Le P historiq et décembre
31 . Le P. Léon dés Avanchers. Lettre êèiltà du pAys des Gdlas, 20 avril 1S66. Biâlettn de U !f(ft, dé Ùétfffr., barà 1869, p. 306-10.
— Antoine 'd'Âbbadîb. Notes sur la fetô^ pr&S^enlè. Ibid , p. 310-11.
a. t, PRÀETORips. .tj'eiTer die Sprà'c]^ voiî ïl^T.ife^hr. der deutsch, Mdrgenlànà. GeseUschafty xtlli; i\ ^, 4à3-47Î.
BnftoD, le letil voyageur qui jusqu'à présent ait péùékré dans cette ville isolée entre le Choa et le fondda go^e, 9apB¥9(^ Vl iMrari, dont il a réuni un vocabulaire et esquissé un essai grammatical, da galla et des dialectes congénères ; Bleel^ pt I^epsius j>artagsnt, à ^cet égard, Topinion du voyagear. 1^. Frad. MÇUleç. de yienne,fega^e,,jaa contraire, ridiome de Harar comme purement sén^ti^^e. lAutear du mémoire actuel se propose d'établir que les priâcipaléè amnités du |ia)rari,,son^ avec Vainhara,.et particulièrement avei^ la dialecte d*Argonbbà. :- dette assimilation ne serait au fond qU'ÙÀe ttrianlè de celle de Bairtbiî.
S {•* Notes topographiques.
Il y a eu, comme on le voit par iiotré long relayé bibliographique; tm reg&ih d'activité dané les jf^ublieations àmenSes pair réx()<^dî\îon anglaise d'ÀbySSmi^. ffîdlSpendamment de la carte officielle des marches dé l'armée britaDoique, et du mémoire du lieutenant Carter, du corps rovàl ies ingénieurs (n« 14), kmi blfeh ^uiè Un i^éstiné u journal du D' Petermann et des cartes qui i accompagnent (n« 13), il faut diètih^et daià c&^ YM IB frSvaii important de M. Cléments Markham (n"" 1^)^ voyageur brèn con&ù ÏÏéjl par de trè^-bofiiïôs publMB6nfe sur le Pérou et sur Tlnde, aujourd'hui un des secrétaires de la Société de géogràflhiô de Uïidrès, 'A qtB Ait olficieîleib^nt
ABTSSINÏiB. 23
attaché à Texpéditiôn en mission scientifiqnê. Le morceau communiquée à la plus importante de nos revues par M, Louis d'Hendecourt n'a pas seulement pour nous le mérite d'une relation française des opérations de l'armée expéditionnaire; il donne aussi un bon aperçu de quelques-uns dés traits caractéristiques du pays parcouru. La rude montée qui conduit des bords du golfe d'Âdulis à la station de Sénafé, à l'entrée du Plateau, est ainsi décrite :
Pendant les cinq jours de marche qui séparent ZouUa de Sénafé, on ne rencontra aucune trace de population, et il fut impossible de trouver la moindre ressourcé pour lois colonnes. Après avoir traversé, pour gagner Kumoylé^ la plaine aride qui s'étend au bord de la mer, la route s'engageait dans une profonde vallée de hautes montagnes, au milieu des siniiosités de laquelle un torrent s'est frayé son lit. Souvent assez ouverte et en pente douce, cette vallée se resserrait en plusieurs endroits au milieu de roches granitiques qui ne laissaient entre leurs murailles élevées qu'une gorge large parfois de moins de cinq mètres. En ces endroits, la pente du torrent devient très-rapide, et, pendant la saison des pluies les eaijiz qui descendent des montagnes s'engouffrent avec une violence irrésistible et atteignent jusqu'à dix mètres de hauteur. Le plus remàirqûàble de ces étranglements avait reçu des Anglais le nom de DeviVs Stmrcase (l'Escalier du Diable). C'est bien en effet lin des accidents les plus étranges que la nature ait jetés là comme un détour pour arrêter l'homme au seuil d'une mystérieuse contrée. A im détour de la vallée, on se trouve subitement au milieu d'un vaste cirque fermé de tous côtés par des cimes élevées; au fond, un véritable mur de rochers d'une prodigieuse hauteur laisse couler par une étroite brèche un filet d'eau qui s'élance en bouillonnant. C'est par cette brèche qu'il faut chercher une issue. On s'engage dans une sorte de corridor sinueux, où les rayons du jour n'arrivent que faiblement par quelques fentes, entre les rochers dont les masses surplombent de toutes pahs, formant des voûtes naturelles au-dessus du lit dû torrent. Maniais sans doute les échos de ces lieux sisluvages n'avaient redit des accents humains, et pendant six mois ils allaient retentir chaque jour du bruit des colonnes anglaises. L'impression
—M. Le Verrier. Gertaibement ; aussi^ encore une fois nous ne préjugeoni rien anjoard'lnii. Ce sont des matériaux pour PaTenir que M. Rayet a rassemblés. Quant au petit changement signalé par les habitants, par les ingénieurs du canal, il peut être tout local ; il faudrait aussi se rappeler que Ton a détourné un ruisseau du Nil pour faire des irrigations. Ôr, l'eau amenée sur de grandes étendues peut donner lieu à une évaporation abondante , et apporter de légères causes de perturbation dans le cliniat. tout sera à étudier.
Nous ajouterons à ce qui précède que leis reinarques consignées dans la note de M. Ràyët ont été faites également par d'autres observateurs. Vbici ce que nous lisons dans l'intéressante relation que M* Duval a communiquée à la Société de géographie de Genève (n"* 3) ;
Un fait qui semble venir à l'appui d'une modification déji^ survenue dans Tétai météorologique de ces contrées, c'est qu'il parait démontré que dôjSt actuellement la quantité d'eau qui remplit le banal, le lac Timsah ei les dépressions latérales dû terrain, a sensiblement changé les conditions cUmatologiques de la zone voisine. Ainsi, il pleut quelquefois ; et au mois de février dernier on â trouvé , pour la première fois , de la glacé dans des baquets d'eau exposés au grand air la nuit.
