‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 163 sur 249 · MANDCHOURIE RUSSE · texte numérisé non relu

MANDCHOURIE RUSSE

Résumé descriptif des explorations russes dans la vallée et le iMiSsin duSyr-daria.

310. P. J. Pachino. Le Turkestan russe en 1866. Notes d'un voyageur. Saint'Pétersh,, 1868, in-4, 176 pag. avec illustr. (en russe).

Tableau plus pittoresque que scientifique.

311. Die neuesten russischen Forschungen in Central-Âsien. Mit" theil de Petermann^ 1869, n» 5 (mai), p. 161-164. Carte.

S 1*'. Le bassin de TAmoûr. Mandchourie rUflse.

La relation que M. Schmidt a publiée, dans les Mémoires de racadémie de SaiDt-Pétersbourg, de son voyage d'études dans le bassin du fleuve Amour et sur les côtes de l'île Sakhalïn (n^ SOS), est une acquisition importante pour la connaissance scientiGque de ces territoires extrêmes. Les investigations du savant académicien avaient principalement pour objet la botanique, mais on sait combien de notions utiles cette branche d'études apporte à la géographie physique. M. Schmidt, dans sa marche en remontant rAmgoun et en descendant laBoureïa, tint un journal météorologique. Ses observations barométriques ont été comparées aux relevés faits dans le même temps à NikolaïefhkparM. Gand. F. MuUer et à Saint-Pé'ersbourg au département hydrographique, et les chiffres d altitude suivants en ont été déduits :

<c Le cours inférieur de l'Amgoun, même en remontant jusqu'à Némilèn (à 460 versts de l'embouchure), présente des différences de niveau si peu considérables, que la comparaison des observations barométriques correspondantes faites à Nikolaïefsk n'a pas donné de résultats appréciables. Les hauteurs d'Apporos (un peu au-dessous de Némilèn, sur la rive gauche de la rivière), ne paraissent pas s'élever à plus de 100 pieds anglais (30 mètres environ) au-dessus de Nikolaïefsk, dont l'observatoire est à une qua**

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rantaine de pieds (12 mètres) au-dessus du niveau de la mer.

« C'est seulement à partir de Némilèn que le pays commence à s'élever rapidement. Au passage de la rivière qui précède un éperon d'où Ton redescend à la Kerbi, on est à 244 mètres, et sur l'éperon même à 626 mètres. En remontant la vallée de la Kerbi, la pente redevient moins sensible; en trois jours, nous ne nous élevftmes que de 700 à 900 pieds. La montée s'accentue à mesure qu'on approche de la tête de la vallée ; au confluent de TArty (non loin des sources de la Eerbi), nous trouvons 457 mètres^ et à notre station sur TArty 579 mètres. A la crête dn mont Boureïa (point de partage entre la source de la Kerbi et celle de la Boureïa), au point où nous la franchîmes, 1087 mètres. Le sommet élevé que je gravis au-dessus de ce col a une altitude de 1814 mètres; la source de la Boureïa est à 1030 mètres. De là on redescend rapidement. Notre première station nous donna 884 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer ; la station suivante, à une journée plus loin, 762 mètres. Nous nous arrêtâmes 18 jours au-dessous du confluent deTÂlin, et pendant ce temps nous observâmes chaque jour régulièrement. La moyenne de trente observations nous donne pour l'altitude de ce point 2253,7 pieds anglais (687 mètres), résultat que l'on peut considérer comme passablement sûr. — En continuant de descendre la vallée, le confluent des deux branches supérieures de la Boureïa est â 493 mètres. Le confluent de la Nyoumân n'est plus qu'à 173 mètree, et celui du Tyrmi à 78 mètres. Plus bas, la Boureïa, de même que le cours inférieur de TAmoûr, sont trop peu élevés au-dessus de l'observatoire de Nikolaïefsk pour que les observations barométriques, malgré la distance considérable des statùms, aient pu donner des résultats sur lesquels on puisse compter. ».

La Société de géographie do Saint-Pétersbourg annonce

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qu*une nouvelle expédition se prépare pour continuer les explorations de la Mandchourie russe. Cette expédition va se mettre en route dès le printemps prochain (1870). L'objet de ses recherches sera particulièrement ethnographique. Le rapport lu au sein de la Société russe développe à ce sujet des considérations qu'il convient de reproduire.

