‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 76 sur 249 · V. cl-dessQs au même n · texte numérisé non relu

V. cl-dessQs au même n

374. J. CoLLiifsON. Explorations in Central America, accompanied by survey and levels from lake Nicaragua to the Atlantic Océan. A'oceed, of the Roy. Geogr. toc, vol. XII, n» 1, Janv. 1868, p. 25-48.

375. G. DE Bblot et Gh. Lindexann. La république de Honduras et son chemin interocéanique. Paris ^ 1867, in-8.

376. S. CocsBURN. Notes on the physical geography of the Belize river. Proceed, of the Roy. Geogr, soc.j vol. XII, n» 2, mai 1868, p. 72-75.

377. Sebast. Laouna. Note sur le rio Pasion, ou Uzumacinta (Tucatan). Annales des Voy.y oct. 1868, p. 121-124. (Add. une lettre de M. Bbrendt, Bulletin de la Soe. de géogr,, jmn 1868, p. 596.)

378. D' Gust. Bebnouilu in Guatemala. Briefe aus Guatemala. Mittheûungen de Petermann, 1868, n" 3. p. 86-90.

Notes de géographie physique et ^'histoire naturelle.

379. Aimutire de la Martinique pour 1868, in-18, 310 p. {Paris, Challamel).

380* Annuaire de la Guadeloupe et dépendances pour 1868. Basse- Terre, 1868^ in-18^ xvi-336 p. Ibid.

381. D'A. Pellai^n. Considérations sur la topographie médicale de la Guadeloupe. Archives de médecine navale, t. IX, juin et JuiUet 1868, p. 417-430, 5-18.

382. Don José Maria de la Torrb. Nuevos Elementos de geografia e historia de la isla de Cuba, para el uso de los Ninos. Hàbana, 1868, petit in-8 carré, 93 pages.

M. de la Torre a écrit d*aatres bons petits livres géographiques A l'usage des écoles de rUe de Cuba, et de la Havane en partieulier. L'un de oct pttiU ouvrages a poor titre : iV9«noiiffe ds Oeogfmifim «m'otraai yptarêioiÊh/rdêlaMimafqvia MpaAoto, eon tmot r«ti«a# de la At«lo-

ria de Etpaiia y dtl detcuhrimiefito d$ la America, Habana, 1868, petit in-s* carré, 144 pages. (Paris, Denné SChmitz).

383. Archives de la Commission scientifique du Mexique, t. III , l" livr. Paris y 1867, in-8, 166 pages, avec cartes et pi.

Ce cahier, dont les matériaux étaient réunis depuis longtemps, se compose d*un assez grand nombre de morceaux importants pour la géographie physique, la géologie, l'histoire naturelle et l'archéologie des provinces explorées, en 1865 et 66, par les voyageurs que la Commission scientifique de Paris avait munis d'instructions. Nous citerons seulement les notes ou mémoires qui appartiennent plus particulièrement au cadre des études géographiques.

Nevado de Toluca. Mémoire de MM. A. Dollfus et E. de Montserrat; p. 29-35; avec 3 plans.

Profil barométrique à travers le Mexique, entre San Blas et la Vcra Cruz, par M. £. Guillemin, p. 36-42.

Volcan de Colima, par MM. Dollfus et de Montserrat, p. 43-55 ; avec un plan du cratère.

Tableau des déterminations barométriques de l'altitude de plusieurs lieux au Mexique, par M. Burkart, p. 79-104.

Rapport sur les ruines de Mitia, par M. le colonel Doutrelaine, p. 104-111; avec 4 plans.

Rapport sur la pierre de Tlanepantla, par le même, p. 111-120 -, avec une planche.

Rapport sur un manuscrit mexicain de la collection Boban, par le même, p. 120-133 ; avec une planche.

Rapport sur une mission en Espagne, ayant pour objet la recherche des manuscrits relatifs à l'Amérique centrale et au Mexique, par M. Maonabal, p. 133-147.

