IX
Baja California. Resena estadistica sobra la Antigua 6 Baja
Galifornia, 1856; IV, p. 121-127.
— Geogréfia y estadistica de la Baja Galifornia, 1853 ; por Fr. GastiUo Negrete ; VU, p. 338-359.
Les docoments dont on vient de parcourir le relevé se rapportent principalement, je l'ai déjà dit, aux éléments statistiques de l'étude du pays. Les indications gépgraphiques y sont nombreuses, sans doute ; et fournies comme elles le sont par des habitants mêmes de chaque canton, elles offrent en général une sûreté de détails que ne peuvent guère avoir les notes rapides d'un voyageur. M^is il ne . leur faut demander que bien rarement la précisioi^ mathématique. Il ne faut y chercher, non plus que dans les cartes qui accompagnent quelques-uns des mémoires, ni le détail topographique, ni les bases astronomiques. Un pu deux morceaux seulement font exception sous ce rappo^^, Qt 41^ premier rang le mémoire de M. Govarruhias çt celui de M. Orozco y Berra sur les opérations de la commission spéciale qi|i fut chaînée, en 1856, d'opérer la reconnaissance géodésique de la Vallée de Mexico. A part ce relevé trigonométrique de la Vallée centrale, le reste ne peut mieux se comparer qu'aux Mémoires des intendances provoqués chez nous, il y a deux cents ans, par l'administration de Golbert, et aux opérations des arpenteurs sur lesquelles se basaient à peu près exclusivement les cartes de noç provinces ^vant Gassini. Il suffit de comparer entrç elles les cartps mexicaines les plus récentes, et de les rapprocher soit du petit nombre de morceaux géodésiques que nous possédons, soit d*un itinéraire bien étudié tel que ceux de Burkart^^ pour juger dans quelles limites on les peut employer comme matériaux cartographiques. La Société de Mexico a çléplpyé le zèle le plus louable dans la tâche qui lui était assignée ; mais elle n'a pu aller au delà de ce que comportaient les éléments auxiliaires dont elle devait employer le concours. Aux publications de la société géographique de Mexico, il faut joindre les études dont les différents projets de com-
LIS iTXJB«S ABObllCAINES. 23
munication d'une mer à l'autre ont été Toccasion sur plusieurs poiuts de risthme américain. Dans les limites de notre travail actuel, nous n'avons à enregistrer que celles qui se rapportent à Tisthme de Tebuantepec, où se présente une si remarquable dépression. Une commission d'ingénieurs organisée par dpn José de Garay a fuit, en 1842, un nivellement de la partie de l'isthme que travei^fin^ lefi faibles ramifications de la Sierra Madré, entre le gf^Ue de Tehuantepec et la vallée du Coatzacqalcp S Déj^ pc^tte partie de l'isthme américain, qù la nature a ci biea préparé upe communication facile ei^tre les iew m^rs, avail été l'objet de deu)( études antérieures, l'une très-sommaire, en 1798, l'autre sous la direction du général Juaii Or^égozo, en 1825. Le rapport du général Orbégozo, qui renf^rnie aussi des données hypsométriques et astronomiques, a été réimprimé en 1 850 au premier yolume du Bulletin de la société de Mexico ; mais il était déj^ conuu en Europe par une traduction allemande commuuiquéfi par M- ^e Humboldt, eu 1846, au journal géographique (a ff^rfha de M* ^• 3erghaus, et que ce dernier a récemment reproduite daus la correspoudauce don^ l'houora tpngfeniip^ SOU illustre patron*. £nfiu une nouvelle Commissiou, aopéripaine cette fois, a repris à fond l'étudp hypsométriqup de Tisthine en 1851, pn vue du tracé
1. La relation de M. Garay a été publiée à Londres en 1844, sous le titre de Reconocimiento del istmo 4e TekuQtUepeCj practioado en I09 anos 1842 y 1843, con el ohjeto de una comunicacion oceanica, por la Comision cientifica que nombro al efecto el empresario don José de Garay ; 1 vol. in-8 de 183 pages, avec cartes et plans. Le commander Bedford Pim, dans sa récente publication sur la communication des deux océans à travers l'isthme américain, a consacré un intéressant chapitre à M. José de Garay et à son entreprise avortée. {TUe Gale of the Pacific, Londres, 1863, in-8, p. 101 et suiv.) Enfin, nous signalerons un mémoire de M. Hermesdorf sur l'isthme de Tehuantepec, qui se trouve au 32" volume du journal de la Société de géographie de Londres, 1862 (p. 536-55^1).
2. Briefwechsel Alex, von Humboldt's mi^ Beinrich B^ghans, aus d. Jahr. 1825-1858. Leipz. 1§63, B. 1, p. flPSià UQ-
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définitif d'un chemin de fer, et les résultats de cette nouvelle étude ont été publiés aux États-Unis par l'ingénieur en chef, M. J. Williams * ; mais, à mon grand regret, je n'ai pu jusqu'à présent me procurer cet ouvrage, qui semble devoir être un document considérable.
J'ai dit qu'un des principaux objets que s'était proposés la Société de géographie de Mexico dès son origine, était la rédaction d'une carte du Mexique. Commencée en 1841 , cette tâche difficile n'a été achevée qu'en 1850. D'après les courtes notes que nous lisons dans deux ou trois des volumes du Bulletirij l'œuvre se compose d'une carte générale de huit pieds sur six (on ne dit pas en combien de feuilles), accompagnée de cinquante-deux feuilles de développement, carte des États ou provinces, de districts, de territoires, plans de villes ou de ports, etc. La carte d'ensemble, rédigée avant la guerre de 1846 et le traité de démembrement qui la termina, comprenait les deux Californies et les territoires de rOrégon; elle commençait au sud au 14® 20' de latitude (un peu au midi de Guatemala), et s'étendait au nord jusqu'au 49" parallèle.
