‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 151 sur 249 · Mgr Màchebeuf. Ck)lorado et Utah. ibid, n*46, 7 mai · texte numérisé non relu

Mgr Màchebeuf. Ck)lorado et Utah. ibid, n*46, 7 mai

173. L. Simonin. Le Grand-Ouest des Ëtats-Unis. Les pionniers et les Peaux-Rouges. Paris, 1869^ gr. in-18. 3 fr. 50.

, 174. Mad. Olympe Addouard. A travers l'Amérique; le Fàr West. Paris, 1869, gr. in-18. 3 fr. 50.

175. H. A. BoLLBR. Among the Indians, eight years in the Far West. PhUadelphia, 1868, in-8, 428 p.

176. F. Y. Hatden. m. D. Brief Notes on thePawnee, Winnebago, and Omaha lauguages. Proeeedings of the American Philosoph, soc. at Philadelphia, vol. x, 1868, p. 389-421.

177. Ch. P. Clever. New-Mexico : her resources, her necessities for raiiroad communication with the Atlantic and Pacific States; her great future. Washington, 1869, in-8, 47 pages.

Tableau des ressources agricoles et minéralei du pays.

178. J. G. Gremony. Life àmong the Apaches. San Fjraiieisco, 1869, in-12^ 332 pages (Lond., TrObner. 10 sh.)

179. J. Ross Browne. Âdventures in the Apache country : a tour through Arizona and Sonora. Washington, 1869, in-8 {Lond, Sampson Low. 8 sh. 6 d.)

180. Ch. Smart, surgeon U. S. army. Arizona. Notes on the Tonto

Apaches. Reports oftheSmithsonian institution for 1867. Washington, 1868, in-8, p. 417-419.

181. S. BowLES. The Switzerland of America : a summer vacatiorfc^ in Colorado. Wash., 18G9, in-8. (Lond. Simpson Low 5sh.^

182. Will. Blackmore. Colorado : ils resources, parks, and pros — pects as a new field for émigration ; with an account of th^ Trenchara and Costilla estâtes in the San-Luis Park.

1869, in-4*', with maps and photographs. (Lond. IFiM/i., Low. 15 sh.)

183. Will. A. Bell. New tracks in North America; a journal of travel and adventure whilst engaged in the survey of the southern raiiroadto the Pacific Océan, during 1867-68. lotid. 1869, 2 vol. post. in-8, with numerous illustr. 30 sh. (Chapman).

— Du même : On tbe physical geography of the Colorado Basin, and the great Basin Région of North America. Proceed. of the Roy. Geogr. Soc, vol. 13, 1869,p. 140-144.

Extrait d'un mémoire qui devra être imprimé en entier dans le prochain volume (XXXIX) du journal de la Société. — En 1867, la compagnie du Kansas Pacific Railv^ay, ou Southern Transcontinental Line, comme on le nomme aussi pour le distinguer du Great Pacific Railway, fit entreprendre Texploration des contrées solitaires et fort peu connues situées entre le fort Wallace et Santa-Pé, jusqu'à la frontière mexicaine. M. Bell un jeune Anglais fraîchement sorti de l'Université de Cambridge, fut attaché par faveur à cette expédition, en qualité de photographe, — il fallait lui trouver un titre; -< et les deax intéressants volumes qu'il vient de publier, aussi bien que le mémoire plus particulièrement géographique qu'il a lu le 8 mars dernier à la Société de géographie de Londres, sont le résultat de ce voyage. Le Colorado, avec sa configuration singulière et ses gorges profondes, est un pa>s éminemment pittoresque, un vrai pays d'artiste ; mais la réputation qu'on a voulu lui faire comme champ d'immigration (ci-dessus, n« 182) est pour le moins fort exagérée, d'après la note suivante, que publiait dernièrement un journal américain : « Le voyage d'exploration entrepris dans le bassin du Colorado par le colonel J. M. Pov^el est maintenant terminé. Le colonel Powel est arrivé le 20 septembre à Chicago, après avoir traversé tout le bassin du Colorado depuis Green River, où le Colorado débouche dans les plaines de l'Arizona. D'après les observations de l'explorateur, ce pays est magnifique, plein de cascades splendides et de sites extrêmement pittoresques, mais il n'est pas d'une grande valeur en dehors du point de vue purement artistique.

