‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 100 sur 249 · FRANCE. GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

FRANCE. GÉNÉRALITÉS

yin et IX de la description la plas éteadae et la plus minutieuseaent exacte que l'on ait encore faite de Tenseinble de la France. Les Tolnmes précédemment publiés sont les suiTants : Paru illwtré, Envirmu de Paris iUustréM ; B(mrgogne, Franck»- Comté ^ Savoie; Au- 9§rgnij Dttuphiné, Provence; Pyrénéei; Normandie; Bretagne, Un •enl Tolume reste k paraître, le N&rd,

Un critique, à propos du yolume des Vosges et Ardennes dont il rendait compte récemment, disait: « Nous avons nous-méme parcouru An mois d'août de Tan dernier, pour la seconde fbis, les Vosges, ces ■imAbles Tallées qui, par Tépaisseur de leurs fraîches forêts, par le Tert éclatant de leurs pâturages, et surtout par l'abondance extraordio^re de leurs eaux bondissantes et bruyantes, plaisent encore après lee Alpes, après rApennin, le Taygète, l'Olympe et le Liban, ces Vosges qui, il y a bientôt Tingt ans, nous ont les premières fait comprendre le charme et la beauté des montagnes, et éveillé chex nous la paslion des voyages ; or, nous ne connaissons pas, de Niederbrann à Oiromagny, du point où la chaîne franchit la frontière française à celui oà elle se rattache au Jura, un seul site pittoresque, une cascade, une mine qui ait échappé à l'attention de M. Jeanne. Des espèces de notes ou d'Appendices, imprimés en caractères plus fins que le texte, nous donnent des légendes, le récit des grandes scènes historiqaes, de préelMix détails sur l'industrie et les mœurs de certains cantons. » Il n'y a pM an seul des volumes de M. Joanne qui n'ait droit au même éloge.

Nous réunissons ici en un seul groupe les antres parties des publications de M. Adolphe Joanne relatives à la France, qui ont paru dans le cours de l'année 1868 :

568. Les Pyrénées. 3' édition. L2XVI-704 pages, ayec 7 cartes, 1 plan et 10 panoramas.

569. La France (collection des Guides diamant). Grand in-32| xi*517 pages aveo 8 cartes.

560. Géographie) histoire, statistique et archéologie des 89 départements de la France. Cliarente. Paris^ 1868, 95 pages, avec 38 graYures et une carte. 1 fr. (Hachette).

^B* Meurthe. 96 pageé avec 31 gravures et une carte. 1 fr.

L'éloge s'épuise et se lalse, quand 11 s*agit dos publications de M. loanne, si ntileà et Si judicieusement appliquées à la multiplicité des besoins. Les monographies départementales dont ces deux premiers volumes, consacrés à la Charente et à la Meurthe, sont de trèsencourageants spécimens, contiennent, dans leur concision substantielle, une description aussi complèto qu'on puisse le désirer, disposée dans un excellent ordre, et rehaussée par une très-belle impression. La carte, chose bien rare dans les publications de cet ordre, est d'une excellente exécution.

661. Thfoph. Lavalléb. Les frontières de la France. Paris , gr. in-18, 378 pages, 5* édit. 3 fr. (Hetzel).

562. Ch. MOLLBR. Nos frontières du Hhin. Paris ^ 1868, in-8' 159 pages. 3 fr.

412 EUROPE. (n*»» 563-569)

S 2, Géographie physique.

563. Explorations pyrénéennes. Ascensions des hautes cimes et des régions de difficile accès. Recherches scientifiques et archéologiques. Bulletin trimestriel de la Société Ramond. Années 1866-67, 2 volumes in-8.

L'origine et le but de la Société sont expliqués dans une introduction dont voici quelques passages :

« Quelques amis, qui s'étaient rencontrés soit sur le rude sentier de la montagne, soit dans le laboratoire du chimiste, soit dans le cabinet du géologue ou du botaniste, se trouvaient un jour réunis à Bagnères-de-Bigorre.

< Une même affection les attirait les uns vers les autres : l'amour de la science et de la belle nature pyrénéenne; un même désir les préoccupait : celui de les mieux connaître et de les faire mieux apprécier aux autres. Cette dernière pensée, ils l'avaient déjà plusieurs fois échangée entre eux et avec d'autres amis; mais il leur semblait que le moment était venu de la faire passer de l'état abstrait à celui d'une réalité utile et pratique. La fondation d'une société, destinée à encourager Texploration des Pyrénées au triple point de vue de l'exploration proprement dite, de la science et de l'histoire, leur parut le moyen efficace d'atteindre ce but.

