‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 87 sur 249 · EUROPE ORIENTALE · texte numérisé non relu

EUROPE ORIENTALE

443 &ts. Platâo Lvovitch Vakcel. Quadros de litteratura, das scien- Gias e artes na Russia. Funchalj 1868, in-S, xvi-356 pages.

On pense bien que dans le court espace d'un mince volume, l'auteur n'a pu aborder tous les développemenisque comporterait un aussi vaste sujet, et que l'on trouve dans le grand ouvrage de M. Srbnitzler sur « l'Empire des Tzars. » Mais M. Vakcel est évidemment un homme instruit, bien au courant du mouvement littéraire de son pays; et un pareil tableau, écrit en portugais par un Russe et imprimé dans l'île de Madère, est tout au moins une curiosité bibliographique.

444. J. H. SCHNITZLER. L'agriculturc pt. la population agricole en Russie. Discours prononce à la séance annuelle de la Société dagricullure du Bas-Rhin. Strasb.^ 1868, in-8, 12 p.

Nous trouvons dans ce morceau un exposé très-net d'une des particularités les plus remarquables de l'économie agricole et sociale de U Russie, particularité dont certaines théories, inspirées par un autre sentiment que celui de la science, ont cru pouvoir se faire un argument contre la nationalité arienne des Russe», bien qu'elle existe aussi chez d'autres communautés slaves de l'Europe. Nous voulons parler de ce qu'on a nommé le « communisme russe, n Voici ce qu'en dit M. Schnitzler : a Encore deux mots sur ce qu'on a appelé chez nous le communisme russe, ou, comme 6n s'exprimi; dans le pays, sur le système des txaylot. Ce communisme, loin d'être une nouveauté cuu' véc dans la têle d'un rêveur plus ou moins heureux, comme rétai^ chez nous M. Ch. Fourier, est au contcaire en Russie un vieu.\ usage, entravant le proirrès matériel, et peu favorable an dévelofipemont de la dignité morale.

« Le liaijio est, dans le sens strict, une redevance proportionnéu au lot d'un cultivateur, et, par extension, c'est aussi ce lot lui-même, une parcelle de champs de différentes espèces quautà la qualité de la terre,

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laquelle parcelle est exploitée par un paysan avec sa famille, ses chevaux à lui appartenant et ses instrumen|p aratoires.

« Avant le grand acte de Taffranchissement de 1861 « les commnnet rurales jouissaient, et elles jouissent encore maintenant, du droit de faire la répartition de ces parcelles entre tous les membres arrivés à rage d'homme et capables de travail.

« En général, cet acte, si mémorable pourtant et que quelques-uns comptent parmi les plus importants qui aient marqué dans ce siècle, cet acte, disons-nous, a moins été rendu au profit des individus qu'à celui des communes rurales. La plupart des terres de paysans sont devenues la propriété de celles-ci, lesquelles, en solidarité avec leurs membres, répondent au gouvernement de l'acquittement des charges pécuniaires dont ils sont grevés, aussi bien que de celui de Timpôt du sang, du recrutement, qui est une de leurs plus grosses affaires.

« A raison de cette solidarité, et aussi parce que personne n'est plus propre que la commune à faire Topération du lotissement selon la juset en parfaite connaissance de cause, c'est à elle qu'appartient le droit de décider comment la terre sera répartie entre ses membres mâles ayant atteint l'âge viril ; qui, des paysans d'un village, sera pourvu d'un ou de plusieurs tiaglos, ou ne recevra qu'un demi-ltagto, sinon rien du tout.

« La répartition se fait périodiquement de la manière suivante : Après s'être rendu compte de l'activité, des forces et du nombre des membres d'une famille, la commune, qui a sous les yeux l'inventaire économique de chaque paysan, exerce un pouvoir discrétionnaire, mais contrôlé pourtant par l'opinion et la notoriété, pour les doter de plus on moins de terre. A tel paysan, par exemple, qui a cinq fils à l'âge du travail, mais ouvriers médiocres ou mauvais, et qui d'ailleurs n'a ni une quantité convenable de bétail ni des instruments aratoires en bon état, elle donne deux tiaglos ou lots; tandis qu'à tel autre ménage, composé seulement de deux frères, mais robustes, assistes d'une famille qui, pas plus qu'eux, ne craint le travail, et ayant une économie bien montée, elle en donne trois. On peut conclure de là qu'un tiaglo n'est pas attribué à un individu, mais à une famille, ou du moins i un ménage.

M Les partages se faisaient autrefois tous- les ans : aujourd'hui, ils ne se renouvellent qu'au bout d'un certain nombre d'années, variable suivant les provinces. Lorsqu'un fils se marie du vivant de son père, il a droit k entrer, à la première occasion, dans le partage des Uaglos^ et on lui en confère un tout de suite pour son compte personnel, si la commune a des réserves ; dans le ca^ contraire, U reçoit protisoiremeat du père une partie du domaine commun de la famille.

« Ce système d'indivision, ce communisme fort curieux à étudier, a trouvé et trouve encore des défenseurs, surtout i ce point de vue qu'il empêche le prolétarisroe, qui, chez nous, est la plaie de notre époque, et encore à celui de l'autonomie des communes, qui, dans an empirt d'une si colossale étendue plus encore que partout ailleurs, lemble une institution tutelaire.... »

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