C'est tout ce qu'on nous apprend sur ce travail. On ne nous dit nulle part, ce qui serait assez essentiel, sur quels principes il avait été exécuté, quels matériaux y avaient été employés, de quelles observations on s'était appuyé pour en tracer le canevas et en fixer les points principaux. La carte (ou plutôt l'atlas), envoyée successivement à New- York et à Londres pour y être gravée, n'a pas trouvé d'artistes disposés à s^en charger : question d'argent, sans aucun doute ; si bien qu'en désespoir de cause on avait un moment songé à faire appel à quelque spéculateur privé. En définitive, le tout est revenu à Mexico, et y est resté déposé dans les archives de la Société de géographie.
1. The isihmus of Tehuantepec, etc., by /. /. Williams, principal assistant Engineer, New-York, 1852, 2 vol. in-8.
Nous ne pouvons donc nous former quelque idée de la valeur scientifique de cette œuvre transitoire que par les morceaux détachés qui ont été publiés çà et là dans les vo« lûmes du BuUetin. Bien que ces morceaux n'appartiennent probablement pas à Tatlas, ils nous disent assez de quelles ressources ont disposé ceux qui ont travaillé à sa rédaction. Nous ne pouvons que répéter, au sujet de ces cartes déta« chées, Tobservation que nous ont suggérée les mémoires et notices descriptives dont nous avons relevé la liste : renseignements généraux, indications par à peu près, tracés d'arpenteurs analogues aux anciennes cartes de nos provinces avant les levés géodésiques de Gassini, absence à peu prèf^ complète de garanties scientifiques.
Nous avons d'ailleurs un moyoA d'appréciation plus direct : c'est l'atlas de M. Garcias y Cubas. Cet atlas a été composé de 1846 à 1858. Bien qu'il ne soit accompagné ni d^analyse critique, ni de notice d'aucune sorte sur sa composition et ses matériaux, on voit, par le titre même, que les secours dont l'auteur a pu disposer ont dû être précisément les mêmes que ceux qui avaient servi à l'atlas a plus grande échelle de la Société de géographie; bien plus, M. (jarcia déclare expressément avoir eu communication delà carte même de la Société ^ Son travail en doit donc être l'image exacte, quoique réduite. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner dans quelle mesure l'auteur a mis à profit ou
1. Atlas geograficOy estadùtico é historico de la Repuhlica mexicanaj formado en vista de las carias mas exàctas de los Estados^ y de los trabajos de los Sres. Moral j Humboldty Garcia Condéj Teran , Rincon, NarvaeSy Camargo^ Lejarxa, Orbégoza, Nerriy Harcortj Mora y Villamillj RohleSj ClavijerOj Prescotty Alamanj etc., de los datos oficialesj y Caria gênerai levantada por la Comision de la Sociedad de geografia y estadica militari por Antonio Garcia y Cubas; Mexico, 1846-58, 1 vol. grand in-folio. L'atlas se compose de doux cartes générales, vingt-neuf cartes de détail (une pour chaque État ou province), deux tableaux historiques, un tableau chronologique, et dixhuit pages de relevés statistiques. Les cartes des provinces ne sont pas sur une échelle uniforme.
négligé le secours précieux qu'il devait trouver dans les itinéraires et les données scientifiques de quelques observateurs européens, dans ceux de Burkart 90ti^nient ; mais je ne puis omettre un terme de comparaison qui permet de juger jusqu'à quel point le travail topographique ^Q& cartes de M. Garcia, même dans les parties les mieu^ connues du pays, approche de la vraie représenU^tion du terrain. Je veux parler de la carte de r£tat de Puebla levée par le général Âlmazan avec le concours d*un officier prussieu au service du Mexique, M. Ferdinand de Heldreich, et publiée en quatre feuilles à Puebla en 185£|. Il serait difficile 4^ retrouver dans la carte de l'atlas la forme des vallée^, \sl disposition des hauteurs, et souvept même la situation relative des lieux, t§ls que les n^pntre la carte du général Almazan. Si tel est le défaut de précision dans la province assurément la plus fréquentée de Teuipire et qui doit ^tTO la mieux connue, qu'on juge de ce que doivent êtrp les par? ties éloignées du centre ^
J'ai à peine besoin d'ajouter qu'il n'y a dans ces remi^r? ques aucune pensée de critique désobligeante k l'égard d'uu travail qui est, après tout, le premier essai d'une cartQgraphie d'ensemble des territoires mexicains. L'auteur de l'atlas a fait, sans doute, tant pour la composition que pour l'exécution matérielle de son œuvre, ce qui était alors possible, et ses cartes seront loin d'être inutiles à ceux qui désormais appliqueront au relevé du pays des procédés plus rigoureusement scientifiques.
1. Postérieurement à son Atlas, M. Garcia y Cubas a publié une carte générale du Mexique en 4 feuilles (1863), à bien plus grande échelle, conséquemment, que sa carie de 1858. La carte est gravée sur pierre, et d'un effet général qui fait honneur aux artistes mexicains.
LES ÉTUDES AMâuCAINÉS. 27
Seconde période. — Depuis la guerre de 1840 jusqu'à présent.
La période où nous entrpns va nous apporter d'importants et nombreux matériaux sur les provinces mexicaines jusque-là les moins visitées et les moins connues.
Cet ensemble de documents, qui jette un jour si nouveau sur la région nord du Mexique, et qui nous a donné pour la première fois une idée claire et précise d'une vaste portion du continent américain, c'est aux événements politi-. ques et militaires de 1846 qu'on le doit.
Le traité de Guadalupe (2 février 1848), q\x sont écrits les résultats de cette guerre, consacra l'abandon de deux immenses territoires à TUnion américaine, le Ii^oqyeau- Mexique et la haute Californie, comme auparavant la décision sénatoriale de 1846 levait consommé 1 -annexion du Texas. Le Mexique eut désormais pour limites, du côté des États américains, le cours du Rio Grande, depuis son embouchure jusqu'à Paso del Nprle, et du Rio del Nprte à rOcéan une ligne conventionnelle tracée de Test à l'ouest à travers la contrée à peu près déserte qui borde au sud le Rio Oila^ Le règlement de cette dernière partie de laupuvelle frontière fut attribué à une Cpinmiçsion laiiXe qui dut y procéder sur le terrain dans un délai déterwné.
