Voir le 1" volume de V Année géographique, p
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tels que nous les fournit le recueO spécial qui les a donnés (ci-dessus, Bibliographie, o* 88).
Le père du premier prince mandchou qui fît la conquête de la Chine en 1644, avait soumis le Tibet dès l'année 1640. Quand son fils Ghouen-tché fut empereur à Péking, il donna le Tibet au Talé (Ûalal}-Lama Ngs^rouang-lo-zong-guia-mtso, pour le remeroier d'avoir prédit Tavénement de la dynastie mandchoue au trône impérial de Chine ; le rusé Chinois se réservant, bien entendu, le droit de s'immiscer plus ou moins dans les aôaires de sou heureux prophète, devenu roi par sa grâce.
Sous les successeurs de Nga-ouang, et sous Kang^hi, successeur de Chouen-tché, cette immij(tion dans le gouvernemept tibétain occasionna de nombreux conHits et même des révoltes contre les Chinois établis au Tibet. Arrivé en vainqueur à HUassa, ce général força les Tibétains d^accepter ses conditions.; il fixa de nouvelles limites^ et régla l'administration chinoise et tibétaine telle qu'elle existe aujourd'hui. La cinquante* deuxième année de Rang-hi, c'est à-dire en }703, la goerre était finie, et le Tibet) devenu tributaire de la Chine, n*a jamais cessé depuis lors d'être soumis à l'administration chinoise.
Toutefois, la Chine conserva une autorité indigène dans le Tibet; mais elle s'arrangea de manière à la tenir sous sa main. Eo effet, il y a bien au Tibet un Talé-Lama, chef de la religion bouddhique ; mais il ne s'occupe guère du gouvernement temporel. Près de lui est placé le roi de H'iassa qui est censé gouyemer. Au-dessous de lui sont quatre kti-lun ou ministres, qui ont sous leurs ordres seize grands mandarins dont les attributions sont ainsi réparties : quatre sont chargés de l'administration civile, quatre de l'administration militaire, quatre de la justice et quatre de la finance. Ces grands mandarins, qui résident ordinairement à H'iassa, forment le gouvernement indigène.
Cette hiérarchie semble, au premier coup d'œil, prouver l'indépendance du gouvernement tibétain. Il n'en est rien. Le Talé -Lama, que sa prétendue divinité devrait élever au-dessus de tout contrôle humain, a besoin, après avoir été choisi entre trois prétendants par l'ambassadeur chinois, d'un diplôme bien en règle de l'empereur de la Chine. Le roi, les ka-lun et les seize grands mandarins ne peuvent non plus exercer leurs charges, qui toutes sont électives, sans un brevet impérial.
Même après leur nomination, ces élus sont révocables au gré de l'empereur.
Un nouveau kin-tchay arrive-t-il à Hiassa, les ka-Iun et autres mandarins tibétains sont obligés d^aller le recevoir à une journée de distance ; le roi lui-môme va à sa rencontre à quatre ou cinq lieues de la ville, il se prosterne devant le grand légat et le conduit à son palais....
Voilà pour le gouvernement établi à H'Iassa. Il y a plus, les ambassadeurs administrent par eux-mêmes quatre grandes principautés enclavées dans le royaume et relevant directement de l'empereur de la Chine. Ce sont les principautés de Tra-ya^ de Tcha^mcm-tOy à l'est, et celles de Tra-chi-lun-ho et de Sakia-kong-ma à l'ouest. En outre un mandarin chinois résidant à H'iassa gouverne plusieurs petites principautés disséminées dans le Tibet, et entièrement indépendantes du roi de H'iassa. Ces grandes et ces petites provinces réunies formeraient au moins la moitié de ce que nous appelons en Europe le royaume du Tibet.
Depuis la conquête, la Chine a toujours entretenu et entretient encore dans le royaume de H'iassa une garnison soldée au nom de l'empereur par le trésor du Su-tchuen. Cette armée se compose à peu près de 4000 hommes distribués dans tous les postes les plus importants de la grande route, depuis Kiaog^ ka jusqu'à Tin-je, sur la frontière du Népal. Les centres disséminent ensuite leurs soldats dans les stations secondaires pour porter la correspondance. Chaque bureau de poste chinois a, pour l'aide, un bureau de poste tibétain, sous les ordres d'un petit mandarin chinois. Ces soldats postillons doivent aussi veiller à la tranquillité publique.
