‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 168 sur 249 · Voir le t. IV de VAnnée géographique ^ p. 209, n · texte numérisé non relu

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thian-chAn. 269

vallées des rivières Tchou, Kachgar, Naryn, Ârpa et Atpascba, qui s'élèvent graduellement depuis 3500 pieds jusqu'à 7000 pieds ^ au-dessus du niveau delamer, la végétation est semblable à celle des steppes de la dépression araio-caspienne. Cette végétation reparaît sur le versant du côté de Kachgar, c'est-à-dire sur la pente méridionale du Thian-chan. La flore alpine présentait une variété plus grande. Elle apparaît dans tout son développement sur le passage des chaînes neigeuses, dont les cols se trouvent à une hauteur de 11 à 12 000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Les plateaux élevés des lacs de Son-koul et de Tchatyr-koul (9 à 11 000 pieds) présentent également une flore alpine fort intéressante, quoique phis pauvre.

Voici quelques faits intéressants pour la géographie des plantes. Sur la hauteur des deux cols Djaman-Doblân et Tâch-Robat (dans les deux dernières chaînes neigeuses se dirigeant vers Kacfagar) l'explorateur a trouvé le Cheiranthus himalayensis identique à celui que l'illustre voyageur Jacquemont a découvert sur les hauteurs de l'Himalaya, près des limites de la végétation. Sur le lac Son-koul apparaît pour la première fois une forme très-originale des ombellifères {Hymenolaena) qui jusqu'à présent n'a été trouvée nulle part dans le Turkestan, et qui n'acquiert son entier développement que dans les montagnes des Indes. Enfin sur la pente méridionale du Thian-chan, yersEachgar, a été trouvée une nouvelle Gorydalis (C. Kachgarica) qui approche de la G. adianthifolia des monts Himalaya.

Une importante acquisition potir la science se trouve consignée dans les résultats des investigations de M. Bouniakûfsky. Envoyé pour affaire de service dans la contrée de Naryn, il y a passé une partie de l'été et tout l'automne.

1 . Tous ces nombres sont le résultat des investigations de M. Bou<* Viiakofsky en 1868. L'expédition de M. Poltarazky n'avait pas de ba*romètre à sa disposiion.

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Muni de baromètres, il a pu mesurer un nombre assez considérable de hauteurs, et ces données offrent la possibilité de se faire pour la première fois une idée approximative du profil de Tian-chan depuis la plaine trans-ilienne jusqu'à celle de Kachgar^

Enfin» M. Severtzoff, qui fut aussi chargé en 1867 d'une mission d'études scientifiques dans le Thian-chan, a fait connidtre les résultats de sa double campagne de 1867 et 1868. M. Severtzoff consacra l'automne de 1867 à une excarsion dans la partie sud-est du Turkestan, vers le Naryn. L'itinéraire de ce voyage a été publié dans les Bulletins de la Société de Saint-Pétersbourg de 1868, n^* 2, pages 187-189. Ce voyage avait été entrepris dans le but de déterminer la coupe géologique de la chaîne du Thian-chan, depuis rissyk-koul jusqu'à la plaine de Kachgar, près du cours supérieur de l'Âksaï. Au commencement de novembre 1867 le voyageur s'est rendu de Tokmak à Tachkent, en faisant des excursions près d'Aouliéa-ta, dans le but d'étudier la formation houillère. Il a passé l'hiver à Tach* kenty et au printemps il a visité les environs de Ehodjend pour y herboriser.

Dans le disdrict du Syr-daria, des coupes gëologiqpes ont été déterminées par M. Severtzoff depuis l'extrême limite occidentale du Thian-chan. Aux environs de Khodjend il a examiné les couches épaisses de houille» et un grand nombre de gîtes de minéraux. Il a également déter^

1, Les Mittheilungen de Petennann ont déjà publié quelques-uns de ces chiffres d'altitude, 1869, n»3, p. 108, et n° 1], p. 433. On trouve aussi au n" 5 de cette année (carte n** 9 du volume) la carte du système du Thian-chan, carte que M. d*Osten-Sacken a répétée dans son Sertum Tianschanicum j bien qu'en plusieurs points elle ne soit que provisoire. Voir la note analytique qui accompagne la carte, au n« 5 des Minhexlungen (1869), p. 161, et celle de M. d'Osten-Sacken , p. 75 de son Mémoirei

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miné le» gisements de turquoises dans la marne blanche qu'on trouve sporadiquement dans le syénite.

