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2. L'auteur en a fait faire un tirage à part, qui forme un beau volume, avec les cartes et les planches (n" 159).

158 AMÉRIQUE DU NORD. (n°» 157-163)

eartes et de planches nombreuses, renfermera dans tovt leur développement les riches matériaux rapportés par M^ Guillemin. Parmi les meilleures relations pwbMées sur le Mexique depui» les travaux Mauguratenre dfAtsxaadN? de Hambehhy aucune assurément ne surpasser», «t bies peu égaleront en importance scientifique, celle de M. Giâlhinîa* Débarqué à Panama pour gagner la Californie par le Grand océan, Texploraieur eut occasion d'étudier siiar pl»> sieurs points k configuration orographique de Tietlima américain; ses remarques à oe sujet méritent df être rep>» duites dans leur entier malgré leur étendue :

Aspinwall ou Colon, port de création récente, sert de tftte à la voie ferrée qui permet de franchir l'isthme en qiifilqpiie& heures et d'atteindre Panama après un trajet de 76 kilomètres, * effectué au milieu de forêts et de marécages. Un séjour d*tine semaine dans cette dernière ville me permit d'étudier le pajs à divers points de vue. Je signalerai en passant une otsmir géographique assez importante pour être relevée,, surtout ài un moment où Ton semble s'intéresser davantage aux communications interocéaniques; il s'agit de la constitution topographique des isthmes américains, considérée, à un point de vue trop général, comme le prolongement de la chaîne des Aadesi

Tous les cartographes représentent, en effet, le développer ment des terres centrales comme dominé par une arête montagneuse qui se soude, au sud, avec la grande Cordillère des Andes, et qui se prolonge au nord à travers le Mexique par une Cordillère centrale très-accentuée. Or la présence de cette grande chaîne le long des isthmes n'est pas plus exacte que le» prolongement un peu fautaisiste qu'on lui trace au milieu des plateaux mexicains, et jusqu'à l'extrémité septentrionale du continent.

La branche occidentale des Andes, celle qui suit le littoral de l'océan Pacifique, s'abaisse vers la province du Choco, où elle' s'interrompt brusquement au ravin de la Raspadura. Suivant de* Humboldt, un canal creusé sur ce point en 1788 met en communication le Rio San-Juan de Noanama avec le Rio Atrato, et chaque année, à la saison des pluies, c'est-à-dire durant dix mois, des pirogues chargées de cacao et de diverses denrées partent du Pacifique et se rendent par cette voie dans la mec

des Antilles, qu'elies atteignoBià an golf» du Dwen. Ainsi donc,, dès rextrémité de la Colombie, ia GondiiLlère arkiteerompt, et une eommunication fla^ia^ est ourerte entre les deux ooéans. Au delà, jusqu'aux bouches ée PAtrate, les mouvements de terrain ne paraissent se jomdse que par de fiaiblee arêtes^, et par des gvoùpemenls de. ooilines dont les dépresaîonsi varient, dans le bassin du Danen, d» 40 à 80 mètres d'altitude^ suivant les^ divers observateurs.

L'isthme de Panama se développe en arc de cercle depuis le gotfe du Darien jusqu'à la pointe de l'Escudo, sur uhe longueur de 80 lieues marines et sur une largeur minimum de 9 lieues^ marines ou 50 kilomètres. Entre Colon et Panama, on ne traverse d'abord qu'un vaste marais mouvemenitô par des coUinea arrondies et isolées, d'une centaine de mètres d'éiévationt. fin gagnant les sources du Rio de Ghagres,. ces colMnes s'agglo^ mèrent pour former la ligne de partage, qui est franchie par le tracé du ohemia> de fer à la cote de 79 mètres au-dessus du niveau moyen des deux océans, en ne tenant pas compte d'uae difTéreDce de hauteur de marée (2 mètres) en faveur de la mer des Angles.

ILes mêmes caractères topogtaphiques se mdntiennent sur toute la longueur de listhme de Panam&jusqufài la province 'de- Veragua. Vient ensuite le renflement de l'Amérique centrale, contenant les États de Costa Rica, Nicaragua^ San Salvador, Honduras et Guatemala, qui forme, il est vrai, ime contrée trèsmontagneuse, soulevée par des chaînes cristallines et tourmentée par l'apparition de plusieurs groupes de volcans. C'est, pour ainsi dire, un massif péninsulaire ayant sa valeur topographique et géologique particulière complètement indépendante du reste des isthmes ; il présmite luirmôme deux dépressions, dont la plus remarquable est celle du Nicaragua. Le lac de ce nom, placé à un< nii^eau moyen de 38 mètres d'altitude, eommunique d'un cété avec la mer des AntiUes par la large vallée du Rio San-Juan^ tandis qu'il n'est séparé- de L'océan Pacifique que par un isthme étroit de 20 kilomètres, présentant un seuil de 15 mètres au-dessus du niveaadu lac.