Rapport sur les antiquités mexicaines conservées à Copenhague, par L. LéouzoN Le Duc, p. 147-163.

Nous n'avons nullement l'intention de nous étendre sur un sujet rétrospectif; mais il est impossible de ne pas être frappé, à la seule lecture du relevé qui précède, lequel n'est lui-même qu'une bien faible partie des travaux organisés et poursuivis par la Commission scientifique, il est impossible, disons-nous, do ne pas être frappé de la largeur de vues avec laquelle l'entreprise avait été conçue, de l'ampleur des moyens qui avaient été simultanément organisés, et de ce qu'une telle investigation, si elle avait été poursuivie quelques années encore, aurait pu donner à la science de documents certains et de résultats positifs.

Nous n'ajouterons qu'un mot, pour signaler, parmi les morceaux

l'année r.ÉOGB. VIT. 21

contenus dans cette livraison — la dernière probablement qui sera publiée — des Archives de la Commission scientifique , le profil barométrique du Plateau mexicain d'une mer à l'autre construit par M. Guillemin d'après ses observations. M. Guillemin avait rapporté en outre une suite très-considérable de documents sur la géographie physique et mathématique de l'ensemble du pays, et nous espérons encore que ces documents précieux seront publiés un jour ou l'autre.

Le tableau d'altitudes barométriques communiqué par M. Burkart, d'après ses anciennes observations vérifiées et calculées de nouveau, est aussi un document qui sera très-utilement consulté.

384. Hohenmessungen in Mexico. MiUheilungen de Petermann , 1868, n- 3, p. 97-98. -

Prenant pour point de départ le tableau des altitudes connues jus* qa*en 186S que nous avons publié dans un Rapport imprimé au T. II des Archives de la Commission, l'auteur de cette Note enregistre un certain nombre d'altitudes nouvelles postérieurement relevées. Il aurait aujourd'hui à en lyoater d'autres d'après plusieurs des documents contenus au n« précédent, pp. 35, 89 & 41, 54, 79 et suiv.

385. J. G. E. BuscHMANN. Grammatik der Sonorischen Sprachen; vorzûglich der Tarahumara , Tepeguana , Cora und Cahila. 3*' Abtheil. Berlin, 1867, in-4», 192 pages.

Extrait des Mémoires de l'Académie royale de Berlin.

386. L'abbé Bbasseur de Bourbouro. Quatre lettres sur le Mexique. Exposition absolue du système hiéroglyphique mexicain, la fin de rage de pierre, époque glaciaire temporaire, commencement de rage de bronze, origine de la civilisation et des religions de l'antiquité, d'après le Teo-ÀmoxtH et autres documents mexicains. Paris, 1868, in-8, xx-463 pages.

Nous nous abstenons de toute remarque critique sur ce nouvel oa« tnge de M. l'abbé BnsMur de Boorboarg.

^87. Benson J. Lossing. The river Hudson, from the Wilderness to the Sea. New York, 1868, petit in-^", avec 306 gravures sur bois. Itl sh. (tond. , Yirtue).

388. La reprise de la Floride, publiée avec les variantes sur les manuscrits de la Bibliothèque impériale, et précédée d'une pré-

iTATS-tmis. 323

face par M. Ph« Tàmizey db Labroque. BordeawB^ 1867, in-8,

G*e8t l*higtoire sontent célébrée de rexpédition dn capitaine de Gourgues. Ce chspitre dramatique, qui est toat à la fois un épisode de notre histoire coloniale et de l'histoire de nos guerres de religion, est ici donné poar la première fois dans on texte irréprochable. L'opuscule a paru BOUS les auspices de la Société des bibliophiles de Guyenne, et il est imprimé en canctères archaïques.

389. H. N. Pàrksb. Missouri as It.is in 1867; an iHustrated bistoricai Gazetteer of MissourL FkiUMfihitL, 1867, in-8, 458 p. 18 sh.