Du temps de Humboldt et de Ritter on représentait sur les cartes le Thian-chan comme une chaîne longue et étroite. Déjà, lors de ses premières investigations, en 1864, M. Severtzoff avait conçu des doutes sur la justesse de cette représentation. Il supposait qu'il serait plus conforme à la réalité d'adopter la description du célèbre voyageur bouddhiste Hiouen-thsang, qui décrivait la partie du Thianchan qu'il a visitée comme une contrée montagneuse d'un large parcours, ayant une grande quantité de pics et de vallées. M. Severtzoff a eu la satisfaction de voir constater Topinion qu'il a émise il y a cinq ans, au fur et à mesure que les investigations s'y poursuivent.

Le Thian-chan se présente comme un grand soulèvement de récorce terrestre, et c'est seulement, dans l'opinion de notre voyageur, par la lente action des eaux que se sont formés des ravins, puis des vallées, qui partagent le Thian-chan en phisieurs chaînes. M. 8eveftzo£f donne dans son mémoire une description des différentes branches du Thian-chan. U insiste sur les avantages que présenteraient différentes parties du Thian-chan pour la colonisation. On trouve des champs cultivés sur une hauteur de plus de 7500 pieds. Les profonds ravins, entre lee montagnes, sont garantis des vents du nord, tandis qu'en même temps leurs pentes sont réchauffées par le soleil ardent des mois d'été.

M. Makchéeff a profité de son séjour dans le Turkestan, pendant Tété de 1867, pour y reoueillir des données sur la population indigène. Les matériaux qu'il a réunis lui ont fourni le sujet d'un important mémoire à la fois statistique et ethnographique, qui fera partie du deuxième tome des Mémoires de la Société de géographie russe. L'attention de l'auteur s'est appliquée particulièrement à rassembler des données aussi exactes que possible sur les chiffres de

la population à domiciles fixes et de la population nomade. Ce sont les agents du gouvernement, et quelquefois aussi les indigènes intelligents, qui lui fournissaient les renseignements les plus précieux. De cette manière M. Makch^.ef est parvenu à dresser une liste des lieux habités du. Turkestan russe, avec l'indication du nombre des maisons. Quant à la population nomade, l'auteur indique leur répartition d'après leurs tribus. Le travail de M. Makchéef étant le premier essai statistique sur la population des possessions russes dans l'Asie centrah, mérite une attention particulière.

CONTRÉES DE L'ASIE CENTRALE entre le* ierrllolre« nuises et la Ciiliie.

MANDCHOURIE CHINOISE ET MONGOLIE TIBET. BODKHARIE* TURKESTAN INDÉPENDANT.

312. Rev. Alex. Williamson. Notes on Manchuria. Praceedings of the Roy, geogr. Soc^ vol. XIII, n» 1 , febr. 1869, p. 26-34. — Discussion, p. 35-38.

Extrait d'un Mémoire, oa plutôt d'une relation pleine de faits et de renseignements, qui sera publié m extenso dans le XXXIX* volume do Journal de la Société. M. Wilson a fait trois courses successives dans le pays qu'il décrit, en 1864, 1866 et 1867. M. Wilson a parcouru pria* cipalement le pays dont Moukdèn est la capitale, au fond do golie de Pe*tchi-li, entre l'extrémité N. E. de la Chine et la Corée ; mais il a vu aussi la Mandchourie centrale et la Mandchourie du Nord, qui forment le bassin du Soungari et de ses affluents.

313. Capt. T. G. Montgomerie, R. £. Report of a route-survey made by pundit*** frooi Népal to Lhasa, and thence througb the upper valley of the Brahmaputra to its source. Journal af the îioy. geogr. Soc», vol. XXXViil, p. 129-219; with Map.

Relation du mémorable voyage d*an pandit on lettré hindon, de Calcatta à H'iassa, en 1865-6tf, rédigée par le capitaine Montgomerie, do corps des ingénieurs de la grande uiangolation de l'Inde, d'aprè«( le rapport et les observations astronomiques du voyageur. Nous avons donné une analyse de ce voyage dans le volume précédent de l'Année géographique^ p. 109.