Gette disposition favorable a été habilement mise à profit dao» plusieurs projets de communication interocéanique. Il y a peu d'années, les Américaine, cherchant à tout prix des voies phis courtes vers leurs nouvelles provinces du Pacifique, démontrèrent l'utilité pratique de ce passages en y créant un mouvementde transit qui fonctionne régulièrement deouis le mois

de novembre 1864. Quelques coups de mine ont élargi les passes les plus dangereuses des rapides du Rio San-Juan et ont permis à des paquebots munis de fortes machines de franchir en deux jours les 265 kilomètres qui séparent Greetowo, sur la côte de la mer des Antilles, de la rive occidentale du lac; Tisthme est ensuite franchi par terre, en attendant la construction d'un canal qui n'aurait que 27 kilomètres de développement.

L'isthme de Honduras correspond à la dépression qui fait suite au golfe Dulce et à la lagune Jzaval. Les trois volcans du Guatemala y établissent un barrage qui parait infranchissable. Plus loin, l'isthme de Tehuantepec offre à son tour une élévation assez considérable. Les Isa vaux de la Commission américaine, chargée de l'étude d'un passage, ont déterminé l'altitude de 357 mètres au plateau ou mesa de Tarifa, qui domine la source du Goazacoalco et partage les deux versants. Ce plateau est le premier palier de ceux qui se prolongent dans la province d'OaJaca, et il n'appartient pas à l'orographie des terres centrales.

On voit que dès aujourd'hui il y a trois communications ouvertes : 1» celle de la Raspadura pour la petite navigation intérieure, dont on ferait facilement un canal de navigation fluviale; 2<> le chemin de fer de Panama, servant à un grand mouvement de passagers et de marchandises ; 3» le Nicaragua, offrant un passage mixte presque complètement effectué par eau. Ce dernier point est le seul où il paraisse possible d'opérer un percement interocéanique. Les autres isthmes, malgré l'absence d'une grande chaîne à laquelle on a cru longtemps, sont, sur les côtes de la mer des Antilles, d'une excessive insalubrité; ils présentent, à l'intérieur, des mouvements de terrain qui récla- «ment un si grand nombre d'écluses et offrent une telle difficulté à l'alimentation du bief supérieur, qu'il n'y a pas d'espoir d'y voir un canal se creuser. 11 faut donc se tenir en garde contre l'enthousiasme qu'ont provoqué les nombreux projets du percement des isthmes du Centre-Amérique ; il faut aussi se défier de l'exagération que donnent la plupart des atlas français à l'orographie de ce pays. Construites presque toujours à trop petite échelle, quand elles représentent des contrées étrangères à notre continent, ces cartes sont très-imparfaites au point de vue topographique. Leurs constructeurs cherchent à cacher l'insuffisance du fond par l'exagération des formes, et n'hésitent pas à figurer, de parti pris, les lignes de partage des eaux par

des chaînes violemment dessinées. J'aurai à revenir sur cette fâcheuse tendance à propos du relief des plateaux mexicains, dont on dénature également les grands traits topographiques....

La page suivante montre ce que la carte du Mexique aura à gagner aux observalions de M. Guillemin :

La géodésie et la topographie du Meicique» éclairées de quelques vives lumières par les déterminations de M. de Humboldt, de M. de Burkart, par les travaux récents des ingénieurs mexicains et par quelques observateurs distingués, tels que MM. von Gerolt, Buchan, J. Bowring, de Saussure, etc., étaient restées, sur un grand nombre de points, dans une obscurité complète. Bien pénétré de l'importance qu'il y avait de compléter et d'étendre ces renseignements, je n'ai rien négligé pour donner à mes itinéraires toute la rigueur désirable. Ils ont été coordonnés sur des positions fixes, déterminées astronomiquement et reliées souvent entre elles par des alignements azimutaux et des triangulations volantes.