3BB. fi* LAtHAK. Blaok and Wbite; a Journal of a three months* tour in the United States. Lond., 1867, in-8. 10 sb. 6 d.

391 . H. V. PooR. Manuel of the Railroads of the United States for 1868^9; with a Sketch of their rise and development. New York, 1868, in-8. 16 sh. {Lond,, Sampson Lowj.

392. Appleton's Handbook of American traTel. Petit in-8. 12 sh. {Lond^f ibid.)

S93. J. DiBTtTRNELL. The Great Lakes, or Inland seas of America; With a Guide to the upper Mississipi river. New îorki 1868 , in*16 carré. Maps. 7 sh. 6 d.

394. E. H. Hall. Great West. Trayeller's, Miner's and Emigrants' Guide and Hand-Book to the Western, North-Western, and Pacific States and Territories. New York, 1867, in-8. 1 sh. {lond,, Low).

395. H. A. BoLLER. Among the Indians; eight years in the Far West, 1858-66. Embracing aketcbes of Montana and Sait Lake. PhUad. 1868, in-8. 10 sh. 6 d.

906« Itev. G. BocKWBCL. The Gatskill Mountains and the regioil around; their scenery, legends and history. New York, 1867, in-12. 10 sh.

397. J. R. Browne and J. W. Tatlor. Reports upon the minerai resources of the States and Territories west of the Rocky Mountains. Washington, 1867, in-8, 360 p. 21 sh.

398. J. P. WiTHNEY, commissaire du territoire de Colorado près l'Exposition universelle. Le Colorado aux États-Unis d'Amérique. Liste des minerais fournis à l'Exposition, avec des renseignements sur le pays et ses ressources. Traduit par G. N.iquMi, Faris, 18G7, petit .m-é% 71 pages, avec une petite carie dés Ëtats-Unis.

324 AMÉRIQUE DU NORD. (n** 387-413'

Ce catalogue reste utile pour ses indications géographiques et statis' tiques.

399. J. D. WiTHNEY, Chef der geologischen Aufnahme von Californien. Bericht ûber dcn Stand des Landesvermessung in Californien. Mittheilungen de Petermann, 1868, n" 5, p. 153-155.

Aperçu extrait d'une Letter of the state geologist of Califomia to the governor^ giving an account of the ^rogress of the surrey during the yean 1866-67. Le levé géodésique et géologique de la Caliromie est en cours d'exécution depuis sept ans, et a déjà coûté 125 000 dob lars. Deux volumes sont publiés (outre divers documents spéciaux), et 6 autres volumes sont en préparation. (L'ouvrage entier doit se composer de 15 volumes, ainsi répartis : Géographie physique, i volume; Géologie générale, 2 vol.-. Géologie économique, 2 vol.; Paléontologie, 3 vol.; Botanique, 2 vol.; Zoologie, 4 vol.; Cartes et Profils, i volume.

400. Die Kalifornische Halbinsel, nach den Ergebnissen der Expédition unter J. Ross Brown, W. M. Gabb und F. v. Lœhr, 1867. MittheU. de Pelermîtnn, 1868, n"» 8, p. 273-276 (avec une carte).

En 1866, Juarez trouva à New York des gens qui consentirent à acheter de loi la Péninsule californienne (sauf la pointe méridionale, qui ne fut pas, on ne dit pas pourquoi, comprise dans la vente). Une Compagnie américaine s'est formée, qui a fait explorer la Péninsule par une commission de géologues. On a ici un aperçu substantiel des résultats de leur examen, accompagné d'une carte qui n'en est pas la partie la moins intéressante.

401. J. F. Mblinb. Two thousand miles on horseback; a summer tour through Kansas, Nebraska, Colorado and New Mexico^ in 1866. New York, 1867, in-8. 10 sh. {Lond.f Low).

