‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 101 sur 337 · Rob. Hartmann. Untersuchungen ûber die Vœlkerschaften · texte numérisé non relu

Rob. Hartmann. Untersuchungen ûber die Vœlkerschaften

Nord-Ost-Afrikas. Zeitschrift fur Ethnologie de Bastian et Hartmann, 2" année, 1870, 2* cah., p. 86-11 1.

Pour les premières parties de cet important travail d'un savant qui a étudié personnellement les peuples dont il recherche la place dans l'ethnologie générale du nord-est de l'Afrique, voir le précédent volume de VAnnée' géographique f p. 33, n» 38, et aussi le n* 37. Il n'est pas d'ail-

leura un stol des volumes de l'Année où nous n'ayons eu à noter quelques fructueuses études du D*" Hartmann, depuis sa belle publication du voyage du baron de Barnim, qui est à yrai dire son propr9 voyage : Reise des Freiherrn A. v. Barnim in Nord-Ost-Afrikaf 1859>60 Berlin, 1863, in-4°, avec cartes et grav.

418. Ernst Marno. Yon Dabbeh nach Omdermau, durch die wesiiche

Bajuda-Steppe. Mittheilungen der gcogr, Gesellsch, in Wien, 1870, p. 244-248 (carte).

— Du même : Yon Famàka nach Fadâsi, ibid., p. 537-545.

— Du même : tJeber Boden-und Végétations- Verhàltnisse Nord-Ost-

Africas, ihid,, p. 641-648. Avec une carte. Wien, 1870.

L'auteur passe successivement en revue, au point de vue de la na« ture du sol et de la végétation, la zone des steppes (entre le grand coude du Nil et Khartoum) et la zone des déserts (au-dessus de U précédente). La carte est datée de Khartoum, 1870. — Voir ci-après, au $2.

419. Letters from sir Sam. Baker, "White Nile. Proceedings of the R,

Geogr. soc, vol. XY, 1870-1871, p. 92, 162.

420. Lettres de M. H. de Bizemont, associé au voyage de M. Samuel

Baker. Bulletin de la Soc. de géogr. ds Paris, juin 1870, p. 490, et déc, p. 218.

Sur l'expédition de MM. Baker et de Bizemont, voir ci-après, $ s.

421. Ét.-Fél.' Bbrliodx. La traite orientale. Histoire des chasses à

l'homme organisées en Afrique depuis quinze ans pour les marchés de l'Orient. Lyon, 1869, in-S", xi-3ôO pages; carte. 6 fr. (Paris, Guillaumin).

Ouvrage plein de faits et de renseignements.

S i**. Les explorations actuelles du haut bassin du Nil.

Le D' Schweinfurth.

Le voyage cLu D^* Schweinfiirth prendra place parmi les explorations scientifiques les plus importantes que notre époque aura vu se poursuivre dans les contrées intérieures de l'Afrique. Nous avons noté dans la bibliographie les informations transmises par le voyageur. A la date du 25 août 1870, le D' Schweinfurthy après un séjour de dix-huit mois dans la contrée qoi s'étend à l'ouest do âondokoro^

dix-huit mois très^activement et très-fructueusement employés, se disposait au retour. Le point méridional qu'il eût atteint est à 3^" 23' au N. de Péquateur, et à 28"* 13' environ à TE. du méridien de Greenwich (25'' 52' E« de Paris) ; ce point est à 100 lieues à vol d'oiseau (450 kil.) à rO. S. 0. de Oondokoro, et à 75 lieues environ vers rO. N. 0. du grand lac auquel les Anglais ont donné le nom du Prince Albert (Albert Nyanza). II est bien regrettable que les circonstances n'aient pas permis à l'explora* teur de pousser jusqu'à ce dernier lac, dont la reconnaissance a été k peine entamée en 1865 par M. Baker. Leâ investigations du D' Schweinfurth se sont portées sur tout ce qui intéresse la science; ses lettres et ses envois montrent en lui non pas seulement le botaniste (c'est son étude de profession) y mais aussi, à un rare degré, l'ethnographe, le géologue, le géographe et le physicien. Il n'a pas fait d'observations astronomiques proprement dites (peut-être par la difficulté de transporter les instruments) ; mais il les a remplacées, sous ces latitudes presque équatoriales, par l'observation de l'ombre du gnonv>n, procédé qui fut, comme on sait, fort employé par les anciens, et qui leur a donné, en somme, leurs meilleures indications. Les observations du voyageur ont été calculées à TObservatoire de Berlin.

