‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 162 sur 249 · Corée. Côte orientale. Tsian. Liang-haï. Farit · texte numérisé non relu

Corée. Côte orientale. Tsian. Liang-haï. Farit

— Côte occidentale de Corée. Plan de la rivière Salée, 2* feuille

— Plan croquis de la riv. de Han-kang ou de Seoul| depuis son em-

bouchure jusqu'à Séoul (n** 2745).

— Mouillage de Plie boisée et bassin de Siérou (n* 2747).

— Carte des attérages S. 0. de la rivière de Séoul (n* 2750) .

(Poblications da Dépôt de la maiine.)

Les Européens en Chine. Explorations. Développement commercial.

Les concessions imposées au gouvernement de Péking rencontrent toujours, dès que Ton s'éloigne des grands centres européens, mille difficultés suscitées non par les populations, mais parles grands et les petits fonctionnaires; on voit se dresser des susceptibilités, des antipathies, des préventions plus ou moins autorisées, que le^ temps, et 1 e.Ytrême prudence, et une grande circonspection politique et religieuse pourront seuls amortir. Sur quelques points, cependant, il y a un progrès réel. Le rayon des excursions et des études permises à nos résidents s'élargit peu à peu; nos grands établissements commerciaux, et au premier rang celui de Ghangbaï , s'affermissent et se développent. 1/ Empereur, dans son Exposé de la Situation de l'Empire distribué au mois de janvier 1869, s'exprimait ainsi à ce sujet :

« L'inauguration prochaine de la grande voie commerciale qu'ouvrent, à travers l'isthme de Suez, des hommes dont le génie entreprenant et tenace fait honneur à notre nation, ne peut manquer d'imprimer à nos rapports avec Tcxtrême Orient une féconde impulsion. Alors surtout ressortiront les avantages de la situation que la prévoyance du gouvernement de l'Empereur a faite aux sujets français (Jatis ces conUrées lointaines. A Changhaï, en paHiculier,

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cette situation offre un caractère exceptionnellement favorable, que les Exposés des années précédentes ont déjh signalé à l'attention du Sénat et du Corps législatif. Ado sce à la cité chinoise» une ville de quarante mille habitants, pour la plupart indigènes, couvrant une surface de cinquante-quatre hectares, est administrée par un conseil inunipal français et surveillée par une police française, sous la direction supérieure de notre consul général. Ce régime, qui n'a de précédent nulle part et qui tire son origine d*uu article du traité de Tien-tsïn, maintient à la fois les prérogatives de l'autorité consulaire et les droits du souverain territorial; reposant sur Télection, il confère aux résidents français et étrangers une large part d'intervention dans Ja gestion des affaires de la communauté; il sauvegarde eniiu le principe du statut personnel, et ne se prête à aucun empiétement de juridiction.

<c II restait, l'année dernière, à déterminer les conditions du concours mutuel que devaient se prêter les autorités administratives et judiciaires des diverses natiohalités : cette question délicate a reçu une solution satisfaisante, et le règlement municipal de la concession française de Ghanghaï a été complété dans le sens de l'accord intervenu entre les consuls étrangers. Cet acte a d'ailleurs subi, à l'occasion de sa nouvelle publication, une révision partielle; le cens d'éligibilité a été supprimé, elle droit de dissoudre le conseil ne peut plus- être désormais exercé que par la légation.