Le traité à peine conclu, les nouveaux territoires ^i^^ricains devinrent le théâtre d'une activité d'exploralipn à laquelle l'administration antérieure ne les avait guère accoutumés. U faudrait remonter jusqu'au milieu du seizième siècle et au commencement du dix-septième pour retrouver
1. Le tracé de cette dernière ligne a été l'objet d'une convention suj>plémen taire en 1854, entre les Élats-Unis et le Mçxique.
quelque chose, non pas de semblable, mais d'analogne; encore les anciennes reconnaissances espagnoles ne furentelles, en général, que les courses de quelques aventuriers avides, hors d'état de rapporter de leurs lointaines excursions une observation tant soit peu exacte, tandis que les reconnaissances- américaines portent avec elles toutes les garanties de précision scientifique. En même temps que la Commission de la nouvelle frontière procédait au levé du pays cédé et à la délimitation d*une ligne appuyée sur une série de déterminations astronomiques, d'autres expéditions, composées d'ingénieurs et d'officiers du génie, se succédaient coup sur coup et se portaient sur tous les points de cette nouvelle région du Far West, ceux-ci pour prendre une idée générale du pays au point de vue (fort peu satisfaisant sous ce rapport) de l'appropriation agricole et coloniale; ceux-là pour en reconnaître les principales rivières, à commencer par le Rio Grande del Norte et le Colorado californien ; d'autres pour chercher et étudier les lignes les plus favorables ^ l'établissement de communications directes, au moyen de chemins de fer, entre le Mississipi et la côte de l'Océan; tous pour lever des cartes exactes, appuyées d'observations astronomiques et de la détermination des hauteurs au-dessus du niveau de la mer. Ce que cet ensemble d'études simultanées a, dans l'espace de dix ans, donné de documents à la science est prodigieux ; c'est toute une bibliothèque. H est vrai qu'une portion considérable de ce mouvement et de ces publications se rattache à l'Ëidorado californien, dont nous n'avons pas à nous occuper quoique le bassin du Rio Sacramento et la baie de San Francisco fassent partie des anciens territoires mexicains ; mais ce qui appartient proprement au Nouveau-Mexique, c'est-àdire à la vallée supérieure du Rio del Norte et au bassin du Rio Gila, fournit encore un assez ample catalogue de publications importantes. Ce sont, pour la plupart, des publications officielles, et plusieurs sont imprimées avec ce
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luxe intelligent de cartes et d'illustrations qui fait d'autant plus d'honneur au gouvernement de Washington^ que par sa libéralité envers les grandes bibliothèques et les sociétés savantes de l'Europe il a rendu facile aux hommes d'étude Taccès d'une. série de docunients véritablement inappréciables.
Il ne sera pas inutile de relever ici dans leur ordre chronologique la suite de ceux de ces documents, des plus importants du moins^ qui touchent au Nouveau-Mexique :
Notes of a military reconnoissance from fort Leavenworth^ in Missouri^ io San Diego^ in CcUifornia ; including parts of the Arkansas, del Norte\and Gila rivers, By W. H. Emory, major topographical Engineers. New York , 1848 , in-S®. With Map and numerous illustrations.
Itinéraire appuyé de nombreuses déterminations astronomiques, et de reconnaissances militaires pour la topographie. L'intervalle du Rio del Norte supérieur à l'Océan est pour la première fois figuré par un relèvement scientifique. La position astronomique de Santa Fé est fixée par 35« 41' 6" lat. N. 106" r 23" longit. 0. de Greenwich. Les cartes espagnoles, avant M. de Humboldt, plaçaient Santa Fé par 36" IC de latitude avec Lafora (1766), ou môme par 36* 28' avec Rivera (1724). Les éléments astronomiques pour la longitude manquaient absolument. M. de Humboldt, dans la discussion critique à laquelle il soumet ce point important, en se basant uniquement sur un enchaînement de directions {Essai polit., I, p. 83), s'était arrêté à la détermination approximative de 5® 48' à l'O. du méridien de Mexico ; la différence réelle, qui résulte des observations américaines à Santa Fé, est de 6* 54' 17".
Memoir descriptive of the march of a division of the United States armtj^under the command of brigadier g eneralJohnE. Wool^ from San Antonio de Bexar^ in Texas ^ to SaltillOy in Mexico. By G. W. Hnghes, capt. topogr. Engineer^. Sept.-dec. 1847. In-S». Maps.
Nous avons ici, avec une série d'observations astronomiques, une carte où est tracé l'itinéraire suivi depuis le Presidio del Rio Grande jusqu'à Morterey, à travers les provinces de Cohabuila et de Nuevo Léon. Bonne reconnaissance militaire.
Memoir of a Tour to Northern Mexico, connected with colonel Doniphan^s expédition, in 1846 and 18^7. By A. Wislizenns, M. D. Washington, 1848, in-S®, avec deux cartes et un tableau de profils hypsométriqùes.
Le D' Wislizenus, « Allemand de naissance et Américain »par choix, » avait quitté Saint-Louis dans les premiers jours de mai 1846, avec le projet de pousser une course scientifique au Nouveau-Mexique et dans la haute Californie, muni d'mstruments pour les observations astronomiques et barométriques, etc. Il se trouvait dans la Chihuahua quand éclata la guerre; il y fut retenu six mois dans Tinaction. L'arrivée des troupes américaines lui rendit la liberté; mais il dut rester avec le corps d'armée, où il accepta les fonctions de chirurgien militaire, et il rentra dans le Texas avec le colonel Doniphan.
Quoique beaucoup plus limitées qu'il ne l'avait projeté, les observations du docteur n'en Sotit pas moins, ainsi que sa barte , une excellente acquisition pour la géographie du Chihuahua. Ses itinéraires nous conduisent de Santa Fé à la ville dé Chihuahua, et de cette dernière place à Matamoras, près de l'embouchure du Rio Grande del Norte. Les déterminations d'altitude barométriques sont nombreuses.
Journal of the match ^of the Mormon ^bùttalion of infaniry «olunteers, under the command of lieut. col. S* George Cook , from Santa Fe, New Mexico, to San Diego, California, kept by himself. Oct. 1846 — jan. 1847. Washington, 1849. Avec une carte.