<c Pour donner à cette idée un peu vague, un caractère plus arrêté et partant plus réalisable, il fallait d'abord s'expliquer sur les termes. Par le mot Pyrénées on entendrait, non les localités restreintes que sillonnent les touristes vulgaires et que fréquentent annuellement les baigneurs, mais la majestueuse chaîne qui s'étend depuis le cap Creux jusqu'à son extrémité occidentale et qui se ramifie en patte d'oie dans les Asturies; non pas seulement le versant septentrional qui appartient à la France, mais la vaste pente méridionale qui appartient à l'Espagne . Le mot exploration, on le prendrait dans son acception la plus étendue et la plus élevée. Elles comprendraient soit les tentatives iuisardeuses qui ont pour but de frayer l'accès des régions peu fréquentées ou même complètement inconnues, soit les recherches plus paisibles qui intéressent la science ^ l'histoire et les beaux-arts....

« A cette association il fallait d'avance donner un titre, non vague et abstrait, mais concret et historique, qui résumât d'une manière personnelle et vivante les éléments qui correspondent à ces pensées diverses. Ce titre fut bientôt trouvé. 11 se rattache À un nom qui rappelle les premières, les plus belles explo-

da HonUrlo et Caidu de Bohi. - OJcul du lunteuTB pat la baranû' tn, Ut uir Isa lieui. — £. Cardicr, Croyance! dei anciani Basqnei. — Y. AouJtn, Sur le régime dea rivières dei Pyréoées cenlnles. — W. 'WêbMtir, Quelques oburvaliong lar Ita cagots dea Pjrénéai. — JluMtli-friUDilifh.AicenBisiiaupicdBBailatousotiMumDTetdITt m.).

roua de Bagaèrea. — Bayiaillanct, Lee iroces de la périoda glaciain

de Bigorre. — £. Frostari, Fosiilei dea eniirons d'Argelés. — B. Cardin-, Supantitioni et légendes des Pjrrénées. — E. Frotiaril, Qnalqaei couraes aux eoTiroos ds Cautenti.

4. DoH«s-V>HCB. Notice lur les ports de la Uuicbe al de la mer du Nord. Aimalet maritinui et Coionialtt, noT. 186B, p. 69à-

•Sâ. LiHBiBE, ancien conservateur des monumenls d'art 1 U préfecture de la Seins. Notice historique stir la monumeot érigé par la ville de Paris aui sources de la Seine en ISfil. Farii, 1868, in-8 avec cartes el vues. 3 fr.

414 EUROPE. (n^' 563-569)

ffauce. Bulletin de la Soc. de y^o^r., août 18^8, p. \12'V9y avec une carte.

567* R> F* Bâcp. Recherche^ philologiques sur )e9 forets des Gaules et sur les prigines qui s'y rapportent Metz, 1868, in-8, 16 pages.

Extr. des Mém. de la Soc. dliist. de la Moselle.

568. Debombourg. Gallia aurifera. Étude sur les alluyions aurifères 4e la France, lyon^ Wdi, U)r8, 14 pagei|< .

569 H. Gaidoz. De Texploitation des métaux en Gaule. Revue archéologique, mai 1^6!^, p. 98^^9^-

Ajoutons ici, sur la fixation des points restés 69 suspens dans le tracé de la limite franco-espagnole et réglés d'une manière définitive au commencement de 1868} une note historique et géographique publiée au mois d'août derpier par le jpumal officiel :

S 3. Azatlon de la limite franco-espagnole.

I{ou» ayons appris ici' avec une véritable satisfaction le succès définitif de la longue et difficile négociation ouverte à Rayonne en 1853 entre la France et l'Espagne pour le règleméat de leursi limites et de tous les droits et usages que le CQurs du temps a créés, avec plus ou moins de légalité, entre les populations respectives des deux cétés de la frontière. On croit généralepient que le traité des Pyrénéen ou de Tile des Faiss^ps, signé en 1659 par le cardinal Mazarin et don Louis de Haro, avait fixé les limites des deux Ëtats. Mais c'est là une erreur. On ne s'est occupé, ni dans cet acte, ni dans ceux qui Tont suivi, du règlement général de délimitation. De là les conflits locaux qui se produisaient si souvent sur diverses portions de la frontière. De là aussi les tentatives renouvelées tant de fois par les deux gouvernements pour faire disparaître les causes dé troubles par une solution internationale de tous les points en discussion. Il aura été donné à la copimissionqui

1 . Cette note est donnée soua forme d'une lettre écrits da lladilii.

mANCE. 415

vient de finir 8e« tnmm d'accomplir oette (mxffe ^ diffi-

elle.