« La formation géologique du bassin se compose principalement de terrains ferrugineux et saiblonneux; on ne trouve du granit qu'en trois endroits, et encore y est-il en faible quantité. Aucune découverte de métaux précieux à constater ; rien ne démontre qu*il y ait des mines d'or ou d'argent dans le pays. Le colonel Powell déclare que le bastiii du Colorado est tout à fait stérile, et que même avec des travaux d*irrigation on n'en pourra tirer aucun parti pour Tagriculture. »

184. C. C. Parry. Report on the physical géographie of the Kansas Pacific railway route. American journal of scienee, janv. 1869.

185. A. K. Mac Clure. Tbree thousand miles through the Rocky Mountains (1867-68). Philadelphia, 1869, in-8. — L<md. Trûbner.)

186. Ch. L. Brace. The New West; or,California in 1867-68. New York, 1869, in-8 (Lond. Trûbner.)

187. J. D. Whitnby. On maps of California. Proeeed, of the Calif. acad. ofnatural sciences^ vol. 3. San Francisco, 1868.

188. A. Campbell. Report on the N. W. boundary. American journal of science ^]din\, \S69.

189. R. LiNDAU. Le chemin de fer du Pacifique, De San Francisco à New York. Revue des Deux-Mondes, l*"nov. 1869, p. 5-37; l"déc. p. 554-584.

M. Rodolphe Lindaa, dont le nom est déjà connu des lecteurs de l'Année géographique par un très-bon volume sur le Japon (voirie t. II de V Année j p. 195, n« 200, et ci-après, au Japon), a été témoin, & son retour d'un nouveau voyage en Orient, de l'inauguration du chemin du Pacifique. Les détails qu'il donne sur la solennité, et sur le chemin en général, sont des plus intéressants et des plus instructifs.

19C. P. Chaix. Chemin de fer pour l'union de l'Atlantique et du Pacifique. Le Globe, journal géogr. de Genève, t. VIII, février 1869, p. 36-111, avec une carte.

M. Paul Chaix a consulté un grand nombre de documents et réuni une foule de faits nouveaux sur le grand railway américain et les contrées qu'il traverse.

191. Ch. Carleton Coffin. Our new way round the world. in-8, with maps and illustr. (Lond. Sampson Low). 21 sh.

19*2. Annual Report of the board of régents of the Smiihsooian institution for the year 1867. Washington, 1868, in-8, 506 p.

193. The American Year-Book and National Register for 1869, astronomical, historical, political, financial, commercial, agricultural.... Edited by David N. Camp. WashingtoUy 1869, in-8 {Lond. Trûbner).

194. Magnus' Map of the Western States and Territories. New York, 1869, 1 feuille (an 5700000).

Carte d'une triste exécution, mais bonne i consulter pour les limites des États et des territoires, et les lignes de chemins de fer construites ou projetées.

195. Carte de l'Amérique septentrionale) côte orientale, entre la baie de Gaspé et New York. Corrigée en 1867. (n«1998). Public, du Dépôt de la marine, Paris.

196. Fréd. Whthper. Voyage et aventures dans la Colombie anglaise, l'île de Vancouver et l'Alaska, 1864-67. JUs Tùur du Monde, n- 510-512, p. 225-272. 1869.

197. Du même : a joumey from Norton Sound, Bering àea, to fort Toukon (junction of Porcupine and Youkon rivers). Journal of the Roy. Geogr. soc, vol. xxxvm, 1868, p. 219-237. Map.

198. Die Telegraphen-Expedition auf dem lukon in Alaska. MittheU. de Petermann, 1869, n^ 10, octobre, p. 361-365. Carte.

Cette notice, qui contient les dernières informations que nous ayons 9ur la ci-devant Amérique russe, aujourd'hui Territoire d*Alaska, se compose : 1<* d'une lettre de M. H. Dail, membre de l'expédition télégraphique de 1864, adressée de Boston au D*^ Petermann, à U date du 16 août 1869 ; 2* de quelques remarques du D' Petermann sur cette lettre; 3<> d'extraits tirés d'un mémoire de M. Dail sur Alaska, ses productions et ses habitants, dans les proceedings de la Société d'Histoire Naturelle de Boston, novembre 1868 ; «k» d'une lettre de M. Dali à M. Dana, sur la géologie de la vallée du Youkoo, journal de SillimaD, janvier 1868. — Voir ci-après $k.