C'est là première reconnaissance militaire de la région du Rio Gila.
Report of lieut. J. Abert of his examination of New Mexico, in the years 1846 (from sept.) and (jan.) 1847.
Première carte de la vallée supérieure du Rio Grande, depuis le 37« de latitude jusqu'au 33« 3(y.
Reports of the lieut. Smith and Handcastle, topogr, eng^, of their surveys for theMapofthe Valley of Mexico (From aug.1847 to 1848).
La carte est au 130000 environ.
Reports of the secretary of War; with reconnoissances of routes from Son Antonio to el Paso (Texas), by lieut. col. Johnston, etc. Also the Report ofcapt, Marcxfs route from fort Smith to Santa Fe ; and the Report of lieut. /. H, Simpson of an expédition into the Navajo country; and the Report of lieut. W. H. C. Whiting's
USS ÉTÛUËS AMÉRICAINES. 31
recfmnoissances of the kvest^gm frontier of Texas, Washington, 185b, in-8o i^ith mâps and ûumerous fig.
Ce qui nous touche particulièrement dans ce volume, c'est la reconnaissance du lieutenant Simpson jusqu'à la frontière du pays des Navajos , à deux degrés environ à Touest de Santa Fé. Cette reconnaissance conduit au cœur môme d'un canton curieux par ses ruines et ses habitations indigènes, où se retrouve le site de ce fameux Cibola dont les vieilles relations espagholes avaietit fait un pd^s ptesque légelidaire. Le i^pport est riche en déterminations astrohomi(|ties.
Extraci from ajournai of an eocpedition from San Diego ^ Califomia^ to the Rio Colorado^ from september \l to deoember 11, 18^9, by A. ÎF. Whipple^ lieut, U, S. topogr. engineers, Washington, 1851, in-8".
Excurâion à la fois géographique et ethnographiqtle. Les tri« bus du bas Colorado, qui n'étaient connues que par les relations des missionnaires espagnols du dix-huitièllië siècle, sont vues pour la première fois par les Anléricains. Des vocabulaires sont rectîeillis. Une colonne est élevée près de la jonction du Rio Gila et du Colorado, pour marquer le point où la frontière américo-tnexicaine coUpe le ileUve; une longue série d'observations fixe la position astronomique dé cette colonne par 32* 43' 3r'6 lat. nord, ii4* 33' 4" ouest de Gteenwich.
United States and Mexicàn boundary survey. Report of WilL H. Emory^ major first cavalery^ and, U, S, commissioner Washington, 1857, 1 vol. grand in-4<*, with maps and numerous plates.
Ce beau travail du major Emory, outre l'exposé circonstancié des opérations de la Commission, précédé d'un très-remarquable aperçu de la configuration physique de la région des n^ntagnes Rocheuses, comprend un ample appendice géologique et paléontologique, et en outre est accompagné d'une profusion de planches supérieurement exécutées, sites, portraits des diverses tribus indigènes, objets d'histoire naturelle, etc. Les déttrminations astronomiques et hypsométriques sont nombreuses. La série de déterminations hypsométriques a cela de particulièrement important, qu'elle fait connaître dans sa mesure exacte la très-remarquable dépression qui sépare le plateau mexicain du plateau californien. C'est un grand trait de configuration physique du continent américain, qui était resté jusque-là tout à fait inaperçu. Le travail de la Commission, commencé au mois de décembre 1849, puis interrompu et repris, n'a été terminé qu'en 18o5.
32 ^ LES ÉTUDES ABIÉRICAINES.
Une autre publication non moins riche en informations sur cette zone^ à peu près inconnue auparavant, que travetse la nouvelle frontière au nord de la Sonora et du Chihuahua, est la relation personnelle de M. Bartlett, chef de la Commission américaine. C'est surtout par l'abondance des renseignements ethnographiques que celte importante relation se recommande. En voici le titre :
Personal Narrative of explorations and incidents in Texas^ New Mexico^ California, Sonora, and Chihuahuu^ Oonnected, with the United States and Mexican Boundart} Commission^ duringthe years 1850, 51, 52, and 53. By J. Russell Bartlett, U. S. commissionner. New- York, 1854, 2 vol. in-8», with map and illustrations.
Dans une lettre écrite, il y a douze ans, à la Société d'ethnologie américaine, M. Bartlett lui-même donnait un intéressant aperçu de ses recherches et de leurs résultats ; j'em vais tirer quelques extraits. « Entre le Rio Grande et Tocéan Pacifique, nous avons vu, disait-il, les diverses tribus indiennes en plus ou moins grand nombre. J'ai obtenu d'amples vocabulaires de leurs idiomes. Ces vocabulaires sont les plus considérables qu'on ait jamais réunis, et ils seront d'un grand usage aux philologues. Je possède aujourd'hui les vocabulaires de dix-neuf idiomes différents à l'ouest du Rio Grande, la plupart écrits par moi-même directement avec tout le soin possible pour en constater et en vérifier l'exactitude. Presque tous sont nouveaux.
a Des vocabulaires, néanmoins, ne sont intéressants que pour les savants; aussi ai -je cherché d'autres sujets propres à faire connaître les usages et les coutumes des Indiens, et à présenter leurs traits caractéristiques. J'ai ainsi réuni une belle suite de portraits de grandeur naturelle pris dans les ^principales tribus, choisissant toujours ceux qui me paraissaient caractéristiques, sans m'attacher à la considération exclusive de la beauté des individus. Dans toutes les tribus, j'ai observé une immense différence entre les chefs et les masses, bien qu'on retrouve dans toutes les classes 4es traits caractéristiques de la tribu et un certain air de famille. Les chefs indiens et leur famille sont toujours de beaux spécimens d\i genus homo ; bien faits, belle stature, traits réguliers, face pleine, et généralement moins foncés de teint que le reste. Ceci peut s'expliquer comme s'explique la supériorité ou Tinfériorité des classes chez toutes les nations : par le genre de vie.
