Journal of theGeogr. Soc, vol. Vll, 1837, p
1. Trad. dans les ^ouv. Aimales des Voyages y t. 11 de 1838, p. 372.
au moins des précautions d'une nature trèa-délicate, ne leur donna, à eux aussi, qu'un chiffre très-inférieur à la quantité réelle de la dépression bien déterminée depuis; ils trouvèrent seulement 500 pieds anglais environ, qui équivalent à 152 mètres, — 240 mètres de moins que le chiffre vrai.
C'est une année après les deux touristes dont nous 'venons de rappeler l'inutile tentative, qu'un de nos compatriotes, M. le comte de Berlou, arrive à son tour sur ce champ d'explorations, où vont se succéder désormais des investigations de plus en plus sérieuses.
M. de Bertou, lorsqu'il commença ses belles études topographiques delà Palestine, était bien loin, lui aussi, de prévoir les résultats auxquels il* serait conduit quant au relief de cette partie de la Syrie. Les observations hypsométriquesde M. Schubert ne lui étaient pas connues; et celles de M. Moore, que ce dernier lui avait communiquées, ne lui inspiraient nulle confiance. Son attention n'était donc que très-faiblement éveillée sur le phénomène de la dépression. M. de Bertou, de même que ses devanciers, aborda au contraire l'étude physique du bassin du Jourdain dans l'idée d'un ancien écoulement du fleuve vers la mer Rouge ; et comme eux il eut à combattre d'abord ses propres préoccupations, que déroutaient d'une manière si brusquement inattendue les inflexibles indications de son baromètre.
Malgré les doutes qu'inspiraient à M. de Bertou les chiffres que M. Moore lui avait communiqués, il lui pa- . raissait étrange que les observations eussent donné des résultats précisément opposés au fait réel, et qu'ils eussent indiqué une dépression considérable là où devait exister, d'après les idées admises, une assez grande élévation*.
1. M. le duc de Raguse, qui, le premier, a cherché à déterminer par l'observation du baromètre raltltude de Jérusalem et de la montagne des Oliviers, exprimait encore, en 1834, l'opinion « que la mer Morte devait cire à 500 mètres au-dessous du mont de l'Ascension, et par
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M. de Bertou conçut dès lors le projet d'aller chercher sur les lieux mêmes la solution de ces deutes ; et pour rendre ses recherches plus fructueuses, il écrivit à la Société de géographie de Paris, lui fit part de ses projets, et lui demanda des instructions. Ces instructions furent principalement Touvrage de M. Gallier, voyageur bien connu. M. Gallier signalait à l'attention du nouvel explorateur -les plus grandes lacunes que présentait alors la géographie positive de la région syrienne : au nord, le lac d'Ântioche et les vallées affluentes ; au centre, le cours supérieur de rOronte et la presque totalité du massif libanien; au sud, toute la vallée du Jourdain. C'était surtout sur ce dernier champ de recherches que. les instructions insistaient d'une manière toute spéciale, en y comprenant l'étude directe de la mer Morte et celle de l'intervalle compris entre sa pointe méridionale et la tête de la mer Ronge, c L'exploration de la Y§^lée qui joint la mer Morte à l'extrémité du golfe d'Akaba, y était-il dit, promet la solution d'une question de géographie physique fort curieuse. » Depuis la découverte de cette longue vallée par Burkhardt, tous les voyageurs et tous les géographes ont admis qu'elle avait dû servir autrefois à ^écoulemen^ des eaux du Jourdain dans le golfe Élanitique; mais cette opinion n'est encore qu'une simple hypothèse, dont l'exactitude n'a été cçnfîrmée par aucune observation positive, et qui repose uniquement sur une grande probabilité^,
A peine arrivé à Jérusalem, M. de Bertou s'empressa de se rendre à Riha (Jéricho), et de là à la mer Morte. Les résultats barométriques qu'il obtint dans ces deux localités lui causèrent la plus grande surprise.
conséquent à plus do 200 mètres au-dessus de la Méditerranée. » {Voyages, t. III, p. 85, édit. de 1837.)
1. Les mots (}uc nous soulignons montrent bien quelle était alors l'opinion dominante, quoique déjà des doutes eussent été exprimés à ce sujet par M. Letionnc, dans le iloumal des Savants de 1835 (oc tobre, p. 597.^
J'étais préparé, dit-il, à reconnaître une dépression assez considérable; mais j'étais loin de penser qa'elle pût êlre de 2J3 métrés dans la première localité et de <t06 mètres dans la seconde. Je (us donc conduit à penser que les différences de niveau n'étaient paa les seules causes qui agissaient sur la colonne de mercure, et que peut-être les circonstances atmosphériques, modifiées par d'^ndantes êvaporations, pouvaient j jouer un r&le important. De retour à Jérusalem, je pds me Convaincre que mon baromètre n'avait pas cessé d'être exact, car le mercure j reprit le niveau auquel il s'élait maintenu avant que je l'eusse transporté & la mer Morte, et je savais que ce nivean différait peu de celui que d'aulres voyageurs avaient remarqué précédemment.
Noue ne Enivrons pas M. do Bertou dans son exploration de la longue vallée sèche (le Oufidi Arabah) qui s'étend de la pointa de la mer Morte an golfe d'Akaba, tète de la mer Rouge ; c'est la première reconnaissance complète qui ait été faite de cette grande vallée. Il en reconnut parTaitement, après le docteur Schnbert, les deux pentes adossées que sépare nn dos de terrain qne les Arabes de son escorte désignaient sons le nom de Satih, le Faite ; et si la détermination qn'il obtint pour la hauteur absolue de ce point' da partage est très-fautive, l'erreur tient uniquement, nous l'avons déjà dit', à sa privation d'instruments, suite des accidents du voyage.
M. de Berlou avait résolu d'obtenir par une seconde opération le contrAle de ce premier nivellement; des baromètres qu'il avait demandés et qu'il reçut de France an mois d'avril 1839 lui en foarnirent les moyens. Cette fois il procéda du nord au sud en parlant de U sonrce la plus septentrionale du Jourdain, près de Hasbeïa, et en descendant la vallée du fleuve de Hasbeïa au lac Houlèh, du lac Honlèb au lac de Tabariyèh, et de co dernier lac k la tète de la mer Morte. > Comme moyen de contrôle, les lectures