199. J. T. KoTHBocK, M. D. Sketch of the flora of Alaska. Report of the régents of the Smithsonian institution for 1867, p. 433-

200. Notes sur Alaska; extrait d'une correspondance américaine. Annales hydrographiques, 1869, 2*trim., p. 298-313.

Géographie. — Indigènes.

201. F. HANEMiiNN. Flâcheninhalt des terri toriums Alaska. Jfia/ietlungenàe Petermann, 1869, n® 11, nov., p. 419-20.

L'area du territoire d'Alaska, relevé sur la carte Dali publiée par les Mitthtilungen (ci-dessus, n*> 198) a donné.à M. Hanemann le chiffra de 27 415 milles allemands carrés = 1 509000 kil. c, c'est-i-dire beaucoup plus de deux fois la superficie de la France. Si la valeur se mesurait à l'étendue l

S i** lA repriM compléta dn rnooTement scientifique aux États-Unis.

Êtades, explorations intérieures.

Les États-Unis sont rentres pleinement dans le courant scientifique dont les fureurs de la guerre de sécession les avaient détournés. Ils y sont rentrés par le côté pratique, bien entendu, le seul qui attire puissamment des esprits toujours impatients d'arriver aux applications. Le grand Chemin de fer du Pacifique, qui a nécessité tant d'explorations et d'études préparatoires, n'a d'ailleurs pas peu contribué à ranimer chez les uns la passion des aventures, chez les autres l'ardeur des recherches, en même temps que tous en recevaient une direction commune. Les contrées de l'Ouest, le Far WesX comme on dit làr-bas, sont devenues la préoccupation universelle. C'est la route des contrées de l'or et de la fortune rapide ; c'est aussi la route de l'Océan et du monde oriental. On peut juger par notre liste bibliographique (N^ 167 et soiv.) combien l'élan a été puissant. Le dernier Rapport des directeurs de l'institution Smithsonienne (N* 192), quoiqu'il ne dépasse pas 1867, en porte également témoignage.

Il y a bien du mélange dans cette masse de relations; mais on y peut recueillir aussi des faits importants, des observations et des données nouvelles qui restent acquises à la science. Celles que M. Bell a déposées dans son mémoire et dans sa relation (N^ 183) ont beaucoup d'intérêt. M. Paul Chaix, dans l'excellent journal géographique qu'il dirige à Genève (/e 6r/o6e, cah. de mars 1869), en a fait un résumé que nous lui demandons la permission de reproduire.

En voyageant dans rAmérique du Nord, M. Bell s'est oint à une expédition que la Comp. du chemin de fer du P. cifîque avait chargée de détermioer la meilleure direction à donner à une ligne méridionale, passant par le Nouveau Mexique et Ari-

zona jusqu'en Californie. Dans le cours de cette étude, Fauteur a traversé la partie occidentale de l'Amérique entre les 33« et 31* parallèles, retraversé les grands plateaux intérieurs plus au nord, et passé du nord au sud à travers la province mexicaine de Sonora. Son mémoire se borne à la description de la contrée qui est entre les Montagnes Rocheuses et la Sierra Nevada de Californie*, au sud de la rivière Columbia.

Il a constaté que cette région pouvait se diviser en deux grandes surfaces : les bassins du Colorado comprenant environ 2Ô0 000 milles carrés, et le grand bassin d'environ 280000. Ces deux bassins sont séparés au sud et à Test par la chaîne des monts Wahsatch qui forme une ceinture de 60 milles de large. Le bassin du Colorado est lui-même limité à l'est par le grand faîte du continent, les Montagnes Rocheuses. La partie supérieure et la moyenne du bassin du Colorado forment une succession de plateaux qui s'élèvent graduellement l'un à la suite de l'autre, et qui sont condamnés à la stérilité par la circonstance extraordinaire que toutes les rivières coulent dans des gouffres étroits, creusés par Taction des eaux à des mille pieds de profondeur au-dessous de la surface générale du pays. Le Colorado chemine pendant près de 300 milles dans un ravin tortueux de cette nature, et tous ses affluents sont dans le même cas. Cet état de choses s'explique par Faction érosive des eaux s'exerçant pendant des siècles, combinée avec la rareté des pluies qui empêche les flancs de ces canons d'être ravinés ou taillés en pentes douces ou graduées.

