‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 101 sur 249 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

tase des discusnons a été le partage fait entre la vallée de hroto et celle de Baréges par une sentence arbitrale de 1390, .ussi bien que celui stipulé dans le traité de 1712.

Passant de ce litige à ceux de la vallée d'Âran avec les comnunes de BagnèroA-de-Luchon et de Saint-Mamet, on s'est rottvé en présence non-seulement des contestations ordinaires, nais on a eu à vaincre les résistances obstinées dos Aranais. )n a réussi néanmoins à établir des règles aussi claires qu'é- [uitables pour les nombreux usages qu'il était indispensable le maintenir, et Ton a fixé les limites des juridictions à la crête lu grand contre-fort qui sépare le val d'Aran de la vallée de juehon, en se fondant sur la charte d'inféodation de 1315 accordée aux Bagnérois par le comte de Gomminges.

La dernière phase de la négociation a été la plus ardue. Pour régler le différend entre la commune française de Latourle-Garol et la commune de Guils, il a fallu remonter jusqu'à me charte impériale de Gharlemagne en date de 812, et pour iécider le litige entre Angoustrine et Livia on a dû invoquer les titres allant de 1395 à 1754.

Un acte spécial signé en 1866 a réuni toutes les dispositions relatives à la conservation de rabomement, aux troupeaux et pâturages, et à la jouissance des eaux d'un usage commun aux habitants des deux pays.

Malgré cet acte additionnel au traité du 26 mai 1866, on a lu, comme pour les deux premiers, en régler l'exécution dans un acte complémentaire auquel on a donné le titre d'Acte final pour indiquer que la négociation atteignait par là son terme, il a été signé à Rayonne le 11 juillet dernier par le général Callier, plénipotentiaire de France, et par les plénipotentiaires espagnols, M. Marin, marquis de la Frontera, et le général Eifonteverde.

C'est ainsi que par une étude consciencieuse et approfondie on est parvenu enfin à résoudre, à la satisfaction commune, des difScultés d'ensemble et de détail jugées longtemps inex* tricables, et à constituer une sorte de code qui règle les contestations passées et prévient les contestations futures.

Le résultat de cette négociation laborieuse atteste le zèle et l'habileté des hommes qui y ont pris part, ainsi que l'esprit de conciliation dont leurs gouvernements se sont montrés animés, n régularise les rapports des populations limitrophes, et donne «me nouvelle garantie aux relations de bon voisinage qui existent entre la France et l'Espagne.

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420 BUROPE. (n* 579-582)

- sonnelle sur un sujet dont le fond nous est étranger, noas reprodaisons une Note qai nous a para rédigée avec une calme impartialité, et qui d'ailleurs est tout i fait conforme à l'impression que la lecture de l'ouvrage nous a laissée.

« On sait quel éclat a jeté, dans ces dernières années, la renaissanee de la littérature provençale, ou plutôt celle de tonte la langue d*oe. Plusieurs des œuvres des nouveaux troubadours, des Félibres, comme ils se nomment eux-mêmes, portent l'empreinte d*a8pirations très-vives vers la décentralisation intellectuelle, et ces aspirations ont pu faire croire à un appel à la décentralisation politique. M. £. Garcin, auteur lui-même de poésies provençales et françaises de beaucoup de mérite , a voulu combattre des tendances qu'il juge dangereuses, en montrant quelle étroite affinité de race et de langage existe entre les populations françaises du Nord et celliBs du Midi. Bans la première partie de son ouvrage, .Une nationalité inattendue^ il s'attache à indiquer la trace des tendances qu'il combat, principalement dans Calendal et dans la Comteeêe du poëte Mistral, au talent duquel il rend d'ailleurs hommage. Dans la seconde partie, il examine s'il y a réellement, entre le Nord et le Midi de la France , antipathie au point de vue des mœurs, des langues et des races, question qu'il résout à bon droit par la négative. A l'égard des langues, M. Oarcin prouve sans peine l'étroite parenté de la langue d'oc avec la langue d'oil, devenue la langue nationale de la France, mais il ne croit pas devoir s'arrêter là ; il s'attache à démontrer que le firançais est, non pas dérivé presque exclusivement du latin, comme tout 1^ monde l'a admis jusqu'ici, ouïs formé du gaulois. S'appuyant sur ce fait reconnu comme vrai, que les langues romanes tirent leur origine plutôt du latin populaire que de la langue littéraire de Rome, il entreprend d'établir l'identité, ou peu s'en faut, du gaulois avec le latin des plébéiens romains. Il n'est pas besoin de dire que M. Oarcin n'a pas réussi à rendre acceptable cette thèse paradoxale. Son principal argument, la comparaison de mots latins et romans avec les termes correspondants d'un des idiomes néo*celtiques pèche par la base, en ce que les mots armoricains choisis par lui sont presque tous d'origine récente et empruntés au français. Ce défaut d'expérience dans les recherches de grammaire comparée ne touche heureusement qu'un point secondaire du travail de M. Oarcin. Son livre, dû à une inspiration généreuse et écrit avec talent, n'en sera pas moins accueilli avec faveur comme une œuvre digne d'un sérieux intérêt.» {Notiae analyt, du J<mm, de$ Sov.)

