LE DUC DE LUYNES EN PALESTINE
sphériques et de celles des sources ou cours d'eau tiède ou chaude des bords de la mer Morte. L'expédition nautique terminée, les voyageurs se sont rendus à Jéricho, ont remonté la rive droite du fleuve jusqu'à uoe journée au nord, afin de le passer où il était guéable, puis redescendant la rive gauche, l'ont quittée pour se rendre à Arak*el-£mir, à Ël-âl, Hesbân, Ain Musa, Gebel Musa, chez les Adouans, au Gebel Attarus, à Mkaur, au Zerka Main et au Ouâdi Modjeb, dans, les montagnes des Hamaïda, enûn à Schihan, sur le plateau de la Moabitide en vue de Rabbath, déjà visité lors de l'excursion à Kerak.
Retournés sur leurs. pas à peu près par la même route, les voyageurs, ayant traversé le Jourdain plus au sud que la première fois, revinrent à Jérusalem par Mar Saba, puis en repartirent pour terminer leur exploration des montagnes à l'ouest de la mer Morte et faire celle de TArabah.
Quittant Jérusalem le 2 mai, ils allèrent d'Hébron à Béni Naïm, reconnaître de ce point une vue importante sur la mer Morte, sous le rapport de la topographie et de l'histoire de la Pentapole. D'Hébron ils se rendirent à Ëssemua, Makhul, aux deux Zoueirah, explorèrent le Ouâdi es-Safieh et toute la vallée de l'Arabah, reconnaissant et déterminant avec exactitude toutes les altitudes importantes et les positions astronomiques des lieux ci-dessus désignés, celles de la vallée même, et, les plus désirables de toutes, celles qui fixent le point de partage des eaux de TArabah, entre la mer Morte et la mer Rouge.
Arrivés au rivage du golfe d'Akabah et au terme de leur voyage, ils revinrent par le mont Hor, dont ils déterminèrent la hauteur et la position, et visitant Petra sur leur passage, revinrent de G^bel £sdum à Jérusalem, par un chemin peu différent du premier. Cette dernière partie de leur exploration était achevée le 27 mai 1864.
L'étude du bassin de la mer Morte de la vallée de l'Arabah étant terminée, M. le duc de Luynes avait accompli le programme qu'il s'était tracé, et s'embarquait à Jaffa le 8 juin pour rentrer en France. 11 voulait bien toutefois déléguer MM. Lartet et Vignes pour faire quelques observations daos la vallée du Jourdain, dont l'étude se rattache si directement à celle de la mer Morte.
Partis de Jérusalem le 10 juin, ces messieurs effectuèrent leur retour à Beyrouth en quatorze jours, passant par Turmus Aya, Fesaïl, Ouâdi Zerka, Djerâch, Souf , £1 Hosn, Irbid, Ount Keis et Semak. Remontaat la rive orientale du lac de Tibériade
et du Jourdain, les voyageurs arrivèrent le 17 juin à Banias, et de là continuèrent leur route par Racheya, Hasbeya et Damas.
Le voyap^e avait pour but Tétude de la géologie de la vallée du Jourdain, et le calcul des altitudes et dépressions des différents points du parcours de ce fleuve, depuis ses sources.
La première partie, relative à la géologie, est entre les mains de M. Lartet, cjui en fera une publication ultérieure.
Trois sources principales alimentent le cours du Jourdain : celle du Ouftdi Hasbani, près de Hasbeïa, a une altitude de 563 mètres au-dessus du niveau des mers; celle de Banias, 383 mètres; celle de Tell-el-Kadi, 185 mètres.
La détermination exacte de ces chiffres avait pour but de fournir des documents pour la résolution de cette queetion si controversée de la possibilité d'une communication antérieure du Jourdain avec la mer Ronge.
Or, si Ton négligé la source duOuâdi Hasbani, située dans la chatnc do TAnti-Liban et bien au-dessus de la vallée du Jourdain où ses eaux arrivent à l'état de torrent, on- peut remarquer de prime abord que la pente du fleuve n^eût été que de Itô métrés, depuis la source de Banias jusqu'au partage des eaux à l'Arabah, c'est-^-dire sur un parcours de 75 kilomètres environ.
Cette preuve, considérée isolément, serait insuffisante pour résoudre la question négativement; mais on peut l'admettre à titre de présomption, la géologie devant se charger de fournir des documents moins contestables, et de répondre à l'c^jeotîon, facile à prévoir, de soulèvements ou d'affaissements ultérieurs des terrains.
Le lac de Tibériade est en dépression de 189 mètres au-dessous du niveau de la Méditerranée; la mer Morte est en dépression de 392 mètres.
La position de Jérusalem est la suivante : latitude, 31*-46' 30* longitude, 32® 53' S"', altitude au-dessus du niveau 4e la Méditerranée, 779 mètres; au-dessus du niveau de la mer Morte, 1171 mètres.
Depuis lors M. Vignes a accompli le voyage de Palmyre et déterminé à l'aide d'un excellent chronomètre la position de cett^ ville. 11 a déterminé également le^ positions de Homs et de Hamah, et calculé un assez grand. nombre d'altitudes.
MM. Vi^'ncs et Lartet publieront, dès que ce sera possible, dans les recueils scientifiques spéciaux, les documents qu'ils ont réunis.