EN FRANCE
L'Impératrice vient de consacrer une somme de deux
NT MILLE FRANCS à la fondation d'un prix annuel de
000 francs en faveur des études géographiques.
L'Impératrice Eugénie, qui n'apporte pas une sollicitude
lins vive et moins élevée que T Empereur à nos progrès
tout genre , informée de la médiocrité relative des res-
irces dont notre Société de géographie dispose pour
icouragement des travaux et des découvertes, alors que
utres sociétés européennes, la Société de Londres no-
iment et celle de Saint-Pétersbourg, y peuvent consacrer
( sommes importantes, a voulu nous relever de cette in-
lorité matérielle. Le prix fondé par la munificence impé-
le, dont la Société de géographie reste dispensatrice,
pourra être décerné qu'à des Français ; c'est un prix
ïlusivement national. Il s'applique aux entreprises, aux
^ages, aux découvertes, aux travaux et aux ouvrages que l'année GéooR. y III. 1
la Société jugera dignes de cette haute récompense, à tout ce qui est de nature, en un mot, à étendre ou à perfection* ner les sciences géographiques et à en propager l'étude.
Une telle fondation est pour nous un événement. Pour U première fois notre Société est mise en état de répondra* dignement au but de son institution ; et l'importance di nouveau prix, encore agrandie par la main auguste d'où il émane, aura certainement une influence considérable sur le développement des études géographiques.
L'ANNÉE
l'isthme im suez.
L'œuvre du siècle est accomplie ; Tlsthme de Suez est ouvert à la grande navigation.
L'inauguration a eu lieu le 20 novembre avec la solennité que commandait un aussi grand événement.
Tous les souverains de l'Europe s'y étaient fait représen* ter, témoignant ainsi de l'intérêt immense que l'Occident tout entier attache à cette œuvre colossale. L'Lnpératrice des Français était là au nom de l'Empereur Napoléon ni/ que les circonstances politiques retenaient impérieusement en France. L'empereur d'Autriche y assistait en personne ; la Prusse et la Hollande étaient représentées par les princes héritiers ; tous les autres États, l'Angleterre, la Russie, l'Italie, la Turquie, l'Espagne, les couronnes du
Nord, figuraient dans la solennité inaugurale par leurs délégués officiels. . ^
Le souverain d'Egypte , Ismaïl Pacha , a fait avec une somptuosité vraiment royale les honneurs de cette imposante réception, radieux du succès d'une entre[Mrise qui ouvre à son pays un incalculable avenir de prospérité.
La France aussi a le droit entre tous d'en être heureuse et fîère. Le canal est une œuvre française. La première pensée, dans les temps modernes, en fut conçue, il y a soixante-et-onze ans, parNapoléonBonaparte, lors de l'expédition d'Egypte. Cette pensée, c'est un Français, M. Ferdinand de Lesseps, qui l'a reprise il y a quinze ans, et qui l'a réalisée à travers tous les obstacles suscités par les choses et par les hommes ; et si l'entreprise a traversé tous ces obstacles, si l'œuvre, appuyée sur les capitaux français, s'est glorieusement accomplie, elle le doit surtout à la puissante et légitime autorité que la parole de la France a reprise depuis dix-huit ans dans les conseils des souverains de l'Europe.
Nous aurions voali]i donner dans tous ses détails le récit de l'inauguration du 20 novembre; mais à l'heure où nous écrivons, les nombreuses correspondances qui nous les auraient fournis ne sont pas arrivées en Europe. Nous n'avons encore que les dépèches nécessairement très-suocinctes des télégrammes électriques. En voici une, cependant, qui déjà nous permet d'assister en quelque sorte à la solennité.
Isma!Iia, 20 novembre.
< La flottille d'inauguration, en tête de laquelle s'avançait V Aigle ^9 arriva en peu d'heures de Port-Saïd à l8maïlia\ La traversée a été des plus heureuses. En quittant Port- Saïd, on entre dans les grands lacs Menzaleh, dont les