Des personnes qui ont séjourné depuis plusieurs années sur Pisthme de Suez nous ont affirmé s'être aperçues de ce changement qui, à ce qu'il semble, est déjà appréciable, et le déviendra certainement davantage quand les bassins des grands lacs Amers, qui ont une étendue considérable, aùiront été remplis.
L'aspect du pays tend à se modifier aussi ; le canal d'eau douce qui, partant du Nil, touche à Ismallia, et, toumaiit au Sud» arrive àSùezqu'il alimente de ses eaux, a servi à établir de nombreuses irrigations. De grands espaces de terrains, autrefois forcément stériles, ont pu ainsi être livrés à la culture. De nombreuses plantations de tamarins, de conifères et d'autres es» sences appropriées à se sol et à ce climat ont été faites, principalement dans le voisinage des localités exposées à être envahies par les sables du désert, et le temps n'est peut-être pis très-éloigné où ces plaines, à la surface mobile, auront change d'aspect sous l'action fertilisante des eaux, et où de riches cul-
tnres remplaceront suir beaucoup de points la triste àriditë du désert.
iÈGYI»Tfe.
T. Edm; About. Le Fellalu Pdrii, 1869( grand in*8. (Oushette):
Cé li^e a para ûMginàifement Aahi la Jtevtà M Mi& 3Khieê; àé Atriei' a inki 1869.
!»•' Theil. BerUri, 1869, in-f (57 pi. lithogr.). 25 thl. (Dtmckè):
Après rinauguràtion du Canal, il est difficile de noter cette année autre chose en Egypte ; cependant, même à côté dé cé gi'and évéïlement, lious ne pdtivdnë laisser passer ie Fellah de M. Edmond About éans éii signaler au moins l'extrême intérêt. Vous ouvrez le livré, et tout d'abord vous n'y voyez qu'un roman trè8-vif> très-attachant, où le récit; les figures et les caractères se présentent %tfûé les foriiies jsiquaîités auxquelles lapluhlè Ingéhiëuàë de l'auteur de la Grèce contemporaine et du Roi des Mohta^néi hous a depuis longtemps habitués. Mais peu à peu l'idée s'accuse, et vous reconnaissez bientôt c^è sotis ces dehors où l'imagination a brodé ses graciëuSbs fantaisies il jf â non pas seulement une véritable et ti>ës - curieuse relatlUn , où M. About, à travers toutes sortes d'enchantements, nous conduit d'Alexandrie au Caire et du Caire aux Cataractes^ mais bien plus, une étude très-sérieuse, très-étudiée el pleine d'un sens profond, des conditions sociales de l'Egypte et de ses voies d'avenir. Il n'est pas de chose si connue, de description si rebattue par les explorateurs et les
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il fallut s'arrêter pour rélinir le^ divers éléments de la colonne, indéfiniment allongée. On eût dit une cataracte humaine précipitée au milieu de ces escarpements. Tandis qu'une atmosphère vivifiante et légère régnait sur le plateau, la température au fond do ce goufiVe était accablante. Des roches et des cailloux roulés formaient le lit de la rivière; quelques flaques d'eau étaient disséminées dans de petits bassins ; quelques grands arbres, et principalement de maigres buissons épineux, étaient la seule trace de végétation dans cette vallée, que certaines relations représentent comme éblouissante de la verdure des tropiques. Après une halte assez longue, il fallait gravir la rive opposée sur des pentes non moins inaccessibles pour gagner le bivouac du plateau de Dalanta.
Quels que soient les mérites des publications que nous venons d'énumérer, on y chercherait vainement un aperçu aussi net^ aussi précis, aussi savant, et en même teinps aussi complet dans sa concisi(in que celui que M. Antoine d'Abbadie, avec la profonde expérience de son long séjour dans le pays, a donné des conditions géographiques, ethnographiques et physiques de l'Abyssinie, dans un morceau publié par une de nos Revues (n° 25). Il y a longtemps que l'Europe attend la publication complète des riches niatériaux que M. Antoine d'Abbadie et son frère Amanld ont rapportés de leur longue exploration du plateau éthiopien * ; ces échappées partielles ne peiivent qu'augmenter notre impatience.
1. MM. Antoine et Amauld d'Abbadie oilt parcouru^ étadiô, inèsuré l'Abyssinie et une partie des hauts pays qui la bordent &ti sud, depuis 1837 jusqu'en 1848. M. Antoine d'Abbadie, aujourd'hui membre de l'Académie des Sciences et président de la Commission centrale de la Société de Géographie , fait espérer depuis longtemps une relation complète; on lui doit déjà, outre un ample Catalogue de ses manuscrits éthiopiens, un travail d'une haute importance publié sous le titre de Géodésie d* Ethiopie y Paris, 1860-66, 1 vol. in-4, avec 12 cartes. C'est la base trigonométrique d'une carte d'ensemble qui n'est pas encore terminée. — V. notre vol. précédent, p. 267, n* 269, et p. 268.
$ 2. Quelques détail! sur U contrée des Gallas.
Tant que noùô n'aurons pas une exploratioii complète ie la vaste contirëe des Gallas, — ce qui né sera pas encore de sitôt y probablement, — et une étude approfondie de cette Dation t)astorale k laquelle se rattaché un dea côtés les plus importants de l'ethnologie africaine sur laquelle tant de données nous manquent encore, il faudra recueillir avec soin les informations partielles qui nous arrivent sur cette région de rAirique orientale. C'est surtout aux missionnaires que l'on doit jusqu'à présent les meilleurs rèiiseignemôhts; la nouvelle lettre du P. des Avanchers contient des indications intéressantes pour la géographie.
