ALLEMAGNE DD SUD
Empire d'Allemaipiei
570. Kraatz. Topographisch-Statistisches Handbuch des Preussischen
Staats. Berlin, 1870, in-4». 5 thl. (Decker).
571. P. Leboy-BbauLieu. Les ressources de la France et de la Prusse.
Rev.des Deux-Mondes, 1*' sept. 1870, p. 135-155.
Cette étude, au point de vue économique et militaire, présente un intérêt qui survit aux tristes circonstances au miliea desquelles elle a paru.
572. Ëvariste Bavoox. La Prusse et le Rhin. Paris, 1870, iB-8% xx-
144 pages ot 7 cartes (Dentu).
l'anneb oeoqr. IX. 21
322 EUROPE. (n" 570-591)
J'inscris cette publication à titre bibliographiqae. Elle a été publiée à an moment oà rentrée de Paris nous était interdite, et Je ne l'ai pas eue entre les mains. Je n'en connais pas la Talear hittoriquai. Elle ae recommande au surplus par le nom de l'auteur.
573. J. GouRDAULT. La rive gauch« du Rhin au dixième sièda. Revue
des Deux-Mondes, 15 avr. 1871, p. 659-687.
574. FusTEL DE CouLANOBS. UAlsAco est-ellô allemand» ou fran-
çaise? Réponse à M. Monimsen. Paris, 1870| 16 p., in-32.
575. Gh. GiRAuo. La réunion de TÂlsace à la France. Conférence faite
à TËcole de Droit en sept. 1870. Revue des cours Kttér., 8 oct.
576. De QuATREFAGts. La race prussienne. Parts, 1871, gr. in*18,
110 pages, avec un'plan. 1 fr. (Hachette.)
Étude publiée en premier lieu dans la. Revue dis JMwt'Mondeë^liîé' yrier 1S71. Le savant professeur y développe un C^t ethnologique connu depuis longtemps, à savoir, que par ses origines la oatton prussienne est beaucoup plus slave que germanique, non sans un mélange notable de sang finnois. Ceci, bien entendu, s'applique surtout à la Prusse proprement dite, c'est-à-dire à la Prusse orientale, i Test de l'Elbe et surtout de l'Oder; il n'en est plus ainsi, cela va sans dire, des provinces de l'Ouest, de ce qui constitue la Prusse nouvelle, la Prusse ÉpictèlCj comme on pourrait dire dans les universités d'oatre- Rhin. Celle-là est bien allemande, comme la Prusse tout entière l'est devenue par la langue ; ce qui n'empêche pas qu'entre rAllcmagne du Nord ou Allemagne prussienne et l'Allemagne du Sud, qui est restée la vraie Allemagne, il y a des différences profondes de nature, de caractère, de mœurs et de dispositions, sans parler des dissidences politiques et religieuses, ainsi que l'a si bien fait ressortir M. PanlGherbuliez, sous une forme légèrement humoristique, dans la spirituelle esquisse que nous avons signalée il y a deux ans au 8* volume de VAnnét géographique,
577. B. WiNCKLBR. Die Nationalitâten Pommerellens. Hischherg, 1870,
in-8%
578. 0. Beck. Beschreibung des Reg. Bezirks Trier. Trier, 1869,3 vol.
in-g^CLinlz).
579. F. Freiligbatb urd L. SchOckino. Des malerisehe und roman-
tische Westphalcn. Pad«r&orn, 1870-71, in-8« (Schôningh).
fidO. Kurzgefasstes statistiches Handbuch der ProTinz Posen. Naeh tmllichen Quellen. Posen, 1870, in-8-, 1 thl. J (Tûrk>.
581. G. BrOckner. Volks-und Landeskunde der Fûrstenthums Reuss. Géra, 1870, in-8*, 2 thl. } (Kanitz).
ALLEMAGME. 328
683. Rvd* Ldowio. Versuih einer Statistik der GrossherzogUiums Hes- Mn, vàt Gnindlage der Bodenbeschafienheit. Darwutadi, 1858, iih8*, €7 pages.
Monographie géologiqae, agricole, économique, etc.
583. Nûtizblatt des Vereins fOr Erdkunde und verwandte Wissen-
schaften zu Darmstadt.... Herausgegeben Ton L. Ewald. 3' seriet cah. vn, tui et uc (comprenant les n** 73 à 108 des fascieolesmen8aels>.JParm«lad<, 1868, 1869, 187(V(Jongliaus).
584. R. Bœck. Der deutschen Volkszahl und Sprachgebiet in den eu-
ropâlschen Staaten; eine statistische Untersnchung. BerUn, 1870, in.8*.