« Les avantages de l'organisation actuelle de notre concession sont aujourd'hui appréciés de tous les résidents. Depuis rétablissement de ce régime, le quartier français n'a cessé de progresser et se trouve en pleine voie de prospérité : ses quais offrent aux navires des facilités de déchargements jusque-là inconnues; ses finances municipales sont florissantes, et l'avenir qui lui est réservé ne saurait paraître douteux, si l'on considère que le commerce

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extérieur du port de GhaDghaï représente annaellement une valeur de 600 millions de francs. >

C'est surtout au centre de TEmpire, dans le vaste bassin du Tang-tse-kiang qui ouvre un douille accès sur le Tibet et sur le Nord-£st de Tlnde, que se portent les efforts d'exploration et les tentatives d'extension commerciale. Cette immense artère a été descendue dans une partie considérable de son parcours par notre expédition française du Mékong, qui y a rencontré, il faut le dire, une sympathie peu ordinaire en face des étrangers. U y a quelques années, une expédition composée de plusieurs of&ciers anglais avait remonté et reconnu le fleuve jusqu'aux approches de la frontière occidentale; et cette année encore, nous avons vu M. Cooper arriver jusqu'à la limite de rEmpire, mais sans pouvoir la dépasser (ci-dessus, n^ 287 et 288). Des correspondances françaises de Cbanghaï donnent, sur les diverses tentatives diiigées en remontant le grand fleuve, de très-intéressants détails; nous en consignons ici quelques-uns.

De tous les grands cours d'eau qui sUlonn^nt le vaste empire chinois, il n'en est aucun qui ait Timportance du Tangtse-kiang, qui, prenant sa source sur les hauts plateaux du Tibet, vient se jeter dans la mer aux environs de Changhal, après avoir arrosé plus de 12u0 lieues de pays. G::tte immense artère a été depuis longtem s l'objet des explorations et des études des Européens. Les jésuites français, dès le dix-septième siècle, furent les premiers à la remonter et à fournir sur elle des renseignements précis, complétés de nos jours par les relations des membres des autres congrégalions, telles que celles des Lazaristes et des Missions étrangères. Depuis que les traités signés à Péking en 1860 ont entièrement ouvert la Chine aux étrangers, le fleuve Bleu a vu s'accroître le nombre des voyageurs, les uns attirés par un but religieux, les autres par Tamour de la science, d*autres enfin par le désir d'entreprendre des opérations conunerciales, non-seulement avec les provinces

chinoises, mais encore avec les pays voisins, le Tibet 6t l'Inde anglaise, qui est presque limitrophe.

Après avoir rappelé les récentes expéditions du lieutenant Blakiston, de la mission française du Mékong et de M. Gooper, le correspondant ajoute :

Situé à l'embouchure du Yang-tse-kiang ou fleuve Bleu, qui prend sa source dans les montagnes du Tibet, le port de Shanghaï se ' ble naturellement destiné à devenir l'entrepôt de tous les produits que cette immense artère et le réseau fluvial qui S'y rattache transportent à la côte, de tous les points des provinces centrales de la Chine. Aussi, pour bien se rendre compte de rimportance mercantile et maritime du Yang-tse-kiang, notre Chambre de commerce avait-elle organisé, il y a quelques mois, une expédition composée de négociants experts, d ' membres du corps consulaire etd'habiles interprètes, chargés d'étudier sur place les marchés, les lieux d*échange et les villes nombreuses baignées p|r le fleuve Bleu et ses affluents.

Le vice-amiral sir Henry Keppel, commandant les forces navales britanniques dans les mers de Chine et du Japon, avait puissamment concouru au succès de l'exploration, en la faisant

protéger par les deux canonnières de la marine royale Salamis et Opossum, et en confiant au lieutenant Dawson le soin de faire les observations météorologiques et les relevés pour l'hydrographie, pendant que la commission embarquée sur le steamer marchand le Faust procéderait à ses travaux techniques.

L'expédition s'est successivement arrêtée à Han-kao, Youtchéou, Chasi et I-tchang; mais à partir de cette ville, le peu de profondeur de l'eau empêcha même le plus petit des vapeurs, le Fausty de remonter au delà de quatre lieues. Les explorateurs durent abandonner les pyroscaphes et continuer leur route sur les bateaux plats du pays. I s arrivèrent ainsi, le 12 mai, à TchoDg-king, point extrême du voyage, après avoir trouvé, sur tout le parcours, un empressement hospitalier de la part des populations, qui n'éprouvent pas de sentiments hostiles à Fégard des étrangers.