Pour donner une idée de l'intérêt et de la valeur des investigations ethnographiques du voyageur, nous allons traduire une lettre adressée au D^ Hartmann à la date du 10 juillet 1869, et qui a été imprimée dans le Zeitschrift fur Ethnologie^ 1870, p. 65. La lettre est écrite du séribah des Ghattas, une des principales stations des traitants d'ivoire de Ehartoum à l'ouest du Fleuve Blanc.

a Je me trouve ici au milieu de peuplades de trois langues différentes, les Dioûr (et non pas Djour), les Bongo et les D(nka : ces derniers portent différents noms, parmi lesquels le plas ha-

bituel est Dianghé, Aussitôt que les collections que j'ai faites jusqu'à présent seront expédiées à Maschéra*, je vais me mettre à l'étude de ces langues; jusqu'ici j'ai été par trop surchargé, — herborisations, préparations de crânes et de squelettes, etc. Je vais pouvoir dresser des vocabulaires assez complets, et même sans trop de peine, avec l'aide des interprètes que l'on entretient ici. Il y a là aussi des Niam-Niam qui parlent arabe. Puis j'aurai à prendre des mesures d'individus; j'ai déjà préparé des tableaux à cet effet. Je pourrai du reste opérer par masses, car il y a toujours ici 4 à' 500 esclaves en dépôt, outre les esclaves astreints au service qui sont encore plus nombreux, et finalement les Nègres établis dans le voisinage au nombre de 5000 au moins, et avec lesquels je puis faire ce que je veux. La provision de crânes sera peut-être assez mince, attendu que ces sauvages enterrent soigneusement leurs morts, et que je ne puis pas aller en mars^ude. Il faudra pourtant finir par faire ouvrir quelques tombes, ce dont mes hommes ne se feront aucun scrupule. J'ai dessiné quelques têtes, et j'ai fait de tels progrès dans ce genre nouveau pour moi que j'y prends un vrai plaisir^ et que je m'y donne de tout cœur. Ces portraits éveilleront en Europe un grand intérêt ; ils ipettront sous nos yeux un type d'Africains tout nouveau. Lejean a donné dans le Tour du monde (1865, II, p. 227) deux portraits de soidisant Niam-Niam : ce n'est pas du tout ce que j'ai sous les yeux. Ceux que j'ai vus jusqu'à présent, et j'en ai vu un assez bon nombre dans les divers établissements, sont des hommes bien découplés, actifs, de corpulence moyenne , et d'une taille de 5 pieds et demi, le haut du corps relativement long (ce que j'ai souvent remarqué aussi chez les Bongo, dont la peau est d'une nuance plus claire que chez les autres races). Leur physionomie a un caractère lourd et inculte , non pourtant sans une certaine bonhomie, quelque chose d'ouvert qui éveille la cq{Lfiance. Ils n'ont pas l'expression bestiale des véritables Nègres. Leur teint varie du brun rougeâtre au brun foncé, de même que chez les Hongo, nuance aussi foncée que chez les Nubiens, et qui pourtant en diffère considérablement. La peau des Nubiens rappelle la pure couleur brune de la gutta-percha; celle de ces Niam-Niam est d'un brun terrent tirant au cuivre*, nuance qui

