‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 40 sur 368 · MAROC. —SAHARA OCCIDENTAL · texte numérisé non relu

MAROC. —SAHARA OCCIDENTAL

44. BouTROUX, ingénieur-hydrographe. Exposé des opérations géo désiques exécutées dans la reconnaissance du détroit de Gibraltar et de la côte du Maroc, en 1854 et 1855.

Tous les marins connaissent les beaux travaux hydrographiques de MM. Vincendon-Dumoulin et de Kerhallet dans le détroit de Gibraltar. Dans ce nouvel ouvrage sur ce sujet, M. Boutroux, qui fut un des collaborateurs les plus actifs de ces deux savants hydrographes, si prématurément enlevés aux deux corps qu'ils honoraient, rend compte des opérations géodésiques exécutées pendant la reconnaissance. Après un exposé précis, mais complet, des méthodes employées pendant les opérations, M. Boutroux donne un tableau de toutes les positions calculées pendant les campagnes, en les comparant avec celles de la Connaiêsance des temps. Ce travail complète très-dignement l'œuvre commencée par MM. Vincendon*Dumoulin et de Kerhallet. (Annales maritime» et coloniales).

45. Freiherr von Maltzan. Drei Jahre im Nordwesten von Afrika. Reisen in Algérien und Marokko (Trois ans dans le N. 0. de TAfrique.Voyages en Algérie et au Maroc). Leipzig, 1863, 4 vol. m-8.

46. Annuaire du Sénégal et dépendances, suivi d'un résumé des voyages d'exploration faits par ordie du gouverneur en 1859, 1860 et 1861. Saint-Louis, 1864, iu-18.

A la suite de cet Annuaire se trouve un résumé, écrit par le lieutenant de vaisseau Regnanlt, des voyages d'exploration qui ont été faits en 1859, 1860 et 1861, par ordre de M. le gouverneur Faidherbe, sur les confins de la colonie. Cet aperçu historique comprend : i" le voyage dans TAdrar, par le capitaine Vincent; 2* le voyage par terre de Saint- Louis au Maroc, par l'indigène Boû el-Moghdad ; 3*> le voyage de l'enseigne de vaisseau Bourrel dans le pays des Brakna ; 4* le voyage de M. Mage, enseigne de vaisseau, au Tagant; b" le voyage d'Alioun-Sal, sous-lieutenant indigène Uux spahis du Sénégal, à Timbouktou ; 6» le voyage du sous-lieutenant d'infanterie Pascal an Bambouk; 7* le voyage de M. Lambert, sous-lieutenant d'infanterie de marine, au Fouta-Djalon.

47. Opérations militaires dans la colonie du Sénégal et dépendances, pendant les années 1862, 1863 et 1864. Ànnàlet maritimes et colonialesj août 1864/ p. 724-758.

kl.his. Carte de la partie Nord-Ouest de l'Âfrîque, à l'usage des écoles primaires de la Sénégambie. Par L. Faidherbe (Paris), 1865, 1 feuille.

Cette carte, nonobstant sa destination tout élémentaire, se recommande non-seulement par le nom de son éminent auteur, niais aussi par la clarté de ses indications ethnographiques.

48. Carte du Sénégal, de la Falémé et de la Gambie, jusqu^âUx limites où ces rivières ont été explorées; comprenant les détails connus sur les pays qui les avoisinent et les routes suivies par les principaux voyageurs qui les ont parcourus. Dressée sous la direction du colonel de génie L. Faidherbe, gouverneur du Sénégal et dépendances, par le baron Brossard de Corbigny, capitaine de frégate, chargé de l'hydrographie du Sénégal, d'après les documents les plus récents et ses propres observations. Paris, 1861. Augmentée de la carte des dépen'^ances de la colonie du Sénégal, depuis l,a Gambie jusqu'au cap Sierra-Leone, dressée par M. A. Vallon, capitaine de frégate, d'après les documents les plus récents, et particulièrement ses propres travaux. 1864, 1 feuille grand-aigle (au 895 OOO*'). (Publications du ministère de la marine) .

Cette grande et belle carte accompagne la notice précédente inscrite BOUS le n" 47.

49. T. Aube, capitaine de frégate. Le fleuve du Sénégal. Jnnales maritimes et coloniales, octobre, p. 266-288 ; avec un plan de la partie du fleuve comprise entre la ville de Saint-Louis et l'embouchure.

50. F. AzAN, capitaine d'infanterie de marine. Notice sur le Oualo. Ibid. Nov. et déc. 1863, p. 395-422,607-655; février et mars 1864, p. 327-360, 466-498.

51. Gerhard Rohlf's Reise von Algier gegen Timbuktu hin (Voyage de G. Rohlf d'Alger à Timbouktou). Mittheilungen de Pétermann, i864, n- 1 et 9, p. 1-6, 336-342.

Séparés par un vaste désert, réunis dans les mêmes intérêts de politique et d'avenir, notre colonie du Sénégal et notre établissement d'Algérie tendent à se donner la main à travers les solitudes du Sahara. Il suffit de jeter les yeux sur la carte pour comprendre de quelle importance il serait de relier nos deux grandes possessions, non par des conquêtes et des occupations de territoires, mais par une chaîne

de rapports réguliers avec les populations intermédiaires. Gomme toujours, c'est aux voyageurs, intelligents et hardis pionniers, à frayer la voie.