Le rapport de la commission, qui vient d'être publié et qui est accompagné de belles cartes du fleuve et des lacs Po-yang et Tong-ting, jette une vive lumière sur les forces productives, l'état moral et Tadministration des provinces de Ho-nan, Hou-

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kouang, Chen-si, Hou-pé, du Se-tchouen et du Tun-nan. La dernière est limitrophe de la Birmanie, et la précédente du Tibet. Le Yun-nan, comme le Kan-sou, est encore aux mains des rebelles mahométans, déjà maîtres du Turkestan chinois, depuis que l'islamisme a remplacé les anciennes croyances nationales. Ce n'est pas sans surprise que nous avons lu dans la gazette officielle de Péking du 12 juillet Taveu de la perte de cette Taste région de Pempire, et Tannonce de Tarrivée dans la capitale de trente-huit khans restés fidèles au gouvernement, après que les insurgés eurent battu et repoussé au delà de la rivière d*li les détachements des troupes mongoles.

Les délégués de la Chambre de commerce, dans un aperçu intéressant sur le développement du trafic, appuyé de documents historiques, font voir que les guerres entreprises contre la Chine ont toujours été suivies d'un notable accroissement d'importation des marchandises anglaises, qui de 12 500 000 francs en 1840 est monté à 50 millions en 1845, et à 200 millions en 1869. L'exportation des produits indigènes a'd'ailleurs suivi une progression parallèle, au grand bénéfice des habitants ; et quant au gouvernement impérial, il est impassible de méconnaître que les points oii son autorité est le plus afi'ermie sont précisément ceux où les étrangers possèdent des établissements.

Les tableaux officiels de l'administration des douanes, et un excellent, travail de M. Medhurst, permettent de préciser le chifire de nos transactions pour Tannée qui vient de s'écouler. En comptant le taêl à 8 francs, elles se sont élevées à 897 963 688 francs, soit 1 12 245 461 taôls pour. 1868, présentant pour 1867 une augmentation de 13562 164 taëls. Il ne s'agit, bien entendu, que de l'importation et de l'exportation des marchandises étrangères ou destinées à l'étranger, et opérées sans le concours du pavillon national. Il serait impossible de se rendre un compte exact du mouvement de cabotage dû aux milliers de jonques, de sampans at autres navires cétiers qui par^ courent en outre l'incommensurable réseau fluvial qui couvre le pays. Le commerce anglais absorbe près des six septièmes de l'évaluation générale, et il est monté à 75524 795 taéls, offrant un excédant de 10650 614 taêls sur Tannée 1867.

De véritables villes européennes surgissent au milieu des terrains concédés aux divers gouvernements étrangers, et pendant qu'on voit s'élever de toutes parts des hôtels, des magasins, de vastes chantiers, des quais, des docks, des hôpitaux, des maisons consulaires, des écoles et des églises, le comité de la ma-

rine s'occnpe de l'érection des phares, de la pose des signaux et balises, de Thydrographie, de tous les travaux enfin qui peuvent faciliter Taccès du port et améliorer le cours du Yang-tsekiang, cette vaste artère navigable presque jusqu'à sa source, au pied des montagnes du Tibet.

295. A. HuMBERT. Le Japon illustré. Paris, 1869,^2 vol. in-4" (avec un très-grand nombre d'illusfrttioiM, toutes rôproduites d'après des photographies ou des originaux japonais), éo fr. (Hachette.)

296. W. Dickson. Japan : being a Sketch of the history, govern ment, and ofiicers of the empire. Lond., 1869, in-8, 15 sh. (Blackwood).

297. R. H. Jephson and £. P. ëltnhirst. Our life in Japan. Lond,, 1869, in-8, 446 pages, with illustr., 18 sh. (Chapman).