Le pays de Kullo, à l'ouest de l'Omo, qui est par conséquent limitrophe de Kafa, occupant le bas pays, formait anciennement un royaume très-fort. Il y a environ cent ans, ce pays, jadis tributaire de Kafa, se révolta et forma un gouvernement à part; U y a huit ans, le pays se révolta, refusa d'obéir à son roi , et aujourd'hui la moitié du pays a passé armes et bagages sous le roi de Kafa. Le roi Kullo se dit originaire du Tigré- Âksum. Les langues du Tigré et de Kullo offirent une grande indentité d'accent et de paroles. Le pays de Kafa, habité primitivement par la race appelée aujourd'hui Kaâco, situé au sud de Géra et de Jimma, est un pays très-élevé, jouissant d'une température très-iralche. Les habitants du pays de Kafa forment tirois races principales :
lo Lés Watta, qui sont comme les parias de ces régions. Les traits de leur visage sont ceux des nègres. Cette race se nourrit de toutes sortes d'animaux immondes et môme morts ; je pensé que c'est la race primitive de ces pays. Les Watta sont Unùa etelaves du roi ou des grands, mais ils ont le privilège de n'être point vendus. Leur servage consiste seulement à garder fite {>ortes du royaume. Ils sont en outre les exécuteurs des hautes œuvres. La nourriture favorite des Watta ou Wanni consiste en singes, sangliers, porcs sauvages, éléphants, toutes les
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viandes enfin regardées par les Amara comme immondes. G*est pourquoi le Watta passe pour une créature immonde. Son habitation est dans des lieux retirés. Il ne marche jamais sur les grands chemins, et s'il rencontre des personnes de distinction, il se cache. Il n'entre dans aucune maison, pas môme dans celle de son maître. Tout grain ensemencé ou coupé par lui est regardé comme immonde, et personne ne mange ce qu'il a touché ; entrer dans sa maison, c'est devenir immonde. A cause de ces préjugés, le Watta vit tranquille et jouit d'une grande liberté. Son servage consiste à être bûcheron et à porter du bois pour le foyer de son seigneur.
2o Les Kafico forment la seconde race du pays de Kafa. Kafîco est un terme de mépris pour les Sidama, comme le nom d'Oromo dans les pays des rois Galla. Un Oromo ou un Kafîco veut dire un païen, un barbare. Les Kafico sont donc les anciens habitants du pays de Kafa, situé à une journée sud de Honga,' au delà de la chaîne de montagnes, dans le voisinage des nègres Suwro. Les Kafico ont les traits moins laids et moins grossiers que les Watta. Le propre de leur caste est de ne point manger de légumes; quelques-uns ne mangent point de poules, d'autres s'abstiennent de mouton, d'autres enfin ne touchent pas à la viande de chèvre. Ils adorent le Deoc, esprit incamé dans le chef de leur race. Le langage des Kafico est différent de celui des Sidoma. Les Kafico et les Zinjiro sont frères.
3® Sous le nom de Sidama, on comprend un grand nombre de races étrangères qui sont venues s'établir dans Kafa il y a environ trois cents ans. Les trois grandes races Sidama de Kafa sont : 1® Les Warrata ou Dawro, originaires du Tigré ; 2^ les Damot, venant du Gojjam, ou mieux venant de l'ancien royaume d'Inarya; 3® les Amara, qui se subdivisent en diverses familles toutes originaires de l'Abyssinie. Ces trois races sont trèsreconnaissables. Les Sidama ont les traits assez réguliers et de couleur rouge, de grands yeux, un long nez, de grandes oreilles ressemblant beaucoup aux momies d'Egypte et aux Coptes. La religion des Sidama est un mélange de christianisme et d'idolâtrie.
La race sidama habitait anciennement tous les pays occupés aujourd'hui par les Galla ou Oromo, qui l'ont subjuguée et qui est mélangée avec eux. On la retrouve sans mélange dans les pays de Korcax, de Gabo, dans le royaume de Garo ou Boxa, de Kafa, de Mueca ou Seko, d'Afilo, d'Amara-Gare, chez les Waxati. Tous ces pays parlent une langue commune. Ainsi les Afilo ou Filawi du Wallaga , les Waxati et les Wasa du
bord du Nil (où je suis entré chez les Galla) sont des Sidama. Je vous dirai que le chef des Waxati, chez lequel je suis resté plus d'un mois, porte le matab et se dit chrétien ; les indigènes se disent tous Amara. A cette époque-là, n3 connaissant ni la langue galla, ni la sidama, je ne sus point tirer parti de ces traditions.
Le pays de Kafa est situé sur une haute chaîne de montagnes courant du nord au sud, entrecoupée de collines et de vdiées de peu de profondeur. Cette chaîne va en se prolongeant au sud de Kafa, et y forme les royaumes de Gobo et de Konta, pays moins élevés que Kafa. La pente ouest de cette chaîne est ^ occupée par les Suwro, nègres aux grandes oreilles, qui habitent les bords du fleuve Baro, que je crois être le Soba. Au nordouest de Kafa, sur la même chaîne de montagnes, est le pays de Gimir^, composé des six pays : Na-o, Kuixo, Xewo, Ixeno, Kabo, Yayno, ayant tous une langue à part. Au nord des Gimira, sur la même chaîne de montagnes, est le pays élevé appelé Mocca par les Sidama, Seko par Géra et Guma, et que les indigènes appellent Mucca. Les Galla lui donnent le nom de Seko, parce qu*il produit seulement l'orge. Les indigènes sont de race sidama, et leur langue est la môme que celle de Kafa. Là, la chaîne de montagnes a, dit-on, de très-hauts pics. Le pays de Mucca est gouverné par un roi anciennement tributaire de Kafa, mais aujourd'hui indépendant. La chaîne de montagnes est coupée ici par une grande vallée où coule le Gaba, grande rivière qui a sa source, dit-on, sur la môme montagne d'où sort le Gojab, dans le pays de Gexa, province la plus septentrionale de Kafa et frontière de Mucca. Cette rivière traverse le désert de Xoro, qui sépare Kafa de Géra et de Guma. Ce désert a, dit-on, quatre journées de longueur depuis Géra jusqu'au pays oromo des Illu-Gaba, sur une journée de largeur. Ce désert est couvert de bois de bambous et de marais. La rivière qui le traverse est supérieure, dit-on, au Gojab ; elle est appelée Baro par les Galla de Géra et de Guma, et Gaba-Alantu . par ceux d'Illu-Gaba. Cette rivière sépare les Sidama de Mocca de ceux d'Afilo, et se jette dans une rivière appelée également Baro par les Sidama. Le confluent de ces deux Baro forme un vrai lac appelé Bhair (?) par les indigènes. Ce confluent est habité par les nègres Maxango, où viennent de temps en temps des barques de Sennar. Les Galla des environs sont lUu-Alga. A l'extrémité ouest et nord du plateau, sont les Sidama-AflJo ou Filawi, Amara-Gare, Leka-Kallam. Ce dernier pays est situé
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sur l'extrémité du plateau et sur les bords des rayins qui conduisent à PAbbay ou fleuye Bleu. Les grands du pays sont tous de race sidama-amara. Leka-Kallam est un grand marché du Wallaga, où les arabes Zinjar du Sennar se rendent en traversant PAbbay à deux journées en aval des Waxati, au confluent du Did-esa avec l'Abbay. Le plateau à Touest du Did-esa, compris entre les fleuves Ulu-Gaba ou Baro, ou Aiantu-Gaba, et le Didresa, est appelé Wallaga, Ce nom est sidama et veut dire < les habitants du bord du fleuve, i C'est Tancien nom du pays, que les Oromo n'ont point changé,
M. Antoine d'Âbb^ie fait sur cett^ lettre les i^marque^ suivantes :
Cette lettre commence en langue oromo, par les formules de salutation qui m'étaient si familières pendant mon triste séjour en Inarya. Les Kafacco appellent leur pays Kaffà, ]ës Oromo disent Kafa. i . .
