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Le rouble d'argent = 4 fr

ICANDCHOimiE CHINOISE. 89

de For et à laquelle ils attribnent d'immenses vertus médicales et réparatrices. H s'en exporte en Chine chaque année pour une valeur de 350 000 roubles argent. Il y a près de la ville de Ningouta des mines de sel gemme, qui sont aussi pour la population une source de profit considérable. Enfin, la province de Ghen-sïn envoie chaque année à Péking environ 40 000 sacs de pois jaunes.

Les villes de la. Mandchourie sont les suivantes : Dans la province de Ghen-sïn :

MouKDEN, capitale, non loin de la Grande Muraille, avec le palais impérial ;

Ton-hoan^ sur le Tsao-ho ;

Ning'haï-hian^ sur le Houm-hou^ira, avec un palais impérial ;

Haï.

Dans la province de Ghirin-Oula :

GMiin, capitale ; Petouna;

Ningouta^ avec des mines de sel. Cest le lieu d'où la famille impériale est originaire.

Dans la province de Sakhalîn-Oula :

Sitikara^ capitale ; Sàkhatin-Oula (Aigoun) ; Merghèn;

Naoun^ sur le Noun; lieu entouré de palissades, avec une lamaserie et 3000 habitants»

Je dois &ire remarquer, dit M. Lûhdorf, que dans la plupart des notices jusqu'à présent publiées sur la Mandchourie, la population des villes est surfaite. D n'en est guère,, à part les chefs-lieux, qui comptent plus de 5, 10 ou 14000 habitants, et il n'en est aucune qui ait quelque chose de remarquable. Ce sont toutes des villes chinoises,

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blities ifFégulièrement> avec des maisons en briques ou en terre, à un seul étage et couvertes en chaume.

S 3. Un fragment d*ethnographie mandchoue. Les Ghiliaks.

La présentation d'un crâne ghiliak à la Société d'anthropologie de Paris, — les Ghiliaks sont une des peuplades à demi sauvages de la Mandchourie russe, — a donné liei;i à un intéressant rapport de M. Pruner-Bey (n** 60), dont nous croyons devoir extraire quelques passages.

c Que sont les Ghiliaks? se demande le savant rapporteur. Ce nom, ou celui de Ghilem, date de la première exploration de la Sibérie orientale par les Russes. Encore d^ nos jours, les Ghiliaks occupent sur le continent l'embouchure de TAmoûr et les rives de ce fleuve jusqu'à 250 versts en amont, le verst équivalent à 1067 m. On les trouve également en face de ladite embouchure, sur l'île de Sakhalien ou Saghalïn, la Tchoka des Tartars, la Tarakaî des Aînos, l'Oko-Yeso ou Karafto des Japonais. Ici les Ghiliaks s'étendent du nord jusqu'au fleuve Pimi, où ils confinent avec les Oronghes, qui sont des Toungouses affiliés aux Mangoûns et aux Orotchones du continent. Encore plus au midi, l'île Saghalïn est occupée par les Âïnos. Sur le continent, les Ghiliaks se trouvent environnés de Toungouses. A l'ouest, le long de l'Amour, ils ont pour voisins les Mangoûns, au sud-est les Orotches, au nord des Lamoûts, les Njdgas, etc. — Les Mandchoux les appellent Fiaka. On en compte 1400, distribués en trente- neuf villages suc FAmoûr. Mais ils ne sont pas entièrement sédentaires, et tandis que les autres peuplades riveraines de ce fleuve sont plus ou moins mélangées, les Ghiliaks se tiennent plutdt iso* lés. {Schrenkf Pertnekin.)

« Quant à leur langue, M. Latham {Elem. of comp. PbU.) dit qu'un vocabulaire ghiliak, dans Bronson, serait mand<^ obou, par conséquent toungouse.

