‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 244 sur 249 · Ci-dessus, p. 122, n · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 122, n

l'annéb géoor. vm. 37

troupeaux de bêtes à laine, ses observations, au milieu de territoires peu connus, se portèrent bientôt sur le pays môme, sur ses productions, ses conditions économiques et ses habitants. M. Poucel recueillit surtout des notes considérables sur la province de Gatamarca, vaste contrée située à la pente orientale des Andes, où il a vécu de longues années; il avait, depuis son retour à Marseille il y a sept ou huit ans, commencé une rédaction méthodique de ces matériaux, dont les premiers chapitres ont été imprimés dans le Bulletin de la Société de Géographie '. Les autres publications de M. Poucel sont les suivantes : Les Otages de Duraznoy Souvenirs du Rio de la Plata pendant Vintervention anglo-française de 1845 à 1851, Marseille, 1864, un vol. — Le Paraguay moderne et l'intérêt général du commerce, Marseille, 1867, un fort volume accompagné d'une grande carte espagnole du Paraguay. — Essai d'une monographie du Rio de la Plata; Rapport sur le Rejistro estadistico de la république argentine^ un vol. de 173 pages accompagné de deux cartes, Marseille, 1868.

PousSiELGUB (Achille), attaché d'ambassade, mort à Washington au mois de juillet 1869. M. Poussielgue a publié une intéressante et très-instructive relation du séjour de M. de Bourboulon , ministre plénipoteptiaire en Chine : M. de Boutboulon^ ministre de France, et Mme de Bourboulon. Voyage en Chine et en Mongolie, 1860-61, rédigé par M. A. Poussielgue. Paris, Hachette, 1866, un vol. M. Poussielgue a donné depuis au Tour du Monde le récit d'une excursion en Floride.

QnoT (J. R. G.), inspecteur général du service de santé de la marine. Né à Maillé en Vendée le 10 novembre 1790, mort à Rochefort le 4 juillet 1869, à Tâge de 79 ans. A fait partie comme naturaliste du voyage de circumnavigation de VUranie sous M. de Freyeinet en 1817, et en 1826 du voyage de PAsirolabe sous Dumont d'Urville, et pour les deux voyages fat chargé, avec M. Gaimard, de rédiger la partie zoologique et anthropologique.

Strangford (Percy Sydney Smythe, lord), orientaliste et géographe, né' à St-Pétersbourg le 26 nov. 1825, mort à Lon-

1. La province de Catamarca (1" et 2* fragments), BuUetin, 5« série, t. VII, 1864, p. 161 et 267.

Le 9 janv. 1869. Un choix de ses papiers posthumes vient } publié à Londres par son fils , sous ce titre : A sélection th$ icritings of vicount Strangford^ on poîitical, geographi- «d social subjects. Lond., 2 vol.

JRT (Charles), mort le 16 juin à Gheltenhamen Angleterre. des explorateurs qui ont le plus contribué aux reconnaisse intérieures de TAustralie. Dans ses deux premiers g;esy en 1828 et 1829, il explora le vaste bassin de la ri- : Murray ; ce fut lui encore qui dans un troisième voyage, )44, ouvrit le premier la route des parties centrales du reible continent.

mnaxT (James Emerson). Connu par la plus ample et la complète relation de Plie de Ceylan qui ait été donnée îs celle de Davis : Ceylan; an account of the t'sland, physiïistorical and topographical^ with notices of its natural his-

antiquities and productions. Lond., 1859, deux forts vol.

avec cartes et fig.

NHÉ (la comtesse Alexandrina) , morte assassinée dans le an le 1«' août 1869. Les courses de la jeune comtesse les contrées du haut Nil, il y a six ou sept ans, ont n grand retentissement dans toute PEurope, par leur naun peu fantaisiste et par l'appareil quasi royal que Tintréamazone aimait à y déployer. La science n'avait pas grand'e à voir dans ces excursions périlleuses; mais le sexe et ) de l'opulente touriste, son sang-froid et sa résolution qui mandaient le respect des populations à demi sauvages, liaient chez nous l'intérêt. C'était un caractère. On a reçu correspondant du Times les détails suivants sur la catashe. Elle a eu lieu dans le Ouadi-Berjoudj, à une journée de ige de Charaba, et à cinq à l'ouest de Mourzouk. La der^ 9 lettre de Mlle Tinné, qui était partie de Tripoli pour Tinlur le 30 janvier 1869, est datée de Charaba et a été reçue lôme temps que la relation de sa mort, écrite aussitôt après un de ses domestiques arabes, Mohamed-ben-Hassan-elsani.

Mlle Tinné et ses domestiques étaient escortés par un chef *e nommé £1-Hadj Ahmed-Bou-Selah, envoyé par El-Hadj «noukhen, le chef des Touareg, qui attendait Mlle Tinné à arat pour l'escorter lui-même de ce lieu jusqu'à Ghftt.

