SIBÉRIE
publications de la Société de Saint-Pétersbourg ; malheureusement ces publications sont en langue russe, et elles n'arrivent k la connaissance de l'Europe occidentale et à la nôtre ni aussi promptement, ni surtout aussi complètement qu'il serait désirable. Il nous faut bien souvent nous contenter de communications sommaires, que du moins nous recueillons soigneusement dans les pages de V Année géographique. C'est ce que nous allons faire encore aujourd'hui, d'après les procès-verbaux de la Société de géographie russe tels qu'ils sont publiés très-utilement dans le journal français de Saint-Pétorsbourg.
L'expédition de M. de Maydel a reçu entre autres instructions, tant de la Société de géographie que de l'Académie impériale , la mission expresse d'étudier aussi complètement que possible une question qui a pris depuis deux ans une assez grande importance, celle de la terre de Vrangel. L'expédition partit d'Irkoustk le 13 août 1868, se dirigeant sur Yakoutsk; elle a quitté cette dernière ville au commencement d'octobre, et le 20 novembre elle se trouvait k un endroit nommé Barilâs, à 300 versts de Yerkhoïansk. Un astronome-physicien, M. Neumann, et un topcrgraphe, M. Afanassief, pour les levés de la route, accompagnent M. de Maydel. Les dernières nouvelles, reçues le 2 avril 1869, sont datées du fort Anouïsk, sous le 68* degré de latitude, à 200 versts de Nijni-Eolymsk. L'itinéraire devant se régler d'après les localités où l'on trouve à faire paître les rennes, on a dû renoncer à suivre la côte de la mer Glaciale; il a fallu prendre à travers les montagnes. Selon toute probabilité, l'expédition passera l'été sur les bords de la mer de Bering, pour revenir de là sur l'Anadir. Les travaux astronomiques et topographiques se poursuivent. Les grands froids avaient entravé les observations magnétiques.
Voici les nouvelles* de la commission de la frontière
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raf^so-chinoise. Pendant l'ëté de 1869, les travaux de démarcation sur les bases du protocole de Tchongoutchaky signé en 1864, ont été poursuivis sur la frontière de la Russie et de la Chine par des délégués de la part des deux puissances. Les provinces chinoises limitrophes de Roaldja et de Tchougoutchak, étant désolées par l'insurrection des Dounghân, il ne s'agissait cette année que de la démarcation de la partie des frontières qui borde les gouvernements de Tomsk et de Semipalatinsk, du côté des territoires chinois d*Ouliassoutaï et de Khobdo. Le commissaire russe, M. Babkoiï, s'était mis à la disposition de la Société pour tout ce qui peut intéresser la science. Il a donné, dans une de ses lettres, une intéressante esquisse de la vallée supérieure de la Boukhtarma, affluent de llrtysch. La délimitation indiquée a élé terminée au mois d'août. La nouvelle ligne de démarcation a pour point de départ Tancienne colonne (maïjak) de Chabina-dabaga érigée lors de la délimitation de 1727, sur les confins du gouvernement d'Yénisséi ^ ; cette ligne se dirige ensuite dans la direction du nord-est au sud- ouest, passe par les contrées les plus sauvages de l'Altaï, et aboutit à la rive droite de l'Irlysch Noir non loin de son embouchure dans le Dzaizftn. Pendant qu'on plaçait les poteaux, les topographes russes exécutaient les levés. La hauteur des différents points au-dessus du niveau de la mer a été déterminée au moyen du baromètre. Les opérations ont été appuyées d'observations astronomiques.
M. Radloff, qui depuis 1868 a reçu les instructions de la Société pour la continuation de ses investigations ethnographiques^, avait donné pour but à son excorsion de 1869
1. Voir Klaproth, de la frontière russe et chinoise , dtns ses Mémoires relatifs à VAsie^ t. I", p. 26. *