‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 193 sur 368 · FIN DB LA TABLE ANALYTIQUE · texte numérisé non relu

FIN DB LA TABLE ANALYTIQUE

L'année a été bonne pour la Géographie. Deux graqdes isntrepriseSy heureusement menées à terme par des hommes également énergiques, égalenient animée de cette flamme intérieure qui pousse au but à traver« )es obstacles^ également doués des facultés peu communes qui font Tobservateur en présence des choses et des •hommes, ont agrandi nos connaissances sur deux points considérables de la face du globe et préparé aux investigations savantes deux nouveaux champs d'étude. Par leurs explorations de l'Afrique équatoriale et du cratre de l'Arabie, M. Baker et M. Palgrave ont bien mérité de la science. Tous deux ont justement conquis une place éminente parmi les explorateurs savants qui sont une des grandeurs de notre époque.

A côté de ces glorieux épisodes qui se détachent du

tableau et sittirent les regards de la foule, un vaste en^

semble de recherches et de travaux, moins briUants,

mais non moins utiles, continue Tœuvre incessante que

poursuivent les nations européennes, chacune dans la

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sphère que sa position lui désigne. La Russie dans les parties les moins accessibles de l'Asie intérieure , la France, l'Angleterre et l'Allemagne à travers toutes les latitudes des continents et des mers, remplissent avec honneur leur tâche providentielle. Sauf au pourtour des pôles, où la vie s'éteint sous d'éternels Trimas, la carte du monde ne peut plus s'étendre : nous en avons atteint partout les dernières limites ; mais chaque jour, chaque heure, en remplit une lacune, en efface une erreur, en perfectionne un détail. Aux investigations géographiques comme à toutes les branches du savoir humain, le dixneuvième siècle a imprimé son cachet de rigueur scientifique.

C'est cet ensemble ininterrompu d'explorations et d'études que nous nous efforçons de suivre dans notre résumé annuel, et dont nous voudrions exposer exactement les résultats. Ces résultats ne s'adressent pas seulement à la curiosité spéculative. Ils s'adressent à tous les intérêts qui rapprochent aujourd'hui les nations, aux intérêts politiques coînme à ceux du commerce, aux intérêts matériels comme à ceux de l'esprit et de la civilisation. La géographie touche à toiit dans ses innombrables applications; elle apporte à toutes les autres sciences d'inestimables matériaux, et dans le pur domaine de l'intelligence il n'en est aucune qui ouvre à la pensée de plus larges horizons.

Nos explorations actuellement accomplies n'apportent pas seulement des lumières nouvelles sur les pays lointains et les peuples étrangers; elles ouvrent une voie chaque jour plus facile aux futures investigations. Autant le présent abonde en résultats, autant l'avenir est riche de i)romesses. Vers quelque point du globe que le re-

gard se tourne, des travaux sérieux se poursuivent ou de nouvelles entreprises se préparent. La Palestine, déjà si profondément étudiée, est encore une fois le but d'une expédition anglaise qui ne se propose rien moins que de compléter une fois pour toutes la cartographie, la géographie comparée, l'ethnographie et l'histoire naturelle de cette terre consacrée. Livingstone, l'heureux et savant explorateur de l'Afrique Australe, retourne pour la troisième fois sur le théâtre de ses glorieux travaux, qu'il veut relier aux découvertes de Burton et de Speke. De nouvelles expéditions se préparent aussi, en Angleterre et en France , pour continuer l'exploration, si heureusement commencée par Speke et par Baker, de la zone équatoriale et de la région des sources du Nil.

La Cochinchine française va être bientôt, si elle ne Test déjà, le point de départ de voyages scientifiques vers les contrées intérieures de l'Indo-Chine. Au Brésil et en d'autres parties de l'Amérique du Sud, des expéditions importantes vont reconnaître d'immenses régions dont la carte présente encore tant de lacunes. L'Angleterre et rAllemagne vont entreprendre simultanément une double expédition au pôle, rivalité dont nous nous applaudissons, car elle est le présage de plus amples découvertes.

Les États-Unis, rentrés, il faut l'espérer, dans le calme de la vie morale après les déchirements effroyables de la guerre civile, vont reprendre sans doute leurs études lointaines des immenses régions de l'Ouest, où il y a encore tant de richesses à exploiter et tant de découvertes à faire; et le Mexique, sorti enfin de sa longue période de dissensions anarchiqucs, va poursuivre à la

foi« TexploUation et l'étude scientifique de wm admirable terriHaire. La pepsée qui aspire aux lahciurs féconda de la paix générale, aime k se reposer sur ces nobles perspectives.

28 janvier |S66.

L'ANNÉE

HAUT BASSIN DU Nil*.

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