‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 265 sur 368 · SIBÉRIE · texte numérisé non relu

SIBÉRIE

partie de son troisième volume embrasse la coulréo limitrophe de la Russie et de la Chine, c'est-à-dire le Sayan oriental, le Kossogol et les sources de TOka et de l'Irkout (affluents de l'Angara), et notamment la description de Textrémité orientale de la crête du Sayan, le Mounko-Sardyk, qui a été exploré par . l'auteur de la manière la plus détaillée. Le Mounko-Sardyk est le point culminant de toute cette contrée, et en général le point le plus élevé de toute la Sibérie orientale (11 500 pieds audessus du niveau de l'Océan), placé sur la frontière entre l'empire russe et l'empire chinois, et formant, en effet, une ligne de démarcation d'une importance de premier ordre. A ce point central aboutissent du nord-est et de Test-sud-est, les chaînes russes de l'Ergik-TargaL-Taïga , et celles de Sayan et de Tangou-Ola dans les domaines chinois, avec le bassin peu connu des sources de rYénisseï. Au nord du Mounko-Sardyk se trouve le bassin isolé des sources de l'Oka ; — à l'ouest, les Alpes Tunquines et la vallée de l'Irkout ; — au sud-èst, des ramifications le mont Noïour de la chaîne avoisinante du Gourbi-Dabane et les affluents de la partie chinoise du bassin de la Selenga ; — enfin, au sud, le lac Kossogol et son plateau. Autour du pied colossal du Mounko-Sardyk vivent disséminés divers peuples nomades, errants sur les frontières des deux empires, soumis à la Chine, mais continuellement en relations commerciales avec les Russes. Malgré toute son importance pour la géographie de l'Asie centrale et sa proximité d'Irkoutsk, centre de l'administration dans la Sibérie orientale, cette localité géographique n'avait pas encore été spécialement explorée, et même elle avait été complètement omise dans les ouvrages classiques sur l'Asie centrale de Humboldt et de Ritter. Des hauteurs du Mounko-Sardyk on peut aisément embrasser d'un coup d'œil général toutes ces contrées jusque dans leurs prolongements les plus lointains.

Le poste frontière de Khanguinsk fut le* point de départ de toutes les excursions de l'auteur pour explorer le Mounko- Sardyk par le nord et par le sud, et sur ses sommets neigeux : aussi décrit-il d'une manière détaillée toutes les routes et les défilés qui de là conduisent à la frontière chinoise et dans nos domaines; c'est pas ces chemins que se fait le commerce d'échange des Russes avec les Darkhates et les Ouriankhs, peuples qui habitent autour du Kossogol et sont soumis à la Chine. L'auteur décrit ce commerce, les rapports des Russes avec les peuples limitrophes, et leur genre de vie ; il explique leurs

relations avec le gouvernement chinois et les divers tributs qui leur sont imposés : il expose les détails géographiques de la ligne frontière et les traités y relatifs, les règles observées pour la maintenir. Dans une esquisse très-resserrée ^ il a introduit et fait ressortir jusqu'aux moindres détails qui caracté« risent la vie sociale de ces peuples , sous les conditions politiques et physiques, dans cette contrée frontière où se rencontrent deux mondes tout à fait opposés. Il en résulte que le Mounko-Sardyk est la véritable borne frontière entre les deux empires; c'est là que se touchent leurs lignes de démarcation. — Les deux empires peuvent à bon droit s*en disputer la possession, mais on ne peut parvenir au sommet du Mounko- Sardyk que par le sud, et les Mongols regardent ses glaciers comme un lieu sacré.

L'auteur donne les descriptions géographiques les plus abondantes du Mounko-Sardyk et du Kossogol ; — elles occupent la première place dans cette partie de son ouvrage.

Le zèle des agents de radministration, stimulés et dirigés par les instructions de la Société de géographie russe dont une section porte le titre de section sibérienne, ajoute chaque jour quantité de notions de détail à la sonune rapidement grossissante des notions acquises sur le midi et l'orient de la Sibérie; les con^ptes - rendus annuels de la Société permettent d'apprécier l'importance de ces informations partielles. De tous ceux qui auront ainsi contribué aux perfectionnements de la géographie sibérienne et à l'extension des notions ethnograptiiques, nul n*aura eu une part aussi grande que M. Radloff. M. Radloif, si nous ne nous trompons, est attaché à l'usine métallurgique de Bamaoul. Poussé par une vocation naturelle, il a mis à profit, depuis plusieurs années déjh, le temps de repos dont il jouit pendant un ou deux mois chaque été, pour entreprendre des excursions périodiques dans l'Altaï. Familiarisé de longue date avec les idiomes des montagnards, qui appartiennent tous à l'immense famille des peuples turks, il à pu pénétrer au cœur même des tribus, vivre de leur vie, étudier leurs usages et leurs habitudes, et recueillir une multitude de

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