« J'ai, dans mes excursions, trouvé trois classes d'Indiens :
« 1" Les tribus sauvages, telles que les Apaches, qui vivent de chasse et de maraude, et qui n'ont ni villages ni demeures fixes;
« 2" Les tribus demi-civilisées, c'est-à-dire celles qui cultivent le sol à leur manière, qui élèvent [des bestiaux, qui filent et tissent : tels sont les Pimos, les Ck)co-Maricopas et les Navajos.
« 3° Les tribus qui résident au milieu des Mexicains et des Californiens^ ou sur leurs confins , qui sont ou ont été sous l'influence des missionnaires, et qui ont adopté beaucoup d'usages des blancs. Cette troisième classe comprend un certain nombre de tribus du Mexique, et toutes celles de la Californie au sud de San Francisco en longeant la côte, jusqu'à une dixaine de milles dans l'intérieur, ce qui est la plus grande distance où les missions se fussent étendues.
c La zoologie, la botanique et la minéralogie n'ont pas été oubliées; mais nous avons fait davantage dans la science physique, cette partie se liant directement aux observations néceis^ saires à nos relèvements. Les instruments ne nous manquaient pas, et ils étaient excellents. Aussi, dans nos tables d'observations de déclinaison, d'inclinaison et d'intensité magnétiques, de même que dans les observations astronomiques et météorologiques, tout ce qu'il a été possible de faire a été fait d'une manière complète et satisfaisante. Ces résultats font grand honneur aux officiers chargés de cette partie des travaux de la mission.»
Quant à la nature générale du pays où court la ligne frontière au sud du Rio Gila, on en prendra une idée par ce passage d'une lettre écrite des lieux mêmes par M. Webb, le secrétaire de la mission : « Que n'ont pas dit les voyageurs du désert du Sahara, de sa nudité, de sa privation d'eau, de ses redoutables ouragans de sables? Sous tous ces rapports, je doute qu'aucune terre au monde puisse surpasser le territoire que nous venons de traverser. Le fait est qu'une grande partie de ce pays, qu'on se représente de loin comme un vrai paradis, n'est qu'une solitude stérile, absolument dénuée de toute autre utilité que de former une ligne de démarcation naturelle entre deux nations • voisines. »
Eocploration du Rio Grande^ cm Rio Grande del Norte^ par M. Love^ capitaine dans Varmée des États-Unis d'Amérique. (Mars 1850.) Bulletin de la Société de géographie, t. !•' de 1851, p. 101-115,
Je n'ai pas sous les yeux l'original de ce document, dont j'indique ici la traduction. La reconnaissance s'est étendue depuis l'embouchure du fleuve jusqu'au Rio Pecos.
Report of an expédition doum the Zuni and Colorado river s ^ by capt, L. Sitgreaves, corps topographical Engineers (sept.nov. 1852). Washington, 1853, in-8' with maps and illustrations.
l'année oAoor. m. 3
Aiosi que le titre Findique, la reconnaissance conduite par le capitaine Sitgreayes, partie de Santa Fé, franchit, après avoir quitté la vallée du Rio Grande, la ligne de montagnes qui sépare cette vallée du bassin du Rio Colorado, dont le Zuni est un affluent, descendit le Rio Zuni jusqu'à sa réunion au petit Colorado (Colorado Chico) , longea la partie supérieure de cette derpière rivière, puis coupant droit à Touest, vint gagner le coips même du Colorado aux environs du 35* degré de latitude, pour en suivre le cours jusqu'à son confluent avec le Rio Gila. Le développement de cet itinéraire, dont le détail est tracé çur ime grande carte, fut de 658 milles,
B(. Sitgreaves trouva pour Ift latitucjiç du villagq indigène de Zum, 35* 4' 10" 7.
Notes on a route from near the Tejon pass^ throw western New Mea^cQ and the Colorado^ to Santa JPe, in the fall of 1853. Washington, 1854, in-8o, 12 pages.
Diary ofan Excursion to the ruins of Abo^ Zuarra^ and Grand Quevera^ under the command of major J, H, Carkton^ U. S, A. — Reports of the Smithsonian institution for 1854. Philad. 1855, in-8o, p. 296-316.
Report of explorations for a railway route ^ near the 35**» paraikl of latitude^ from the Mississippi to the Pacific Océan (oct, 1853-nûarch 1854), By lieut. A, W, Whipple^ corps of topofff* Engineers. In-8®, with maps.
La pensée d'établir une communication directe entre les £tats du Mississipi et la côte californienne détermina le gouvernement (Je Washington, en 1853, à faire entreprendre simultanément, à (JifTérentes latitudes, une triple exploration des contrées interpdédiaires, afin de reconnaître quelle zone présenterait le plus de facilités et d'avantages pour la construction de la ligne projetée. La première de ces trois explorations, conduite par le gouverneur Stevens, dut se maintenir aux environs du 48* parallèle, en remontant la vallée du Missouri ; la seconde, dirigée par le capitaine Gunnison, dut suivre le 38* parallèle, c'est-à-dire la ligne presque directe qui relierait Saint-Louis à San Francisco; la troisième, enfin, dut se diriger à la hauteur du 35* parallèle, en coupant de Test à l'ouest le large bassin du Colorado californien, dont le capitaine Sitgreaves venait de reconnaître en partie le cours. C'est cette troisième reconnaissance dont le lieutenant Whipple , qui en avait la charge, fait ici le compte rendu. Son rapport, comme celui des deux autres expéditions, est riche en déterminations d'altitudes, élément précieux pour le tableau physique de l'immense plateau californien, entre la chaîne des montagnos Roclicuscs et le Grand Océan.
L88 ]$TUPK8 AMémOAINES. 85
. Un artiste allemand, M. Balduin Mœllhausen, ethnologue et nnr turaliste en même temps que peintre, avait été attaché à cette expédition; il en a donné en allemand une relation, qui sous plusieurs rapports, n'en est pas le résultat le moins intéressant*.
Sketch ofthe Navajo Indians; by D' J. Letherman, U. S. A. Report of the Smithsoniam Institution for 1855. WashingtOD, 1856, in-8% pages 283-297.