GHILIAKS. 91

« D'ailleurs, les Ghiliaks vivent principalement de la pèche ; ils attachent des chiens à leurs traîneaux et élèvent des ours dans des cages pour les manger quand ils ont grandi, coutume qui se retrouve chez les Kamtchakdales et les Aïnos. Leurs canots sont ou en planches, ou en écorce de bouleau. Us pratiquent un chamanisme grossier, et punissei^t Tadultère par la mort. {Permekin,)

< Quant k l'origine, c'est d'abord Klaprotb qui les considéra comme Aîqos. Cet avis fi^t adopté presque par la généralité des ethnographes, notamment par Pritchard, Latbam, Gerstfeldt, etc. Toutefois, les dernières observations que nous devons aux Russes et aux Allemande à leur service sont en opposition avec cette opinion. Malheureusement, les auteurs modernes sont également en désaccord sur ce point. Ainsi Schrenk incline à les rattacher aux peuplades de l'extrême nord- est de l'Asie, comme, par exempif), aux Tchouktchis et aux Koryaks, qui, du moins en partie, sont considérés comme Aniéricains; aux Numoilos, qqi sont affiliés aqx Esquimaux, etc. D'autre part, Pechtchoroff, Permekïn et Sabir les rangent franchement parmi les Toungouses. Si l'on étudie le crâne, on voit tout d'&bofd qu'il n'est pas aïno, car tous les voyageurs s'accordent à attribuer aux Aïnos le$ traits du visage assez sfullants pour les comparer aux Peaux-Rouges, ou même i|ux Earqpéenif. Or, rieii de plus éoioussé que les traits du visage ghiliak. En recourant en outre à l'iaspection des portraitSj nous voyons que l'homme ghiliak, au lieu d'une barbe tonffqei ne présente que de minces toiifies pileuses. »

Qnpea^e'étonner, après l'exposé de ces faits, que le savant rapporteur i;^ Pox)t(e encore Incertain sur Taffinité pbjlôque dea (lhi^eks. 1] est inipossible de ne les pas ranger, i^yec les Tfpogpi^^, dans la grande famille niongoliqne.

S 4. Exploration physique de la frontière nord-ooest de la Tartane chinoise. M. le baron d'Osten-Sacken.

Des plaines montneases et des froides vallées de la Mandchouriey prenant notre direction à Touest en remontant le bassin supérieur de T Amour , nous franchirons la profonde déchirure du lac Baïkal et la haute région de TAlta! jusqu'aux plaines enfoncées du Balkasch, dont M. Spœrer a donné, d'après des sources pour nous peu accessibles, une ample description (n*^ 68); et contournant ainsi au nord le pourtour du grand plateau asiatique, nous descendons vers la région basse qui forme le bassin Aralo-Gaspien. Des reconnaissances fructueuses pour la science ont été faites de notre temps et se continuent encore chaque jour dans ces vastes contrées, dont l'accès n'est ouvert qu'à une seule puissance en Europe. Les Russes poursuivent à la fois, depuis les rives de TOxus jusqu'à la mer du Japon, leur marche politique et leurs études scientifiques. Chaque pas fait en avant par leurs armes ou par leur diplomatie est une conquête pour notre connaissance de l'Asie, et, il fitat le reconnaître aussi, une conquête pour la civilisation de ces régions arriérées. Des contrées d'une vaste étendue que nous connaissions à peine de nom il y a vingt ans sont actuellement figurées sur nos cartes ; des centres de population et de commerce se forment et se développent, qui dans un avenir prochain tiendront une place considérable dans la géographie politique de l'Asie ; des ingénieurs, des saturahstes, des ethnologues parcourent, mesurent et décrivent des territoires restés jusqu'à présent interdits aux explorateurs. Chaque année nous avons à enregistrer quelqn'u de ces travaux, qui enrichissent la géographie, les sdences naturelles et l'ethnographie asiatique; aujourd'hui c^eit une communication de M. le baron d'Osten-Sacken qne nous apportent les procès- verbaux de la Société de géogra-

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