L» pluparl d^ litiges avaient des si^les d'existence, 9t se oon\pliqn«ient iion^vlement par leur durée, mais encore par les viçiisitudfs des montrées pyrénéennes, presque toujours ^ fuerri et elmgHnt de maîtres suivant le sort des wm^t^ et les alliances des familles souveraines. C'est en étudi?tnt 4V^ vn soin lenqmliUi l'origine ^t les pb^wes diverw des questions,

ep poinBuliiRt le> i^i^vef, en ohercb»nt Id w sens 4^ «liartes fit dm dWrents titres, que 1^ commimion instituée en

1953 wt IHinF«uue, après quiuze $ms dfi tr^v^l, 4 résoudre tous les litiges Appuis rembouohure de la ^dassoi^ ds^ l'Océan, juequ's^u littoral de h Méditerranée, sur uue ^tmim 4e lifi lieues environ,

Q avait été eopveuu que la comnûssion, mqins nopol^penie que celle de 1851, ue serait composée en 0ut que 4e si^ personnes, dont 2 plénipotentiaires espagnole, deui pléfupotenT tiaif^tl français et deux eeorétaire^, et que t4)ue sprai^t étrsn-

gfre »ux proyiuces qui evoisinent h frontière, a^i^ qui le^s

p^SliQnç localef i^'^Ufiept peint accèe s^uprèff d'eu^. C^\^ ^g& précaution} n'avait piie ét^ pri^^ lors 4^ rinisfitHtion dp la co^*miseiondê 185i, et ce (ut là peut-étrp la çj^use prlpcipale 4p lOQ prompt i^ccè^-

Lorsque la comnussipn de 1853 oommepQH ses travaux, nu conflit assez grave s'était produit au sujet de la propriété 4p la forêt d'Irati, située sur le versant méridional des Pyrénées et dans le pays de Gi^e, de la Basse-Navarre. Il fallait éviter avec 9oin les incidents qui auraient pu compliquer l'aHaire ou éveiller des susceptibilités nationales. La commission y parvint immédiatement par une convention préalable qui neutralisa la portion contestée de la forêt d'Irati jusqu^à ce qu'on et!^t prpnonce sur la propriété. Ce premier acte de conciliation inaugura heureusement la tâche des commissaires, et leur ouvrit, en quelque sorte, la route qui devait les conduire au but de leurs mutuels efforts.

C'est en repiontant à une charte de 1507 qu'on trancha la question de la forêt d'Iraty en faveur du pays de Cize. Paqni les autres litiges relatifs à la Navarre, le plus important était la contestation des pâturages entre la vallée française de Balgorry et les vallées espagnoles du Valcarlos, d'Ërro et de Bastan. Ces différends, qui duraient depuis l'invasiqp de la Nayarre par Fer^ipaud U Catholique çu 1519, et qi^i n'avaient pu être

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réglés ni par Pacte connu sous le nom de capitulations royales de 1614, ni par le plan de partage proposé eu 1769 par le duc de Ghoiseul, ni par Pacte de 1785, ni par le traité de BUe de 1792, ont pu être heureusement terminés par la commission dans le premier traité qu'elle signa en 1856, et depuis lors une complète harmonie a succédé sur ce point de la frontière à des discussions incelteantes.

Une autre question importante s'imposait à la commission dans cette partie occidentale des Pyrénées : c'était celle de la rivière de la Bidassoa. Quelque simple qu'il parût d'appliquer à la Bidassoa la règle établie au congrès de Vienne au sujet des cours d'eau qui servent de frontière, ce ne fut pas cependant sans difficulté qu'on parvint à stipuler que le milieu du cours principal de la rivière marquerait la séparation des deux États, et que de chaque côté les riverains auraient des droits identiques, tant pour la navigation et le conunerce que pour la poche et les autres usages.

Une fois les litiges de propriété et d'usage résolus, il y avait à fixer le tracé de la frontière entre la France et la Navarre espagnole. Après le rôle de juge arrivait celui de démarcateur. Le cabinet espagnol ayant déclaré qu'il déclinait l'application du principe abstrait de la ligne des crêtes, et l'existence d'intérêts créés par le cours des siècles ne permettant pas certains changements de juridiction, quelque naturels qu'ils fussent au point de vue de la topographie, on s'appliqua à obtenir une délimitation aussi naturelle que possible ; mais le but principal recherché et atteint fut de satisfaire aux droits et aux besoins reconnus. C'était là une condition essentielle au maintien du bon ordre et des relations amicales avec les frontaliers.

Les mêmes principes ont présidé au règlement de la frontière entre les départements français des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, de TAriége et des Pyrénées-Orientales d'une part, et les provinces d'Aragon et de Catalogne de l'autre* Deux traités comprennent ce règlement, l'un signé en 1862, l'autre en 1866. Le premier a consacré une irrégularité que légitime une donation faite en 1234 par Jacques I** d'Aragon aux habitants de la vallée d'Anso. C'est en vertu de cet acte que la vallée espagnole a été reconnue propriétaire des territoires d'Aiguetorte, d'Ëstaès et d'Aspe, sur le versant septentrional et à l'origine de la vallée française d'Aspe.

On aborda ensuite l'examen d'un litige aussi ancien que compliqué et se rapportant aux montagnes de Gavamie. La

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