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L'ALLEMAGNE ET LES ALLEMANDS

bière, un jeune YieiUe-AUemagne dit qu'il fallait venger dans le sang des Français celui de Konradin de Hobenstaufen, que vous avez décapité à Naples. Vous avez certainement oublié cela depuis longtemps ; mais nous n'oublions rien, nous. Le jour venu» soyez bien sûrs que nous ne manquerons pas de raisons d'Allemand. » Ces lignes furent imprimées en 1835.

M. Garo se résume Ainsi :

J'ai tâché de dégager les deux types opposés du môme peuple dans B(me de Staël et dans Henri Heine. Lequel de ces deux types aura raison devant l'histoire?

Il 7 a. une vérité relative dans tous les deux. Oui, l'Allemagne de Mme de Staël a existé quelque part; elle a eu son temps, — aux jours anciens oh. les lieder florissaient, avant Tère des canons Krupp. 11 a dû y avoir jusqu'à la fin xvm<» siècle une Germanie qui ressemblait par quelques traits à cellelà : c'était l'Allemagne- du sentiment. Je n'assurerais pas même qu'il fût impossible d'en retrouver quelques traces dans les honnêtes populations du midi de TAllemagne ; son ombre peut subsister obscurément dans quelque coin de la Souabe ou de la Bavière, avec les regrets de Tautonomie perdue, des cours dispersées, des princes médiatisés, peut-être même des Gretehen disparues. Toutefois cette Allemagne tend de plus en plus à s'eflkcer ; elle rentre dans les limbes du passé. Une autre lui succède, active, robuste, formidable : l'Allemagne de l'intelligence et de la force. C'est bien celle-là que Hegel appelait de tous ses vœux et dont il célébrait d'avance la venue dans ses i^Kythéoses de la victoire. Certes c'est une race puissante qui se révèle à nous. Irons-nous jusqu'à dire avec Hegel que c'est une grande nation? Je ne puis m'y résoudre. U me parait que quelque chose lui manque pour cela. Il y faudrait joindre ce que Mme de Staël louait si fort dans cette race avec un à-propos contestable : Tiastinct de la justice, la conscience du droit. Hegel et Heine n'ont omis que ce trait dans le dessin qu'ils ont tracé de la grande idée; il avait son importance, pourtant.

La force I oui, sans doute, c'est un élément de la grandeur d'un peuple. L'intelligence en est un autre ; mais toute seule avec la force, elle ne suffît pas encore : elle multiplie la force à l'infini, elle n'en change pas l'essence, elle n'y ajoute rien dans

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rordre moral. C'est le sentiment da juste, c'est le respect du droit qui seul consacre le caractère d'un peuple, et met le dernier trait à sa grandeur.

S 3. Étades sar la mer Baltique.

Nous touchons à des sujets d'un autre ordre. Un navire de la marine prussienne, Pommerania^ a fait , dans Fêté de 1871, un voyage d'études dans la Baltique, dont nous trouvons le compte rendu dans un journal de Hambourg. Le navire s'est dirigé d'abord de Stockholm vers l'île. de Grottland, puis à Test, dans le voisinage deacfttes russes. Revenu à Gottland, il a fait, de là, voile pour Memel. De cette façon , il a parcouru la partie la plus profonde de la mer Baltique en trois directions différentes ; puis , après avoir croisé devant les côtes de la Pomërtnie jusqu'à Bantzig, il a exploré la mer entre la Poméranie et les îles de iiottland , d'Aland et de Rûgen. De Stralsund, où il était entré un instant pour faire du charbon, il a doublé rUe de Rûgen et manœuvré en vue des côtes de Poméranie, de Mecklembourg et de Holstein.

Pendant toutes ces excursions, on a fait des sondages, mesuré la température et la composition saline des condies supérieures et inférieures, déterminé la direction des courants à la surface et au fond, et recueilli des animaux et des plantes tirés du fond de la mer. La plus grande profondeur du bassin de la mer Baltique, entre File de Gottland et Yindau (Gourlande), est de 240 mètres, et non pas 366 mètres comme on le croit encore d'après d'anciennes données. A cette profondeur de 200 k 240 mètres, l'eau a été trouvée d'un froid extrême. Les thermomètres qu'on y a plongés ont accusé une température de 1/2 à 2^ R. (fin juillet). On n'y a rencontré aucune plante vivante ; du règne animal, deux espèces de vers seulement, et en

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