Le « Grand Bassin » (l'Utah) paraît être aussi une région déserte, traversée du nord au sud par des chaînes de collines courtes et parallèles. Les pluies ne suffisent pas pour rendre les rivières capables de surmonter les barrières de leurs bassins lacustres, et de se diriger vers la mer. Il en résulte de nombreux lacs salés, dont le plus grand est celui dont les bords sont occupés par les Mormons. Le Grand Bassin, de forme triangulaire, qui descend graduellement de sa base qui est au nord, a son sommet (qui n'est pas loin du Pacifique) dans la partie méridionale de la Californie. M. Bell croit que cette contrée pourrait devenir fertile à l'aide de quelques travaux d'irrigation.

S 2, Le Pacific Raiiway ou Grand Chemin de Fer américain.

L'année 1869 aura vu s'accomplir deux entreprises colos- Fales, le percement de l'hislhme de Suez et le Grand Chemin de Fer américain. Si aujourd'hui, à l'exemple des anciens, nous faisions le compte des merveilles du monde, ces deux grandes œuvres auraient certes tous les droits d'y prendre le premier rang. Le Chemin du Pacifique étonne l'imagination* par l'immensité de son développement et la rapidité inouïe de son exécution. Décrétée en 1862, mais sérieusement commencée seulement en 1866, la ligne américaine était terminée le 10 mai 1869. Ce jour-là le dernier rail du Great Pacific Raiiway était posé avec une solennité Lien justifiée par la grandeur de l'œuvre et par son avenir. Au moment où le marteau scellait le dernier boulon dans le dernier rail, les fils télégraphiques, autre merveille de l'industrie humaine, portaient simultanément la grande nouvelle dans toutes les directions; et dans tous les États, dans toutes les cités de l'Union américaine, le canon annonçait h la même minute que l'œuvre était achevée. Quelques chiffres feront comprendre ce qu'il y a de prodigieux dans l'activité presque incroyable qu'on y a déployée . De New York à San Francisco, c'est-à-dire des bords de l'Atlantique aux rives du Grand Océan, la distance effective est de 3225 milles, qui répondent à 5190 kilomètres; mais sur cette distance totale, l'intervalle de New York au Missouri, 1450 milles, était depuis longtemps sillonné de chemins de fer faisant partie du grand réseau des Ëtats de l'Est. Le Chemin du Pacifique proprement dit commeuce à Omagua sur le Mis^ Bouri, et se termine à San Francisco sur l'Océan* : c'est une

1. Ou, pour parler exactement, à Sacramento, ville califorDÎenoe si" iùée sur le fleuve du même nom, à 150 milles environ (240 kilomô^ Irei) au'deiius de San Fi'anciscO) avee lequel «lie commtinique par u»

174 AMÉRIQUE DU NORD. (»•* 164-SOl)

longueur de 1775 milles, ou 2856 kilomètres. Ces 2856 kilomètres — 2600 en s'arrêtant à Sacramento -^ représentent l'éteDdue réelle de ce qu'on appelle la Grande Ligne du Pacifique, celle qui a été exécutée en moins de trois ans, de 1866 au commencement de 1869. En moyenne cela fait 2 kilomètres et demi de chemin exécutés par jour; mais en réalité la vitesse du travail ne s'est pas également répartie sur les trois années. 1866 n'avait livré que 475 kilomètres de chemin achevé, et 1867 à très-peu près autant; tandis que le^ seize mois de janvier 68 à mai 69 en ont donné 1092. Les derniers temps surtout ont dépassé les hardiesses même de rimagination américaine en fait de prodiges de ce genre: on a vu le terrain se couvrir en un seul jour — 11 heure'** de travail — de 17 kilomètres de voie ferrée, depuis le premier coup de pioche du terrassier, jusqu'au rail posé et fixé. C'était une véritable fièvre, une fièvre d'orgueil national, — qui met sa gloire à faire ce qui est impossible, — en même temps qu'une fièvre d'émulation ; car deux compagnies qui se partageaient l'œuvre, Tune partant de Sacramento, l'autre d'Omagua^ avançant l'une vers l'autre sur une ligne jalonnée et devant se rencontrer en un point déterminé % se portaient vers la fin de véritables défis. «Cest en cet endroit, à Promotory Point, que le 10 mai dernier un millier de personnes, représentant toutes les classes de la société américaine, se sont trouvées réunies polir célébrer l'achèvement de la grande ligne nationale formée par la réunion des deux sections: le Central Pacific (c'est la désignation officielle), qui franchit la Sierra Nevada à une hauteur de deux mille cent quarante-six mètres, et s'étend sur