Rejport upon the Colorado river of the West, explored in 1857 and 1858, by lieutenant Joseph G. Ives, corps of topograph. Engineers. Washington, 18Ç1, grand in-^o, With maps and numerous illustrations, sites, portraits, etc.
Voici encore un de ces beaux et riches volumes où ont été enregistrés , depuis vingt ans , tant de précieux éléments d'étude scientifique sur les territoires de l'Union américaine. L*expédition du lieutenant Ives devait compléter la reconnais-* sance du capitaine Sitgreaves; son objet spécial était de remonter aussi haut que possible le cours du Colorado, et de constater dans quelles limites le fleuve est navigable. Cette limite se trouve à peu près sous le 36* degré de latitude. L'intervalle astronomique entre ce point et l'embouchure du fleuve dans le fond du golfe de Californie n'est que d'un peu plus de 4 degrés de latitude; mais la distance par le fleuve est presque doublée : le sillon du bateau à vapeur a mesuré 630. milles (850 kilomètres). Le rapport du lieutenant Ives est d'un très-grand prix par ses renseignements géographiques et par ceux qu'il apporte à l'ethnographie; et de plus, les naturalistes y trouveront, dans l'appendice spécial du D' Newberry, des informations aussi curieuses que nouvelles sur une des régions géologiques les plus singulières qu'on ait observées jusqu'à présent sur aucun point du globe. Ajoutons toutefois que ces informations se rapportent, comme l'expédition elle-même, à la région qui s'étend, sur deux degrés de largeur, au nord du Rio Gila, et conséquemment qu'elle est tout à fait en dehors de la limite actuelle du Mexique*
Ce n'est pas seulement la géographie positive et la topographie exacte de nos cartes qui auront gagné prodigieusement aux documents que nous venons d'énumérer; ce ne
] . Tagelmeh einer Reise von Mississippi nach den Kùsten der Siul' See. Leipz. 1858, in-4, mit Karte and Illustrât.
36 LES ÉTUDES AMÉBICAINES.
sont pas seulement les sciences physiques et naturelles qui y trouvent un ample contingent de faits nouveaux; ce n'est pas seulement l'ethnographie qui s'y est enrichie d'une quantité considérable de renseignements authentiques sur des langues et des tribus qui n'étaient connues pour la plupart que d'une manière très- vague et très-imparfaite, et dont plusieurs étaient juqu'k présent tout à fait ignorées, même de nom : une autre branche d'études d'un grand et sérieux intérêt, les études historiques, en a reçu des clartés imprévues. Les origines mexicaines, auxquelles se sont rattachées et se ratttachent encore tant de spéculations oiseuses et de vaines hypothèses, trouvent ici non pas sans doute encore une solution définitive, mais un temps d'arrêt certain qui prépare peut-être cette solution et en ouvre les voies.
On sait qu'au nombre des traditions qui se conservaient encore, au temps de la conquête espagnole, parmi les Azteks devenus les dominateurs du plateau central, une des plus uniformément reproduites, et en même temps des plus caractéristiques, était le souvenir d'une division originaire de la nation en sept tribus. Ce nombre sept se liait à toutes les réminiscences, à toutes les légendes primordiales de la nation. C'était partagée en sept corps séparés, en sept migrations distinctes, qu'elle était autrefois descendue d'une contrée du Nord pour venir s'établir dans l'Anahuac, où elle fonda, au milieu d'une vallée délicieuse» la ville qui devait plus tard , sous le nom de Mexico , devenir la capitale d'un puissant empire. Cette tradition se reproduisait sous toutes les formes, dans les récits, dans les chants religieux, dans les peintures symboliques. Elle est inscrite en tête de la plupart des chroniques nationales^ qui furent écrites, peu après la conquête espagnole, par plusieurs des princes et des nobles convertis; elle a été recueillie par tous les historiens. Mais cette tradition, sons les formes légendaires dont elle s'était graduellement
LES ÉTUDES AMÉEUCAINES. 37
ioppée, n'avait presque plus rien du caractère bisto- ); l'explication du fait> dans sa simplicité première, t perdue. Cette explication a été retrouvée. Aux envide la haute vallée du Hio Grande, en remontant vers sa \e^ dans un rayon de quelques journées autour de i Fé, il existe différents groupes de populations indi- 3 qui toutes, par un usage immémorial et dont elles aucune tradition, se partagent invariablement en sept ons ou petites communautés, ayant chacune leur ;8 à part. Cet usage est à la fois trop général et trop téristique pour qu'il soit possible d'en méconnaître lison directe avec les anciennes migrations aztèques, imèques, etc., venant du Nord vers l'Anahuac, toujours onnées en sept divisions ou tribus. Les premiers déeurs espagnols du seizième et du commencement du )ptième siècle avaient déjà ouï parler, dans leurs courles Siete Ciudades du pays de Quivira ; mais leurs réexagérés et fantastiques, avaient eux-mêmes besoin \ vérifiés et confirmés, bien plus qu'ils n'étaient proi éclairer les investigations. De ce cùté-là, aujourd'hui, ist parfaitement connu; c'est une base solide pour les rches ultérieures.
s recherches, c'est maintenant surtout à la philologie à tursuivre, appuyée sur les données comparatives que fournir l'ethnographie américaine. Déjà, dans ces dertemps, de bons essais ont ouvert la route en diverses ions. Trois siècles entiers se sont consumés en recherîtériles, en hypothèses ou frivoles ou absurdes. Il n'y vingt ans que les études américaines ont pris des habisérieusement critiques, et Ton y pourrait noter plus triste rechute. Les seules publications que Ton puisse ter encore, comme marquant réellement, bien qu'à i degrés, un pas utile dans la voie des travaux sé- » sont, en ethnographie, les précieux éléments d'étude 3 dans les grands ouvrages de Schoolcraft, de Gatlin
as LES ÉTUDBd AMéRICAINSS.
