‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 249 sur 368 · e chiiïre iiu^nie «'sf bPHUcoiipfrop faillie · texte numérisé non relu

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que l'on disait avoir fait veDir à cet effet de la côte phénicienne, comme autrefois Salomon pour ses flottes d'Eziongaber, les matériaux nécessaires pour construire sur le làc même un petit bâtiment. Ces deux entreprenants explorateurs étaient MM. Moore et George Beek.

Qu'on nous permette encore une citation instructive de l'attachante relation du D' Schubert, quoiqu'elle nous sorte de la vallée de la mer Morte.

Les montagnes qui encaissent à l'orient le-bassin du Jourdain^ pareilles au talus rapidement incliné d'une haute terrasse, s'é« lèvent ici à une hauteur de 500 pieds environ au-dessus du niveau du fleuve (au delà de 160 mètres); mais cette hauteur n'est elle-même qu'un premier étage du plateau. Bientôt aprèâ, le baromètre donnait une indication de 2027 pieds au-dessus de la mer, et un peu au delà de Novardn, à 2 lieues et demie du pont de Jacob, 2800 pieds. Arrivé à cette hauteur, on a atteint le niveau général de ces plaines élevées du Haourân, qui s'étendent d'un côté dans la direction de Damas, de l'autre dans celle de Bozra. Konne'ïtrahy sur la route de Damas, est à une altitude de 2850 pieds; Sasa^ à 2788; 'Damas elle-même, dans . un bassin moins élevé, puisque toutes les eaux des cantons environnants s'y viennent réunir, est à 2186 pieds (710 m.). Cette rapide élévation du niveau du sol dès que l'on sort du bassin enfoncé du Jourdain pour se diriger à l'orient, explique le changement subit de température que l'on y éprouve : nous nous croyions passés en quelques heures de l'été de la Syrie à un de de nos hivers d'Europe. Au coucher du soleil, le thermomètre descendit à 3^ R. au-dessus de^zéro. C'était à la fin.d'avril *.

1. Il fai4 rendre à M. Schubert cette justice, (jua loin de dissimuler les incertitudes qui pouvaient s'attacher aux résultats des obser\'ations hypsoraélriques de son voyage, il les grossit plutôt par un louable scrupule de conscience scientifique. Dans la préface de son III" volume, il s'exprime ainsi : « Nos mesures n'ont malheureusement pas une parfaite certitude , que des observations correspondantes auraient seules pu donner; outre que des quatre baromètres que nous avions emportés de Munich et de Vienne, il ne nous en restait qu'un pour la dernière partie de nos courses, et encore n'était-ce peut-être pas le meilleur. Cependant nos observations pourront servir, ajoute le voyageur, à donner un aperçu au moins approximatif de l'hypsométrie de la Palestine. »

MM. Henry Moore et George Beek, dans le temps même où MM. Schubert et Erdl parcouraient les environs de Jérusalem et reconnaissaient avec un extrême étonnement la dépression considérable du bassin du Jourdain , avaient conçu et mis à exécution le projet hardi de construire ou de transporter une embarcation sur la mer Morte pour en effectuer une exploration complète. C'est au mois de mars 1837 que les préparatifs furent achevés à Beyrouth. De Beyrouth ils se rendirent à Jaffa, où ils organisèrent les moyens de transport de leur bateau. Ils trouvèrent bien des empêchements dans les autorités locales; ils les surmontèrent^ néanmoins, et virent enfin, le 29 mars, leur barque à flot sur la mer Morte. Ni l'un ni Tautre des deux explorateurs n'a publié la relation détaillée de leurs opérations. On sait seulement par une note que Tun d'eux a communiquée à la Société de géographie de Londres*, et par une lettre du frère de M. Beek adressée à un journal allemand^ qu'ils ne purent achever rexploration commencée, leur escorte et leurs guides ayant positivement déclaré, au bout de deux semaines, qu'ils n'iraient pas plus loin.

On avait pu cependant déterminer avec précision la largeur de la mer, et on avait reconnu quel^a longueur était beaucoup moins considérable qu'on ne l'avait cru jusqu'alors. Des sondes jetées sur différents points avaient indiqué uoe'très-grande profondeur. En même temps les deux explorateurs faisaient des observations d'altitude au moyen de Tébullition de l'eau, et ils arrivaient^ comme MM. Erdl et Schubert, à ce résultat contraire à toutes leurs prévisions, que le niveau de la mer Morte devait être beaucoup plus bas que celui delà Méditerranée. Mais la nature très-peu certaine de leur moyen d'observation, qui exige

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