578. L. Fa VUE. Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de TAuDis. Précédé d'une introduction sur Torigine, le caractère, les limites, la grammaire et la bibliographie du patois poiteTin et saintODgeois. Niortf 1868> in-8, lzxziv-360 pages. 8 îr.

S s. Ck>agrès scientifiques.

&79. Hémoires lus à la Sorbonne dans les séances extraordinsims du Comité impérial des trayaux historiques et des Sociétés mx'

du Ministère de rinstraction publique ^ ; ceux que nous venons d'énumérer ont été lus aux réunions de 1867 et publiés en 1868. Notons maintenant, parmi les lectures de 1868 (dont le texte n'est pas encore publié), celles qui nous ont particulièrement frappé : les lectures ont été fiâtes à la Sorbonne les 14, 15| 16 et 17 avril :

M. l'abbé Dehaîsnes, au nom de M. Tailllar, de Donay : 2e Centre et le Nord de la Garnie au eiêde d'Augutte et êom les Anionins. Travail considérable et important.

M. d'Arbois de Jubainville, Mémoire stir un Gloseaire gaulois coniervé dans un manuscrit de la Bibliothèque impériale de Vienne (V. ci-après).

M. Mignard, Sur le paraliélisme des patois et des diale^es dans la formation des langues domiifiantes.

Malgras, Aperçu de Vhi^toire de rinstructûm primaire en France^ depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.

M. Beaussire, au nom de M. Longuemar, Mémoire sur quel' ques bornes mUliaires du haut Poitou. L'auteur £ait ressortir rimportance des inscriptions de ces monuments, tant pour la fixation de la longueur de la lieue gauloise que pour la rectification des textes des itinéraires de Pempire. Il tient pour la lieue gauloise telle qu'elle a été fixée par les travaux de plusieurs savants, parmi lesquels on nommera MM. de Satnt-Ferjeux et Aurès. (Y. à ce sujet le Bulletin de la Sociêti des Antiquaires de VOuest^ 1868, ^« trim., p. 557 et 568.)

M. Gastan, Mémoire sur le Capitale de Vesontio et les Capitales provinciaux du monde romain.

M. Rosenzweig, second Mémoire sur les monuments funérai' res du Morbihan.

M. Tabbé Gosson, sw les fouilles et les déoowmiêê en la commune de Sceaux (Loiret). L'auteur pense, comme Jollois, que le Véllaunodunum de César était au Pré-Haut, sur le territoire de la commune de Sceaux. M. Quicherat préMQte des observations contre cette identification.

M. Tabbé Bacb, Mémoire sur les cités armoricaines. L'auteur

1 . La collection, commencée en 1S63, se compose déjà de 12 volumes; c'est, sans contredit, un de nos plus io^rtants recueils po«r la géographie de la Gaule et notre archéologie menuasBlale.

FRANCS. CONGRftS SCIENTIFIQUBS. 481

vantes teoueiB les 23^ Vk, 25 et 26 avril 1867.— Histoire, philologie et sciences morales. Paris, Imp. imp.,1868,in-8> n-784 p.

— Archéologie. ii-331 p. avec pi.

Nous signalerons dans ees deux yolnmes, comme sa rapportant le plus particoUèrement ans sciences géographiques, les morceaux suivants :

Dans le volume ^Bùtoirê: Ch. Btnoit^ Une excursion scientifique dans 111e de Ifilo, p. 4S-S6 (V. ci-dessus, p. 383, n* S23); — Dipalê slné, Études aur la topdgraphie d*une partie de l*arrondissMnent de Gastel- Sarrasin pendant la période mérovingienne, p. 1I5-1S9; — À, VctchiZ, L*ager Goflaeaniris ou le canton de Momant (Rhône) aux dixième et omdème siècles, p. 169-198 (carte) ; — Tiuot, Mémoire sur une question de firontière entre la Franche-Comté (territoire des Foorgs, Doubs) et la Suisse, p. 592-824; — Botvt'n C/KHiipeati:r, Création et fonnation du département de l'Eure, p. 853-865.