Je ne |)uis admettre cette identité, ni dans l'accent, ni dans les mots, que le P. Léon attribue aui langues Dawro et Tigré; car, si ce dernier idiome est sémitique, l'autre ine parait appartenir évidemment à une famille différente. "' ' '
Les Wata existent aussi en Inarya, et leur coutume de manger des chairs réputées immondes permet de les identifier' avec les Wayto qui vivent autour du lac Tana. Dans ces derniers lieux, ils n'ont aucune ressemblance avec les nègres.
L'assertion que le langage des Sidama diffère de dslui des Kafacco est nouvelle pour moi. Mes vocâhulaires montrent que les Kafacco, les Dawro, et les Yamma, dits Zinjiro ou Janjiro par les Oromo, parlent trois idiomes bien distincts.
Dans mon opinion, les noms de Korcax et de Cabo sont appliqués par des voisins différents au même pays,' qui est Curage, situé immédiatement au sud du Xiwa et où l'on parlé une langue voisine de l'idiome Âmarinna. La langue des Waxat diffère au moins un peu de celle de Kaffa.
La phrase qui s'applique aux Gimira étant peu claire, je crois bon d'expliquer que les Xewo et les Na-o ont deux langues entièrement distinctes. Le courageux apôtre du Géra aura donc voulu dire que chacune des six peuplades Gimira a un idiome différent.
Les Galla appellent l'orge garbu : on ne comprend donc pas
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pourquoi ils donneraient le nom de Seko à un pays parae qu'il ne produit que de l'orge.
Le mot désert, employé plus loin par Pauteur de la lettre, ne doit pas être pris dans Taoception ordinaire de ce mot, car la terre est fertile, mais inhabitée. On la conserre ainsi pour servir de frontière et de champ de bataille aux pays limitrophes. C'est ce qu'on appelait jadis en France herne ou erme. Toute l'Ethiopie est sous-divisée par ces terres abandonnées.
Une lettre de Mgr Massaja, datée du 23 octobre 1868 et publiée au no 73 des Missions Catholiques (12 nov. 1869), décrit d'une manière intéressante Titinéraire de la baie de Tadjoura au Ghoa. En voici les principaux passages :
€ .... Notre caravane quitta Embabo * le l» février. Nous avions une vinglàine d'Âdels pour escorte. Ces gens | ^sposés à tuer l'étranger qui ne s'est point mis sous leur protection, se sont courageusement et loyalement conduits pendant tout le voyage.
« Les deux premières journées n'offrirent rien de bien particulier. £n quittant les bords de la mer, on s'élève peu à peu à travers des vallées et des collines boisées : çà et là errent des troupeaux de chameaux et de vaches cherchant une maigre nourriture. On entre ensuite dans la région la plus désolée qu'on puisse imaginer. Le sol, formé par une immense couche de lave refroidie, ne présente plus aucune trace de végétation. Partout, un calme et un silence de mort, troublés seulement par les pas et les voix dé la' caravane ; au ciel, un soleil de feu, dont la lave nous renvoie les rayons dévorants. Au fond de Phorizon, s'aperçoivent les montagnes qui bordent le lac salé d'Assala, et à lettr j)ieâ, diàns une Tallée profonde, le lac luimême. Ce lac a été évidèmitient séparé dé la mer par d'és soulèvements volcaniques ; l'eau qu'y apportent chaque année les torrents ne suf(H pas à réparer les pertes par évaporàtion, et l'immense banc de.selqiii l'entouré augmente dé jour en jour. Nous avons mis une journée et demie à le tourner. Nous montions et descendions des collines de lave. Parfois nous traversions des bancs de sel ou de coquillages, sans trop nous rapprocher cej^endàùt du lac "aux flots pesants et d'un bleu sombre.
1. Embabo est un viUage musulman situé sur la baie du Tajura.
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c Au sortir de ces lieux nous rencontrâmes, dans le lit d'un torrent, une caravane de cinq cents chameaux venant d'Aoussa pour prendre du sel : témoignage certain que la paix est rétablie dans ces pays, car c'était en partie pour la possession de cette plaine de sel que le roi d^Aoussa avait fait la guerre à la tribu des Adels. Ce désert ne ressemble en rien au Sahara. C'est une suite de vastes plaines, peu élevées, entre-coupées de longues vallées, où coulent des torrents dans la saison des pluies. Au bord de ces torrents croissent quelques arbres, guerars, agams, tamarins, palmistes, etc. Les chaînes* de collines, seules montagnes du pays, ne sont pas totalement déboisées. Les plaines sont couvertes non de sables, mais de débris volcaniques, et plus souvent encore de hautes herbes sèches qui ne peuvent être pâturées. Depuis deux ou trois ans la sécheresse est extrême. Aussi la plus grande partie du territoire a-t-elle été abandonnée, et les Adels se sont-ils réunis auprès de quelques sources non taries. Ces peuplades sont pour la plupart nomades et vivent de leurs troupeaux.
c C'est ainsi que nous arrivâmes le 5 mars à Tchanù, première ville du territoire royal.... i
NUBIB
IT HADT BASSm DO NlL;
33. D' G. ScHWBiNFDRTH. Bricfe au8 Nubien und Ober-Nil. Zettoehrift der GeselUch, fur Erdk. xu BerUfit 1868-69. n" 18 et 22 ; et MiUheUungen de Petermann, 1869. n<* 2, 3, 8.