« En choisissant les études ethnographiques comme but principal de l'expédition, le conseil de la Société a été guidé par les considérations suivantes. Les contrées qui depuis le commencement de Tannée 1850 se trouvent sous la domination de la Russie, et, formant une des parties de l'ancienne Mandchourie chinoise , sont traversées par l'Âmoûr et par son affluent l'Oussouri, ont été depuis ce temps l'objet constant d'explorations scientifiques qui ont largement contribuera étendre nos connaissances sur cette partie de l'Asie. Ainsi les observations astronomiques de MM. Petchouroff, Schwartz et Oussoltzef, et les levés exécutés par d'autres,' ont fourni tous les matériaux nécessaires pour conêtruire la carte du pays; les explorations géologiques de MM. Permikïn, Schmidt, Anossoff et Lo^ patin ont fait connaître les richesses minérales de la Mandchourie russe et de l'île Sakhalîn ; les investigations de MM. Maximovitch, Bouditcheff et de Pétrovitch nous ont mis en possession d'un tableau exact des productions du règne végétal, et notamment des forêts de la partie méridionale de la « Province maritime » (Prémorskaïa) ; enfin, grâce aux travaux de MM. Schrenk, Raddé, Maak, Prïévalsky et autres, la science s'est enrichie par d'importantes additions sur la zoologie du pays de l'Amoûr et de rOussouri. On voit, d'après le résumé qui précède, que les investigateurs scientifiques dans la Mandchourie russe se sont jusqu'à présent particulièrement attachés à étudier la géographie physique et les productions naturelles, tandis que les études ethnographiques ont été généralement négligées. Nous ne possédons que des renseignements

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fort incomplets 8ur la population inrligèno de TAmoûr et de rOussouri, laquelle présente cependant bien des problèmes ethnographiques intéressants à résoudre. A des études de ce genre, qui nécessiteraient des notions sur les idiomes locaux, ou pour le moins la connaissance des langues voisines, le mandchou et le chinois, il serait opportun de rattacher des investigations sur l'histoire et rarchéologie de ces pays. Toutes ces considérations ont déterminé la Société géographique à organiser une expédition ethnographique qui commencerait ses investigations par la contrée méridionale du bassin supérieur de TOussouri, du Suifoun, et notamment dans les localités situées entre le lac Hinka, au nord, et les frontières chinoises et coréennes au sud. C'est ici qu'on rencontre, sur un espace assez restreint, des habitants qui appartiennent à des nationaiitës trèsdifférentes. Outre les indigènes d'origine toungoose (les Orotches et les Goldes), on y trouve un nombre assez considérable de Chinois et de Coréens qolons. C'est également dans ces contrées qu'on a constaté l'existence d^une grande quantité de vestiges d'anciennes villes, foVtifications, etc. (Voyez dans TAtlas de d'Anville la seconde feuille particulière de la Tartarie chinoise; — mais bien des noms de villes qu'on y trouve indiqués, telles que Tchouigué-Hotun, Fourdan-Hotun, etc., n'existent plus depuis longtemps.)

La Société a décidé en même temps qu'elle inviterait & prendre la conduite de cette expédition l'archimandrite Palladius, qui est à la tête de la mission ecclésiastique â Pékmg, et dont les travaux antérieurs, aussi bien que les connaissances étendues sur l'histoire, la géographie et la linguistique de Textrême Orient, peuvent être considérés comme la meilleure garantie du succès de cette nouvelle entreprise scientifique. L'archimandrite Palladius partirait de Pékiog au printemps prochain et se dirigerait vers le lieu de ses investigations soit par la route directe, à travers la province chinoise de Chèn-king, soit par la partie orien-

Il est certain, au reste, que les princes confédérés du Nord ne contestent pas, en principe, la suprématie du mikado, et qu'en se tenant sur la défensive ils déclarent vouloir seulement se mettre en garde contre les ambitions des coalisés du Sud. Mais, au point de vue des puissances européennes, il est un fait considérable qui domine tous les autres : c'est l'importance et la considération dont elles sont égalenneut entourées par tous les partis. Au nombre des arguments que le mikado met en avant pour expliquer sa présence à Yédo, figure la nécessité de se tenir en rapport avec toutes les nations étrangères. Il prévient les représentants des puissances de l'acte d'hostilité commis contre lui par l'escadre rebelle, et il les autorise à traiter ces bâtiments en pirates. Tous ces documents sont rendus publics. D'un autre côté, les légations étrangères ont reçu des princes du Nord une adresse par laquelle ceux-ci exposent les motifs qui guident leur politique, et annoncent aux puissances ({u'ils n'ont pas d'autre intention que de se tenir sur la défensive. Les signataires de l'adresse expriment le désir d'entrer directement en relations avec les étrangers....

La Gazette officielle de Kioto a publié, il y a déjà quelque temps, un long document auquel elle donne le titre de Constitution. Il est difficile de se rendre compte de ce travail fort confus. On y voit la trace de certaines idées européennes remaniées par la logique japonaise, qui cheroherait à adapter les formules du gouv. rnement constitutionnel au régime de l'organisation féodale et despotique. La constitution compose son gouvernement d un pouvoir executif, d'un pouvoir législatif et d'un pouvoir judiciaire. Mais chacun de ces rouages se trouve enchevêtré dans une foule de conseils de seigneurs ou de daïmios, dont les attiibutions se contrecarrent les unes les autres. Tel qu'il est, le projc^t est inexécutable, surtout dans Tétat actuel du pays, qui se trouve morcelé en une foule de petites princi[»autés. Mais peut-être y trouvera-t-on dans l'avenir le germe d'une œuvre plus sérieuse.

