LES MONTAGNES DE KONG
51. D» Griffon du Bellay. Le Gabon, 1861-64. Le Tour du Monde, n»» 304 à 306, octobre 1865, p. 273-320.
Notice historique sur rétablissement. Aperçu géographique et physique, ethnographie, mœurs et usages des indigènes. Histoire naturelle. Excursion dans l'OgoyaS.
Morceau aussi intéressant qu'instructif. Les nombreux types indigènes, parfaitement gnyét d'après des photographies, lui donnent une véritable importance ethnographique.
Voir le deuxième yolume de VAnnéej p. 120, n* 66, et p. 130.
Parmi les volumes ou les morceaux particuliers que nous venons d'inscrire dans la bibliographie de la Guinée et du Gabon, nous en distinguons un qui mérite. une attention toute spéciale par la nouveauté de quelques-unes des données qu'il nous apporte sur la disposition physique de la région: c'est la note de M. Borghero, missionnaire italien, sur la haute Guinée et ses habitants. Cette note n'est que le résumé succinct d'une communication verbale faite à la Société de géographie de Paris par l'intelligent missionnaire; nous la reproduisons d'après le Bulletin de la Société.
Diaprés des observations assez nombreuses que j'ai ea occasion de faire, dans l'espace de quatre ans, sur la côte dite des Esclaves , il paraîtrait que la chaîne des montagnes de Kong, au lieu de se prolonger dans le sens des parallèles jusqu'au cours du Niger, ne devrait pas aller au delà du 2^ longitude ouest (méridien de Paris), et que Tespace compris entre celte limite et le Niger ne renferme pas d'élévations assez considérables pour constituer- des. montagnes ; ou, tout au plus, s'il en existe de quelque importance, les arêtes doivent-elles suivre une direction plus marquée dans le sens des méridiens.
Il ne serait pas non plus impossible (mais je n'ose l'affirmer), que des branches d'écoulement se détachassent du cours principal du Niger depuis les latitudes peut-être de 15® nord, pour venir se décharger dans les marais et les lagunes qui, par une série innombrable de canaux dirigés parallèlement à la mer, réunissent les eaux du Volta à celles du Niger.
A l'appui de cette hypothèse, je ferai remarquer que les eaux du Yolta et celles du Niger sont réunies par une série de lagunes navigables partout, sauf deux ou trois points où, sans que les communications de l'eau à travers des herbes soient
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interrompues, les pirogues n'ont cependant pas accès. Le premier point se trouve entre Quitta et Porto Seguro ; mais un canal existe certainement, qui, partant du Yolta, vient se décharger dans le lac de cette dernière ville.
Une seconde interruption a lieu entre Godomé (l'Appi des cartes marines) et Gotonou ; mais à l'époque des grandes inondations, le passage des pirogues était possible, il y a quelques années. En outre, les eaux de Gotonou et de Porto Novo communiquent sous les herbes avec les autres embranchements qui se rattachent à la lagune de Whydah. De Gotonou jusque vert les limites du Bénin, les pirogues ne rencontrent plus aucun obstacle. Vers le Bénin, on signale des bas fonds quelquefois à sec; mais l'ensemble de la configuration de cette cèta conduit à admettre que les eaux sont certainement en communication.
Voici un fait plus remarquable et qui ne comporte aucun doute.
A partir du mois de mai, le niveau de tout ce système de lagunes commence à s'élever très-lentement, et reste presque stationnaire jusqu'au mois d'août. Au mois de septembre, il augmente considérablement; aux mois d'octobre et de novembre, il atteint son maximum, et dans les premiers jours du mois de janvier il est déjà descendu au plus bas. La dilTérence des deux niveaux est d'environ 1°>,40, et dans certaines années, il est allé au delà de 2*°. Ges mutations sont constantes ; elles ont été observées par moi-même et par tous ceux qui habitent le pays.
Or, voici la marche des pluies qui occasionnent ces inondations. Au mois d'avril ont lieu sur la côte les premiers orages, déterminés par le passage du soleil au zénith. Ges orages amènent de faibles pluies dont rarement les eaux coulent d'une manière sensible ; elles sont promptement absorbées par le sol. Au mois de mai cette pluie augmente. Elle est dans toute son intensité au mois de juin; elle diminue en juillet, et a complètement cessé en août. Presque tout le mois de septembre est sec. Les mois d'octobre et novembre donnent des orages de courte durée; le soleil vient alors d'effectuer son second pass.ige au zénith. Le mois de décembre amène rarement des pluies; en tous cas ce ne sont que des pluies d'orage, qui durent une ou deux heures et ne sont jamais abondantes. Ces phénomènes se passent entre les 5" et 8" de latitude septentrionale.