Mlle Tinné et ses domestiques tombèrent au milieu d^une troupe de six Arabes et de huit Touareg, commandée par £1- Hadj Esseheîkh-Bou-Beker, autre chef touareg, qui disputa à Ël-Hadj Âbmed-Bou-Selah le droit d'escorter les Européens, alléguant que ce droit lui avait été donné par El-Hadj Ikhenoukhenpour les conduire àTaharat. >

Disons, entre parenthèses, que El-Hadj Ikhenoukhen a visité Paris en 1863 avec M. Duveyrier, l'auteur des Touareg du Nord,

c Enfin les deux troupes convinrent d'aller ensemble. Mlle Tinné avait vu El-Hadj Esseheïkh quinze jours environ auparavant à Mourzouk, et ce chef avait reçu d'elle des présents.

a Dans la soirée du jour suivant, c'est-à-dire du l^^ août, les six Arabes et les huit Touareg se disputèrent entre eux à qui porterait le palanquin de Mlle Tinné. Les Touareg étaient armés de.lances et de sabres. Les Arabes, sous le prétexte de se défendre, saisirent les armes des domestiques de Mlle Tinné, qui étaient couchés à terre auprès des chameaux chargés.

c Mlle Tinné et les deux domestiques hollandais s'avancèrent pour séparer les combattants. L'un des manns, nommé Outsmans, fut aussitôt transpercé d'un coup de lance, qui blessa un nègre qui se trouvait derrière ce malheureux. Mlle Tinné tendait le bras droit dans l'attitude du commandement, lorsqu'elle reçut sur la main un coup de sabre, et un Arabe lui enfonça son sabre dans la poitrine.

. a La mort fut immédiate. L'autre marin, Jacobsi, qui s'était élancé au secours de Mlle Tinné, fut tué par un Arabe. Ainsi les représentants des deux tribus se partagèrent la responsabilité du crime. Tous les autres domestiques, nègres et arabes» réussirent à s'échapper, excepté une jeune négresse, nommée Jasmina, qui fut emmenée par les Touareg.

c 11 paraîtrait que Mlle Tinné se proposait d'aller faire une tournée sur le territoire des Touareg, en attendant des provisions et des chameaux de rechange, et de retourner à Mourzouk par le Boumou.

c Elle avait rencontré à Mourzouk le docteur Nachtingall, voyageur prussien chargé de présents du roi de Prusse pour le roi de Boumou, et qui avait fait une courte excursion vers Test du pays des Téboû. Il se proposait, lui aussi, de retourner à Mourzouk pour y prendre des provisions et attendre la caravane annuelle, vers le mois de novembre, pour se rendre à Bournou.

entier, et l'offider distingué qui les commandait, tout a péri, corps et biensy durant cette nuit funeste, sans qu'un seul homme ait survécu pour raconter les circonstances de ce grand désastre!

Le lieutenant Mage, jeune encore, avait attaché déjà son nom à plusieurs expéditions à la fois politiques et scientifiques, dans les contrées qui touchent aux firontières intérieures du Sénégal. £n 1856 il faisait partie d'une reconnaissance qui, sur Taviso à vapeur h Dialmath^ fut chargée d'étudier le réseau de rivières enchevêtrées qui couvrent au sud les limites maritimes du Sénégal, et ce fut lui qui en construisit la carte avec une notice dans la Revue du ministère de la marine '. En 1860, il fut au nombre des officiers que le gouverneur Faidberbe choisissait parmi les plus instruits et les plus énergiques, pour aller chez les Biaures de la droite du Sénégal nouer ou consolider des rapports de bonne entente, en même temps que Ton relèverait au milieu de ces tribus turbulentes le respect du drapeau français. Non-seulement le but politique et commercial de ces missions de 1860 a été complètement atteint ; mais il en est sorti des lumières toutes nouvelles sur les parties du Sahara comprises entre notre colonie et le Maroc. M. Mage avait eu pour sa part la mission du Tagant ; il en a écrit une très-intéressante relation*.

M. Mage nourrissait une plus haute ambition. Sur la frontière orientale de notre grande colonie sénégalaise s'étend une vaste région à peine connue, que traverse le Qhioliba dans son cours supérieur et qui aboutit à Timbouktou. Deux ou trois Européens seulement ont pénétré dans ces parties intérieures et en ont ébauché l'exploration, i^epuis quinze ans une nouvelle domination s'y est élevée, provoquant rexcitation religieuse au profit de ses vues politiques, et ne visant à rien moins qu'à fonder un empire foulab qui soit dans TOuest du Soudan ce que les Foulab du Haoussa sont depuis soixante ans dans le Soudan oriental. Cette puissance nouvelle nous est hostile, et nos armes avaient dû la refouler, dès l'origine, au delà du haut Sénégal.

1. Les rivièret de Sine et de Saloum (côte occidentale d'Afrique). ^vue maritime et colon., année 1863, p. 673-679.

2. Revue alg. et colon., t. III, 1860, p. 1-28, avec une carte. — M. Vincent et M. Bourrel étaient chargés chacim d'une mission simultanée dans TAdrar et chez les Braknas. Voir le l*' vol. de VÀnnie géographique^ p. 95, et t V, p^ 385.

V. Â. Malte-Brun. Notice sur les voyages et les travaux de M. le comte Stanislas d'Escayrag de Lauture. Bulletin de la Soc. de Géogr,, févr. 1869, p. 168-184.

J. Travers. Léon Fallue. Sa vie et ses mœurs. Mém. de l'Acad. de Caen, 1869, p. 341-364.

H. W. Dove. La vie d'Alexandre de Humboldt. Discours prononcé à Poccasion des fêtes du centenaire d'Alexandre de Humboldt, célébrées à Berlin, le 14 septembre 1869. Traduit par M. H. Dietz, et reproduit dans la Revue des Cours littéraires, 7« année, n» 1, 4 déc, p. 8-16.

G. F. Ph. V. Martius. Sein Lebens-und Characterbild, imbesonders sein Reiseerlebnisse in Brasilien. Von D' H. Schramm. Leipz., 1869, 2 vol. in-8 (Denicken).

Éloge historique de Louis Puissant. Lu dans la séance publique annuelle de PAcadémie des sciences, le 14 juin 1869, par M. Élie de Beaumont^ Paris, 1869, in-4°, 66 pages (V. ci-dessus, p. 490).

Page 1