‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 62 sur 368 · Athenooum, n" 1914, p · texte numérisé non relu

Athenooum, n" 1914, p

restes d*ane ville immense ornée de sculptures représentant des animaux fantastiques, avec des inscriptions que personne ne pouvait lire'.Mancanedo donne à cette ville le nom d'Angcor; or, les ruines qui, après plus de deux siècles d'oubli, ont été retrouvées de nouveau il y a quelques années, sont appelées Ankhor, ou plus exactement Nakhor (qui est Pindien Nagara, la ville). Il n'y a pas trop à s'étonner, toutefois, qu'elles soient ainsi restées ensevelies dans l'obscurité, si Ton songe à ce qu'étaient nos connaissances géographiques sur le Kambodj, dont on peut dire que l'on ne savait rien du tout, car c'est à peine si l'on connaissait de nom le grand lac qui est maintenant devenu un si fécond objet d'exploration. Au surplus, l'histoire -du pays se tait absolument sur ces ruines, dont la magnificence et l'étendue ne craignent aucune comparaison....

Je ne m'arrêterai pas à certaines conjectures historiques et étymologiques du D' Bastian au sujet du Kambodj et de son ancienne colonisation ; il est présumable qu'une plus mûre considération fera revenir le voyageur sur quelquesunes de ses hypothèses, sur celle qui se rapporte au nom dlvèn, par exemple, lorsqu'il reverra ses notes pour une publication définitive. Les contrées de Eambodja et de lonaka (Yavanaka en Sanscrit) sont mentionnées plus d'une fois, il est vrai, dans les livres bouddhiques ; mais ces mentions nous portent vers la frontière N. 0. de l'Inde, et n'ont rien de commun, sauf le nom, avec le Kambodj de la frontière siamoise.

Sir Robert Schomburgk, alors consul britannique au royaume de Siam (il est aujourd'hui de retour en Europe); a publié le récit de son intéressante excursion à Xieng-md, dont il est question dans la lettre du D' Bastian. On trouve dans cette notice du consul anglais (n° 1 25) des détails instructifs sur les gens du Laos, mais rien sur la géographie astronomique.

1 . M. Ternaux Compans a donné la traduction de la relation fort rare de Rios de Mancaned au t. I de ses Archives des voyages. Le passage relatif à la découverte de rancienue cité est à la p. 278.

Pouf terminer ici ce qui touche à ces curieuses ruines de Nakhor, nous rappellerons ce que nous avons dit dans notre précédente Année* y tant d'après la reconnaissance de nos officiers de marine que d'après celles de M. Mouhot. La relation intégrale de ce dernier voyageur, déjà connue par la publication un peu resserrée qu'en a faite Tan dernier le Tour du inonde^ a été mise en anglais sur le manuscrit original, et vient d'être publiée intégralement sous cette ferme (n* 1S6).

S 3. La Cocl^iDchine française. Mouvement remarquable de publications

sur notre nouYelle colonie.

Lorsque la France, il y a trente-quatre ans, planta son drapeau sur la terre algérienne, dix années et plus devaient s'écouler avant que les germes scientifiques que toute colonisation européenne porte avec elle donnassent leurs premiers fruits: dix années de luttes journalières, de combats pied à pied contre un ennemi toujours renaissant et partout se dérobant sous nos coups. Ce fut seulement lorsque cet insaisissable ennemi se fut réuni h la voix d'Abd-el-Kader et que nous eûmes devant nous un véritable adversaire, que la victoire fut décidée. Antée put enGn être pris corps à corps, et fut bientôt étouffé sous Tétreinte de nos légions. De ce jour Tœuvre colonisatrice a commencé sa tâche, et avec elle l'œuvre de la science.

L'histoire de notre établissement d'Afrique est, sous ce rapport, celle de toutes les colonies ; les circonstances locales y mettent seules quelque différence. Dans l'Asie orientale, des obstacles moins grands ont permis un progrès plus rapide. La Basse- Cochinchine est depuis deux ans à peine une possession française, et déjà notre autorité respectée se traduit en une orf^anisation régulière, en même temps que

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