Muni d'excellents instruments, obligeamment mis à ma disposition par le dépôt de la marine, j'ai observé les latitudes par la méthode de M. de Littrow, méthode que m'avait particulièrement recommandée M. Faye. Les longitudes ont été calculées sur le transport du temps et vérifiées dans plusieurs stations au moyen de distances lunaires, d'éclipsés, etc., et aussi au moyen des culminations de la lune, auxquelles j'ai eu 1 idée d'appliquer l'excellente méthode de l'astronome de Vienne. Une cinquantaine de stations, dont quarante nouvelles, ont été ainsi déterminées. Voyageant toujours avec le baromètre Fortin, j'observai les altitudes de toutes les stations de halte ou de repos, et j'insérai, durant les cheminements, les indications d'un bon baromètre anéroïde vérifié chaque jour. J'ai obtenu, par ce moyen, sur la longueur totale de mon itinéraire au Mexique (9000 kilomètres environ), près de 4000 cotes d'altitude qui fournissent des profils très-détaillés , car dans les pa)^s de montagnes ces coupes portent presque toujours plus d'une cote d'altitude par kilomètre de route. L'hypsométrie mexicaine, déjà largement jalonnée par les déterminations de M. de Humboidt et surtout par celles de M. Burkart, embrassant un plus grand périmètre, se trouvera complétée dan» plusieurs régions «t augmentée pour d'autrtsi

S 3. Le Tacatan.

Une courte Notice publiée an bulletin de la Société de Géographie de Mexico (n^ 160) fournit quelques informations nouvelles sur les Indiens de cette péninsule peu visitée.

Le territoire ie% Indios barbares s'étend du Rio Hondo (affl. de la baie de Ghetumal sur la c6te orientale) jusqu'à une vingtaine de lieues en deçà de la ligne du Sud des postes yucatecs. Cette «ligne du Sud » (^ peu près sous le 20* degré de latit. N.) a ses points principaux à Peto, Ichmul et Tihosuco. Ces vingt lieues de pays sont considérées comme neutreSy c'est-à-dire que ni les Indiens ni les Yucatecs ne se hasardent à les cultiver, dans la crainte des incursions réciproques. Le lieu principal en est Chan SantOrCruz {Chariy dans la langue des Indiens, signifie Petit)^ groupe de misérables cabanes plantées çà et là sans ordre ni symétrie. Sur un des espaces qui figurent une place s'élèvent deux constructions en pierre, auxquelles l'art de Vitruve est demeuré parfaitement étranger. L'une de ces constructions, que les indigènes décorent du titre de Palor i^Sf sert de résidence au commandant militaire de la place ; l'autre est à la fois la demeure du Chef principal et le temple. La place peut renfermer de 1000 à 1500 Indiens; la population entière du territoire neutre peut aller à 4000 ftmes.

Il faut savoir que pour la défense du pays contre les Indiens insoumis {Indios barbaros)^ le Yucatan est divisé en trois districts appelés lineas de de/isma, «lignes de défense ».

Ces trois lignes sont celles du Sud, de l'Est et du Centre.

La ligne du Sud commence à Tekax, et se continue par Tixcocob, Peto, Xonoxel, Ichmul et Tihosuco.

La ligne du Centre comprend Tunkas, Chichen, Gacalchen et Notoul, avec Izamal pour commandement principal.

IfEZIQUE. 163

La ligne de TEst occnpe Tixcacalpolpul, Valladolid, Espita et Tizimin ; le quartier général est à Yalladolid.

La statistique signale une décroissance considérable dans la condition du pays de la ligne de TEst depuis 1846. A cette dernière date, le district de Yalladolid comptait 50 760 habitants; en 1862, 15 892. Le district d'Espita, en 1846, 18 691 ftmes, en 1862, 12055. Le district de Tizimin, en 1846, 28017; en 1862, 7 522. Le nombre des villages, des Haciendas et des Ranohos a éprouvé une diminution proportionnée.

C'est encore au bulletin de la société de Mexico^ que nous empruntons le tableau suivant; nous le reproduisons à titre de doomnent.

ABÉREQUE DC NORD. (h" 157-16;

RITOIRB MEXICAIN.

et les plus dignes de foi, \ y Cubas.

H) >5 fO Ik

w m ro

Distance

de la

capitale

i Mexico.

en lieues.

17'i.OO

en kilom.

Position géographique.

Latitude.

Longitude

du méridien

de

Mexico.

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