Sur cet ouvrage, lire dans VAthenœum anglais, n» 2130, p. 231, un article instructif au fond, piquant dans sa forme, qui fait bien connal* tre le livre et le sujet.

402. L. SmoNNiN. Le Far- West américain, 1867. Le Tour du Monde, n- 432-435, avril 1868, p. 225-288.

— Le Grand-Ouest; Lettres d'un Yoyageur. Moniteur, février (14) à mai.

403. Instructions for research relative to the Etbnology and Philology of America; preparcd for the Smithsonian Institution, by George Gibbs. Washington^ march 1863, gr. in-8, 51 pages.

(Smithsonian Miscellantoui Collections),

404. J. Mac Grigor âllan. Europeans, and their descendants in North America. Journal of the Anthropoîogical soeiely, vol. VI, 1868, p. cxxvi-cLVi et cxLvn-cLiv.

405. A. Carlibr. De racclimatation des racés en Amérique. Mé'

moires de la Soc, â^ anthropologie de Paris, t. III, l^fascic, 1868, p. 25-75.

406. Report of the superintendant of the U. S. Coast-Survey, showing tbe progress of the sur?ey during the year 1865. Washington^ 1867, in-4*, 232 pages, aTec 31 cartes et tabl.

407. Amérique septentr. Côte orient., partie comprise entre la baie de Gaspé et New York. Paris y Dépôt de la marine. Corrigée en 1867 (n» 1998).

— Océan Atlantique septentr. Ibid., corrigée en 1867 (n* 1465).

408. Colton's Map of the States and Territories from the Mississipi river to tbe Pacific Océan, showing the overland routes, etc. New Yorkj Colton, 1867.

409. Liewt. G. K. Warren. Map of the territory of the United States, from the Mississipi river to the Pacific Océan. Partly recompiled and redrawn under Ihe direction of the Engineer Bureau, in 1865-67. Washington, War Department, 1867 (au 3 000000').

Cette grande carte d'ensemble delà moit iéoccidentale des États-Unis est celle qui était jointe aux Heports of the explorations for a Pacific Bailroad route; mais^ comme le titre l'indique, elle a été remaniée et en partie refaite de 1865 à 67. Ce n'est néanmoins encore qu'une carte provisoire.

410. Map of the States of Kansas and Texas, and Indian Territory, with parts of the Territories of Colorado and New Mexico. From the most récent officiai surveys and explorations, and other authentic information. Washington, War Department, 1867 (au 1 500 000';, 2 feuilles.

411. Fred. Whymper. Travel and adventure in the territory of Alaska, formerly Russian America. Lond,, 1868, in-8, with Map and illustr. 16 sh. (Murray).

412. Will. P. Blake. Les glaciers de l'Alaska, Amérique russe. Bibliothèque universelle et Revue suisse. Archives physiques. Février 1868, p. 143-148.

Traduit du Silliman's journal, juillet 1867. La note conclut ainsi : « De ces différentes observations nous pouvons conclure que la région montagneuse de l'Amérique russe et anglaise, depuis la latitude 55* jusqu'à la mer Polaire, est couverte de glaciers, usant et rongeant les montagnes à mesure qu'ils descendent, et charriant des accumulations de débris rocheux, soit dans l'Océan, soit dans les rivières intérieures. »

41 $. North Western AiQerica, showing the.territory ceded by Russia to the U. S. Compiled for the department of Stale, at the U, S. Coast Surrey office. New York, 1867, 1 feuille.

$ t, Vtn9 qnestloD d'etlmologie et d'économie sodide. L'aoolinalemiit tox

Étate-Unis, et la transformation de la race européenne.