314. Du même : Report of the Trans-Himalayan explorations during 1867. Proceedings of the Roy. geogr. Soc, vol. XIll, n" 3 (juillet 1869), p. 183-198.

Relation abrégée d'un second voyage du même pandit en 1867, dans une partie plus occidentale du Tibet, aux gisements aurifères de Tbok- Djaloung, voisins du bassin supérieur du Sindh. La relation complète sera publiée dans le prochain volume (XXXIX) du Journal de la Société. — Au mois de février 1869, le Times de Londres, d'après des renseignements envoyés de Calcutta, publia à ce sujet une note qui a été reproduite en allemand dans les Mittheilungen de Petermann (mars, p. 103, avec une carte où l'itinéraire est tracé), et en français dans le Bulletin de la Société de géographie.

315. Expédition de M. Fedtchenko dans le Turkestan et la Boukharie, 1868, envoyé par la Société des Naturalistes de Moscou Procès-verbaux de la Société de géogr. russe, octobre 1868.

31 6 i Nie. de Kanikoff. Samarkand. Traduit du russe, par M. Wœlkel. BuUetin de la Soc. de géogr., avr. 1869, p. 29S-305.

317. Sir H. C. Rawlinson. On trade routes between Turkestan and India. Proceedings of the Hoyal geogr. Soc. , vol. XIII , n» 1, févr. 1869, p. 10-23.

318. Route from Jellalabad to Yarkand, tbrough Chitral, Badakscban, and Pamir Steppe, given by Mohamed Amin of Yarkand; with remarks by G. S. W. Hayward. Ibid.y n" 2, avr. 1869, p. 122-130.

Ce document est accompagné de la note suivante : « Ces routes furent imprimées parmi les appendices du Report on the trade and resources of the countries of th§ North Western boundary of British India, by M. R. Davies, Lahore, 1863. Ce rapport fut réimprimé ponr la Chambre des Communes; mais, par excès malheureux de réserve, les appendices et les cartes ne fuirent pas reproduits. Ces additions précieuses sont, conséquemment, difficiles à se procurer en Europe. Mohammed Amin est le guide qui accompagna Adolphe Schiagintweit dans son dernier voyage dont l'issue a été si malheureuse. >• Ajoutons que les remarques de M. Hayward Tsur lequel nous aurons à revenir tout à l'heure) doublent la valeur du document.

819. Turkestan, with the adjoining portions of the British and Hussian territories; mapped on the basis of the surveys madé by british and rUssian otûeett up to 186?. Compilêd aild pboi

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toiinoognplied under the orders ci lieut.-oolonel J, T. Walksr, R. E., superintendant grett trigonometrical surfey of India, tt his office in the Dehra Doon, october 1867. 4 feuilles grand-aigle.

Cette carte résame complètement l'état des notions acquises sar les eontrées qni s'étendent an nord-ooest de l'Inde, depnù les sources 4a Gange jusqu'au lac d'Aral ; elle est à récbelle de o>hms an degré (an peu plus de 2 pouces anglais), o'est-à-dire au 2 MO OOt* du degré terrestre.

330. J. Thonnelibr. Dictionnaire géographique de TAsie centrale, offrant, par ordre alphabétique, les transcriptions en caractères mandchou! et chinois des noms géographiques donnée en langue nationale de chaque contrée, accompagnées de notices extraites ou traduites des ouvrages chinois, et autres ouvrages originaux de l'Orient musulman. Le tout annoté et orné de cartes levées sur les originaux. Proiégymènes. Pmrû^ 1869, in-folio. (Maisonneuve.)

S 1«'. Les explorations russes dans le nord de la Mongolie.

L'année qni se termine, comme on en pent juger par notre bibliographie, nous apporte de nombreux documents, et des documents d'une grande valeur, sur les diverses contrées de l'Asie centrale, même sur celles qui sont encore en dehors de l'action directe de l'Europe , telles que la Mandchourie chinoise, la Mongolie, la Boukhaiie, le bassin de rOxus, et enfin sur les contrées encore si imparfidtement connues qui touchent aux deux pentes de Tlmaûs. Les incitations de la politique, de la religion, du commerce et de la science se réunissent pour nous ouvrir Taccès de ces régions si longtemps inexplorées. C'est aux Russes, par leur position géographique, que revient plot particulièrement l'exploration de quelques-unes de ces oontrées, de même que d'autres se trouvent plus directement placées sous l'atteinte des maîtres de l'Inde. La Mongolie est m nombre des pays qui appartiennent au cercle d'activité des explorateurs russes. En 1861, un consulat russe a été établi à Ourga, localité du nord de la Mongolie située sur va