298. Col. Du Pin. Le Japon. Mœurs, coutumes, description, géographie, rapports avec les Européens. Paris, 1869, in-8, 140 pages.

Recueil de notes platdt qoe narration, mais pleines de faits et de bonnes indications.

299. V. F. Arminjon. Il Giappone ed il viaggio délia corvetta ifogenta nel 1866. Genova, 1869, in-8, 400 pages.

300. Roussin. Une révolution au Japon. La chute du gouvernement du Taîcoun et les Daîmios. Revue des Deux-Mondes, 1" avr. 1869, p. 673-701.

301 . Henri Jouan, ancien chef d'état-major de la division navale de la Chine. Coup d'oeil sur l'histoire naturelle du Japon. Mémoires de la Soc, impér, des Sciences natur. de Cherbourg, 2«sér. T. IV, p. 49-96.

L'auteur débute par un Aperçu géographique et physique de Tarchipel japonais. Son travail, qui embrasse la flore et la faune, est basé en partie sur ses obseryations personnelles (1866-67), en partie sur les publications antérieures, notamment celles de M. de Siebold, et le livre plus récent de M. Veitch.

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302. Carte des lies et mers du Japon. Corrigée en 1868 (n* 2160).

— Carte de Tarchipel Lou-tchou et de la partie sud du Japon. Corrigée, 1867 (n" 1174).

Dépôt de la marine.

Un mot sur les affaires du Japon.

Nous avons, sur les affaires intérieures de l'empire, jusqu'à présent si obscures pour nous ou du moins si confuses, quelques renseignements fournis par nos agents consulaires. Voici une lettre datée de Yokohama» 15 octobre 1868 :

Le gouverneœBnt du mikado a pris, ces temps derniers, une détermination qui n'est pas sans importance pour la politique extérieure du Japon. Les provinces du Nord, dont la plupart se trouvent, il est vrai, en état d'insurrection, viennent d'être, par un récent décret, divisées en treize gouvernements dont Yédo devient la capitale sous le nom de Fou-kei, et avec le titre de deuxième capitale de l'empire. Le mikado annonce 1 intention de venir résider lui-même dans cette ville : t Moi, dii-il, empereur du Japon, dirigeant par moi-même toutes les branches du gouvernement; considérant que Yédo est la ville la plus importante de lEst, il est bon que je m'y Iran porte pour me rendre compte par moi-même des détails de i 'administration. » Et plus loin : t Le moment étant venu de nouer des relations avec toutes les nations du momie, il est indispensable de répartir éc^alement les forces de l'empire dans tout le pays, i Le mikado trouve sans doute que Yédo, depuis l'établissement du talcounat, a accru sa population d'une façon mquiétante et aux dépens du reste du pays. Les attributions du gouverneur de Yédo sont amoindries, ce qui semblerait indiquer la présence fréquente du souverain dans la ville. £n6n, le mikado, imitant en ce point l'ancienne politique des taîcouns, impose aux dalmios du Nord l'obligation d'envoyer des délégués dans la capitale pour y occuper des emplois ; plus exactement, pour'y servir d'otages.

Le gouvernement du mikado passe en ce moment par une crise difficile. Ses adversaires ne semblent pas, il est vrai, se trouver dans de meilleures conditions, et il est impossible, pour le moment, de prévoir ce qui se produira dans l'avenir.

Il est certain, au reste, que les princes confédérés du Nord ne contestent pas, en principe, la suprématie du mikado, et qu'en se teDant sur la défensive ils déclarent vouloir seulement se mettre en garde contre les ambitions des coalisés du Sud. Mais, au point de vue des puissances européennes, il est un fait considérable qui domine tous les autres : c^est Pimportance et la considération dont elles sont également entourées par tous les partis. Au nombre des arguments que le mikado met en avant pour expliquer sa présence à Yédo, figure la nécessité de se tenir en rapport avec toutes les nations étrangères. Il prévient les représentants des puissances de l'acte d^hostilité commis contre lui par IVscadre rebelle, et il les autorise à traiter ces bâtiments en pirates. Tous ces documents sont rendus publics. D'un autre côté, les légations étrangères ont reçu des princes du Nord une adresse par laquelle ceux-ci exposent les motifs qui guident leur politique, et annoncent aux puissances qu'ils n'ont pas d'autre intention que de se tenir sur la défensive. Les signataires de l'adresse expriment le désir d'entrer directement en relations avec les étrangers....