Dans tout ce qui précède, je n'ai parlé que du royaume de H'iassa proprement dit, en faisant remarquer qu'il y a dans le Tibet quatre grandes principautés et beaucoup de petites, non soumises au roi de H'iassa, mais gouvernées directement par les Kin-tchay, ou par le Y-tsin, au nom de l'empereur.
Outre ces retranchements faits au royaume de H'iassa, il faut encore observer que le général Yo-kong-yé a eu soin de réunir aux deux provinces chinoises les plus voisines, le Sutchuen et le Yun-nan, de vastes territoires qui sont entièrement tibétains par la langue, les mœurs et la religion. Au Su-tchuen il a donné les pays de Patang-Lytang^ Dégué^ Ta-tsien-lou^ Méli ou terre des Lamas; au Yun-nan il a réuni le Tchong-tièn et une grande partie de ce qui forme actuellement le gouverne-
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ment des Ow-sy. Ces pays dépendent uniquement du Su-tchuèn ou du Yun-nan.
A l'ouest du Tibet, le Ladakh ou Petit-Tibet ne dépend plus du tout de H'iassa. Après la dernière guerre des NépaUens contre le Tibet, en 1856, il a été cédé au roi de Rachmlr qui est sous la protection anglaise.
L'année dernière, les Anglais se sont emparés, sur le Boutan, d'une province nommée le Douar, et, il y a quelques années, ils ont fini d'annexer à leurs possessions de l'Inde le reste du Sikkim, en sorte qu'ils conOnent au Tibet par le sud. Les Népaliens et les Gourkas continuent la frontière vers l'ouest. Au nord que se passe-t-il? Je l'ignore. Plus tard, peut-être, pourrai-] e recueillir de nouvelles notes sur le royaume de H'iassa....
89. J. F. Chebtham. The tibetan route from Simla to Srînâgar (1859). The Alpine /oumai, vol. IIl, 1867, p. 118-153.
90. Cl. M. Smith. A walking tour through te Himâlayas, from HindosUn to Tibet (1865). Ihid. , p. 52-68.
De Simla au lac Tchouméréri, par le Spiti.
91. D' Leitner. Results of a tour in Dardistân, Kashmir, Littl® Tibet, Ladak, Zauskar, etc. Vol. I, part. 1 (Calcutta? 1867?), in-8.
Le seul renseignement que nous ayons sur ce volume, dont une partie au moins touche à quelques portions inexplorées de Textrémité N. 0. de l'Himalaya, est la mention que nous en trouvons dans les Proceedings de la Société asiatique de Calcutta, parmi les présentations faites à la Société dans la séance du 15 janvier 1868. — Cependant, il résulterait d'une note communiquée aux Miitheilungen de Petermann, au mois de mar» dernier (i868), qu'un ouvrage très-considérable du D' Leitner, dont la relation ici indiquée ferait partie, s'imprime actuellement à Londres pour la librairie Trûbner. Cet ouvrage, qui aura pour titre général the Baces and Languagea of Dardistân^ se composera de quatre parties. La première traite de la langue et des mœurs des diverses tribus qui forment le peuple Chln (les Tchilasi, les Ghilghitti et les Astôri '), du peuple Khadjouna (les Honnxa et les
1. Cest cette race de montagnards coddus de toute antiquité dans
Naghir), et du peuple Arniya (les Vassén et les Tchitra))* Ce travail comprendra one grammaire comparée et des vocabulaires d'environ lioo mots des différents idiomes du Dardistan, rapprochés (les dialectes des Kifirs-Sâhpoûch , avec des proverbes, des contes, des légendes, des Cables, des esquisses historiques et ethnographiques sur toutes ces tribus, et une notice sur les' dernières expéditions militaires qui ont été poussées JQsqo'i la frontière Ghilghit— La deuxième partie traite de Im langue du Kachmir, et sera accompagnée d'iuscript'ons, de ehants populaires, d'une grammaire, de vocabulaires, de notices littéraires, etc. — La troisième partie est la relation du voyage, avec des observations et des incidents relatifs au Laboul, au Zausicar, au Ladakh, an Petit-Tibet, au Kachmir et au Dardistan. — La quatrième partie traite de la place des langues dardou dans la philologie générale, et un Appendice donnera la représentation de plusieurs centaines d*o^jets curieux recueillis par le voyageur.
