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les limites du Bengale jusqu'à celles de la Gochinchine et du Tunkin, où commencent les indices de la civilisation chinoise. »
Le docteur Bastian a donné à VAthenxum de Londres, sous le titre < The spirit dance in Siam » (n" 1982, 21 octobre 1865, p. 543), une note curieuse sur certaines prati ques d'exorcisme qui rappellent les conjurations des sorciers chamans du centre et du nord de TÂsie. Mais une communication bien autrement importante a été faite par le voyageur à la Société Asiatique de Londres, sur les divers alphabets en usage dans Tlnde trans-gangétique. M. Bastian n'a pas recueilli moins de vingt-cinq de ces alphabets, tant anciens que modernes ; ils proviennent principalement du Barmah, de Siam et du Eambodj. Dans le mémoire qu'il a écrit sur ce sujet, le docteur Bastian rangç les langues de la péninsule sous ces cinq groupes : 1® le groupe de Thai^ comprenant les langues des différentes tribus appelées Chdn par les Barmâs, et Laos par les Siamois, et celle des Siamois eux-mêmes, qui ne sont qu'une branche des Laos; 2^» le groupe Myamma^ formé de la langue barmâ et de celle des Ârrakans, idiomes congénères du Singpho, du Eatchar, du Manissouri, et de beaucoup . d'autres dialectes parlés dans les contrées qui s'étendent jusqu'au Bengale ; 3*" le groupe tuiiquinois et cochinchinois , comprenant les rudes dialectes des diverses tribus montagnardes désignées en siamois sous le nom général de Kha^ et par Èambodgiens sous le nom de Prom ; 4*" la langue des Mon ou Taldin , dans la zone littorale qui fait face au Ealinga ; 5* la langue des KambodgienSy appelés aussi Kom ou Khmèr.
A la seule exception des Cochinchinois ou Annamites qui ont adopté le système d'écriture chinoise, les alphabets dont font usage les nations trans-gangétiques sont originaires de l'Inde ; elles ont adapté ces alphabets à leurs diverses langues monosyllabiques, en les combinant avec les tons ou accents qui y existent comme dans la langue chinoise.