètres. A voir sortir le peuple, d'employés qui y fourmille, vous diriez le ministère de la librairie. Cet immense édifice, au propre comme au figuré, est la création d'un pauvre normalien sans emploi, sans argent, et qui n'avait pas même en lui les deux plus grands ressorts de l'activité humaine : Tambition et l'avarice.

M. Hachette avait reçu, il y a cinq ou six ans, la décoration de la Légion d'honneur. Ses confrères l'avaient nommé président du Cercle de la librairie; il présidait aussi la Société de secours mutuels de son quartier. Il siégea quelque temps à la Chambre de commerce et au Conseil de l'assistance. Ces fonctions modestes et gratuites résument en quelques mots sa vie publique. Il ne les a point recherchées, il les a acceptées de bonne grâce et exercées avec la conscience et l'activité qu'il portait partout. S'il ne demanda rien de plus aux électeurs et aux gouvernements de notre pays, ce n* était pas qu'il fût un dédaigneux ou un mécontent. U avait un excellent fonds d'idées libérales et nulle passion politique. La sérénité de son esprit et la douceur de son caractère lui permettaient de vivre en bonne harmonie avec les honnêtes gens de tous les partis. Les opinions les plus irréconciliables se rencontraient sous son toit sans se heurter : c'était une trêve de Dieu perpétuelle autour de cet homme de bien. Les révolutions, sans l'atteindre, ont abaissé ou élevé ses meilleurs amis ; les vainqueurs et les vaincus l'ont toujours trouvé le même.

A le voir dans son parc, entre un vieux professeur disgracié sans ressource et un jeune ministre entouré de la faveur publique, les âmes du commun pouvaient tomber dans une erreur grossière : ce n'était pas au plus puissant des deux que M. Hachette faisait la cour. Il regardait tourner la roue de la fortune, mais pour relever de temps à autre les malheureux qu'elle avait écrasés.

Son orgueil (car enfin la perfection n'est pas de ce monde)

consistait à montrer une nombreuse et florissante famille. Entouré de sa femme, de ses enfants et de ses petits-enfants, il avait Tair d*un jeune patriarche, car il ne portait pas son âge, et vous ne lui auriez pas donné plus de cinquante ans. Jamais père ne fut plus aimé, plus respecté, mieux obéi ; jamais on n'usa plus délicatement d'ime autorité souveraine. C'était par des bontés et des attentions paternelles qu'il retenait toute cette jeunesse autour de lui. L'été dernier, il me montrait les plans d'un bâtiment nouveau qu'il voulait ajouter à son château du Plessis. « La famille grandit, et, s'il plaît à Dieu, elle n'a pas fini de croître ; il nous faut une salle à manger où nous puissions, quoi qu'il advienne, être tous réunis. » Pauvre homme! son bâtiment est fait, et cette belle famille qu'il a aimée, enrichie, honorée par tous les actes de sa vie, s'y rassemblera sans lui.

Le trait le plus saillant et peut-être le moins connu de cette noble existence, c'est la révolution opérée par M. Hachette dans les rapports d'éditeur à auteur.

Vous savez de quel ton de superbe dédain Âlceste disait à Oronte :

Et n'allez point quitter de quoi que Ton vous somme, Le nom que, dans la cour, vous avez d'honnête homme, Pour prendre de la main d'un avide éditeur Celui de ridicule et misérable auteur.

L'épithète d'avide accolée au nom d'éditeur n'est pas une de ces chevilles dont Féuelon reprochait l'abus à Molière. C'est l'expression d'un sentiment sincère, ou plutôt le monument d'un fait exact. On n'a pas oublié le vœu naïf et criminel d'un éditeur du dix-huitième siècle : « Ah! si je * tenais Montesquieu, Voltaire et Rousseau, dans une soupente, au pain sec, je leur ferais écrire de beaux livres ! » Il est trop vrai que les écrivains ont été longtemps exploités par les éditeurs, comme aussi par les comédiens. Tant que

ron a vendu la propriété des pièces et des livres, les hommes de talent ont été dupes. L'éditeur a gagné sur eux ce qu'il perdait par son ignorance en publiant les écrivassiers.

Beaumarchais et notre excellent Scribe ont sauvé la fortune des auteurs dramatiques en imposant aux théâtres le droit proportionnel. Un écrivain ne vend plus sa pièce ; il en permet l'exploitation au directeur moyennant un tant pour cent sur la recette.

Aucun des écrivains de notre temps n'aurait eu l'autorité nécessaire pour imposer la même loi à un éditeur comme M. Hachette. C'est lui qui, de plein gré, l'a proposée aux auteurs. Sauf les livres de pacotille dont une édition doit épuiser les succès, M. Hachette ne voulait pas acheter la propriété d'un ouvrage. « Conservez votre bien, disait-il aux auteurs. Votre livre est bon ou mauvais. Lequel des deux? je n'en sais rien ; les éditeurs ne savent, pas lire. Si je Tacheté et qu'il soit bon, je gagnerai sur vous, et vous vous plaindrez d'avoir été dupe ; si je l'achète et qu'il soit mauvais, c'est moi qui ferai une sotte affaire. » Les auteurs l'écoutaient, acceptaient le droit proportionnel, conservaient la propriété de leurs livres et se faisaient des rentes chez lui. Tel dictionnaire qu'un autre eût acheté trente mille francs en se frottant les mains, rapporte à son auteur vingt mille francs de rentes perpétuelles, inscrites sur le grandlivre de la maison Hachette.