La Gazette officielle de Kioto a publié, il y a déjà quelque temps, un long document auquel elle donne le titre de Constitution. Il est difficile de se rendre compte de ce travail fort confus. On y voit la trace de certaines idées européennes remaniées par la logique japonaise, qui chercherait à adapter les formules du gouvr rnement constitutionnel au régime de Torganisatjon féodale et despotique. La constitution compose son gouvernement d un pouvoir executif, d'un pouvoir législatif et d'un pouvoir judiciaire. Mais chacun de ces rouages se trouve enchevêtré dans une foule de conseils de seigneurs ou de dalmios, dont les atttibutions se contrecarrent les unes les autres. Tel qu'il est, le projet est inexécutable, surtout dans l'état actuel du pays, qui se trouve morcelé en une foule de petites principautés. Mais peut-être y trouvera-t-on dans Tavenir le germe d'une œuvre plus sérieuse.

Une autre dépêche antérieure de quelques jours^ adressée au Ministre des affaires étrangères, présente quelques considérations particulières sur le changement de résidence du mikado et sur les circonstances politiques que traverse le Japon :

Le projet de former une espèce de fédération dans laquelle

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chaque priDcipauté aurait un pouvoir égal, fût-il même sincère, aurait, je crois, bien peu de chances de succès. Le J&pon est divisé en une infinité de principautés complètement indépendantes qui reconnaissent le mikado comme chef, mais sans lui accorder aucune autorité directe sur leurs territoires. Gongen- Sama, à la suite de longues luttes, et après s^ètre emparé des plus riches provinces du centre, a été assez puissant pour former une espèce de fédération dont il était le chef. Il a pu même transférer cette autorité à ses successeurs; mais les liens qui unissaient tous les da!mios au prince de Quanto étaient trop faibles, et, après deux siècles d'une existence souvent précaire, le taîkounat est tombé en laissant le Japon dans le même état de trouble et de dissensions intestines dont cette instîtation Pavait tiré.

La résolution du mikado de se transporter à Yédo, dont le nom vient d'être changé en celui de To-Kei (Cour Orientale), a été porté à la connaissance du public par un décret inséré dans le journal de Kioto et suivi d'une notice qui explique les motifs de la mesure. Cet acte a un intérêt particulier pour nous, car, pour la première fois peut-être, le gouvernement parle publiquement de la nécessité d'entretenir des relations avec les nations étrangères. En même temps que ces documents étaient publiés, trois autres décrets assez importants ont été rendus par le mikado.

Le premier crée à Yédo un nouvel emploi qui fait pressentir la présence du souverain dans cette ville. Le second place entre les mains de ce nouveau fonctionnaire le gouvernement des treize provinces du Nord, dont la plupart sont aujourd'hui en insurrection. Le troisième impose certaines obligations aux daïmios et aux kéraïs (serviteurs de l'ordre militaire) de ces treize provinces, notamment celle d'envoyer des délégués dans la capitale pour y occuper des emplois, ou, pour mieux dire, pour y servir d'otages.

Une mesure plus significative que toutes les autres, et qui ne présage rien moins qu'un changement radical dans la constitution intérieure du royaume, vient d'être décrétée par le mikado. On sait que depuis une époque immémoriale jusqu'à nos jours, la monarchie japonaise était soumise au régime féodal. Sans être absolument indépendants du pouvoir central, les daïmios, ou princes héréditaires des

grandes provinces ou seigneuries japonaises, jouissaient dans la limite de leurs possessions respectives, d'une autorité à peu près souveraine. Le&' événements de l'année dernière, en développant le pouvoir du mikado, ou plutôt des kouguès, cette aristocratie religieuse et militaire qui a toujours entouré le chef spirituel, ont restreint celui des daïmios.

