‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 63 sur 368 · P. 206 etsuiv · texte numérisé non relu

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de nombreuses et remarquables publications, dues à des témoins oculaires de l'occupation ou à des officiers qui y ont une part active, nous apportent dés notions étendues sur une contrée dont TEurope n*avait que Fidée la plus vague. C'est une assez singulière histoire, une histoire dont bien des gens ont quelque peine à se rendre compte, que cette acquisition à brûle pourpoint d'un large territoire situé au bout du monde, et dont le nom, au moins pour la grande masse du public, ne s'était jamais trouvé mêlé à nos propres affaires. On n'était pas habitué chez nous, comme pourraient Tètre nos voisins d'outre-Manche, à ces surprises politiques qui d'un jour k l'autre ajoutent un nom nouveau à la liste des possessions coloniales de la nation. Il est permis de croire que même dans une région plus -élevée, celle-ci a été quelque peu imprévue, au moins dans les proportions qu'elle a prises. Dans tous les cas, hasard ou réflexion, il faut reconnaître qu'il était impossible de faire un meilleur choix. Un ministre de la royauté de 1830 disait il y a vingt ans, dans les instructions officielles d'une de nos expéditions maritimes: < II ne convient pas que la France soit absente d'une si grande partie da monde, où déjà les autres nations de l'Europe ont pris pied. Il ne faut pas, en cas d'avaries, que nos bâtiments ne puissent se réparer que dans la colonie portugaise de Macao, dans le port anglais de Hong-kong, ou k l'arsenal de Cavité dans l'île espagnole de Luçon. » Ces considérations très-sages sont aujourd'hui devenues bien autrement impérieuses, dans la situation nouvelle que créent à notre marine les récents événements de la Chine et du Japon. A moins de se condamner à un état d'infériorité que la France ne peut accepter vis-à-vis de ses ennemis ni de ses alliés, il lui fallait dans les mers orientales un large pied à terre oii à tout événement nous fussions chez nous. Au lieu d'un pied-àterre, les circonstances nous ont mis sous la main une riche possession ; ce n'est pas à nous à nous en plaindre.

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