Déjà plus d'une tentative a été faite, et il s'en poursuit deux en ce moment qui auront peut-être de meilleurs résultats. De ces deux tentatives, Tune part de TAlgérie, Tautre du Sénégal. ,

La première a pour auteur un jeune allemand, M. Gerhard Rohlf, qui déjà, il y a deux ans, a effectué, déguisé en musulman, la traversée du Sahara marocain que nul Européen n'avait faite avant lui*. M. Rohlf réussira-t-il à gagner Timbouktou et le Sénégal en traversant les grandes oasis de Touest, et qu'en rapportera-t-il ? c'est ce qu'on ne saurait dire encore. Il partit d* Alger au mois d'octobre 1863, gagna directement Lagh'ouat, et remonta de là au nordouest jusqu'à El-Abiod*^ ksar ou bourgade principale de la grande tribu des Sidi-Cheïkh, au sud de la province d'Oran. Il y attendait l'occasion d'une caravane pour le Sud, lorsqu'il reçut la double nouvelle que le Séfiat de Brème d'un côté, et de l'autre la société de Géographie de Londres, venaient de lui allouer chacun une somme de 1200 francs, à titre de subside pour faciliter son voyage. Mis ainsi à même d'agrandir ses préparatifs et de se procurer les instruments nécessaires pour étendre le cercle de ses opérations, il rentra à cet effet en Algérie et se rendit à Oran. Sur ces entrefaites éclata le grand mouvement insurrectionnel des tribus, dont l'instigation était partie précisément des Sidi-Cheïkh. La route du Sud lui étant ainsi fermée, Rohlf se détermina à reprendre, comme en 1861, la voie du Maroc. Il s'embarqua à Oran pour Tanger, dans les premiers jours du mois de février 1864. Les relations qu'il s'était créées parmi les musulmans dans son premier voyage lui ont facilité] ses dispositions; à la fin du mois d'avril, date de ses

]. Voir notre Année précédente, p. 121.

deinières lettres (n"" 51), il était à Ouessân, localité située au nord-ouest de Fez, et comptait partir dans peu de jours pour le Touftt. « Ouéssân, dit-il dans une lettre du 30 mars, est dans une position admirable; devant moi se déploie un splendide panorama, dont les montagnes de la Suisse peuvent seules donner une idée. » Rohlf était muni de bous* soleSy de baromètres, de thermomètres, etc.; il n'est pas question d'instruments propres à relever les hauteurs sidérales.

L'autre expédition , celle qui part du Sénégal, a été conçue et ordonnée par le général Faidherbe, l'énergique gouyemeur de notre colonie sénégalaise ; elle a été confiée h deux de nos officiers de marine, M. Mage et le D*^ Quentin. M. Mage a déjà fait ses preuves dans une mission analogue ^ Les deux officiers, remontant le Sénégal, ont dû reconnaître plusieurs parties imparfaitement explorées du haut bassin du fleuve ; et franchissant de là, sur les traces de Mungo Park, le pays élevé qui sépare le Sénégal du Dhioli-bft, ils essayeront de descendre ce dernier fleuve, qui conduit à Timbouktou en passant à Ségou, afin de jeter les bases de futurs rapports d'amitié entre notre colonie du Sénégal et le chef de Timbouktou. C'est du moins ce qne l'on peut présumer des instructioDs des voyageurs d'après ce que l'on connaît de leur itinéraire. Leurs dernières lettres, datées du 23 avril 1864, les laissent à Scgou, où ils étaient depuis le 28 février.

D'autres opérations, qui, sans avoir la même portée, n'en ont pas moins un très-grand intérêt, oui été simultanément poursuivies au Sénégal sous l'active impulsion du g général Faidherbe. La conquête et l'annexion du Oualo ont été l'occasion d'une Notice étendue sur ce grand territoire

1. Le résume du premier voyage du lieutenant Mage au pays de Tagant, une des oasis du Sahara occidental entre le bas Sénégal et le Maroc, a été fait par l'explorateur lui-même dans V Annuaire du Sénégal pour 1864 (Voir ci-après).

sénégalais par le capitaine d'infanterie de marine H. Âzan (no 50). Le capitaine de frégate Aube a fait une nouvelle reconnaissance hydrographique du bas du fleuve depuis Saint-Louis jusqu'à la mer, et il en expose les résultats généraux dans une note substantielle, accompagnée d'une carte (n*» 49). N'oublions pas Ja grande et belle carte de la colonie publiée dans la Revue Maritime et Coloniale, excellent et riche répertoire des documents scientifiques qui ressortent du ministère de la Marine (n"* 48). Cette carte est de 1861 ; mais la carte particulière des dépendances de la colonie, construite d après les relevés du capitaine Vallon et qu'on a pu placer dans le cadre, donne une valeur nouvelle à ce second tirage. Enfin, pour ne rien oublier de ce qui touche à l'histoire géographique de la colonie, il faut noter aussi VAnntmire du Sénégal publié d'après les instructions du général Faidherbe. L'Annuaire de cette année (n° 46), oti se trouve un résumé des différents voyages d'exploration faits de 1859 à 1861 dans les contrées qui confinent au Sénégal , notamment dans le pays des Maures au nord du fleuve, reçoit de cet appendice l'intérêt d'un document historique.

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