Déjà, à la suite de la lutte intérieure qui s'est terminée par la soumission du taïkoun, le gouvernement du mikado a rendu divers décrets, sous forme de jugements, qui frappaient un certain nombre de ses adversaires, et semblaient témoigner de rétablissement d'une puissance centrale assez forte pour imposer sa volonté. Aujourd'huii la royauté fait un pas de plus ; après avoir réduit les daïmios et en avoir condamné plusieurs, elle modifie Tinstilution ellemême. D'après un récent décret, le titre de daïmio est supprimé. Il n'existera plus dans les diverses provinces que des gouverneurs ou préfets, nommés par le mikado et relevant de son autorité. Cette mesure pourra-t-elle être mise en pratique? c'est ce que l'avenir démontrera; mais elle dénote dès à présent la tendance de l'administration actuelle à constituer au Japon un gouvernement unique, et elle témoigne, dans tous les cas, de la confiance du souverain dans sa force.

On annonce que, conformément à une entente préalable établie entre les autorités japonaises et les représentants étrangers, l'ouverture du port de Niegata et de la ville de Yédo a eu lieu le 1" janvier 1869.

TERBIT0IRE8 ASIATIQUES DE L'EBIPIBE RUSSE

MÀNDCHODRIB RDSSE OU TERRITOIRE DE L'aMOUR. SIBÉRIE. TURKESTAN.

303. Fr. ScHMiDT. Beisen im Amur-Lande und auf der Insel Sacht* lin. Botanischer Theil. Mémoires de l Académie de Sawt-Fétersb., V série, t. XII, u» 2, 1868, gr. iD-4, 230 pagtt, avec 2 caites et 8 pi.

304. Bussian Tartary. Tumen-ula river to Strelok Bay. Riissian survey, 1866. lond., 1869, 1 feuille (n* 2432). 2 sh. 1/3. Hydrogr. Office.

305. Côte de TarUrie. Baie de S'- Vladimir. Paris, 1869, 1/2 feuilk.

306. Jm Ural und Âltai. Briefwechsel zwischeii Alex, von Hum- BOLDT und GrarCeorg von Cancrin, aus den Jabren 1827-1832. Leipzig, 1869, iii-8. 1 Ihl. 10 ?gr. (Brockhaus).

Correspondance inédite tirée des Archives de l'Empire à Saint-Pétersbourg.

307. P. V. Sbmenoff's Forschungesreisen in den Trans-ilischen Aiatau und zum Issyk-kul, aasgefûbri in den Jahren 1856 u. 1857. Nacb dem Russischen von F. Marthe. Zeùschr, der Gesellsch. fur Erdkunde zu Berlin, t. iV , 2* ei 3* cah. (n»» 20 et 21), p. 116-137, 208-226.

Aox indications biblio(;raphiques da traducteur sur les publications antérieures aux investigations de M. Semenoff, il faut aujouter It notice, avec carte, publiée en 1865 au t. XXXV du journal de la Société de géogr. de Londres, p. 213-'231. (,V, V Année géogr., t. I, fi- M7.)

308. Fr. v. den Osten-Backen. Sertum tianschanicum. Botinische Ergebnisse einer Reise im mittleren Tian-Schan. Mémoires de VAcad. iwyér. de Snint-Pétersh. , t. XIV, n* 4, gr. in-4, 76 pag., avec carte, 1869.

309. The Jaxartes or Syr-daria, from russian sources. By Rob. Michell. J. ofthe Roy. geogr» ISoc, yoI, XXXVIil, pj 429-459.

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