service de bateaux à vapeur. Le tronçon de chemin de fer qui va relier le point extrême de la Grande Ligne avec San Francisco même est en construction.

1 . Le point de rencontre était Promotory-Point, à Tangle nord-est du grand-lac Salé, dans le territoire des Mormons. Le Ueu est à 1506 mètres d*altitude absolue aunlessus du niveau de la mer.

une longueur de mille cent huit kilomètres entre Sacramento et le lac des Mormons, et Y Union Pacific ^ qui part de la ville d'Omagua, coupe les Montagnes Rocheuses à une hauteur de deux mille cinq cent soixante -huit mètres, et rejoint le premier tronçon après un parcours de mille sept cent quarante-sept kilomètres. »

Les deux compagnies ont devancé de sept ans — le fait n'est pas commun dans les annales des entreprises de travaux publics — la date assignée par les actes de concession. « Faire bien, c'est faire vite, » dit Tadage américain : aussi faut-il voir avec quel sentiment d'orgueil local les journaux américains parlent des lenteurs de nos « sociétés décrépites! » C'est que les travailleurs formaient une véritable armée; la compagnie de TEst seule n'a jamais employé moins de vingt à vingt-cinq mille hommes. « Et quels hommes! dit le témoin oculaire qui nous fournit une partie de ces détails*. Il faut les avoir vus pour s'en faire une idée. On ne saura jamais ce qu'il y a eu de crimes et d'actes de violence commis dans cet étrange monde, qu'une main de fer pouvait seule contenir. ^.. »

Mais ceci est un détail de mœurs locales, qui se perd dans la grandeur de la conception si en ergiqUement réalisée. Un des représentants des autorités américaines , dans un speech prononcé à l'inauguration du 8 mai, a dit ces paroles : « Vous avez accompli l'œuvre de Christophe Colomb ; c'est ici le chemin qui conduit aux Indes. » Pour l'Amérique au moins, cela est vrai, ou à peu près. Mais ce qui est plus vrai encore, ce qui a été à Washington le véritable mobile de l'entreprise et ce qui en sera toujours l'incontestable résultat économique et politique, c'est d'avoir rattaché au cœur de l'Union, c'est-à-dire aux États de l'Atlantique, les membres de l'immense République isolés dans le Far-^West; c'est d'avoir préparé le développement de ces yastes ter-

U M. Rodolphe Lindau, ci-dessus n° 189.

176 AMÉRIQUE DU NORD. (w**' 164-IÎOl)

ritoires jusque-là perdus dans les solitudes occidentales; c'est aussi d'avoir mis les mines californieimes à portée du trésor de la république fédérale, — et cette dernière raison ne fut pas la moins puissante au moment où Tentreprise fut décidée.

Il est du reste incontestable que ces deux grandes voies correspondantes, simultanément achevées dans les deux hémisphères, le Canal de Suez et le Chemin de fer du Pacifique, vont prodigieusement activer les communications générales. Autrefois, avec les immenses circuits autour des grands caps, il fallait à un voyageur au moins trois ans pour achever le tour du monde ; aujourd'hui il peut accomplir le même périple en moins de trois mois. En voici Je compte, auquel on pourrait bien encore retrancher quelque chose:

De Paris à Port-Saïd, tête du canal de Suez,

chemins de fer et service à vapeur 6 jours.

De Port-Saïd à Bombay, bateau à vapeur Ik —

De Bombay à Calcutta, chemin de fer 3 —

De Calcutta à Hong-kong, bateau à vapeur. ... 12 —

De Hong-kong à Yédo, bateau à vapeur 6 —

De Yédo aux lies Sandwich, bateau à vapeur.. Ik — Des lies Sandv^ich à San Francisco, bateau à

vapeur 7 —

De San Francisco à New York, chemin de fer du

Pacifique 7 —

De New York à Paris, service à vapeur 11 —

Total 80 jours.