Ge qu'on appelle la transformation des immigrations enropéenoes en Yankts (mot qui n'est tout simplement qu'une corruptioa d^EngUsh dans la bouche des noirs), cette transformation constitiie-t-elle lûen réellement un phénomène ethnologique, et quelle en est la limite ? On a émis sur ce point obseur des opinions contradictoires, et parfois des assertions fort exagérées. Qull se soit produit dans la physionomie des familles anciennement émigrées une modification réelle (le terme transformation est beaucoup trop large et trop absolu), cela est très- admissible : c'est un phénomène tout à fait analogae à celui qui a créé dans les îles Britanniques ce type anglais si frappant, quand on le met en comparaison avec la race saxonne du continent, et pourtant si difficile à définir. Nous n'ayons pas à nous étendre sur ce sujet; ceux qui Tondraient y pénétrer plus avant pourront lire le mémoire de M. Me Grigor Âllaa, et la longue discussion qui en a suivi la lecture au sein de la Société d'anthropologie de Londres {û? 404). Un écrivain qui connaît bien l'Amérique et doDt nous prisons fort le jugement, M. Auguste Garlier, a aussi dirigé ses recherches sur le même problème, qui touche par bien des points aux conditions économiques des États-Unis (n<* 405) . Nous citerons seulement ses conclusions.

1<> En ce qui touche la race blanche., nul doute ne peut exister sur l'acclimatement régulier des Européens sur le sol de PAmérique septentrionale, toute réserve faite quant aux régions peu salubres. Mais la proportionnalité de l'accroissement naturel de la population semble être en déoroissance.

comparativement aux premières périodes de TUnion améri« caine . Toutefois, tant que Pétat civil des habitants ne sera pas constaté d'une manière régulière à l'aide de registres dont la tenue sera obligatoire, on n'aura que des conjectures sur l'importance du mouvement de progression de cette nature de population.

2° Pour ce qui est des Noirs, il y a des distinctions à faire : Aux États-Unis, l'augmentation naturelle des gens libres parait être dans une voie relativement décroissante, sans qu'on puisse rien affirmer en ce qui la concerne.

On n'a rien de certain sur ^a marche de cette nature de population au Brésil et à Cuba.

Quant aux esclaves, ils sont parfaitement acclimatés au sud des États-Unis, et leur nombre s'accroît notablement par leur reproduction naturelle, stimulée par une ignoble avarice non moins que par leur mélange avec les blancs. Mais la proportionnalité de cet accroissement, pour eux comme pour ces derniers, tend à s'affaiblir, autant qu'on peut le conjecturer, faute d'état-civil, seule base certaine d'appréciation.

Rien ne peut être affirmé sur les facultés reproductrices et d'acclimatement des mulâtres; mais des observations isolées font supposer que ceux créés au sud de pères blancs bien acclimatés sont plus fortement organisés que ceux produits au nord d'un père anglo-saxon.

Relativement aux esclaves du Brésil et de Cuba, ils n'arrivent point à s'acclimater, non point par une cause climatérique appréciable, mais par suite de traitements exorbitants qui épuisent leurs forces prématurément, et les empêchent de se reproduire.

Envisageant enfin les rapports des races entre elles, il y a lieu de reconnaître que les éléments ethniques, quelque peu dissemblables qu'ils soient, sont doués d'une énergie de résistance peu commune quant à leur assimilation, surtout l'élément anglo-saxon ; et que la race blanche entière, par sa répugnance à. la fusion avec les races de couleur, semble destinée à refouler incessamment et à détruire toutes celles qui, volontairement ou non, seront placées par grandes masses en contact immédiat avec elle.

