‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 169 sur 249 · ROUTES DE LA HAUTE-ASIE · texte numérisé non relu

ROUTES DE LA HAUTE-ASIE

assister encore pendant le mois d'août aux fêtes nationales; mais bientôt après il a refusé de recevoir les hommages des adorateurs, et n'a plus quitté sa couche. On sait que d'après une disposition du gouvernement chinois, l'incarnation du Khoutoukhtou ne peut avoir lieu que dans le Tibet. En conséquence, au commencement de l'automne, on a dû envoyer une ambassade dans le Tibet par Péking, pour demander un nouveau lama incarné. Mais l'insurrection qui sévit dans les contrées entre le Tibet et la Mongolie a pu intercepter les communications avec H'iassa, et il se pourrait que les Mongols aient sollicité la permission de chercher l'incarnation d'un nouveau Khoutoukhtou dans la Mongolie même, ce que probablement la cour de Péking n'accordera pas, par des raisons politiques.

S 2. Les tentatives actuelles poor onvrir des commanications entre toutes les contrées de la Hante-Asie.

A aucune époque, les tentatives pour ouvrir au commerce et aux conmiunications de toute nature les routes qui peuvent relier entre elles et avec l'Inde les diverses contrées situées au delà de l'Himalaya et des chaînes qui s'y rattachent, n'ont été poursuivies avec autant de persévérance et d'activité qu'aujourd'hui. A l'est vers la Chine à travers le Barmâ^; au nord vers le Tibet à travers les passes hymalftyennes; au nord-ouest vers les pays de Yarkand et de Ehotan, et vers les territoires du bassin de l'Ozus par le Kachmîr et THindoukouch, les efforts des explorateurs gTo renouvellent presque sans interruption. Sir Henry Rawlinson a développé à ce sujet des considérations et des vues pleines d'intérêt dans] une des séances de la Société de géographie de Londres (9 novembre 1868, ci7dessus, n"" 317). « Un des

1 Ci-(iessu3 , p. 238.

278 ASIE. (n^ 312-320)

meilleurs résultats de nos recherches et de nos expIorationSy sinon le meilleur de tous, a-t-il dit, a été d'ouvrir de nouvelles routes au commerce des nations; et lorsque j'insiste sur les grands avantages du commerce, ajoute M. Rawlinson, je n'entends pas seulement parler des moyens d'enrichir nos manufactures et nos marchands : ma pensée va beaucoup plus haut. Je regarde le commerce entre les nations comme un puissant agent de civilisation, une garantie de paix générale et un moyen d'élever la condition sociale des peuples. Quand deux contrées se trouvent en relations mutuelles de producteurs et de consommateurs, leurs intérêts matériels s'identifient à tel point qu'il est presque impossible qu'elles se fassent la guerre. Dans Ions les cas, si les rapports de commerce ne sont pas un antidote absolu contre la passion de la guerre, il est certain du moins qu'ils l'aïaiblissent beaucoup, et qu'ils éloignent d'autant le danger des collisions nationales. C'est à ce point de vue surtout qu'il me parait très-désirable d'encourager et d'étendre le commerce entre notre empire de l'Inde et les nations de l'Asie centrale. »

M. Rawlinson donne communication d'une note de M. Forsyth, commissaire du gouvernement pour la soperintendance du commerce du nord de l'Inde. Cette note a principalement rapport aux communications qu'il est possible d'ouvrir avec le Ehotan et le Yarkand. Nous y lisons la remarque suivante : « Des personnes qui n'avaient pas l'habitude des voyages dans ces hautes régions ont dit souvent qu'il n'est pas possible que le commerce franchisse aisément des élévations de 5 à 6000 mètres. La meilleure réponse est l'expérience et le fait. Non-seulement le corn* merce local passe par ces routes, mais il tend à s'accroître.

< Le fait est que dans certaines limites l'élévation seule n'est pas un empêchement au progrès. Quand le voyageur est arrivé aux plaines de Roupchou ou de Ladak, il a déjà atteint une élévation considérable, peut-être 4500 ou 4600

Page 1