Une autre dépêche antérieure de quelques jours, adressée au Ministre des affaires étrangères, présente quelques considérations particulières sur le changement de résidence du mikado et sur les circonstances politiques que traverse le Japon :

Le projet de former une espèce de fédération dans laquelle

térieur qu'une ligne de faîte assez faible, à pentes trèsduuces à Touest, plus rapides à l'est, dont un seul point, VEnghytchpal^ projette assez haut ses sommités dentelées pour qu'on les puisse apercevoir de la côte. Presque tout le reste de cette région de Tile de Sakhalîn n'est qu'un terrain montueux, ondulé, auquel se mêlent de grandes étendues de toundras ^ Bientôt, cependant, lorsqu'on a dépassé le parallèle du détroit de Mamia, c'est-&-dire la partie la plus resserrée de la Manche de Tartarie, et que Ton arrive vers Tanghi et Mgatch^, les montagnes se rapprochent tout près de la côte, et forment plusieurs chaînons parallèles qui augmentent d'importance à mesure que l'on avance dans cette direction, la plus élevée de ces crêtes parallèles reprenant une altitude d'environ 600 mètres. Douï, le point le plus connu de Sakhalïn (un peu en deçà du 51* degré de latitude), est situé au pied de ce massif élevé, coupé de vallées qui courent dans le sens de la côte, du nord-ouest au sud-est. De Douï à Nayassi (à peu près par 49*^), la chaîne principale continue jde courir au voisinage de la côte occidentale, où elle vient souvent se terminer en rochers abrupts. Un pic isolé que j'ai visité dans cette partie de l'île, le Ktausipal ou Pic de la Marti' 7iière, se détache de plusieurs rangées de hauteurs parallèles que l'on voit de l'est s'élever en amphithéâtre, et dont je n'estime pas les points dominants, ainsi que le Ktausipal lui-même, à moins de 900 mètres.

< Au sud de Nayassi et des Tauroses, la chaîne rentre un peu plus dans l'intérieur, et la côte n'est plus bordée que de contre-forts abaissés jusqu'au cap Lamanon (vers 48* 46' de latitude), que le massif de VItchara domine d'une

1 . On désigne sous ce nom, dans le nord de la Sibérie, les terrains bas, marécageux ou gelés, qui bordent la côte.

2. A peu près sous le 51' parallèle, un degré au S. du détroit et «leiix degrés au S. de l'Amour. — La carte c'crit Mgratch le norti du uuurs d'eau qui dans le texte est écrit Mgatcii.

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hautenr de 1200 Qiètres. Puis la chaîne, abaissée de nouveau, se rapproche de la côte orientale, où Ton connaît les sommités élevées de K<ispi et de Noubouripo ; au point le plus étroit de l'île, entre Koussounaï et Manoué (à peu près sous le 48* parallèle), on n'a à franchir qu'un faîte d'environ 120 mètres pour arriver au versant opposé. Au sud de Koussounaï, la chaîne côtière de l'ouest ne s'élève pas notablement; sur un point seulement, vis-à-vis de No< tosama (vers 47* 25' latitude), un pic dominant, probablement le pic Bernizet de La Pérouse, semble, vu de la mer, une île élevée que le navigateur aperçoit longtemps encore après qu'il a perdu de vue les parties basses de la côte.

< Au sud de ces dernières montagnes, il n'y a plus, jusqu'au cap Grillon *, qu'une montagne boisée de peu d'élévation, sillonnée de nombreux ruisseaux qui se dirigent parallèlement de l'ouest à l'est dans les nombreuses coupures qu'elles se sont creusées à travers les terrains crayeux. Quelques sommités isolées au voisinage de la côte, restes d'anciennes chaînes, telles que le Toukotaou Koubouri ', élevé de plus de 450 mètres, permettent d'embraàser du regard la configuration du pays. Du sommet de ces hauteurs, ou aperçoit à l'est d'autres montagnes qui projettent à l'horizon leurs masses froides et nues. Le pourtour de la baie d'Aniva présente en très-grande partie une suite de plages basses'. Trois massifs ou chdnons, qui viennent aboutir autour de la baie ou sur la baie même, en déterminent la forme. Le premier est la chaîne de l'ouest, qui 86 termine, comme nous l'avons dit, au cap Grillon. Le

1 . Pointe S. 0. de Ule, appelée aussi sur la carte, C. Notoro, •

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