Les éditeurs de Tancienne école avaient la Misère et la maladie pour complices : ils souhaitaient la famine aux meilleurs écrivains, pour avoir les bons livres contre un morceau de pain. M. Hachette, au contraire, nous prêchait l'économie. Il donnait des conseils, il s'enquérait paternellement de nos aff'aires; il nous répétait que l'épargne assure la paix de Tâme, sans laquelle il n'y a pas de vrai talent.

Voici un petit fait qui vous donnera une idée de sa délicatesse. Un auteur jeune et complètement inconnu se pré-

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Non- rit^;r'»r.- eniorf? 'lufrUiiif,-.- liffDL'S caract»^ristiques '■i(.'ij«'*rs d*i M . .Iules Jjtjval dans l* Économiste Français r

P;ir ij[j (i*:\iw:v iv'fi.t t] f;;n-,v:t«.*r';. qui mérite d'être signalé, M. H.'i';h'-t.t" c',\'i\-i{styf\\i :os j rof* s-ions industrielles et commerlii'il' s, ;i la t.icofi arj^^Jai^f;, comme d»;\ant devenir le patrimoine 'i'', famiJ.^s v.cïif-' 'luraiit un': longue suite de générations. Aiiifiit': <\'i t:t:\*(: i,f:ns'':--, il ::<; son;rc a jamais à la retraite pour lui rii'iu,", ni à l;i /jui^-arif:'- oisive jiriur les siens. Aussi Tune (\': fioiisolatinns jr- ; j,lijs pr':|.ros à adoucir ses rcLT^'ts de quitb V la \ l'î. f\:ui . un iust^ rjui lui promottail encore de longs jriiir . a-t f\\c du «'■•r' la rci-i UkI^' dr^ voir son œuvre.consolidée f\\ ri<';v<;l')ji; t'i; j.;ii- S'--, fl'ux flIs ';t. so.> ilcux .::endres, qui, après ;i\oir fi\^: i\t: fjîi •. i'.ant. s'rs intelli^''<;nts coopérateurs, se feront lionnnir n'itr': es lid<"les runtinualeur.-».

M. liOnis-Cllirisloplip-Françoia Hachette, né à Ri^thel

(Ardennes) le 5 mai 1800, est mort aa château de Pleesis- Piqaet, près Paris, le 31 juillet 1864, dans sa 65* année.

Alioun-Sal, lieutenant aux spahis du Sénégal, connu par son voyage de Saint-Louis vers Timbouktou (1860-62), mort à Saint-Louis 'le 7 décembre 1863. On peut lire une notice sur le voyage du lieutenant Alioun-Sal dans V Annuaire du Séné' gai de 1864, p. 171 à 191.

Allen (William), contre- amiral dans la marine britannique, né àWeymouth, comté de Dorset, en novembre 1792, mort dans sa ville natale, le 23 janvier 1864, âgé de soixante- douze ans. Entré dans la marine royale comme volontaire à Page de treize ans (1805), il en a parcouru tous les grades; nulle carrière ne fut mieux remplie que la sienne, soit par ses services militaires, soit par ses travaux scientifiques. En 1832, il accompagna comme lieutenant de marine l'expédition de Richard Lander au Kouara inférieur (au bas Niger, selon la vicieuse dénomination communément employée}, et fut un des neuf survivants de cette meurtrière expédition, qui donna trente-huit victimes au dangereux climat de cette partie de r Afrique. ■

M. Laird, le promoteur de l'expédition, en a publié l*histoire*. Le lieutenant Allen, qui avait levé la carte du fleuve jusqu'à Rabba, par ordre de l'amirauté, avait aussi tenu un journal qui n'a pas été imprimé, mais dont quelques parties sont passées dans deux mémoires insérés au Journal de la Société de géographie de Londres (ts theOld Calabar a branch of the river Quorra? 1837. vol. ii, 198-203; — On a new comiruction of a inap of a portion of western Africa^ showing the possibilittj of the rivers Yeu and Chadda being thé outlet of the lake Chad. 1838 ,vol. viii, 289-307). Les voyages ultérieurs qui ont confirmé l'opinion de M. Allen sur la non-connexion du Kouar.i et du Vieux-Calabar, n'ont pas justifié sa conjecture quant à la communication du lac Tchad avec le Kouara.

En octobre 1840, M. Allen (alors commander) reçut le commandement du steamer de la marine royale le Wilberforce^ destiné à une seconde expédition du Niger (le Kouara), sous

1 . Narrative of an expédition into the interior ofÀfHca by the river Niger, 1832-34. Lond. 1837, 2 vol.