et de Morton*, en excluant, bien entendu, tonte me êji^ tëmatiqne et tout^ déduction préconçue; en archéologie comparée» pour les indigènes des contrées du Mississipi^ le judicieux résumé qu'en a présenté M. Haven à rinstitntion Smitsonienne ' ; en linguistique, après le mémoire bien connu de M. Duponceau, les remarquables travaux de M. Albert Oallatin' et les investigations savantes, mais un peu arides et diffuses, de M. Buschmann, de l'Académie do Berlin*. Ge que la science attend maintenant, pour Tar^
l.'Sclioolcraft, Historieal and ttatisticalinfarmationi reip§cHiî§ tJie historyj etc., etc., of the indian trihes af the United States. Philadelphia, 1853 et années suivantes, 6 vol. gr. in-4. — G. Catlîn, ttluttrations of the mannert^ customty and condition of the Norih Aniê^ riean Indians. New-Tork, 1841, 2 vol. gr. in-8; et North Americam Portfolio, Lond. gr. in-folio. — G. Morton, Crania americafia, Philadelphia, 1839, in-folio. — 11 y a aussi beaucoup à recueillir dans les Types of Mankind de MM. Nott etOliddon, Lond. 1854, in-4, etdtiiBles Indigenotu Races des mômes auteurs, Philadelphia, 1857, m-4.
2. Archœology of the United States ^ or SketcheSy historieal and Whliographicaly ofthe progress of information and opinion respecHng vestiges ofantiquity in the United States. Au vol. Wîîl des Smithsonitm Contributions to knowledge. Washington, 1856, in-4.
3. Les travaux de M. Albert Gallatin (genevois de naissance, naturalisé Américain) resteront toujours au moins comme une exceUenttf préparation aux investigations de Tethnologie américaine. Ils se résument en trois Mémoires principaux , où le sujet est pris à fond autant que le permettaient les faits acquis : l** ^1 Synopsis of the indian trtbes wiihin the>United States east of the Rocky Mountains, Dans las Transactions ofthe American Antiqtmrian Society^ voL II, 1636 (426 pages) ; 2" Notes on the semi-civilized nations of Mexico, Tueatan and Central America; dans les Transactions of the American Ethnological Society ^ vol. 1, 1845 (352 pages); 3* Introduction to tim Indians of North-West America de Haie , au 2* volume du môme recueil, 1848 (165 pages). — La deuxième édition des Researches philosophical and antiquarian conceming the ahoriginal history of Amê' rica, de Mac CuUoch (Baltimore, 1829, in-8), se lit encore avec intérôtt à cause de l'extrôme i)onne foi do l'auteur dans la recherche des faits, même lorsqu'ils contrarient des opinions quMl ne se croit pas le droit d'écarter.
4. Les nombreux Mémoires de M. Garl Buschmann sont tous imprimés dans les Ahhandlungen de l'Académie de Berlin, à partir de 1852. Les plus importants, au point de vue des études mexicaines, sont ses recherches sur les noms des lieux aztelu ( Ueber die axtekischmi Ortê^
LES ÉTUDES AMélUCAmES. 39
chéologie et la linguistique mexicaines en particulier, ce sont, on ne saurait trop le répéter, des études strictement poursuivies sur les principes et diaprés les méthodes rigoureuses qui ont été si admirablement inauguras dans la philologie indo-européenne et qui y ont conduit k de si grands résultats. L'archéologie mexicaine, la philologie comparée appliquée aux idiomes du Mexique en particulier et de TAmérique en général, en un mot ce que l'on sera en droit un jour d'appeler les études américaines, ne sont pas nées encore ou sont à peine ébauchées ; ce sera la gloire de la Commission mexicaine d'avoir travaillé à fonder ces études, dont il est impossible encore de prévoir le développement et les futurs résultats.
Mais je laisse à de plus compétents ces grandes et difficiles questions; je reviens à la géographie, objet spécial de ce rapport.
J'y trouve peu à ajouter aux indications précédentes. Quatre ou cinq noms, cependant , méritent d^être honorablement signalés.
M. Âdolp Uhde a donné sur le Tamaulipas, une des provinces mexicaines les moins visitées et les moins connues, un livre historique et descriptif ^ La connaissance de ce
fiatnenj 1852); sur les traces des langues aztèques dans le nord du Mexique et dans les hautes latitudes de l'Amérique du Nord {Die Spû' ren der aitekischen Sprache im Nôrdlichen Mexico, etc., 1854) ; — là langue pi ma et la langue des Koloches {Die Pima-Sprache und die Sprache der Koloschen^ 1856); les peuples et les langues du Nouveau- Mexique et du côté occidental de l'Amérique anglaise {Die Volker und Sprachen Neu-Mexico's und der Westseite des Britischen yord-Amerika's, 1857); — la langue apache, envisagée comme une branche de la famille athapaska. (Dds Apache y ah eine athapaMsche Sprache erwiesen; trois Mémoires, 1859-1860-1862). Il y a bien des résultats négatifs dans cet ensemble de recherches, où trop souvent le côté important des questions soulevées est, ilfaut le dire, étouffé sousle détail. Les consciencieuses investigations du savant académicien n'en sont pas moins un utile point de départ.
j. Die Lànderam unternRio Bravo ^l Norte, Geschichtlichet un4 Erlebles. Von A. Uhde, kœnigl Wiirtembergischer Artillerie-Haupt-
40 LES ÉTUDES AMÉRICAINfiS.
pays, où lui-même a résidé longtemps, était, pour M. Uhde, en quelque sorte «n héritage de famille : son père est cité par M. Burkart comme ayant mis k profit un long séjour au Mexique pour y réunir une précieuse collection d'antiquités. Un autre Allemand, M. Julius Frœbel, a publié, il y a cinq ans, une relation considérable, fruit de ses longues courses dans l'Amérique Centrale et dans le nord du Mexique ^ Pour le Mexique, les notes de M. Frœbel se rapportent en partie à la province de Ghihuahua, comprise entre le cours moyen du Rio del Norte et la provinee de Sonora, en partie à la région du Rio Gila et à la Basse Californie. Elles ne contiennent pas d'observations scientifiques proprement dites, de celles-là, du moins, qui s'obtiennent au moyen des instruments; mais on y trouve de bonnes et utiles remarques sur les conditions physiques et la configuration du pays, des vues très-justes sur Torographie du plateau dans ses parties septentrionales, et des notes ethnographiques bonnes à recueillir, même après celles de Bartlett. M. Charles Sevin, agent d'une association de capitalistes anglais, a visité, par le Cinaloa et la Sonora| la partie de la Sierra Madré qui est commune k cette darnière province et au Ghihuahua, pour reconnaître l'état et les ressources des exploitations de ce pays de mines*. Les notes un peu rapides de M. Sevin sont loin d'avoir la portée de celles de M. Fiœbel; dans leur spécialité, toutefois, elles
mann. Heidelberg, 1861 , in-8. Avec une carte du Tamaulipas et des contrées limitrophes.