Voir sor ce liTre, et d*autres publicatioDs analogues, on article dé M. Oaidoz dans la Revue des Deux-Mondes , 1««- févr. 1871.
586. D' Ad. Bacmeistbr. Alemannische Wanderungen. StuUgûrdf, 1870^ 'in-8*, XVI- 170 pages (repartie). Cotta.
Le lecteur qui croirait trouver dans les Prùmenades alimeumiqtM la description pittoresque des admirables vallées du Neckar, dn Rhin, mojem et sopérieor, dà hant Danube et de leurs afflueats, épronvendt sans doute quelque déception. Ce livre est d*un savant plutôt qne d*nn touriste, et l'auteur aurait pu à la rigueur en écrire toutes les parties essentielles sans sortir de son cabinet. C'est un essai d*application des méthodes rigoureuses de la grammaire comparée à une branche nouvelle des sciences historiques, à laquelle conviendrait assez bien le nom de Paléontologie géographiqœ proposé par Tauteur dans son introduction. Le docteur Bacmeister examine un grand nombre de noms de lieux, de rivières et de montagnes du sud-ouest de TAllemagne (700 environ), et remontant à la plus ancienne forme connue du mot, il s'attadie à déterminer autant que possible quelle en est Tétymologie, ou ' au moins à quelle langue il se rattache. Les Rhètes, les Celtes, les Ro mains, les Teutons, y ont tour à tour et plus ou moins profondément marqué Tempreinte de leurs pas. Des premiers on sait pen de chose, si M, Bacmeister ne franchit pas, an sud, la limite du domaine spécialement rhétique exploré par son ami le docteur Ludwig Steub, de Munich, auqueMl adresse sa préface. Au nord de cette frontière, dans la région occupée par les Alemanni, tons les noms de flenves, presque tous les anciens noms des lieux qu'il examine, sont celtiques. Ce fiîit, déjà signalé partiellement, est ici démontré pour la première fois dans un travail d'ensemble avec la dernière évidence. Ce travail offre en même temps beaucoup d'intérêt au point de vue de la phonétique comparée, gemanique et celtique ; l'auteur se propose d'ailleurs de traiter de cette dernière dans un ouvrage spécial qu'il annonce devoir faire paraître sous le titre de Grundzûge der keltischen Etymologie. Le dernier chapitre fait connaître quelques noms topographiques accusant la présence dlnunigrations slaves, qu'on s'attendait pen à rencontrer aussi loin vers l'Occident. On trouve même, au moyen Âge, une désignation de lieu renfermant l'ancien nom de cette race associé à une forme celtique dont le sens ne s'était point encore perdu « a VenêUduno, id est, a Sdavi monte. • (Page 152, 2* note.) M. Bacmeister a rejeté dans do nwdMTSuiss notes qit Msupent lebas de chaque page la partie la pUii
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technique de ton tramil. Dans le texte même, l'aridité Inhérente au sojet traité est souvent relevée par des passages d*ane forme trèa-littéraire, par des saillies humoristiques, par des citations de poésies descriptives locales. Un chapitre intitulé : Une idyUe alimanniqu* cm IV* siècle, un gracieux commentaire des quelques fragments qui nous sont parvenus du poëme d'Ausone sur sa captive Bissula, butin remporté par lui de sa campagne en Alémannie : «Conscia nascentis Bissula Dannbii.» M. Bacmeister traduit en vers allemands ces fragments, linsi qu'une grande partie du poëme sur la MoaelU. Une table alphabétique des noms de lieux termine le volume (notes bibliographiques ^dn Journal des Savants),
586. Karte Yon Sûdwest-DeutschlaDd, von der Topograph. Bureau der Kônigl. Bayer. Generalstabes. Mûnchen, 1867-69, 25 feuilles et une carte d'assemblage (au 250000'). 15 thl. (Mey).
587. A. Dbdbrich. Julius Cssar am Rhein. Nebst Ânhang ûber die
Germani des Tacitus (Germ., Il), und ûber die Franc! der Peutinger' schen Tafel. Schcmingh. 1870, in-8*, 89 pages.
588. Schneider. Neue Beitrâge zur alten Geschichte und Géographie
der Rheinlande. III Folge. Der Kreis Duisburg unter den ROmem. Diisseldorf, 1871, in-8*.
589. W. Kellner. Chatten und Hessen. Eine Untersuchung Qber die
Herleitung des Namens der Hessen aus dem der Chatten. Zeittchr, fûrPreuss, Gesch. und Landesk.j 1870, p. 425.