Dans le volume Archéologie : Âurès, Note sur le pied gaulois, p. 1-9;

— J. tf. BmUiot, Le culte des eaux sur les plateaux éduens. p. 11-32;

— Boucher d$ Molandon, Nouvelles études sur l*inscription romaine récemment trouvée & Meave (département de la Nièvre); conséquences de cette découverte pour la détermination géographique de Omabwnf p. 17-85 (la conclusion' de l'auteur eat que Otnabum ne peut être qa*Orléans) ; •— Bêouehel-PWêau, Étude sur un point de géographie gauloise, p. 67-84 (sur le rAle de la Boutonne, oomme ligne firontière d'une peuplade gauloise); — L*abbé Caudel, Étude sur les voies romaines du pays des Silvaneétes, p. 85-98 ; — Qêtlin de Bour^ogm, Coup d'œil général sur les monuments des Côtes-du-Nord, p. 97-108;

— 6e Ctêêoct Note sur les forts vitrifiés du département de la Creuse, p. 109-114; -^ À, de Longttemar, Exploration méthodique des grottes de Chafikud, Vienne; p. 115-130; — Bosmswiig, Ho^Àce sur les monn« ments fanéraires du Morbihan, p. 131-142.

Ajoutons un mot de développement, à raison de Timportance fondamentale du sujet, sur le mémoire que M. Aurès a consacré au pied gaulois.

« La longueur du pied français, habituellement connu sous le nom de Pied de roi» a-t-elle été, se demande M. Aurès, réellement déterminée a priori par Charlemagne, ainsi qu'on Ta dit quelquefois, ou bien est-il plus conforme à la yérité de considérer cette ancienne unité métrique comme remontant à une antiquité beaucoup plus reculée, et notamment à l'époque antérieure à rexercice de la puissance romaine dans les Gaules ? »

C'est à cette dernière conclusion que s'arrête M. Aurès. U pense que les Gaulois nos ancêtres se servaient d'un pied qui, par sa longueur, et par sa division en douze pouces, se rapprochait, autant que possible, du pied de roi actuel, — 32 centimètres plus une fraction.

Notre pied de roi est une mesure qui dérive du pied gaulois antérieur aux Romains, et qui en a conseryé la longueur et les divisions.

Cette suite importante de mémoires, sur tant de sujets qui tou(^ent à Thistoire géographique du sol français, est, chaque année, l'objet d'une publication faite par les soins

424 EUROPE. (n°* 583-597)

Bellogaet marche constamment appuyé sur les textes ; il les commente et les explique avec autant de sagacité que de science.

584. Notitia Provinciarum et civitatum Galli», éd. W. Brambach. Frank, a. M. 1868, in-8, 41 p. (Sauerlsender).

585. Adrès, ingénieur en chef des ponts et chaussées. Concordance des voies ÂpoUinaires et de Tltinéraire de Bordeaux à Jérusalem dans toutes les parties qui leur sont communes, et comparaison de ces textes avec Tltinéraire d'Antonin et avec la Table Théodosienne. Nîmes ^ 1868, in-8, 134 pages et tableaux. (Extrait des Mémoires de l'Académie du Gard.)

Dans une fontaine de l*Étrurie méridionale appelée autrefois Âquae ApolUnaret, parmi de nombreux ex-^olo offerts à la divinité locale, on a trouvé quatre coupes sur lesquelles sont gravées les routes que ceux qui les consacrèrent au dieu avaient suivies depuis l'extrémité de l*Hispanie jusqu'au sûiitarium consacré à Apollon. Trois de ces itinéraires ont été publiés in extenso en 18S2*; le quatrième ne Ta été que partiellement, en 1863, seulement pour la partie qui traverse le sud de la Gaule. Comme on a là des textes gravés que n'a pu atteindre la corruption semée dans les manuscrits par la main des copistes, on conçoit que ce sont des monuments précieux pour la confrontation des textes. M. Aurès s'est proposé de les comparer entre eux et avec les itinéraires ( pour la partie qui appartient à la Gaule), et son travail nous donne en effet une excellente épure de la voie romaine qui s'étendait des Pyrénées aux Alpes.

586. Fréd. Aube. Etude sur les voies romaines dans la partie de la Provence qui a formé le dép. du Yar et Tarrond. de Grasfe. Ai», 1868, in-8,J9 pages.

Extrait du compte rendu des travaux du Congrès scientifique de France, S3« session, 1866.

