THRACE
rendent las earaotàros originaux du panthéon thrace pour le même temps. Le génie de cette nation avait transformé les dieux classiques, fait de Diane une virago armée d'un pieu, d'IpoUon un fort chasseur ; il gardait aussi des divinités particulières : un héros à cheval combattant les hètes féroces, qui pjtralt a?oir été le type premier du saint George byzantin, et, ce fuî est plus étrange, des déesses mères semblables à celles qqî se retrouvent si fréquemment en Gaule. Touteiois la mine û plus précieuse d'antiquités en Thrace n'a pas encore été explorée. Les tumulus qu'on voit dans ce pays répondent à la description qu'Hérodote en a donnée ; ils sont pour la plupart des sépultures importantes. Il faut renoncer à les compter. Quelquesuns ont été ouverts par hasard ; on y a trouvé des bijoux d'origine grecque, des armes et des objets barbares. Ils ne sont pas moin3 précieux que ceux de la Scandinavie, de la Gaule, du Pont-Euxin, qui nous ont livré tant de richesses. Le jour où on se déciderait à les fouiller avec méthode, ils nous révéleraient en grande partie l'histoire la plus ancienne de ces contrées.
L'itinéraire que le vo)fageur s'était tracé était le suivatit :
1* Aller de Gonstantinople à l'extrémité de la province, c'ett-IU-diraau point où THémus rencontre le Rhodope ; suivre la voie romaine qui partait de Byzance pour traverser les Portes Trajanes, et continuer de là jusqu'à Tlster; visiter ainsi deux grandes capitales, Andrinople et Philippopolia, et retrouver entre elles les stations de Titinéraire d'Antonin.
S^ Revenir le long de l'Hèbre et descendre ce fleuve jusqu'à Enos.
3* lyEnos suivre les côtes de la mer Egée et de la Propontide.
Ce programme a pu être rempli ; voici ce qu'il promet à la géographie comparée. C'est le voyageur qui parle à TAcadémie :
Topographie. Au point de vue des recherches topographiques, les villes grecques de Thrace se divisent en trois classes:
300 EUROPE. (n** 474-493)
1<> celles qui conservent encore leur nom ancien ; S» celles qai portent un nom byzantin; 3^ celles dont les géographes ont parlé, mais dont le voyageur ne trouve plus aucun vestige. .
U est inutile de rappeler les villes qui appartiennent à la première classe. Elles sont heureusement très-nombrenses et doivent servir de base à la reconstruction de la Thrace à l'époque grecque. Parmi celles de la seconde classe, je citerai Chora et Panidon, villages modernes qui occupent l'emplacement de cités importantes, dont je ne puis fixer, pour le moment, le nom antique. Agora, Aphrodisias, Dymes, Gypselà, ne me paraissent avoir laissé aocun vestige.
Pour toutes les villes de Pépoque grecque, Parchéologne doit surtout s'attacher à déterminer l'emplacement habité dans les temps antiques. Cet emplacement a presque partout changé, mais les recherches de cet ordre offrent peu de difficdHés.
A cette période se rattache une étude de l'itinéraire suivi par les Dix Mille en Thrace, itinéraire qu'on retrouve sans peine, mais que les meilleures cartes antiques du pays aujourd'hui publiées ne permettent pas, croyons-nous, de suivre avec certitude.
Voici, pour terminer, une remarque d'une antre nature dont on ne méconnaîtra pas l'importance. Parlant dn pro* gramme d'études en vigueur dans les écoles militaires établies dans l'Empire depuis 1847 (Andrinople en possède une), le voyageur a constaté que le français y tient une place notable. « II n'y figure pas pour la forme. Des élèves osmanlis qui n'ont jamais quitté la Turquie soutiennent parfaitement une conversation dans notre langue; dans la cinquième classe, plusieurs la parlent avec une rare correction. Ils ne feraient pas, il est vrai, comme les petits Arabes de Syrie, des nar^ntions dignes de notre baccalauréat ; mais il est déjà surprenant que leurs progrès soient aussi complets. On ignore en général que depuis quinze ans une partie de la jeunesse d'Orient parle le français* Ce n'est pas ici le lieu d'insister sur une nouveauté aussi importante; mais quand nous essayerons de préciser le germe d'influence que chacune des nations européennes peut exer-