590. Hebp. Die Karakaten als Bewohner der unteren Nahegegend. Be-
richt des arUiq. histor, Vereins fur Nahe und Huntrûckenf
591. A. Geffrot. Les Origines du germanisme. La Germanie de Ti«
cite. De Tautorité et de la valeur de ce livre. Revue des Dew^ Mondes, 15 déc. 1871, p. 810-834; 1*' janvier 1872, p. 98-122.
Travail remarquable, qui ne serait pas déplacé dans les Mémoins de TAcadémie des Inscriptions.
S 1*'. Le nouvel Empire germanique.
Un grand changement s'est accompli dans la géographie politique de r£urope et dans la balance des États. Un Empire Oermaniqne s'est reconstitué sous la main de la Prusse agrandi, plus compact, plus puissant, plus menaçant
qu'il ne le fut jamais au temps de la grandeur des Habsbourg.- Pour la quatrième fois depuis le dix-septième siècle, la carte de l'Europe a été remaniée, dans un cercle plus restreint en apparence, dans des conditions non moins absolues en réalité. Ge qu'il adviendra de cette création, nous n'avons pas à le prévoir. Nous devions constater le fait.
S 2. La Prusse et rAllemagne. Étades diyerses.
Les événements ont enfanté de nombreux écrits et provoqué de sérieuses études. De celles-là nous en avons noté quelques-unes. On a remué des questions d'origine et d'ethnologie qui établissent que les Prussiens, aujourd'hui maîtres de l'Allemagne, ne sont pas une race germanique. Le fait est depuis longtemps acquis à la science, mais nous avons dit dans quelles limites on doit le rattacher auj ourd'hui à la géographie politique (ci-dessus, l? 576), On a scruté jusque dans les profondeurs du moyen âge l'histoire territoriale des contrées de la gauche du Rhin. Si précises et si concluantes qu'elles puissent être, de telles recherches ne sauraient aboutir aujourd'hui qu'à des discussions oiseuses. On n'argumepte pas contre la force. Un savant professeur, penseur profond et spirituel écrivain , frappé de l'aspect différent sous lequel l'Allemagne et le peuple allemand nous sont présentés, à quinze ans d'intervalle, par Mme de Staël et par Henri Heine (E. Garo, Les Deux AUemagnes, dans la Revue des Deux^MondeSy V novembre 1871), a voulu se rendre compte d'une pareille opposition. Rien de piquant comme l'esquisse qu'il en trace. Il nous montre la femme célèbre qui écrivit en 1809 le livre De P Allemagne ^^
1. Ce livre fameux ne fut publié pour la première fois qu'en 181S. Parid, 3 vol.
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composant après Tadte, et comme lui peni-étre dans une pensée d'antithèse, une nouTelle « Germanie » exclusivement idéaliste, une Germanie patriarcale, enthousiaste, le foyer de la pensée pure, la patrie des amours innocentes, en un mot une véritable idylle ^ Mme de Staël s'élève avec indignation contre ceux qui ont dit que la Prusse était une « vaste caserne ». Toute TÂllemagne, à ses yeux, est peu* plée de spéculatifs qui n'ont aucun regard pour les intérêts d'une politique terrestre, qui se disputent le domaine des spéculations, mais qui abandonnent aux puissants de la terre le réel de la vie. c Ce réel de la vie, fait remarquer M. Garo, c'est l'argent, ce sont les territoires, c'est la puissance matérielle, c'est la force. On pourrait dire qu'il n'est méritoire de dédaigner ces réalités que lorsqu'on est en mesure de les atteindre, et que volontairement Ton s'en passe. Mme de Staël affirme que l'Allemagne les dédaigne. Soit, en 1810; mais il faut bien reconnaître qu'alors elle ne pouvait pas faire autrement, qoe sa vertu était du genre de celles que Ton fait avec la nécessité, et qu'en tout cas, depuis ce temps, ses goûts ont quelque peu changé avec sa fortune. »
Bien difiérent est le point de vue, aussi bien que la forme, de l'auteur des Reisebilder *, le terrible railleur, l'impitoyable sceptique. Il déteste les Teutomanes et t leur générosité; » il aime la France et son esprit. Ses remarques, comme ses avis, en ont une double valeur. « Prenez garde, nous dit-il dans une page prophétique que cite M. Garo, prenez garde : on ne vous aime pas en Allemagne, vous autres Français. Ge qu'on vous reprocheau juste, je n'ai jamais pu le savoir. Un jour pourtant à Gœttingue, dans un cabaret à
1. Voir, sur ce sujet, les remarques aussi justes que savantes de M. Geffroy, ci-dessus n» 591.
2. La premier volume parut à Hambourg eu 1S20, deux ans aprts la pubUcation de V Allemagne de Mme de Stafil.