486 NIÎCROLOGIE GÉOGRAPHIQUE.

sente chez lui, il y a dix ans, et obtint à force d*impoPtnnités la commande d'un petit livre. Ouvrage de pacotille, prix convenu : huit cents francs une fois payés. Le jeune homme écrit son livre, le porte en tremblant, et se tient coi. Huit jours après, on lui apporte ses épreuves et on lui dit : <r Bien que les éditeurs ne savent pas lire, nous avons lu votre travail, et nous croyons qu'il aura du succès. Voici les morceaux du traité par lequel vous nous avez vendu la propriété de l'ouvrage. Vous restez propriétaire de votre livre et les quinze cents francs que voilà sont le prix de la première édition. »

Le débutant qui entrait par une telle porte dans la carrière des lettres, a voué dès ce jour le plus respectueux attachement à M. Hachette ; il lui c, porté tous ses livres et les a corrigés souvent par ses conseils. Il se considérait comme le fils ou du moins comme le filleul de celui qui lui avait donné le baptême d'une modeste célébrité, et si je vous disais qu'il a pleuré la mort de cet excellent honune, vous répondriez sans doute qu'il le devait bien.

Nous citerons encore quelques lignes caractéristiques signées de M. Jules Duval dans l'Économiste Français :

Par un dernier trait do caractère, qui mérite d*ôtre signalé, M. Hachette envisageait les professions industrielles et commerciales, à la façon anglaise, comme devant devenir le patrimoine des familles riches durant une longue suite de générations. Animé de cette pensée, il ne songea jamais à la retraite pour lui-môme, ni à la jouissance oisive pour les siens. Aussi Tune des consolations les plus propres à adoucir ses regrets de quitter la vie, dans un âge qui lui promettait encore de longs jours, a-t-elle dû être la certitude de voir son œuvre.consolidée et développée par ses deux fils et ses deux gendres, qui, après avoir été de son vivant ses intelligents coopérateurs, se feront honneur d'être ses fidèles continuateurs.

M. Louis-Christophe-François Hachette, uë à Réthel

(Ârdennes) le 5 mai 1800, est mort au château de Plessis- Piquet, près Paris, le 31 juillet 1864, dans sa 65* année.

Alioun-Sal, lieutenant aux spahis du Sénégal, connu par son voyage de Saint-Louis vers Timbouktou (1860-62)» mort à Saint-Louis "le 7 décembre 1863. On peut lire une notice sur le voyage du lieutenant Alioun-Sal dans V Annuaire du Sénégai de 1864, p. 171 à 191.

Allen (William), contre amiral dans la marine britannique, né àWeymouth, comté de Dorset, en novembre 1792, mort dans sa ville natale, le 23 janvier 1864, âgé de soixante- douze ans. Entré dans la marine royale comme volontaire à Tâge de treize ans (1805), il en a parcouru tons les grades; nulle carrière ne fut mieux remplie que la sienne, soit par ses services militaires, soit par ses travaux scientifiques. En 1832, il accompagna comme lieutenant de marine Texpédition de Richard Lander au Kouara inférieur (au bas Niger, selon la vicieuse dénomination communément employée), et fut un des neuf survivants de cette meurtrière expédition, qui donna trente-huit victimes au dangereux climat de cette partie de l'Afrique. '

M. Laird, le promoteur de l'expédition, en a publié Thistoire*. Le lieutenant Allen, qui avait levé la carte du fleuve jusqu'à Rabba, par ordre de l'amirauté, avait aussi tenu un journal qui n'a pas été imprimé, mais dont quelques parties sont passées dans deux mémoires insérés au Journal de la Société de géographie de Londres (is theOld Calabar a branch of the river Quorra? 1837. vol. ii, 198-203; ^ On a new consiruction of a map of a portion of western Africa, showing the possibility of the rivers Yeu and Chadda heing thé outlet of the lake Chad. 1838 ,vol. viii, 289-307). Les voyages ultérieurs qui ont confirmé l'opinion de M. Allen sur la non-connexion du Kouar.i et du Vieux-Calabar, n'ont pas justifié sa conjecture quant à la communication du lac Tchad avec le Kouara. En octobre 1840, M. Allen (alors commander) reçut le commandement du steamer de la marine royale le Wilberforce^ destiné à une seconde expédition du Niger (le Kouara), sous

1 . Narrative of an expédition into the interior ofAfrica by the river Niger, 1832-34. Lond. 1837, 2 vol.

le commandemeDt du capitaine Trotter. Cette nouvelle tentative ne fut guère moins fatale que la première; mais la géographie et l'hydrographie d'une région jusqu'alors peu connue s'augmentaient de précieuses acquisitions. Cette fois, M. Allen se fit l'historien de l'expédition, conjointement avec M. H. Thompson, qui en avait été le chirurgien (a Narrative of the expédition to the river Niger in ISil, Lond. 1848, 2 vol. avec des cartes et de nombreuses gravures); cette relation est unedes plus riches que nous ayons sur la région inférieure de Kouara. 11 faut y joindre un mémoire que le capitaine Allen avait lu à la Société de géographie de Londres peu après son retour, et qui est imprimé au t. xiii (18(i3) du journal de la société. {Excursion up the river of Cameroons and to the bay of Amboises,^. 1-17).

