‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 322 sur 368 · EUBÉE · texte numérisé non relu

EUBÉE

était alors agitée ne lui permirent pas de donnera toutes les parties de ce voyage le temps et le recueillement néces* saires. Au printemps de Tannée suivante, le docteur Bursian fit la même excursion, dont il publia les résultats peu après son retour à Leipzig ^ Lorsque j'eus ce travail sons les yeux, dit M. Baumeister, le mien me parut absolument hors de mise, et je le laissai de côté. Mais la passion que Ton a éprouvée pour d'anciennes études ne s'éteint pas aisément, ajoute l'auteur; et l'occasion d'écrire le présent mémoire Vêtant présentée, je suis revenu à ce sujet abandonné.

La méthode suivie par le savant voyageur est assez particulière (ci-dessus, n® 365 de, la Bibliographie). Il nous conduit d'abord à travers l'île, sur les côtes et dans l'intérieur, par les villes et les campagnes, et il décrit tout ce qu'il rencontre, c'est-à-dire tout ce que l'ile renferme, en voyageur curieux un peu à la manière de Pausanias, sans référence aucune, sans citations, sans la plus petite note ni la moindre indication d'autorités. Le voyageur a réservé son érudition, et il le fait bien voir dans la seconde partie de Touvrage. C'est là, dans une centaine de notes étendues et substantielles, que^. Baumeister a réuni ses pièces justificatives. Une foule de points de topographie ancienne et de ' géographie comparée, d'épigraphie , d'archéologie monumentale et de critique littéraire que soulève la périégèse qu'il vient d'accomplir, sont successivement abordés et approfondis. Une pareille monographie ne laisse regretter

1. Dans le Bulletin de la Société royale des sciences de Saxe: Mittheilungen zur Topographie von Boiotien und Euboia. Leipzig, 1859. M. Bursian a public depuis une Description de la Grèce d'après les documents anciens et modernes {Géographie von GriecherUand. Leipz. lH62, un volume avec cartes). Je ne connais que la première partie de ce savant travail, qui comprend l'Êpire, la Thessalie, l'Acarnanie, l'Étolie, la Locride, la Doride, la Phocide, la Béotie, l'Attique et la Mégaride, c'est-à-dire toute la Grèce continentale ; je ne pense pas que la suite ail paru jusqu'à (présent.

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qu'une chose, l'absence d une carte. Une bonne carte, dans un travail tel que celui-ci, est à la fois le meilleur résumé et la plus frappante justification de la masse de faits dont l'attention la plus soutenue ne peut suivre le détail sans une certaine contention. La carte est un repos et un guide.

Nous nous plaisons à rendre justice au mérite de ce travail ; nous y relèverons un point fâcheux, cependant. C'est sur une chose de mesure et de forme. M. Baumeister, dans sa liste d'autorités*, ne pouvait omettre le mémoire que M. J. Girard, un des élèves éminents de notre Ëcole d'Athènes, a écrit en 1852 sur la topographie de l'île, après trois voyages successifs employés à en étudier les diverses parties*. Voici ce qu'il ajoute à cette mention : « Un vrai travail français, où il y a plus de fantaisie et de théories (mehr phantasirend und philosophirend) que de recherches approfondies et de combinaisons, où l'on trouve à peine un résultat neuf dû aux investigations personnelles de l'auteur. » Celui qui a pu écrire ces lignes avait-il réellement lu le travail de M. Girard ? il est pour le moins permis d'en douter. Mais nous admettrons si l'on veut que le mémoire de rélève de l'École d'Athènes mérite la mercuriale de l'élève de l'Université deLûbeck: celajustifie-t-il cette généralisation inspirée par un chauvinisme ultrà-germanique qui n'est plus de notre temps : un vrai travail français^ etc. Il est des choses qu'il suffit de citer pour la punition de ceux qui les ont écrites. Quant au travail de M. Girard, il est assurément bien loin de mériter la censure inconsidérée qu'on lui adresse ; plus rapide que celui des explorateurs allemands qui l'ont suivi, il n'en est pas moins digne à tous égards de leur être mis en parallèle. Au surpins, oe n'est pas mon jugement que je veux porter ici, c'est celui d'un homme dont le nom trouvera grâce, il faut l'espérer, devant

1. Le mémoire de M. Girard est imprimé au deuxième vol., 185Î, des Archives des Missions scientifiques ^ p. 635-730.

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