affluent de TOrkhon, rivière qui se réunit à la droite de la Sélenga, grand tributaire du lac Baïkal. Cette ville d'Ourga, importante comme centre commercial, se trouve à 300 verst8 environ au sud de Kiakfata (on sait que le verst russe est un peu plus long que notre kilomètre), à peu près par 48^ de latitude. Depuis l'établissement de ce consulat d'Ourga, beaucoup d'informations nouvelles ont été acquises par les Russes sur ces parties de la Mongolie. Ourga a été depuis lors le principal point de départ de différentes expéditions, telles que le voyage de M. Helmersen, en 1863, au lac Kossogol; de Chichmareff, consul d'Ourga/ aux sources.de TOnone en IF 64 ; les voyages de plusieurs commerçants, nommément de M. Golovkîn, à Dolon-nor, ville commerçante du sud de la Mongolie, qui jusqu'alors n'avait été visitée que par le missionnaire Hue. Un voyage, le plus récent de tous, a été exécuté en 1868 parle consul russe, qui a visité Ouliassoutaï , ville de la Mongolie occidentale, centre d'une administration militaire. La ville d'Oùliassoutaï n'avait encore été vue par aucun Européen. D'après l'itinéraire de M. Chichmareff, cette ville se trouve à 1300 versts d'Ourga dans la direction de l'ouest. Pour y arriver, il existe deux routes. La route directe présente de grandes difficultés, à causé des montagnes et des nombreuses rivières. Les postes n'y sont entretenues que pour les fonctionnaires et les courriers officiels du gouvernement chinois. La route, dans son aspect général, est monotone ; le sol est pierreux, la végétation pauvre. M. Chichmareff a pris un autre chemin, qui suit d'abord la grande route de Péking sur un espace de 15 relais, d'où elle tourne à ronest. Le voyageur partit d'Ourga le 23 juillet et arriva le 3 août au bord de la rivière Bouïantou. Cette rivière appartient au système des eaux du lac Iké-Aral-noor, qui se trouve près de la ville de Khobdo. Du bord de cette rivière M. Chichmareô aperçut pour la première fois la majes^ tnsuse montagne d'Otkhon-Tengry , couverte de neigti

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éternelles. La station suivante de Dagan-Délé (28 v.) se trouve au pied de cette montagne.

OuIiassDutaï n'est pas une ville proprement dite, mais une forteresse ayant en tout dans sa longueur 280 sagènes et 260 dans sa largeur '. Elle est entourée d'une palissade assez élevée, qui a de chaque côté une porte d'entrée et quatre tours. La population se compose d'employés et de soldats. Les affaires commerciales se font dans un village distant d'une verst. Les marchands chinois reçoivent, en échange de leurs étoffes de coton , velours, tabac, cuir, etc., des peaux de moutons, du suif, du bétail, des chevaux, des cornes de buffles et des pelleteries.

M. Ghichmareff est revenu à Ourga par la même route, mais il a profité d'une occasion pour envoyer une des personnes attachées à sa suite à Minousiusk, par une route directe d'Ouliassoulaï, vers le nord. On a par ce moyen acquis une nouvelle ligne de route dans une partie de la Mongolie fort peu connue. Une carte itinéraire des lignes parcourues a été construite.

Les procès-verbaux de la Société de géographie de Saint- Pétersbourg, auxquels nous devons ces détails, donnent aussi quelques renseignements sur la mort du lama des Mongols, qui a eu lieu au mois de décembre. Ces personnages sont très-vénérés en Mongolie par leur incarnation divine, et y exercent une grande influence. D'après une lettre d'Ourga, la mort de Djebzoun-Damba Khoutoukhtou a produit une grande impression sur les populations, vu Tétat d'agitation dans lequel elles se trouvent par suite de l'insurrection musulmane qui sévit dans le sud et l'ouest de la Mongolie. Khoutoukbiou était âgé de vingt ans; il était né de parents pauvres. Le père du jeune Khoutoukhtou avait (té récemment élevé à la dignité de comte par l'empereur. Le Khoutoukhtou est tombé malade au printemps. Ilapa

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