587. A. Gdichard. Mémoire sur la voie romaine du Rhin 4 Lyon, entre . Lons-Ie-Saulnier et Goligny. BetançoUj 1868, in-8j 26 p.

Extrait du recueil de l'Académie de Besançon. 588* A, Carlone. Vestiges épigraphiques de la domination gréoo<-

1. Un bien triste souvenir, la mort du savant et vénérable baron Walckenaer, se rattache à ces trois premiers itinéraires des Àqux ApotUnares, Lors de leur publication, qn 1852, M. Walckenaer se proposa de leur consacrer une étude spéciale. Gomme sa ri,che bibliothèque était installée à Villeneuve-Saint-Georges, où il habitait en été avec sa famille, et que Ton était en hiver, il dut s'y rendre pour en rapporter quelques volumes nécessaires. En fouillant ses imymis, M. Walckenaer prit froid, bientôt après il dut s'aliter, et il ne se releva pas.

\3 de déo. 1866. T. II. Aâ, 1868, i:

S <. Odographia hiitoriqne de UFium. -"Gtale.

3. Roget, baron de Bglloguit. ]-»hDog£Di« gauloise, ou Hé~ moires critiques sur l'origine et la parenté des CidlDifirieDS, dei Cimbrcs, des Ombres, des Belges, des Ligures et des anciens Celtes. Tolsifme partie. Preuves iotellecluelles. Le génie gaulois: câractSre national, druidisme, institutLons, industrie, etc. Paris, 1868, in-8, ziv-&46 pages.

Lapremlsr volume de cet important ouTnge data de lBt§ {GItmnIn potiloii); U Mcond [Primêi phyiinlogiqutM, lypei gaitlaië rdto-brelcxu}

anjourdliui, comme noua l'avons fait à rippiritioa des deux partie* prtcédenlet, sur un travail d'une consciendeuae et solide tmdltira qui reaten comme la baae principale dit éludes gautdaae, en daban de la géacrapbïe qne M. de Ballognet a'a pM fait entra déni aan pjw tout cltauograpbique. C'est le peuple qu'il étudie, oon le pip. Kdi

kit EUROPE.' (n*- 598-654)

An règne de Glotair^, dernier fils de Clovis, fondateur de Tempire français. Paris (Rennes), 1867, 2 Tol. in-8. IS fr.

596. G. BiNDiNG, das Burgundisch-Romanische-Kœnigreich, von 443-532 nach Chr. Leipzig ^ 1868, in-8. xy-404 pages, t. l (Engalmann).

fi9T. E. Bbauvois. Una pénalité des lois gombettes, et les lumières qu'elle jette sur l'origine des Burgondes. Chàhn-tur-^aône, 1868, gr. in-4, U pages (Extr. des Mémoires de la Soc. d'hist. etd'arché<d. de Ch&lon-sur-Saône).

L'auteur apporte dans ce mémoire quelcpies nouveaux faits en confirmation de la tlièie histori^ioe qiiil a savammeat développée dans son Histoire légendaire des Francs (K. notre précédent vol., ^. 556, n« 621).

S 7. Bibliographie départementale.

598. Ern. FfiARORD. Histoire de cinq villes et de trois cents villages, hameaux ou fermes, t. n, 4* partie. Saint-Riquier et les cantons voiaias. AhbeviUêy 1868, in-8. iv-200 pag.

599. BxRTRAin). Exploration archéologique de la rive droite de l'Allier. BtUletin de la Société d'émulation du déjpari, de V Allier^ t. a, 3* livr. Moulim, 1865, in-8, p. 321-359, ftvec une ourte.

Quoique ce travail soit à peu près exclusivement archéologique, on 7 trouve quelques indications sur des positions anciennes et sur le tracé des voies romaines.

AZAàCK.

~ 600. Bulletin de la Société pour la conservation des monuments historiques d'Alsace. Strasbourg (et Pam), Levrault, 1868, in-4, 2" série, t. V, 1" partie. — Procès- verbaux, 1867, p. 59-125. ■ — Mémoires, p. 49-127.

601. Mahul. Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Caroassonne. Carcassonne, 1867. in-4. n-774 pages, avec de nombreuses gra- Turee dam le texte.

Ce volume traite principalement de la vieille cité de Careassonns, de sea comtes et de les évéqies.

594. W. Btokes. Note lur le Glosuirs gaulois d'Endlicber, Bemu

mehiotog., mù 1S68, ^ 340-344.

— D'Abbois de Jl'bairville. Le Glossaire gaulois d'EudUchw, ;bt(t.,nDT., p. 300-307.

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