OROGRAPHIE AMÉRICAINE
S 3. Reconnaissanee et description da plateau californien, le plus grand trait de la configuration physique de TAmérique du Nord.
Le major William Emory, chef de la section astronomique américaine de la commission mixte créée en 1849 pour fixer sur le terrain la nouvelle frontière du Nord établie par le traité de Guadalupe, dans son rapport sur cette longue et contentieuse opération % a tracé un aperçu physique de la région élevée à laquelle viennent aboutir à rOuest ce qu'on nomme les Prairies du Mississipi. Cette région comprise entre la chaîne des montagnes Rocheuses (Rocky Mountains) et le Grand Océan, depuis les environs du 32 ou 33' parallèle jusqu'aux approches du 49', embrasse dans sa vaste étendue la Nouvelle Californie (aujpurd'huiiaméricaine), l'État Mormon et le Nouveau Mexique; c'est dans son ensemble, par ses particularités physiques et géologiques, une des contrées les plus remarquables du continent américain. On n'avait sur sa configuration, il y a vingt ans à peine, que des idées très-vagaes et fort incomplètes ; c'est l'extension de la domination américaine sur ces immenses territoires de l'Ouest, bientôt suivie de reconnaissances et d'explorations oificielles, qui nous a valu la notion au moins générale que l'on en possède actuellement. Quoique cette importante addition à la géographie positive ne soit plus une chose étrangère à quiconque a suivi de nos jours la marche rapide d^s découvertes géographiques, elle n'est pas entrée encore d'une manière assez sûre dans la somme des acquisitions tant soit peu généralisées, pour qu'il soit superflu de reproduire Taperçu court et substan-
1. United States and Mexican Boundary survey. Report o( W. H. Emory, U. S. Cnmmissicmer. Washington, 1857, grand in-4, avec des cartes et de nombreuses illustrations, sites, vues, coupes géologiques, histoire naturelle, portraits dMndigènes, etc.
tiel dans lequel le major Emory Ta remarquablement résumée. Nous croyons faire en ceci une chose d'autant plus utile, que le document officiel et tout spécial où cet intéressant chapitre de géographie générale est inséré, est certainement inconnu, et dans tous les cas à peu près inaccessible, à Timmense majorité des lecteurs'.
C'est maintenant une chose bien connue que le plus grand trait de configuration physique que présente le continent américain est le plateau qui en traverse toute l'étendue, depuis la région inexplorée du Nord jusqu'à son extrémité la plus méridionale, plateau dont la largeur varie depuis cinq jusqu'à 1000 milles, et qui atteint sa plus grande élévation dans les Andes de l'Amérique du Sud. Sa moindre élévation, comme sa moindre largeur, sont dans l'isthme de Panama et l'Amérique Centrale, tandis que sa plus grande largeur est aux environs du 38* parallèle de latitude N. Pour la partie nord du continent, le plateau atteint sa plus grande élévation dans le Mexique, où l'altitude arrive à 10000 pieds anglais (3000 mètres environ) au-dessus de la mer ■? Sa plus grande dépression est sur la nouvelle frontière entre le Mexique et les États-Unis, vers- le 32» degré de latitude N., où le chiffre d'altitude descend à 4000 pieds (1200 mètres)'. Delà il remonte rapidement et conserve une hauteur qui varie entre 7 et 8000 pieds, jusqu'aux approches du k9'^ parallèle où il s'abaisse de nouveau. Dans le