Les dlfiérentas lettres de l'explorateur, pobliées dans les deux joarnaux, s'étendent de la fin d'août 1868 au !•' février 1869. La plus ancienne est datée de Suez; la dernière reçue est écrite du fleuTe Blanc, au delà du confluent du Sobat.
34. Du même : Skizze eines neuen Weges von Suakin nach Berber, zurûckgelegt im September 1868. Mittheilungen, 1869, n* 8 (sept.), pages 281-291; avec une esquissa topographique (au 1000000*) construite par le voyageur, d'après ses reconnaissances et celles de M. de Heuglin.
— Pflanzen-Namen der Bega-Sprache zwischen Suakin und Berber, aufgezeichnet 1868. Zeitschr, der Ges. fur Erdk. %u Berlin, 1869 (n» 22), p. 334-346.
35. Th. V. Heuolin. Zoogeographische Skizze des Nil-Gebiets und der Kûstenlânder des Rothen Meeres und Golfes von Aden. Mittheil. de Petermann, 1869, n» 11 (nov.), p. 406-418. Carte.
36. Th. KOTSCBY. Allgemeiner Ueberblick der Nillânder und Ihrer Pflanzenbekleidung. MittheUungen der kais, hœnigl. Geographischen Gesellschaft in Wien, vol. 1, 1857, in-8, p. 156-182; II, p. 75-103, avec carte.
37. Rob. Hartmann. Die Stellung der Funge in der afrikanischen Ethnologie, vom geschichtlichen Standpunkte aus betrachtet. Zeitschrift fur Ethnologie, herausgeg. von Bastian und Hartmann, r* année, 3* cah., p. 280-301, avec 1 planche reproduisant 7 types.
Mémoire en partie consacré à répondre à des objections de M. Le- Jean sur la nationalité des FoundjI. Les types , pris sur nature, qui accompagnent le mémoire, n'accusent, dans les FoundjI, qu'une infusion relativement faible de sang nègre, Le nez est grand et droit, et les cheveux lisses. Ce sont des Négroïdes, comme tant d'autres populations de l'Afrique intérieure du Nord, et non de purs Nègres.
38. Du même: Untersuchungen ûber die Vôlkerschaften Nord- Ost-Afrikas. Ibid, V et 2* cah., avec 2 planches reproduisant 7 types.
L'auteur s'attache aux rapports des types de l'ancienne Egypte, d'après les monuments, avec les populations actuelles de la Nubie.
39. D. Giov. Beltrame. Grammatica délia lingua Denka. BoUetttno délia Società Geografica italiana, fascic. 2«, feb' 1869, p. 231-249.
40. 0. ANTiNORieG. Bbltrahb. SuUa parola Niam-Niam. Ihid. fascic. 1% 1868, p. 293-305.
41. Antinori e PiAGGiA. Viaggi neir Africa centrale: Jbtd; fasc. 1%
— Das land der Niamniam und die sûdwestliche Wasserscheide des Nil, nach den Berichten von G. Piaggia und den Brûdeni Poncet. Mittheil, de Petermann, 1868, n" 11, p. 412-426, avec carte.
*— PiCTET-DE-RocHEMONT. SuF les voyages du marquis Antinori et de C. Piaggia dans la haute région du Nil. Le Globe, journal de la Soc. de Géogr. de Genève, t. VIII. 1869; Procès-verbaux, p. 118-123, et Mémoires, p. 129-166.
l'année géogr. vin. 3
2k AFRIQUE. (N*»« 33-45)
42. Mr. and Mrs. Pethebick. Travels in Central Africa, apd explorations of the western Nile tributaries. JLotufon, 1869, 2 yol. in-8 (Tinsley).
Relation rétrospective (elle remonte à 1861-62), dans laquelle M. Peterick s'est proposé surtout de se disculper des graves reproches que lui a valu le retard qu'il a mis en 1863 à se trouve^, comme il en avait la charge, à la rencontre de Speke. (K. VÀnnée géographique, t. Il, p. 49, et t. III, p. 65, n» 17). Quant aux résultats géographiques do voyage, ils sont connus par des communications précédentes et ont été discutés depuis longtemps. {Année géographique, t. V, IM9, p. S54, n» 299).
43. J. C. MiTTEBUTZNER. D' Igp^ ^nol))ecli0r ; eiiie |jebensskizze. Brixeriy 1869, in-8. 75 c.
44. Ferd. db Lanotb. Le Nil. son bassin et ses sources; ozplorations et récits extraits des voyageurs anciens et modernes. Parti, 1869, in-18, IV-312 pages.
Résumé écrit pour les jeunes gens et les gens du monde.
. 45. Léon Bourgeois. Les explorateurs des sources du Nil. Mulhouse, 1869, in-18, 19 p.
poi^rte esquiçsp.
Le^ nouveaux voyages 4'exploration dan^ la région des grai)d9 laes équatoriaux. Baker, Schweinfurth.— Sur Le Saint et sa tentative.