Le capitaine Allen aimait à consacrer les intervalles de son service actif à des excursions en Europe et en Orient; ce fut dans une de ces excursions (18(i9) qu*il conçut le projet d'une nouvelle route vers l'Inde par un canal maritime qui aurait coupé le bassin de la mer Morte. Cette idée anglaise ne pouvait pas aboutir; mais on lui doit la publication de deux intéressants volumes (The Dead sea^ a new route to India, Lond, 1855). Le môme voyage de 18W produisit quatre courts mémoires pour le Journal do la Société de géographie de Londres, qui a toujours recueilli les prémisses des voyageurs anglais. (On the island of Ruad^ vol. xxiu, 1853, p. 154-156. — The ancient harbour of Sdeucia inPieria, ibid., p. 157-163. An altempt to account for numerous appearences of sudden and violent drainage on the sides of the basin of the Deâd Sea ; ibid. p. 163-166. — On the watershed of Wadi el Araba; ibid., p. 166-171). Le capitaine Allen fut promu au grade de Rear Admirai le 12 avril 1862. Dessinateur et peintre habile, excellent musicien, doué du caractère le plus affable et le plus sympathique, le contre-amiral était un gentleman accompli.

AMPÈRE (J. J.). Étude historique et littéraire, par F. Tamisier, professeur au Lycée impérial de Marseille. Marseille, 1864, in -8° 1^9 pages. (Voir notre Année précédente, p. 429.)

Baikie (Will. Balfour, M. D.). Né à Arbroath, en Ecosse, mort le 30 novembre à Sierra Leone, à l'Age de^O ans. 11 commanda l'expédition du bas Kouara de 1854 (ce fut la troisième, — voyez ci-dessus l'article du contre-amiral Allen), qui remonta pour la première fois la Binoué, que M. Bartti

venait d^atteindre à rintôrieur en partant du Bornou, et dont on lui doit une excellente relation (Narratim ofan Exploring Expédition up the rivers Kwora and Binw^ 1854. Londres, 1856, in-8® avec cartes). Le D' Baikie retourna au bas Kouara en 1857 et y passa sept ans, activement occupé des moyens d^ouvrir au commecce anglais les routes de Tinténear, en même temps qu'à recueillir des informations géographiques (Voir notre précédente Année^ p. 125). Affaibli par un aussi long séjour sous un ciel insalubre, il revenait en Angleterre ; c^est pendant la traversée qu^il a succombé.

CuNNiNGHAM (P. M., Surgeou R. N.). Né à Dalswinton, près Dumfries, Ecosse, en novembre 1789 ; mort à Greenwich le 6 mars 1864, dans sa 73« année. On lui doit, outre de nombreux articles publiés dans les journaux et les revues de Londres, une relation intitulée Two years in New South Wales (Londres 1827, 2 vol.), qui eut trois rapides éditions.

Du Petit-Thouars (le vice-amiral Abel-Aubert), né le 3 août 1793, mort à Paris le 16 mars 1864. à Tâge de 71 ans.

Entré très-jeunedans la marine militaire, il prit sur laflottille de Boulogne (1804) ses premières leçons d'intrépidité et de patriotisme. Il servit ensuite jusqu'en 1815 sur les côtes de la Manche et dans la Méditerranée. A la paix, son activité se tourna vers une des branches les plus intéressantes de l'art du navigateur, l'hydrographie. 11 fit deux campagnes sur les côtes de Terre-Neuve (1817, 1818); et immédiatement après (1819) son aptitude le désigna pour concourir aux travaux de la reconnaissance des côtes occidentales de la France, sous la direction de l'amiral Beautemps-Beaupré. Il avait fait une longue croisière sur les côtes de la régence algérienne, lorsque fut décidée la mémorable expédition d'Alger, qui a donné à Ja France la plus belle partie de l'Afrique romaine. Il commanda un des vaisseaux de l'expédition. Il reçut ensuite la mission d'aller protéger le commerce français sur les côtes occidentales de l'Amérique du Sud ; il y passa quatre ans.

Ce fut après cette longue croisière que le capitaine Du Petit- Thouars commanda l'expédition autour du monde de la frégate la Vénus, expédition qui est restée son grand titre scientifique. La relation en fut publiée sous sa direction. {Voyage autour du Monde sur la frégate la Vénus, pendant les années 1836-1839, etc. Paris, 1840-43, 4 vol. in-8*> avec un

atlas pittoresque). Cette publication terminée, M. Du Petit- Thouars (alors contre-amiral) reprit la mer à bord de la frégate la Reine-Blanche, pour aller tenir le poste de commandant en chef de la division navale de TOcéanie. Dans le cours de cette croisière, il prit possession de l'archipel des Marquises cédé à la France par la célèbre reine Pomaré, de Talti, qui plaça en même temps son royaume des lies de la Société sous le protectorat de la France.

