MAROC. S
212. Du Même. De Mogador à Maroc et de Maroc à Saffy. Kevw âa edurt tfUMMt» )1 oct. 186S, p. 7(13-166.
213. B. BALAMââ., fmgeur botaniste. Voyage de Mogador à Maroc (1667). tiUiémA UiÉ&t.âe ëèbf/f., km\ 1666, p; Uï^SM.
214. Ù'-TBimiiii. Du climat ide Mogador, sous le rapport dés iifeéttotur pdmdUtiîes. ibiâ., p. 635-369.
215. A, H. DB CA8TILB0. Descripçâo et Roheiro de costa ocddentu de AfMca^ desdè o câbô de Eiqiiatlel até ô das Agollias. lii^ Mi^ 1666, ilMt 6 *irtee (t4 1) .
il. Beamnier, consul de France à Mogador * pendant le séjour qn'ii a fait récemment à Paris, a lu k la Sodlté de Géographie des Notes d'un grand intérêt recueillies dans le oours d'une excursion à Mogador au mois d'octot>i*e lâ68. La distance de Mogador à Maroc est de trente-trois heures au pas ordinaire du chsTal) à travers un pays très-ihonotone couvert de sables, d'étendues pierreuses, de terrains inciil* tes et sans eau, jusqu'à cette interminable plaine de Maroc oh Ton ne peut se défendre d'un serrement de cœur à la vue de si belles terres vierges abandonnées et dépeuplées. Ce qui frappe toujours le plus l'Européen voyageant au Maroc, c'est Taspect de ces vastes solitudes bordant les chemins qui doivent être les chemins les plus fréquentés et sur lesquels on reocoutre rarement au delà d'une trentaine de personnes par journée. M. Beaumier a pu noter que durant six jours, sur la grande route de Mogador à Maroc, sa petite caravane ue s'est pas croisée avec plus de cent indigènes, voyageurs ou courriers, paysans, chameliers ou àniers. On prétend que les Arabes se groupent le plus loin possible des chemins pour mieux échapper aux chaif;es que leur impose le passage chez eux du moindre soldat ou fonctionnaire. Mais, bien que le voyageur n'ait
1 . On doit à M. Beaumier la traduction de la Chronique du pays de Maroc connue sous le titre arabe de RouâhreV-Karias (le Jardin des feuiUets). Paris, 1860, 1 vol. in-8.
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jamais perdu roccasion (rare, il est vrai) de s'écarter de la roate, il n'a pu découvrir aucune de ces agglomérations. Chez les gouverneurs des provinces qui occupent les kasbahs justement considérées comme les centres les plus importants des tribus, M. Beaumier n'a jamais pu évaluer au delà de cinq cents habitants le nombre des Arabes groupés^ sous la tente autour de ces maisons de kaïds. Le Maroc n'est nullement peuplé en raison de sa superficie et de ses ressources naturelles, et entre les diverses évaluations de sa population, variant, selon l'auteur, depuis 15 millions jusqu'à 4 millions d'habitants, ce dernier nombre est le plus vraisemblable.
Les gouverneurs des provinces ont établi de distance en distance des nzéla^ sortes de postes généralement formés de quelques tentes occupées par des hommes armés dont la mission est de veiller à la sûreté des routes pendant le jour, de garder pendant la nuit les voyageurs et les caravanes, et les protéger, au besoin, contre les attaques des voleurs. Les habitants de ces nzélas perçoivent pour leurs peines une ou deux mouzaunas (4 ou 8 centimes) par chaque béta de somme chargée qui passe sous leurs yeux ; mais quel* que faible et légitime que soit ce droit, la parcimonie des Arabes est telle, que beaucoup préfèrent de longs détours et s'aventurent même quelquefois à travers monts et vaux pour ne le point payer. On monte la garde toute la nuit dans les nzélas afin que le voyageur y puisse dormir tranquille. S'il s'agit d'un Européen, tout le monde reste sur pied pour entourer sa tente, et cela se fait avec d'autant plus d'empressement que Ton sait bien que le chrétien récompense toujours largement ceux qui le servent. Cet argument est, du reste, le seul qui puisse décider ces pauvres gens à s'en aller quérir dans les douars voisins les provisions dont on a absolument besoin, et que rien ne les oblige à fournir.
Quoique les nzélas doivent toutes être également sftres, il