1. Ces collections très-considérables sont depuis arrivées à Berlin.

2. Comme les Bagara, les Kababisch, beaucoup de Galtas et de Sidamas, fait observer le D' Hartmann.

se retrouve également chez les métis dont les établissements fourmillent. Chez tous les Niam-Niam quej^ai vus, les yeux sont très-écartés : il y a d'un œil à l'autre presque autant d'intervalle que de l'angle interne des yeux à l'extrémité du nez*. La tète est large et la face anguleuse, le nez large, la bouche grande, les lèvres épaisses. Au total, les traits chez ces hommes tiennent du Mongol plus que du Nègre.... »

Cet ensemble de traits tels que le voyageur les dépeint révèle évidemment une race mêlée, mélange dans lequel un fond galla a été dégradé, selon toute apparence, par l'immixtion du sang nègre. Mais la dernière remarque du D' Schweinfurth. sur le caractère mongol des physionomies qu'il a rencontrées dans cette zone de l'Afrique, est tout à fait nouvelle et digne d'attention. Ce n'est pas, comme le veut le voyageur, aux Bascbkirs et aux Ealmouks que cette analogie reporte notre pensée, mais aux Hottentots de l'extrémité du continent. Que de sujets d*étude cette Afrique à peine ouverte réserve aux explorateurs !

S 2. M. Ernst Marao. Une tentative de traversée de la zone des grands lacs éqoatoriaux.

Le voyage de M. Ernst Marno dans une autre partie du bassin du haut Nil excite l'intérêt sous d'autres rapports (n"" 418). Leniom et les antécédents de M. Marno nous sont inconnus (un Italien deKhartoum, supposons-nous); c'est la première mention que nous en trouvons. Elle nous apprend que parti de la capitale de la Nubie égyptienne au printemps de 1870, le jeune voyageur — M. Marno doit être jeune — remonta la vallée du Fleuve Bleu dans le dessein de pénétrer par cette voie (c'est en effet la bonne) dans la

1. Particularité que j'ai également remarquée chez les Gallas et les Sidamas, dit encore le D' Hartmann.

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contrée vierge des Oallas, et poussant devant lui dans cette direction, de gagner la côte des Somâl ou du Zanguebar. La ligne est neuve, et les résultats auraient certes plus d'un genre d'intérêt. Mais M. Marno s'y est heurté dès le début à des obstacles devant lesquels il a dû s'arrêter. Il est arrivé par le Fleuve Bleu au pays des Béni Changol, point extrême du voyage deRussegger ; mais il a trouvé là, lui aussi, ses colonnes d'Hercule. Il a tourné alors vers Fadasi dans le pays des Nègres Bertat, et au mois de juin il était de retour à Khartoum.

M. Marno ne regarde cette première tentative que comme un voyage d'essai. H n'aura pas, d'ailleurs, été tout à fait inutile à la géographie. « De Béni Ghangol à Fadasi, écrit-il {Miltheilungen der Geograph, Gesellschaft in Wien^ 1870, n° 12), la carte est vide, ou du moins le peu que Ton y trouve est sans valeur. J'ai chevauché lamontrei la boussole et le carnet à la main, et j'ose dire que dans la limite de mes moyens j'en puis donner une . carte plus exacte ; d'autant plus que sur les cantons plus méridionaux, sur la frontière des Gallas notamment et sur le Sobat-Jabous, je ne suis pas sans avoir recueilli des informations intéressantes, i» Nous verrons bien.

M. Marno allait mettre ses notes en ordre et l'esquisse de sa carte au net, et faire ses dispositions pour une seconde tentative. Son intention est de repartir après la saison des pluies, c'est-à-dire en décembre ou en janvier, et avec une petite troupe de vingt-cinq à trente hommes de prendre de nouveau le chemin du Jabous et de Fadasi, d'où il compte bien mettre son premier projet à exécution.

S s. L'expédition égyptienne. M. Baker et M. de Bizemont.

L'expédition organisée il y a deux ans en Egypte et dont la conduite a été confiée à Sir Samuel Baker, est avant tout

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