La terre d'Afrique a été dans tous les temps la terre de Tespl^vage. Av^nt rexploitation européeniip, qiu date du cpiinzième siècle , l'intérieur du continent approvisionnait de Noirs les marchés et les harems de TÊgypte et de l'Asie ; depuis la suppression de l'esclavage colonial, commencée par la politique sous le masque de la morale et consommée par la conscience publiqua, la vallée du Nil et U côte orientale ont continué de fournir à la consommation des contrées musulmanes. Le haut Nil et Ehartoum sont devenus |e centre d'une exploitation nouvelle qui ne recule devant aucun moyen, même les plus odieux ^ Le souverain d'£!gypte, sous Tautorité duquel seip))lait s'abriter çç trafic
éhonté, puisqu'il se fait en partie dans ses domaines, a résolu d'y mettre un terme. Une expédition a été organisée; en portant au loin dans le Sud le drapeau égyptien, elle Yeut y organiser une autorité régulière. Tel est le but annoncé. C'est un voyageur anglais déjà célèbre par ses récentes découvertes dans la région équatoriale, M. Samuel Baker \ qui est à la tête de cette expédition à la fois militaire et scientifique , dont il a sans doute été l'instigateur. » J'ai accepté le commandement de l'expédition cpie S. A. le vice-roi d'Egypte envoie pour détruire le commerce des esclaves sur le fleuve Blanc, dit M. Baker dans une lettre adressée au Président de la Société de Géographie de Paris, à la date du 5 mai 1869. Toute la ré^on de ce fleuve est entièrement privée de lois; elle est habitée par différentes tribus sauvages qui sont constamment en guerre les unes avec les autres et pleines de défiance contre tout étranger.
« Cette anarchie, cette désunion, sont favorables au commerce des esclaves, et les tribus les plus faibles sont pillées par les plus fortes, alliées avec les expéditions, dignes des pirates, des trafiquants arabes.
c Sans un gouvernement régulier il est tout à fait impossible d'arriver à la réforme de ces abus, et la contrée doit nécessairement rester comme un champ fermé à toute amélioration, et comme un terrain pour la chasse aux esclaves.
< En s'opposant aux hostilités actuelles, en offrant une protection aux différentes tribus, il ne peut être douteux qu'on ne vît un commerce étendu succéder^bientôt à ce criminel trafic d'êtres humains.
«Le vice-roi a donc résolu d'exercer son autorité pour faire cesser ce honteux état de choses trop longtemps négligé ; il veut, par l'introduction du commerce, poser le premier
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fondement d'un trafic légitime qui sera le pionnier de la civilisation.
c Comme Son Altesse m'a confié le commandement de l'expédition, je me propose de lancer sur l'Albert N'yanza un petit steamer avec des embarcations construites en Angleterre pour cet objet.
« Après avoir entièrement exploré ce grand lac, j'établirai des stations de commerce le long de ses rivages, à des intervalles convenables pour former une chaîne de communication en ligne directe à partir de Gondokoro. Chaque station sera fournie de marchandises remises à un agent qui échangera les objets européens contre de l'ivoire, de la cire, des peaux.
c Protégé par une escorte suffisante, je pourrai de suite abolir le commerce des esclaves, et en même temps je serai à même de compléter mes premières découvertes par une exploration étendue des sources du Nil.
c J'espère que cette expédition, non-seulement servira les intérêts de la contrée limitée du bassin du Nil , mais encore ouvrira une route à la civilisation jusqu'au cœur de l'Afrique. »
Jusqu'à quel point l'expédition militaire conduite par M. Baker contribuera-t-elle à l'avancement des problèmes géographiques qui restent à résoudre dans ces hautes régions ? C'est ce que nous ne pouvons dire. Une entreprise de cette nature, avec ses exigences politiques, contrariera peut-être autant qu'elle pourra favoriser les investigations scientifiques. Mais tant vaut l'homme, tant vaut la mission ; et l'Europe a pu apprécier, il y a six ans, l'énergie, la résolution, et les rares qualités d'observateur de M. Baker. Si le plan se réalise tel qu'il est conçu, les explorations géographiques en recevront certainement de grandes facilités et entreront dans une phase toute nouvelle. M. Baker a quitté Londres le 6 mai pour se rendre à
Alexandrie, et de là gagner rintérienr. La Société de Géographie de Londres a mis à sa disposition une suite complète d'instruments d'observation , astronomiques et physiques.
Un autre observateur aura devancé Texpédition égyptienne. Le D' Schweinfurthy naturaliste allemand connu depuis plusieurs années par de fructueuses investigations dans la région littorale de la Nubie, a de nouveau quitté l'Europe dans Tintention d'étendre ses recherches vers les contrées intérieures. Ses dernières lettres, écrites du haut fleuve Blanc k la date du V février 1869, le laissaient au moment d'arriver au Bahr el-Ghazal (ci-dessus, n* 33 et 34). Le comité du fonds Ritter, à Berlin, lui a voté une subvention. Quoique les études que poursuit le D' Schweinfurth aient surtout pour objet l'histoire naturelle , On sait assez combien les recherches de cet ordre profitent à la géographie. Une bonne vérification de la longitude de Gondokoro est désirable, mais on peut s'en remettre sur ce point à M. Baker, qui, peut-être, pourra obtenir aussi un certain nombre de déterminations plus avant dans l'ouest, oîi nous n'avons encore que des itinéraires un peu flottants. Au total, toute cette géographie du haut bassin du Nil est en bonne voie et pleine de promesses : espérons que ces promesses seront promptement réalisées.