Si rouvrage du 0' Leitner remplit ce riche programme, ce sera assurément un des plus curieux et des plus importants qui aient été publiés depuis longtemps sur l'ethnologie hindoue.
92. Lient, gén. sir Stdnby Cotton. Nine years on the N. W.frontier of India, 18Ô4-64. Lond.^ 1868, in- 8. 14 sh. (Bentley)..
93. Guillaume Lejean. Le Paudjab et le Gacheniir, 1866. Tour du Monde, n*» 455-457, t. XVIII, p. 177-224^, sept. 1868.
Si le voyageur n'a pu faire, selon son désir, un voyage de découvertes^ un récit animé, souvent instructif, toujours attachant, dont la valeur et l'intérêt sont encore rehaussés par une suite de belles illustrations qui placent véritablement le lecteur en presen:e des sit^s, des monuments et des types , font de ce premier fragment un morceau tout à fait pemarquable.
94. Bd. Loarer, capit. au Igng cours. L'Himalaya, ses productions naturelles. Culture du thé dans l'Inde. Paris, 1868, in-8, 62 pages (Extrait du Bulletin de la Société impér. d'acclimatatiorij févr. et avr.).
Tableau complet,. physique, botanique, zoologique, agricole, écono* mique et ethnographique, de l'immense barrière qui forme au nord la limite naturelle delà péninsule hindoue. La seconde partie, à propos de la culture du thé dans l'Inde, présente une sérieuse étude de toute réconomie agricole de la péninsule.
95. Thomas Anquétil. Note sur une carte de TAssam et du Cachar, publiée par W. et A. Keiih Johnston. Buhetin de la Soc. de géogr., avril 1868, p. 393-397.
Carte économique, construite au point de vue de la culture du thé et de Texploitation de la houille.
les parties orientales du Hindou-koûsch sous son nom de Chln (Tcbîna en sanscrit), qui plus d'une fois a donné lieu à la plaisanto méprise que précisément nous avons eu occasion de relever dans noire volume îcluel (voir ci-dessus, p. 48).
l'aNNKE GliiOGB. Vil. . 9
9§* Df A. Campbell. On the biUs tribes aroi^nd Darjeeling. Mémoire lu à TËthnological société de Londres, le 7 avril 1866. Note analytique dans VAtherlœum du 18, p. 564-
Le D** Campbell a visité ces parties orientales de rilim&laya, entre le Képàl et rAssaoQ, en compagnie du D' Hookèr dans le éburant de 1848". (Voiries Himalayàm Joumaîi de M. Hooker^ 2 vol.) Les populations du Slkkim et des territoires avoisinants présentent une singulière agglomération ée races et de types, bien qu'au fond elles ren-'' trent toutes dans deux souches primordiales, la souche arienne et la souche mongoli'que ; le D** Caâipbell n'y distingue pas moins de huit classes :
l» Les Brahmanes ou Radjpouts (ces deux classes nobles des Aryas de rinde se confondent aujourd'hui fréquemment dans les provinces duN.et du N. E.). Peu nombreux, et ne se trouvent qu'à Touest de Kousi, dans le Népal. La langue est le sanscrit, le type est indo-européen.
2« Bhoûf, lHagârs et Gourvoii^s. Race mêlée. Hindous aux traits mongols. Notions très-faibles de la caste. Dialecte parbattiyà. Ce sont des montagnards de petite taille, mais qui font de bons soldats.
3* Êhotyasy Leptchas et Mourmts, Bouddhistes parlant le tibétain. Sthnologiquement, ils appartiennent au tyi^e mongol, physiquement, ce sont des hommes forts et actifs. Les deux dernières tribus sont de pins petite taille et'plus foncées que la première.
k* Limbous^ Sounram et TihéparKjn. Dialecte qui tient de Tindien et du tibétain. Type mongol, tres-marqué surtout chez les Limbous.