Enseigne de vaisseau le 3 février 181 5, lieutenant de vaisseau le l»' septembre 1819, capitaine de frégate le 4 août 1824, capitaine de vaisseau le 6 janvier 1834, contre-amiral le 12 juillet 1841, vice-amiral le 4 septembre 1846. Membre libre de TAcadémie des sciences en 1855.

GÉRARD (Jules), célèbre sous le surnom de Tueur de Lions, que lui valurent ses nombreux exploits de chasseur en Algérie, où il servait dans Tarmée française, en dernier lieu comme capitaine. Né à Pignans (Var) le 14 juin 1817, volontaire aux spahis depuis 1841. Son adresse au tir lui a valu, en 1860, le grand prix impérial de 1 1 000 fr. au tir de Vincennes.

Jules Gérard avait été pris de Pambition plus élevée d'explorateur géographique. Après avoir tenté diverses voies pour obtenir un patronage en France, il se rendit à Londres où il fut plus heureux. Il se proposait, soutenu par les subsides de la Société de géographie et de quelques membres de la haute aristocratie, de gagner la Côte-d'Or, de s'enfoncer dans Pintérieur, et de visiter la région absolument inexplorée où nos cartes tracent au hasard une superbe chaîne de montagnes désignée sous le nom de Kong. Gérard ne put suivre le plan qu'il s'était tracé, mais jusqu'à présent le détail de ses tentatives est fort imparfaitement connu. Dans ces derniers temps il était revenu à Sierra Leone. De là il espérait gagner la haute région qui renferme les sources de la Gambie, du Sénégal et du Kouara, pour pénétrer dans le bassin de ce dernier fleuve, et probablement gagner Timbouktou. C'est dans cette dernière tentative qu'il a péri, noyé, à ce qu'il parait, dans une rivière de la côte de Libéria appelée le Djong, qui débouche au-dessus de Monrovia, vers 5o 25' de latitude N. Ce triste événement doit avoir eu lieu au mois de juin 1864. On ignore encore ce que sont devenus les papiers du voyageur.

Graul (Karl), missionnaire et orientaliste, éditeur de la BibUo-

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theca Tumulica, consacrée à des publications de textes tamouls. Mort le 10 novembre à Erlangen, dans sa 50« année. On doit au D"* Graul une de nos bonnes relations de l'Inde méridionale, sous le titre de Reise nach Ostindien, iiber Palaestina und Egypten^ 1849-1853. Leipzig, 1853-56, 5 vol. petit in - S"), Les deux premières parties de la relation sont consacrées à TÉgypte et à la Terre - Sainte ; les trois dernières (de beaucoup les plus importantes) se rapportent à rinde. Elles abondent en informations géographiques et ethnographiques. On a aussi deux mémoires du D' Graul dans les Mittheilungen de 1856 : (die Pulney-Berge und ihre Betvohner^ p. 16-19; Die Maravar, p. 170-175).

JuNGHUHN (Franz-Wilhelm). Docteur médecin et naturaliste, né le 29 octobre 1812 à liannsfeld en Prusse, mort le 20 avril 1864 à Lembang dans Pile de Java. La vie de Junghuhn a été originairement fort accidentée. Il servait dans l'armée prussienne comme chirurgien militaire, lorsqu'à la srhte d'un duel il fut condamné à 20 ans de prison. Évadé au bout de quelques mois, il entra au service de la France comme officier de santé. Après plusieurs campagnes en Algérie, il quitta le service de la France pour passer en Hollande, qui lui confiait un poste médical dans ses possessions coloniales de l'Asie. C'est là que commence sa vie scientifique. Il a écrit un. grand nombre de notices, dans le recueil de la société de Batavi^ et dans d'autres journaux hollandais, sur différents sujets relatifs aux Indes néerlandaises ; mais son titre principal est une relation descriptive de l'Ile de Java (Java, sa forme^ sa flore et sa œnformaiion intérieure ; en hollandais. Traduct. allem. par Hasskarl, 1854, 2 vol.) Une grande carte de l'Ile, en 4 feuilles, publiée à Bréda en 1855, chez Bogaerts avec le nom de Junghuhn qui y avait consigné le résultat de ses nombreuses courses dans l'intérieur et de ses observations, est le complément nécessaire de l'ouvrage. Sur la vie de Junghuhn comme voyageur, on peut voir une lettre qu'il adressa de Java à M. de Humboldt au mois de décembre 1856, et qui est imprimée dans le Zeitschrift fur Allgemeine Erdkunde de Berlin, juin 1857, p. 506 à 517. M. Laugel a donné une idée générale des travaux géographiques et physiques de l'observateur allemand sur l'Ile de Java, dans un article de Revue qui a été réimprimé dans son recueil intitulé Études scientifiques, Paris, 1859 (chez Hachette), p. 268 et suiv.

Kœppen^ (Peter von), célèbre statisticien russe. Né en 1793 à KharkofT (Ukraine), mort le k juin à Karabagh en Grimée.

