Emory's Report, p. 40 et suiv
2. Ce chiffre ne représente pas celui des plaines du plateau central, c'est-à-dire la véritable hauteur moyenne du plateau du Mexique. Cette hauteur moyenne oscille entre 2000 et 2400 mètres. Mexico d'après les observations de M. de Humboldt (que n'ont pas sensiblement modifiées les études récentes) est à 2277 mètres au-dessus de la mer; Puebla et les plaines environnantes à 2194 mètres. (V. de S. M.).
3. Le chiffre de 900 mètres représenterait peut-ôtre mieux l'altitude moyenne de cette remarquable dépression. C'est, d'après les tableaux de M. Emory lui-môme, la hauteur approximative au-dessus de la mer du Prcsidio del Norte, dans la vallée du Rio Grande (847 m., latit. 29« 33' 53") et de la vallée moyenne du Rio GUa (907 m. vers 32« 40' lai.). La grande ligne de dépression suit une direction N. 0. — S. E. , depuis le bas Colorado et le confluent du Rio Gila, jusqu'à l'embouchure du Rio Grande del Norte dans le golfe du Mexique. (V. de S. M.).
LA PLUS HAUTE MONTAGNE DE L'aMÉRIQUE. 207
Nord comme dans le Sud de PAmérique, le plateau occupe le côté occidental du continent , et sa surface présente des rangées de montagnes dont le pic le plus élevé, dans PAmérique du Nord, est le mont Saint-Elias *, et dans l'Amérique du Sud le mont Aconcagua, 21 500 pieds (6553 mètres). Les traits climatologiques du plateau, dans la limite des États-Unis, sont une sécheresse excessive, et une très-grande différence entre la température du jour et celle de la nuit, différence qui va souvent jusqu'à 66^ du thermomètre Fahrenheit, ou 18 degrés du thermomètre centigrade.
Les principales chaînes de ces montagnes de PAmérique du Nord, en les nommant dans Perdre de leur proximité de la côte du Grand Océan, sont, premièrement, les Cordillères de Californie et de POrégon, ou la Chaîne Gôtière {Co<Kt Range); secondement, la Sierra Nevada, qui est, comme son nom Pindique, une chaîne escarpée couverte de neige ; troisièmement, la Sierra Madré , autre chaîne de montagnes que Pon a regardée comme formant la séparation des eaux qui se déversent dans les deux océans; quatrièmement, les montagnes Rocheuses (Rocky Mountains).
La chaîne côtière , sur une étendue très-considérahle , se dresse en pentes ahruptes à partir de la mer. Dans toute la longueur de la côte elle reste en vue du navigateur, présentant un panorama «ussi imposant que varié. On peut dire qu'elle se termine au cap San Lucas, extrémité de la Basse- Californie.
C'est la pente maritime de cette chaîne côtière qui marque Pextrémité occidentale de la région aride ; ce versant maritime est, je pense, la seule contrée, à l'ouest du 100® méridien', que Pon puisse dans son ensemble qualifier d'agricole. Un grand nombre de vallées et de bassins séparés y offrent des facilités d'irrigation, et produisent en très-grande abondance les céréales, la vigne, toutes les plantes, en un mot, qui contribuent au bien-être de l'homme. Mais ces cantons fertiles, séparés entre eux par des plaines arides ou des montagnes , forment l'exception plutôt que la règle.
1. Cette donnée, encore universellement reçue il y a dix ans, est rectifiée, comme on l'a vu tout à l'heure, dans la Note du professeur Whitney. La plus haute cime actuellement connue est le Popocatepetl, près (le Mexico. (V. de S. M.).
2. C'est-à-dire à l'ouest des hautes plaines qui forment le palier oriental des montagnes Rocheuses. (V. de S. M.).
288 ABféRIQUE DU NORD.
S 4. Un voyageur dans ronest. L'esprit américain.
Le seul voyageur que nous ayons à citer cette année dans les territoires américains (n*" 212), bien que le but de sa course à travers les prairies de TOuest ait été aussi la région métallifère des nouveaux États, nous sort du domaine de la science pure ; avec M. O'Connor Morris, nous revenons aux choses pratiques de la vie. Il est vrai que dans ces contrées extrêmes, où une civilisation hâtive et fort inégale s'est installée depuis hier seulement, la vie américaine, pour un étranger, ne se présente pas toujours sous un côté bien at« trayant. Ecoutons plutôt :
Nous ne connaissons pas de pays dont un Européen se fatigue plus tôt, où la nouveauté et le changement s'épuisent plus vite, que les territoires situés à rextrême limite des États-Unis. Toutes les villes américaines du Far West se ressemblent; ce sont les mêmes rues mal tenues, encombrées d'énormes piles de briques et de mortier, les mêmes hôtels-monstres avec l'inévitable buffet pour liquoring iip, selon l'expression locale, et leurs dîners assourdissants, et leurs massifs déjeuners. On n'éprouve aucun plaisir à arriver en un tel lieu, aucune peine à en partir. Nul intérêt historique, ni traditions, ni légendes, rien qui parle à Pâme et éveille la sympathie. Le pays dans son long parcours produit partout la même impression, une iitapression de pesante uniformité. On traverse pendant des centaines de milles des territoires bien boisés ou des prairies aux horizons infinis ; on admire la grandeur des lignes et le lointain des paysages, en calculant combien d'êtres humains pourraient y trouver le confort et le bonheur matériel : mais on ne peut toujours admirer des forêts, si grandes qu'elles soient, ni des prairies et des horizons. Bientôt la monotonie vous envahit et vous domine. « Vous n'avez plus que cinq cents milles pour arriver, » vous dit l'homme du chemin de fer. Vous engagez la conversation avec vos compagnons de route, à côté desquels vous êtes depuis assez longtemps pour que l'on puisse prendre cette liberté. Mais ce n'est pas chose facile. M. A. Trollope a dit avec vérité qu'un Américain', surtout des États de l'Ouest,