S^ Metihiê, Dhimali et Gharûs. Dans les basses terres. Ils ne sont ni hindous, ni bouddhistes, ni inusulmans. Type mongol.
'6" Tharvos et Dîuinvars. Bouddhistes ou musulmans. Type mongol; teint foncé.
7« BdAiVs, Kébants, Amattis, MàrAlias^ Dfuinouks etjhmi. Dialecte hindi ou bengali. Ce ne sont pas des Mongols.
8» Kotchis ou Hadjbangsia (Kâdjàvança, « race royale »). Hin^oas au teint foncé. Habitent leTérai ou zone méridionale du Népal et du * sUckim, mais sont répandus aussi dans les districts adjacents de rinde anglaise.
97. \y,.W. HuNTEB, of the Bengal civil service. TJie Annals of rural ' Be^igalj from officiai records and the archives of native fami-
lies. Lond,, 1868, in-a. 17 sh.
Ouvrage important pour l'étude économique et sociale dfi l'Inde, et pour la connaissance des races indigènes*. On annonce, du même auteur, l'ouvrage suivant :
98. W. W. HuNTER. A comparative Dictionary of the non-aryan languages of India and High Asia. WKh a Dissertation, political and linguistic, on the aboriginal races. Being a Lcxicon of 144 languages, illustrating touraiiian speech Lompiled from Iho Hodgsun list-^, Governinent Archives, and original mss. Arranged with l'refaces and indices in english, l'rench, ger» man, russiau and latin. Lond., 1868, gr. in-4'', 230 pages. 42 sh. (Trûbner).
*2iiô. JJ. Korbw Watson. Index U, the ualive and scientuic names
of^ indian- aaé oiter atstemi economio. plants and pcoducts. Originally prepared under the authority of Seorataiy of- State for lodia in Goancil. Lond., 1868, gr. in-8> vin-638 pages. 1 1. n sii. 6di(Tf1lbnei^.
lOO; Mai7 GAMwnauhSixinontlui.in India. lond^lS&S, !l ?ol. iilfd (/înpgTOin),.
Tableaa de la société native. Voir ane notice snroAi livre, Bevui 4ê9 JUti^MondBs, 15 juin, p. 1020«
101. Panissb (le comte de). La Russie, la Perse, rinda^^acruTenirs de TPy^ge^ 1865-66. PafU, 1^68, gr. in-18, 423 pages.
mt Sa* QKr^Mr. Journal d'un.voy^igQ dans rinde anglaise, à Java, dana.PMGliipeldfla Moluquea^.sur. les côtes méiidionales de la QiiiMi, il Cc^lao (1864). jèorts, 1867, 2 vol. gr. iu-8<r avec pi.
te regrette qn^ Tespace ne me pamette pas de m'àrréter.loagDement sur cette vive et intéressante relation, le meilleur guide, assurément, d<mtiralftie i»-ianiiir4%QBnie inetriiit qnl vendra faite eon tour d'eztfta^ Orient.
10&àit%.liU«.Vw8ax« Les. 'castes du sud de rinde (région* DravidUnM^tJisficy^ia6ii.iar^.47.p. (Ptztr. de la.JRevus orUntale,)
jjûguiBJKTB M. A. SfiEBimiG. TUe sacred city of the Hlndus; an Ac* count of Benares in ancient and modem tlmea. loiid., 1868, in-8. 15 sh. (Trôner).
104. CôloneLG. W. TRRMimHEBRB, H. E. On the lower portion of the river Indus. Jùum, of the Roy. geogr, soc. Vol. XXXVII, p. 68-91. Map.
tiitade. I^drolegique.
lQ5>k Joland DamvcbSv, govemment director of the Indien RailWay Companies. Report to the seeretary of State for India in Council on Railways in India, for the year 1867-68. Presenled to both Houses of Parliament. lond. , 1868, in-folio.
Veiii^ d*aprèt le Rapport, l'état actuel (1967) des chemins de fer de * llaékcoiistrnits on. en coeatrucUon :
Reste
Lignes. Étendue. à
terminer.
millfii. Diillrs.