Lœventhal (Rev. J.). Missionnaire anglican à Peïchavèr, Inde anglaise, districts du N. 0. Assassiné le 22 avril] 863 par son domestique indigène. Dans notre volume de l'année dernière (p. 253), nous avions eu à mentionner une intéressante communication de M. Lœweathal.

Mayh (J. Georg), né en 1800 à Brixlegg dans le Tyrol, mort le 18 janvier 1864 à Munich. M. Mayr était graveur topographe; de 1840 à 1852, il occupa le poste d'inspecteur du bureau topographique du royaume de Bavière. Il s'est fait principalement connaître par ses cartes routières du Tyrol et de rOberland bavarois, et surtout par son atlas des pays des Alpes, en 9 feuilles (Atlas der Alpen-Laender, 1858-60).

Meyendorf (Bon pierre do), né le 23 juin 1795 au château paternel de Roop en Livonie, mort à Wûrzburg en Bavière le 12 octobre 1863. Connu de l'Europe par la relation qu'il a donnée d(\ la mission russe de 1829 à Bokhara. Nous avons de ce livre une traduction française (Voyage d'Orenbourg à Boukhara^ eic, 1 vol. Paris, 1826).

MiLNE (William C), depuis quinze ans missionnaire de la société des Missions de Londres en Chine, mort à Péking le 15 mai 1863. Il avait acquis une connaissance très-étendue de la langue et de la littérature chinoises. On lui doit un bon livre intitulé Life in China (London, 1857), qui a été traduit en français. (La vie réelle en Chine. Paris, 1860. 1 vol. Chez Hachette.)

MoNTEiTH (colonel), mort au mois de juin 1864 à Boulogne-sur- Mer, où il était retiré depuis de longues années. Le colonel était entré en 1809 ou 1810, comme officier et ingénieur, au service du prince royal de Perse, Abbaa-Mirza, alors gouverneur de la province d'Azerbaïdjan ; c'est en cette qualité que de 1811 à 1826 (sauf plusieurs interruptions) il leva la carte du pays jusqu'à la nouvelle frontière russe. Une réduction de cette carte, envoyée à Londres, y fut gravée loin des yeux de l'auteur ; mais la nomenclature y est hérissée de fautes, au point de mettre la carte à peu près hors d'usage. £n 1851, le hasard m'ayant mis en rapport avec M. Monteith, alors à Paris, je reçus de lui, en même temps qu'une copie de la

carte originale, un mémoire manuscrit dont je publiai la traduction dans les Annales de Voyages (novembre 1852, p. 129-199], avec des notes et quelques appendices. Une partie du môme pays a été levée depuis par M. Nicolas de Khanikof, avec des moyens et des garanties de précision bien supérieurs à ceux du colonel Monleith (voir notre !'• Année^ p. 204); mais l'œuvre de l'ingénieur anglais n'en reste pas moins, ainsi que son mémoire, un document important dans l'histoire géographique de l'Arménie persane.

Hafn (Karl-Christian), célèbre antiquaire et linguiste danois, né le 16 janvier 1795 à Bràhesborg dans l'île de Fûnen, mort le 20 octobre 1864 à Copenhague. Le travail auquel M. Rafn a surtout dû sa notoriété européenne a été son grand ouvrage sur les anciennes navigations danoises et norvégiennes au Grœenland et sur les plages N. £. du continent américain, ouvrage qui fut publié à Copenhague en 1837 en un fort volume grand in-^*», sous le titre d^Antiquitates Americanae^ seu Scriptores septentrionales rerum antecolumbianarum m America, Mais outre ce grand ouvrage, bien d'autres travaux, tous relatifs aux antiquités historiques et géographiques des hautes contrées du Nord, ont rempli la longue carrière de ce savant laborieux. Cette nature de travaux était devenue pour lui un véritable culte ; ce fut pour leur imprimer plus d'ensemble et d'activité qu'en 1825 il provoqua et organisa la fondation de la société des Antiquaires du Nord, dont il fut le secrétaire perpétuel, et dont jusqu'à la fin il est resté l'âme. Peu de sociétés en Europe ont marqué leur existence par des travaux aussi nombreux que la société des Antiquaires du Nord. Outre une série déjà considérable et fort importante de volumes de mémoires, on lui doit un recueil en 3 volumes des f Histoires héroïques du Nord, ou des Sagas mythiques ou d'imagination ; 9 une t collection des Sagas historiques du Nord, » également 3 volumes; le livre des traditions de Fœroô (Foereyinga Saga), avec des commentaires critiques ; les t Monuments historiques du Grœenland, » 3 valûmes; les « Antiquités russes, d 2 volumes ; etc., etc. Tous ces ouvrages texte ou traductions, sont en danois; mais quelques-uns sont accompagnés de versions latines, ou ont été traduits en allemand. Cette liste, telle que nous la donnons de mémoire, est bien incomplète ; et M. Rafn prit une part active à la plupart de ces publications.