L'auteur ajoute en post-scriptum :

Le présent mémoire a été lu à la Société dans ses séances de

décembre 1864 et janvier 1866, pendant la guerre civile d'Amérique et avant que l'abolition de Pesclavage ait été prononcée. Nous n*y cbangerons rien ; car si le nègre, dans le Sud et dans quelques États du* Nord, est appelé à la vie politique, dans tous les autres il est repoussé du scrutin, et reste un paria comme précédemment. A l'instant où nous mettons sous presse, nous apprenons que M. Helper, le plus fervent abolitionniste des États-Unis, vient de pubUer un ouvrage intitulé : No Joqtte^ dans lequel il établit que les nègres sont un sujet de scandale et de corruption pour les blancs, et il conclut en disant : « Toute la race nègre, tout ce qui descend d'elle plus ou moins directement, n'est qu'une peste dont il faut préserver le genre humain. Le premier devoir de l'homme d'État et du philosophe est de le mettre en quarantaine perpétuelle. » Après lui, un homme de science, J. W. Draper, professeur de chimie et de physiologie à l'Université de New York, vient de publier un livre scientifique dans lequel il établit que les nègres ne peuvent rester aux États-Unis sous peine de périr jusqu'au dernier, parce qu'ils y sont placés en dehors des lignes isothermes qui conviennent à leur race. Il demande qu'ils émigrent dans l'Amérique centrale, où ils trouveront le climat qui leur convient le mieux après l'Afrique. Mais peut-on considérer cet argument comme bien scientifique, alors que les nègres ont toujours pullulé aux États-Unis depuis la suppression de la traite? Disons plutôt que les Américains n'ont vu qu'après coup toutes les conséquences de Tabolition, et qu'ils sont aujourd'hui aux prises avec le problème le plus grave qu'ils aient jamais eu à résoudre. C'est ce que nous proclamions, il y a près de trois ans déjà, dans le mémoire qui précède, lorsque nous disions en termes exprès « que le grand problème posé était beaucoup moins l'abolition de l'esclavage que la coexistence sur le même sol des races blanche et noire, problème bien autrement formidable que l'abolition! > Tous les faits qui se produisent maintenant aux États-Unis ne nous donnent que trop raison.

S 2. Les chemins de fer aux £tat»-Unis. Histoire et déyeloppements.

Ce n'est pas aux questions de science purement théoriques que les esprits s'attachent chez les Américains du Nord; là, si Ton se passionne, c'est pour les choses prati-

qnes, d'une application immédiate. A ce titre, les chembs de fer de grande communication sont au premier rang des préoccupations publiques, et surtout la ligne qui, traversant le continent de part en part, est destinée, dans un avenir très-prochain, à relier les États de TAtlantique au territoire du grand Océan ^.

Un des éléments essentiels de la prospérité et de la ricl^esse d'un pays consiste, en effet, dans le nombre et la commodité de ses voies de communication. Sous ce rapport, les États-Unis n'ont rien à envier même aux nations qui marchent en Europe à la tête de la civilisation et du progrès.

On lira peut-être avec intérêt quelques détails sur les chemins de fer américains, leur création, leur développement, leur prix de construction, leur trafic et leurs produits.

La première compagnie de chemin de fer aux États-Unis s^organisa à Baltimore en 1827, sous la dénomination de Compagnie du chemin de fer de Baltimore à rOhio. Elle se mit à l'œuvre le k juillet 1828, après avoir obtenu de la législature de TÊtat ses titres constitutifs; en 1830, elle inaugurait son premier tronçon, qui s'étendait jusqu'aux limites de l'État de Maryland. En 1831, elle ralliait Frederick, à 62 milles plus loin; en 1832, elle gagnait encore 7 milles et atteignait Point of Rock. Aujourd'hui- la compagnie possède trois différentes voies : la principale {main stem) de Baltimore (Maryland) à Wheeling (Virginie occidentale), Tembranchement de Washington (district de Colombie), et celui de Parkesburg (Virginie occidentale). Le développement total de ces trois lignes est de 513 milles de parcours. Son matériel roulant se compose de 243 locomotives et de 3613 wagons.

Ce fut sur la seconde route construite, celle de Mohawk à THudson, dont l'organisation remonte à 1830 et la construction à 1831, que la première locomotive parut aux États-Unis. Cette machine, de facture anglaise, pesait 6 tonneaux; elle fut bientôt

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