La première condition pour des recherches fructueuses, c'est de se bien rendre compte de ce qui est fait et de ce qui reste à faire. Notre savant ami Augustus Petermann, l'actif et habile directeur des Mittheilungeriy a donné dans son journal, à la fin de l'année dernière, un très-intéressant mémoire, accompagné d'une carte, sur les notions qu'un Italien nommé Carlo Piaggia a rapportées des pays de Djoûr et des Niam-Niam à l'ouest du haut fleuve Blanc, notions qui ont été publiées en 1868 dans le premier fascicule des Mémoires de la jeune Société géographique de Florence (ci-dessus, n» 41). La vie de Carlo Piaggia
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a été singulièrement accidentée. Né à Lncca dans une condition des plus modestes, jardinier de son métier, à ce qu'il semble, et par goût adonné à la chasse, il alla, jeune encore, s'établir à Tunis au commencement de 1851, et un an plus tard à Alexandrie, le commun rendez-vous de tant d'Européens en quête de la fortune. Celle de Piaggia n'avait pas fait encore de bien grands progrès; tour à tour relieur, chapelier, tapissier, armurier, horloger, puis fermier, et enfin vernisseur-carrossier, on voit qu'il portait dans la vie ses instincts de chasseur. Il est rare qu'à courir tant de pistes on s'attache à la bonne. Cependant la dernière conduisitPiaggiajusqu'àEhartoum. C'était en 1856. Là, revenant à ses premiers penchants, il jette la brosse aux orties et reprend le fusil. Entré au service d'un trafiquant d'ivoire , il remonte le fleuve Blanc avec son patron, et gagne le pays des Bari, où est située la station de Gondokoro. Au retour, au mois de mai 1857, il s'arrêta chez les missionnaires de la station (abandonnée depuis) de Heiligenkreuz ou de la Sainte-Croix (près du 7* degré de latitude), et les jours tranquilles qu'il passa au milieu des bons pères, tout en allant à ses heures chasser l'éléphant, le buffle et la cigogne , sont, dit-il, un des meilleurs souvenirs de sa vie. De retour à Ehartoum aîi mois de juillet, il repart en octobre, au service de M. Malzac, un des traitants d'ivoire du Soudan égyptien, et remonte pour la seconde fois le fleuve Blanc jusqu'à l'établissemetit de son nouveau patron , situé sur le fleuve non loin de Heiligenkreuz. Là il servait de guide, dans leurs excursions, à une douzaine de Dongolanis, chasseurs d'éléphants. On ne sait que trop quelle industrie interlope s'est souvent déguisée sous cette enseigne de chasseurs à l'ivoire, dans ces pays regardés depuis tant de siècles comme une pépinière à esclaves. Il faut dire à l'honneur de Piaggia qu'il se dégoûta vite de cette industrie à double fin, et qu'il planta là promptement la bande, non sans risquer sa
vie. Il revient à ELhartoum, fait une excursion en ttalie pour y placer les collections ethnographiques qu'il avait réunies sur le haut Nil (elles sont au musée de Florence), puis il se hâte de venir reprendre à Khartoum une carrière qui répondait si bien à ses dispositions aventureuses. Au mois de novembre (860, il s'engage comme guide au service du marquis Ântinori qui fit k cette époque une excursion au sud du Bahrel-Ghazal jusqu'au pays des Djo(llrs^ Enfin, au mois de janvier 1863, il retourne pour la quatrième foiâ dans les hauts pays du Sud. Mais cdtte fois c'est à son propre commute qti'il entreprend le voyflge; biëii plus, il passe un contrat avec Un négociant copte de EinU*toum appelé Gattas, qui s'eUgàge à le faire conduire par les hommes de son établisëétnént du Djoûr jusqu'à la tésidence d'un chef niam-niaitt appelé Tombe. Il arrive en effet chez ce chef au mois de novembre 1863, et y eÉi bien accueilli. Pendant cinq mois et demi il fait de nombreuses excursions de chasse jusqu'à plusieurs joiimées de distance au sud et au sud-oii6st. Là s'ouvre pour lui une nouvelle carrière d'aventures. Son adresse comme tireur, l'industrie dont il faisait preuve daiis lë travail du fer et du bois, peut-être même la noblesse physiqttô qui S'attache aux hdtûnles de pure race blanche, lui gagnèrent tellement l'affection de la tribu et du chef, ^ue Tômbo lui donna pour femme sa propre fille. Il éât bon de rappeler que les populations de la zone équatoriale, que leurs voisins appellent Kiam-Niam et auxquelles on a fait la réputation de cannibales (démentie par le marquis Ântinori et par Piaggia) tie sont ûulleméïlt des Nègres, (Quoique vivant à peu près sous l'équateur. C'est une race relativetnent blanche ou bronzée, à la chevelure bouclée, mais non lâi-
1. Dans les Ergânzungshefte ou Cahiers complémentaires des MittMHtM^ën, n* 10, 1862, p. 79-83, on peut iire une lettre de M. Antinori sur cette course dans le Sud. Voir aussi, ci-dessu^, le n** 41 de la bibliographie.
neuse, se détachant en outre des races noires à la fois par leur disposition belliqueuse et leur supériorité d'intelligence et d'industrie ; elle appartient indubitablement à la même famille que les Galla du sud de l'Abyssinie et les Fân du voisinage du Gabon. Piaggia demeura avec eux jusqu'au mois de mars 1865, vivant de leur vie, parlant leur langue, et parfaitement en position de connaître mieux que personne avant lui leurs mœurs et leurs habitudes.
On voit par ce qui précède ce qu'on peut et ce qu'on ne doit pas attendre de la courte relation de Garlo Piaggia : de curieux renseigoements sur les tribus qu'il a visitées, et en particulier sur les Niam-Niam, d'utiles indications sur le climat, la nature et les productions du pays, quelques ébauches d'itinéraires, des notes géographiques d'une nature tout à fait générale; mais pas d'observations dans le sens propre du mot, rien de précis au point de vue scientifique. Aussi M. Petermann dit-il avec grande raison à la fin de son mémoire : c Le voyageur qui réussira à explorer dans son ensemble cette région mystérieuse de lacs gigantesques, de hautes montagnes et de vastes plateaux; qui en étudiera la flore et la faune dans leur distribution en zones superposées et dans leurs rapports avec celles de l'Abyssinie, des Gamerouns et des autres régions alpestres de l'Afrique ; qui pourra déterminer la véritable extension et la forme de cet immense bassin lacustre et lever les derniers doutes sur ses rapports hydrographiques : celui-là aura accompli la tâche la -plu^ méritoire que la géographie de l'Afrique présente encore. » Gette tâche périlleuse, le savant géographe de Gotha l'a facilitée autant que possible par la construction de la carte habilement étudiée qui accompagne son mémoire, construction fort difficile avec les matériaux très-vagues et nécessairement un peu arbitraires sur lesquels elle repose. On y voit indiqué ce grand système de lacs équatoriaux qui est le trait dominant de cette région
de l'Afrique : au sud, entre le 3* et le ?• ou 8" degré de latitude australe, le Tanganika reconnu par Burton et Speke en 1858, et dont Livingstone doit avoir étudié, à l'heure qu'il est, toute la partie méridionale ; ^uis, sous Téquateur même, le Victoria-Nyanza, longé par Speke en 1862; TAlbert-Nyanza, reconnu par Baker en 1863; et enfin, encore plus k l'ouest, un quatrième lac indiqué d'après Piaggia. Toutefois nous ferons remarquer que l'existence de ce dernier lac, tel que la carte le design e, n'est rien moins que certaine ; elle ne résulte pas nécessairement des rapports du voyageur italien. Ces rapports pourraient tout aussi bien s'appliquer à TAlbert-Nyanza, dont l'extension au sud et à l'ouest est inconnue, et où l'esquisse des frères Poncet (^u/letin de la Société de Géographie, mai 1868) conduit la rivière que la carte des Mittheilungen fait déboucher dans le lac de Piaggia. Mais il n'y a pas à insister sur ces remarques ; ce sont là des doutes qu'une exploration directe pourra seule résoudre.