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Homain-Desfossés (Joseph). Né le 8 décembre 1798 à Gouesnou (Finistère) ; mort à Paris le 25 octobre 1864. Dès l'âge de 9 ans il débuta dans la marine impériale, sous la conduite de son père, lieutenant de vaisseau. De 1811 à 1815, élève à Técoie navale; 1»^ septembre 1819, enseigne de vaisseau; 31 octobre 1828, lieutenant de vaisseau ; 10 avril 1837, capitaine de corvette ; 31 juillet 18(il, capitaine de vaisseau. En IBkk, il reçoit le commandement en chef de la station navale de Bourbon et de Madagascar; de 18(i5 à 1846, il fait exécuter l'hydrographie de l'Ile Bourbon. Contre-amiral le 27 septembre ISkl ; ministre de la marine du 31 octobre 1849 à janvier 1851. Vice-amiral le 11 juin 1853; sénateur le 20 mars 1855 ; amiral, le 9 juillet 186^.

ScHLAEFLi (Alexander), médecin suisse, connu par ses voyages en Orient, mort à Bagdad le 5 octobre 1863, d'une dyssenterie dont il avait pris les germes à Pfle Maurice. Il était né à Burgsdorf, dans le canton de Berne; en 1855 il entra comme chirurgien militaire au service de la Turquie, et séjourna en cette qualité dans plusieurs stations d'Europe et d'Asie : dans les premiers temps de son service, à Batoum en Imérétie; de 1856 à 1861, à Janina en Albanie. C'est en 1861 qu'il commença ses courses de voyageur en Orient ; nous les avons fait connaître dans notre Année précédente (p. 268 et 301). Le D' Schlaefli avait formé de grands projets d'exploration, que la mort a interrompus. M. Egli a donné une notice biographique sur cet intéressant voyageur, dans le Globus de M. K. Andrée, t. V, 186^, p. 3^7-48, 277-81.

Spekë (John Hanning), capitaine dans Tarmée de l'Inde, im* mortalisé par son voyage à travers l'Afrique équatoriaUï, dans la région des sources du Nil. Né en mai 1827 à Jordans, près d'Ilminster, comté de Somerset; tué par un accident de chasse le 15 septembre 1864, dans les environs de Bath, où il était venu assister à la réunion de TAssociation Britannique pour l'avancement de la Science. A l'âge de dix-sept ans il entra au service et passa dans l'Inde ; il y apporta la passion de la chasse, qui, chez lui, sa joignait à l'amour de l'histoire naturelle. L'Himalaya lui oifrait un vaste champ pour ce double entraînement; il aimait à y faire de fréquentes excursions dans les intervalles de son service actif.

Sa carrière de voyageur ne date cependant, à vrai dire, que de 1854. Il avait un congé pour TËurope et se trouvait en

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passage à Aden. Le capitaine Burton, le célèbre exploratear, venait alors de recevoir du gouvernement colonial la mission d'essayer une reconnaissance dans l'Afrique orientale par le fond du golfe d'Aden, en vue, comme toujours, d'ouvrir la voie de ce côté au commerce et à l'influence de l'Angleterre. Le capitaine Burton organisait à Aden soc expédition africaine, au moment où Speke y arriva ; Burton vit aussitôt dans celuici un auxiliaire utile, et le décida aisément à s'associer à l'entreprise. Speke fut chargé de passer dans le pays des Somâl (qui borde au sud le golfe d'Aden en regard de la côte arabe), d'y gagner l'amitié des habitants, et d'obtenir d'eux un certain nombre de chameaux qu'il amènerait au port de Barbérah, où Burton le rejoindrait après une pointe qu'il voulait pousser au préalable jusqu'à la ville intérieure de Harrar, qui est un centre fort important pour le commerce indigène. Ces dispositions préliminaires étaient déjà d'un grand intérêt géographique ; car aucun Européen n'avait vu jusqu'hors ni le pays somali, ni la contrée de Harrar. Un peu par inexpérience, beaucoup par le fâcheux effet de la roideur britannique, Speke n'accomplit que très-imparfaitement la mission qu'il avait à remplir. Il arriva à Berbérah, mais en accumulant autour de lui des dispositions hostiles, qui éclatèrent violemment au moment où Burton arrivait de son côté au rendez-vous. Traqués, pressés, séparés des leurs, 4es deux voyageurs, blessés et désemparés, n'eurent que le temps de se jeter dans une barque qui les ramena au port d'Aden. Il fallut renoncer à pousser plus loin l'expédition projetée *.