1. Le livre de M. Frœbel a été publié en anglais sous ce titre : Seven years* Travel in Central America^ Northern Mexico and the Far-West of the United States. London , 1859, in-8. L'ouvrage de M. Frœbel est partagé en trois grandes divisions, en trois livres, comme l'auteur les désigne: le premier consacré au Nicaragua, le deuxième au Ghihuahua, le troisième au voyage en Californie par le sud du Rio Gila.
2. Journey to Mexico. Dans 1(). Journal delà Société de géographie de Londres, vol. XXX, 1860, p. 1-53.
ont une valeur sérieuse. Il y auisât eu sans doute beaucoup k attendre des études locales d'un naUiialiste bien connu, M. le baron W. de Mùller, si un regrettable accident n'avait privé le savant voyageur de la meilleure partie de ses collections et de ses notes ; la relation qu'il publie en ce moment, presque réduite à des souvenirs personnels, en a dû nécessaireâient souffrir dans sa partie scientifique * .
Les quatre récentes publications que je viens de rappeler ne seront ni sans intérêt ni sans utilité pour ceux des voyageurs qui auront à revoir les mêmes territoires; mais ils n'ajoutent rien, ou peu de chose, aux données utiles à la cartographie. Il n'en sera pas de même de l'important travail dont M. Henri de Saussure n'a fait paraître encore que la première partie. Sous le litre de Coup dCœil sur Vhydro^ logie du Mexique ', ce travail n'est en réalité (au moins dans la partie publiée) qu'une étude, et une très-bonne étude, sur les conditions climat ologiques du plateau et de se^^ deux pentes ; mais ce qui le rattache plus étroitement k l'objet spécial de notre rapport, c'est la carte dont il est accompagné. Cette carte comprend toute la moitié orientale de l'empire mexicain, entre IS^'dO' et 22''20' de latitude nord, c'est-à-dire depuis les lagunes d'Âlvarado, un peu au sud de Vera Cruz, jusqu'au port de Tampico. Bien qu'elle ait pour fondement principal la carte en quatre feuilles de l'État de Puebla de MM. Almazan et Heldreich, M. de Saussure y a fait un certain nombre de corrections et de notables additions, grâce aux matériaux inédits dont il a eu
1 . Reisen in den Vereinigten Siaaten^ Canada and Mexico, Leipzig, 1864. Deux volumes ont paru; l'auteur en annonce un troisième, qui se partagera entre un aperçu de l'histoire du Mexique (tâche peu nécessaire après le résumé substantiel de M. Mayer) , en un tableau stitistique, et en des appendices d'histoire naturelle.
2. Coup d'œil sur Vhydrologie du Mexique, principalement de la partie orientale y accompckgné de quelques observations sur la nature physique de ce pays. Genève, 1862, grand in-8 (1" partie) , avec une carte. M. de Saussure était au Mexique en 1855.
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communication à Mexico* M. de Saussure n'a pu intro» duire dans l'orographie de sa carte les formes scrupuleusement arrêtées de nos belles cartes topographiques; oe morceau n'est est pas moins le plus satisfaisant, sous tous les rapports, et le plus complet que nous possédions sur une région étendue des territoires mexicains. On lit aussi
avec un grand intérêt, dans le Mémoire du savant Gène-» vois,ies notes que M. .Craverilui a communiquées sur des parties de la tierra templada de l'ouest (dans les provinces de Michoacan et de Guerrero), que lui-même n'avait pu voir personnellement* Le nom de M. Graveri était déjà connu en Europe par la relation scientifique d'une ascension au Popocatepetl, effectuée avec un plein succès au mois da septembre 1855^
Les travaux scientifiques que nous avons passés en revue sont tous dus, sauf un bien petit nombre d'exceptions, à des étrangers; il nous reste à mentionner une opération conçue et exécutée dans ces derniers temps par les astronomes et les ingénieurs mexicains^ opération d'autant plus remarquable qu'elle est au Mexique la première de ce genre, au moins avec les garanties de précision scientifique que réclame aujourd'hui la géodésie : c'est le levé trigonométrique de la vallée de Mexico. L'historique et l'exposi de ce beau travail ont été faits par M. Orozco y Berra, dans un long Mémoire imprimé au neuvième volume du Boletin de la Société de géographie mexicaine. La première pensée de l'opération date de 1856. Elle était conçue sur une large échelle. On voulait former un atlas de cette vallée célèbre à laquelle la ville de Mexico a donné son nom, qui comprit l'histoire et la géographie ancienne, l'archéologie, l'histoire naturelle et la statistique, avec la carte topographique et la
1. Dans les Nouvelles annaUt des voyages f mars 1857^ p. 304-317. M. Craveri croit pouvoir conclure de ses observations à la cime de la montagne une altitude absolue de &2M mètres.
LES étUDES AMéBlOAlNBS. 43
carte géologique de la vallée ; ce devrait être, disait le projet, un moûument qui fît connaître aux étrangers de quoi le Mexique était capable^ en même temps qu'au sein même du pays ce serait pour chaque province un exemple et un stimulant ^ Une commission fut formée et se mit immédiatement à l'œuvre ; mais les événements de décembre 1857 et de janvier 1858 arrêtèrent les travaux^. La Commission dissoute fut cependant reformée en 1861, sur une moindre échelle, à la vérité, et dans un but regardé comme plus immédiatement pratique. Le côté de pure érudition fiit à peu près éliminé, pour s'en tenir aux opérations géodésiques et à une application hydrographique, ce qui est, après tout, l'intérêt vital de la vallée. La triangulation a été com-