ETHNOLOGIE DE LA FRANCE
ment etliniqae; les Normands, dernier flot de l'invasion des barbares germaniques, sont les derniers étrangers qui se iK)ient établis sur son sol, et leur influence d'ailleurs ne s'est exercée que sur la Bretagne orientale.
Cette Bretagne orientale, successivement modifiée par Idà Romains, les Franks, les Normands, diffère donc de la Bretagne occidentale par ses éléments ethniques, comme elle en di^re par le langage ; et cette distinction a été consacrée depuis longtemps par les dénominations de Haute-Bretagne et de Basse-Bretagne. Ces dénominations ne correspondent pas à des dreonscriptions territoriales administratives ou politiques^ eUeiS correspondraient plutôt aux limites des anciens évèchés; fliaif elles sont principalement ethniques. La Basse-Bretagne est celle où l'on parle les dialectes bas-bretons ; la Haute-Bretagne est celle où Ton parle le français. La première comprend les évôcbés de Qidmper, de Vannes, de Saint-Pol-de-Léon, et de Trégùîer; la seconde comprend les évôchés de Nantes, de Rennes, de Dol^ de Saint-Malo et de Saint-^euc. Les Bas-Bretons ou Bretone bretonnants ont la prétention légitime d'être les vrais représentants de la vieille nationalité bretonne; quant à leurs voisins de la Haute-Bretagne, ils les désignent sous le nom de Gauhiéj quoique déjà plus ou moins soumis aux Franks. Et c'est ntie deÉ raisons qui me portent à admettre que la Bretagne orientale avait déjà abandonné la langue celtique et adopté la langue latine avant d'apprendre le français, qui se forma graduellement à partir du sixième siècle.
Voici les conclusions du B^ Brooa :
10 Q existe dans la Basse-Bretagne deux races (fhommes : 'une blonde et de grande taille, la race kymrique ; l'autre petite, aux cheveux bruns, la race celtique.
à^ La population de la Basse-Bretagne est is^e de deux peuples distincts : les Armoricains et les Bretons. Les Armoricains étaient fixés dans cette région depuis les temptf pré-historiques. Les Bretons n'y sont arrivés qu'au cinquième siècle de notre ère ; ils venaient de File de Bretagne, aujourd'hui l'Angleterre, cherchant sur la terre ferme un refuge contre les barbares germaniques qui envahissaient leur patrid«
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30 Les Armoricains appartenaient à la race celtique; les Bretons, descendants des peuples belges qui avaient conquis la partie méridionale de Tîle de Bretagne avant réjpoque romaine, étaient, comme les Belges de la Gaule, de race kymrique.
4** Rapprochées sur le même sol et unies depuis quatorze siècles dans une même nationalité, les deux races de la Basse-Bretagne» ne se sont cependant pas fusionnées; et, malgré d'incontestables mélanges qui ont plus ou moins atténué le contraste de leurs caractères anthropologiques, on les retrouve encore suffisamment distinctes dans leurs cantonnements respectifis.
5** La race armoricaine ou celtique forme la plus grande partie de la population de la Basse-Bretagne; elle prédomine sur plusieurs points du littoral et dans tout le centre du pays. La race bretonne ou kymrique, quoique plus ou moins infiltrée dans la plupart des cantons celtiques^ n'est prédominante que dans un petit nombre de cantons, tous voisins de la mer et dispersés en plusieurs groupes distincts autour du massif celtique ; et cette répartition est parfaitement conforme à ce que l'on sait sur les causes et la nature de l'immigration des Bretons insulaires en Armorique.
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