Il est toujours à regretter que l'initiative de notre Société de Géographie en lo66, secondée d'une manière efficace par une souscription publique, ait été brusquement arrêtée par la mort du malheureux Le Saint au seuil même de la région où l'exploration allait commencer. Le Saint ne réunissait- peut-être pas toutes les qualités scientifiques qui eussent été désirables, mais il en avait de précieuses. Il avait la volonté qui marche droit au but, la résolution qui ne s'effraie pas des obstacles, l'adresse et la force qui les tournent ou les surmontent, et ses premières lettres promettaient une remarquable sagacité dans l'observation des hommes et des choses. L'homme complètement à la hauteur d'une entreprise de cette nature est difficile à rencontrer. Il faut le courage, la persévérance, la force physique aKtant que la force morale ; mais il faut aussi une préparation solide pour les observations naturelles et astronomi-
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ques. Tous . les voyageurs, sans doute, ne peuvent pas avoir la science universelle et les facultés exceptionnelles d'un Humboldt; néaiimoins pour des entreprises capitales telles que la traversée de l'Afrique équatoriàle, là où tant de problèmes sont à résoudre, il faut un homme au moins de la taille de Livingstone. Ces hommes-là sont rares, eomme toutes les grandes supériorités ; mais aussi la gloire impérissable qui s'attache à une grande découverte est bien faite pour éveiller une noble vocation dans les âmes que n'ont pas envahies la soif unique du lucre et le souffle malsain des mauvaises passions.
Al'RIQUE AUSTRALE.
46. Ë. D. Youno. Report of the Livingstone search expédition. Journal of the Royal Geogr. soc, vol. xxxvni, p. 111-U8.
Voir notre précédent ▼olame, p. 253, n"« 252 fi 2S4 et p. 356.
47. Cari Claus van der Decken. Reisen in Ost-Afrika in den Jahren 1859 bis 1865. Herausgegeben im auftrage der Mutter des Reisenden, Fûrstin Adelheid von Pless. Iter Band. Reisen in Ost-Afrika in den Jahren 1859 bis 1861; bearbeitet von 0. Kersten, frûheren Mitgliede der von der Decken'schen Expédition. Mit einem Vorworte von A. Petermann. Leipx, 1869, gr. in-8, 360 p., avec 13 tabl., 25 grav. dans le texte, et 8 cartes par Hassenstein. 5 thir. 1/2.
L'ouvrage est annoncé en quatre volumes, deux pour la partie narrative, deux pour les observations scientifiques. Le volume qui parait est consacré à l'ile de Zanzibar, à la tentative d'excursion au Nyassa ou lac Maravi, et au voyage du Kilimandjaro. Nous reviendrons sur cette publication aussi belle que scientifiquement importante. (F. notre précédent volume, p. 249, n» 250.
48, Rich. Brenner's Forschuugen in Ost-Afrika (2* partie). ift(theil, de Petermann, 1868, n* 12, déc. p. 456-465.
AFRIQUE AUSTRALE. 4â
MptoB 8«r la partie méridionale da pays Galla. — Le voyage de M. Brenner à la côte du Zanguelmr avait pour objet principal de recueillir des informations sur la catastrophe où avsdt ]|>éri le baron de Secken. ( V, notre tolume précédent, p. 248 n» 249.
49. Adr. Germain, ingénieur hydrographe. Note sur Zanzibar et la côte orientale d'Afrique. BuMzXin de la Soc, de Géogr. nov. 1868, p. 530-559.
V, ci-après, Arabie et Géographie générale, $ 6.
50. Karl Mauch*s dritte Reise im Inneren Ton Afrika, 8 Mai — 18 october 1868. Mittheil. de Petermàon, 1869, n« 5 (mai), p. 188-192, et n« 8 (sept.) p. 301.
51 . D' R. J. Mann. On the gold of Natal (Communication à TAssociation Britannique, réunions d'Exeter, août 1869. — Athenaeum, n» 2184, p. 308.
52 . Ed. MoHR, Reise-und Jagd-Bilder aus der Sûdsee, Californien und Sûdost-Airika. Bremen, 1868, in-8, 110 pages (Schiînemann).
M. Éduard Mohr est simplement un commerçant du port de Brème, qui a commencé ses longues courses en 1850, uniquement en vue de son commerce qui les a , par occasion , poursuivies en ^chasseur, et chez lequel s*est développée d'elle-même, outre un remarquable talent naturel de narrateur, rétoffe d'un voyageur sérieux. C*est sous ce nouvel aspect que nous le montre ce dernier voyage, pour lequel il s*était préparé à la pratique des observations.
53. Du même. Astronomisch-Geognotische Expédition in Sud- Afrika. (Mârz-Mai 1869). Mittheilungen de Petermann, 1869, n-7 et 8 (août et sept.), p. 268-274, 294-302.
54. J. Fenwick Wilkinson. Journey through the gold-country of South-Africa (mai IS6Q). Proceedings of the Roy. Gwgr, toc, Yol. 13, 1869, p. 134-137.
55. St- Vincent Erskinb. Discovery of the mouth of the Limpopo.
Communication aux réunions de l'Association britannique à Exeter, août 1869.