‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 39 sur 368 · TOMBELLES CELTIQUES DE L*ALGÉRIE · texte numérisé non relu

TOMBELLES CELTIQUES DE L*ALGÉRIE

Sur la carie du territoire d'Alger publiée par le Dépôt de la Guerre en 1834, on les voit déjà marquées avec cette désignation : Petites constructions semblables aux monu^ ments druidiques. Ce sont de véritables dolmeus, c'est-kdire un appareil formé de deux grandes pierres posées de champ et surmontées d'une troisième pierre formant table. La plupart sont entourés de cercles de pierres constituant le cromlech. Lors de notre arrivée en Afrique^ en 1830, le nombre des cercles druidiques groupés sur ce point était considérable, — deux cents au moins. Presque tous ont été détruits, et cela du consentement exprès de l'administration, ce qui est triste à dire; on n'en a conservé que treize (ni plus ni moins), en guise de spécimens. Dans plusieurs des dolmens conservés sous lesquels le propriétaire actuel du terrain a fait des fouilles, on a trouvé des urnes d'argile coite, quelques-unes renfermant des ossements humains, d'autres des cendres et des fragments d'os, avec des débris de colliers, des bracelets, et différents objets en bronze. Le tout a été déposé uu Musée d'Alger.

Une conjecture très-vraisemblable sur l'origine des cromlechs de l'Algérie est qu'ils ont été dressés, comme monuments funéraires, par des légionnaires romains d'origine gauloise ou bretonne cantonnés en Numidie. Plusieurs fails, néanmoins, compliquent le problème. Des constructions semblables existent en diverses parties de l'Asie, où leur présence ne saurait s'expliquer par le cantonnement des légions romaines. On en a trouvé en Syrie, à l'orient du Jourdain; et tout récemment un voyageur anglais, M. Palgrave (dont la curieuse relation va nous occuper bientôt, en a rencontré au cœur même de l'Arabie. Enfin, on a signalé des monuments tout à fait semblables dans les pays tamils du sud de Tlnde. Que de choses inexpliquées nous a léguées le monde ancien !

Page 1