AMAZONE
local, et l'on ouvre une route depuis cette rivière jusqu'au point où commence la navigation à vapeur sur le Paraguay, à Cuyaba. On a publié la relation d'un voyage sur TAraguaya, en descendant jusqu'à Belem, par D. José Yieira Gouto de MagalhâeS) ci-devant gouverneur de la province de Goyaz (voir à la bibliographie, n*" 236). Enfin, tout récemment, sur l'invitation de l'empereur don Pedro , un savant d'une réputation universelle, le naturaliste Agas^iz (Suisse de naissance fixé depuis 1849 en Amérique), a organisé une expédition destinée à l*étude géologique et paléontologique du bassin supérieur de l'Amazone et du versant oriental des Andes.
S 3. Travaux particalien sur l'Amazone.
Sur cette région où vont se porter les études de l'expédition américaine, un botaniste anglais^ M, Richard Spruce, a recueilli depuis quinze ans une grande masse d'observations encore inédites. Le président de la Société de géographie de Londres , dans sa dernière Address (23 mai 1864), a donné sur cette exploration prolongée les seuls renseignements que nous ayons. M. Spruce quitta l'Angleterre en 1849, et dès la même année il fit le relevé du rio Trombetas, grand affluent de l'Amazone dont le cours n'avait pas encore été reconnu. En }853 et 1854 il remonta le rio Negro, pénétra dans VOrénoque par lo Gassiquiari, et fit la carte de plusieurs rivières de ce vaste bassin, appuyée sur de nombreux recoupements et sur des observations astronomiques. De 1855 à 1856 M. Spruce remonta le rio Iluallaga, dont la vallée longe parallèlement l'axe des Andes péruviennes, et en 1857, surmontant les difficultés que présente la navigation du rio Pastaza et du rio Bombanaza, il atteignit les Andes de Quito presque suus l'équateur. Il a exploré depuis lors les parties méridio-
dlO ÂMÉEUQUE DU SUD. (n<^ 235-243)
nales de la république dd rOcuador, et il n'a quiué cette région de rAmérique que lorsque ea santé délabrée lui a commandé de revenii' en Europe* Il est à espérer que les résultats de ûés longs tràyAux senmt rédigés et publiés au grand profit des sciences naturelles et de là géogra{diie.
Noeé pourrions mentionner d'autres communioations récentes sur diverses parties du bassin de l'Amasone, cet inépuisable champ d'études. Un autre voyageur anglaiS| M. Ghandless , a transmis du Pérou , où il est encore » k la dernière réunion de rAssociation britannique tenue à Bath en 1864) le récit développé d'une ôtploration du rio PùruSy un des puissants tributaires de la droite du grand fleuve*. On a aussi entendu, dans la même réunion, un intéressant mémoire de M. Bâtes, Téminent explorateur', sur le delta de l'Amazone (n^" 242). M. Bâtes, comme avant lui déjà le docteur Martius, arrive à cette conclusion constatée par la faune et la géologie , que la constitution naturelle du delta le rattache non ail territoire brésilien, mais à la Guyane.
Yoici^ enfin, ce que nous lisions il y a «quelques jours dans une correspondance de Madrid :
Jeudi dernier (fin de décembre 1865), MM. Bspada, Isem et Martiez, trois des naturalistes chargés par le gouvernement espagnol d^titie missioii ëciehiiflqUe à travers le cdntbent de Plimérique du Sud, de l'ouest à Test, sont revenus à Madrid. L'eipéditioti a eu Pintrépidité de suivre la route parooume par Gonzala, Pizarro et Orellana» dans laquelle le conquérant espagnol perdit 3900 hommes sur les 4000 qu'il avait emmenés avec fui, par suite des fatigues du voyagé et de l^ns&liibrité du pays. Les naturalistes arrivèrent à Sabatinga, Sttr rÀmaaone^ presque épuisés par les fatigues qu'ils aViiefit éprouvées, mais ayant amassé une riche collection de curiosités scientifiques. Ils furent ensuite réduits à une grande détresse à Manaos, sur la rivière Negro; toutefois ils atteignirent heureusement Para avec soixante et onze caisses d'objets te-