Quelques détails encore que nous fournit le travail de M. Ghaix sur la Grande Ligne américaine (N^ 190).

La dépense du Pacific Railroad est estimée k cent millions de dollars. Le gouvernement des États-Unis y contribue pour la somme de 50 millions de dollars prêtés à 6 p. 100 d'intérêt, remboursables en trente unnéeu; et, en outre, par la concession de 12 800 acres de terre pour chaque mille de longueur dn chemin à construire : ce qui constituera pour If § Compagnie! un vaite domàino d^^nVifoii dotti^éût«vibgt

nillions d'acres de terres, dont la valeur va s'accroître raûdement avec le progrès de cette grande entreprise.

La table suivante donne les distances des divers points de % ligne à Omagua, son extrémité orientale, avec la hauteur e tous ces points, calculée en pieds anglais, au-dessus du iveau de la mer.

stations. Distance d'Omagua. Hauteur.

Ômagua Milles 967

Fremont k6 1215

Golumbus 91 1455

Kearney 190 2128

North Platte 290 2830

Julesburgh 377 3557

Cheyenne 517 6062

Sherman, sommet des collines noires 550 8262

Laramie 576 7134

Benton 690 7534

Green-River 820 6092

Fort Bridger 845 7009

Weber Canon 995 4654

Humboldt Wells 1213 5650

Humboldt Lake 1493 4047

Big Bend Truckee 1534 4217

Truckee River 1 602 5866

Sommet de la Sierra Nevada 1616 7642

Cisco - ... 1624 5911

Alta — ... 1652 '3625

Colfax — ... 1667 2448

Sacramento — ... 1721 56

Stockton — ... 1766 22

San Francisco — ... 1845 —

Le prix du billet pour tout le parcours de la ligne est Qjourd'hui de 150 dollars (non compris la nourriture); lais on s'attend à une réducuon considérable.

Le Président de la République, dans son Message anuel lu au Congrès en décembre 1869, trace en ces terles le tableau général de lUoion américaine :

t'ANNlîfe Cli'GR. Vifï. 12

Nous avons heureusement la paix à Fintérieuri et nons sommes sans alliance embarrassante, q[ui, ^ l'étranger, puisse nous menacer de troubles. Notre sol a une fertilité qui ne le cède à aucun autre , et son étendue lui permettrait de nourrir abondamment 500 millions d'individus; il renferme des mines de toutes sortes, capables de satisfaire aux besoins du monde entier pendant des générations. Nos récoltes sont luxuriantes; nous avons une variété de climats qui nous permet de cultiver tout ce que la terre peut offrir, et qui convient aux habitudes, aux goûts et aux nécessités de tous les êtres vivants; nous avons une population de 40 millioDS de citoyens libres, parlant tous la môme langue. Chacun chez nous a toutes les facilités possibles pour s'instruire ; nos institutions ne ferment à personne la voie de la réputation et de la fortune ; la chaire est libre» la presse est libre, Técole est libre. Les recettes qui affluent au trésor public dépassent les besoins du gouvernement ; enfin, l'accord se rétablit rapidement dans notre pays. Des manu&ctures jusqu'à ce moment inconnues ici s'élèvent de toutes parts, et nous donnent un degré d'indépendance nationale que ne possède aucun autre État.

S 3. La noareau territoire d'Altska (ci-de?aDt AméHqve

• Le changement de possesseurs de la ci-devant Amérique russe, aujourd'hui territoire d'Alaska, commeBoe à porter ses fruits au moins sous le rapport des informations géographiqpies. Déjà depuis Tannée dernière le public européen a dans les mains une relation qui ouvre l'intérieur de cette terre polaire. M. Frederick Whymper, Tauteiir de cette relation, est Anglais, à la vérité ; mais il était attaché comme artiste à l'expédition américaine de 1845, destinée à l'établissement d'un câble électrique entre la Russie et les États-Unis par la Sibérie et le nouveau territoire du Nord- Ouest 5. Une commission d'études scienti£queS| jointe à cette expédition et chargée des instructions de

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