Elle eut cependant ce très-grand résultat, de porter dans cette direction la pensée du capitaine Burton. Précisément les missionnaires que la Church Missionary Society de Londres entretenait sur la côte du Zanguebar, MM. Rebmann et Krapf, venaient, par leurs découvertes et leurs communications, de rappeler l'attention de TEurope sur un fait géographique qui occupa beaucoup les Portugais du seizième et du dix-sep-

1. 11 est reslé de cette tentative avortée un bon livre de M. Burton, First Footsteps in East AfricGy or an exploration of Harar. Lond. 1856, et quelques noies du. capitaine Speke dont nous parlerons tout à riicure. Les mots inscrits par le capitaine Burton en tête de sa relation de Harrar, Prevùers pas dan^' l'Afrique orientale ^ seraient tout à fait exacts si les dignes missionnaires de Mombaz, MM. Krapf et Rebmann, n'avaient pas les premiers, six ans auparavant, ouvert la roule des Montagnes neigeuses du Zanguebar.

tième siècles, mais qui était depuis lors à peu près tombé en oubli, TexisteHce de lacs d^une très-graode étendue dans les parties intérieures de l'Afrique australe. La société de géographie de Londres avait arrêté le projet d'une expédition anglaise dans cette direction. Il fallait un homme : le capitaine Burton s'offrit, et fut accepté avec un vif empressement. Il était impossible d'en trouver un mieux préparé à tous égards. Cette fois encore le capitaine Burton choisit pour second dans celte entreprise son frère d'armes, le capitaine Speke.

On sait quel en fut le résultat '. Une immense région cen*^ traie explorée, un vaste lac intérieur, le Tanganika, reconnu par les deux explorateurs, un autre lac, le Nyanza, signalé plus au nord par les rapports des marchands arabes, visité et en partie contourné. Cette dernière phase de l'expédition, qui n'en est pas l'épisode le moins important, appartient au capitaine Speke ; Burton, confiné par la maladie, n'avait pu y prendre part. E*. comme on rapportait qu'une grande rivière sortait du côté nord du Jac, Speke se dit que cette rivière pouvait être , — qu'elle devait être le Nil ; et il forma dès ce moment la résolution de revenir vérifier sa conjecture, ébloui déjà par la gloire promise au voyageur qui aurait le premier trouvé les sources du grand fleuve.

L'expédition aux Grands Lacs, commencée en juin 1857, ne s'était terminée qu'à la fin de janvier 1859 ; l'excursion particulière de Speke de Kazèh au Nyanza avait eu lieu au mois de juillet 1858. Quinze mois plus tard, au commencement d'octobre 1860, réalisant la pensée qu'il avait conçue, il mettait le pied de nouveau sur la plage du Zanguebar, se dirigeant vers l'intérieur pour revenir au Nyanza par la li^^ne qu'il avait déjà suivie en 1858. Une bien regrettable mésintelligence l'avait cette fois séparé du capitaine Burton; un autre de ses camarades de l'armée de l'Inde, le capitaine' Grant, raccompagnait. Malgré bien des retards et des traverses, le voyage s'est accompli heureusement. Le Nyanza a été revu

1 . 11 est consigné dans une double relation du capitaine Burton : l'uiic destinée au grand public et qui forme 2 volumes {The Lake JRegions of Central À frica, Lond. 1860); l'autre, plus strictement scientifique, qui remplit le t. XXIX du Journal de la Société de géographie de Londres. La première a été traduite en français par Mme Loreau, Voyage aux grands lacs de V Afrique orientaky 1 vol. grand in-8% 1862 (chez Hachette).

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et côtoyé à Touest ; la rivière qui s'en épanche au nord a été suivie, non pas, malheureusement, sans interruption ; en continuant cette route, les voyageurs ont gagné Gondokoro et le haut fleuve Blanc, et à la fin de mars 1863, trente mois après avoir quitté Zanzibar, ils arrivaient à Khartoum, la capitale de Ik Nubie égyptienne, qui est aujourd'hui, on peut dire, une terre européenne. Telle a été cette grande expédition, que l'Angleterre, dans son enthousiasme de la première heure, a saluée de découverte des sources du Nil.

Il n'est pas besoin d'amplifier les résultats de ce beau voyage pour en faire ressortir l'extrême importance. A cet égard nous avons plus d'une fois, et dans ce volume même ', exprimé notre opioion tout entière; nous nous bornerons à répéter ici ce que nous disions naguère au sein d'une nombreuse réunion scientifique*. « La mémorable entreprise du capitaine .Speke est une de celles qui laissent dans l'histoire des découvertes humaines une marque ineffaçable. N'eût-on ni la science profonde d'un Humboldt, ni le génie observateur d'unBuvckhardt, ni les dons variésjd'un MangoPark, d'unBarth et d'un Livingstone, quand on a ouvert lo premier une route inutilement cherchée depuis des siècles, on a inscrit son nom parmi les plus grands noms, on a conquis sa place à côté des plus illustres explorateurs. »

Le capitaine Speke a consigné le récit de son voyage dans une relation publiée en 1863. {Journal o( the discovery of the source oflhe Nile *). Il faut y réunir, pour avoir toute sa vie de voyageur, ses deux publications précédentes, Tune sur la course de 185^ chez les Somâl, l'autre sur son excursion de 1858 au Nyanza. L'une et l'autre furent originairement imprimées, sous forme de lettres, dans le Blackicood^s Magazine de 1859 et 1860 ; elles ont été réunies depuis en un volume, sous ce titre : What led to the discovery of the source of the

Nile *.

Strdve (F. G. wilhelm), le plus célèbre astronome qu'ait possédé la Russie, mort à Saint-Pétersbourg le 11 (23) novembre

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