‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 150 sur 337 · Wbtmpbr. Greenland. Alpine Journal, 1870, mai · texte numérisé non relu

Wbtmpbr. Greenland. Alpine Journal, 1870, mai

733. Ch. Grad. Notice sur les glaciers du Groenland. Bulletin de la

Socdegéogr. de Pari», août 1871, p. 109-127.

734. D' Isaac J. Hâtes. The land of désolation; being a personal Nar-

rative of adventure in Greenland. Lond,, 1871, in-8*, with illustr. (Low).

735. D* AI. Hbrzbn. Una gita a Jan Mayen. BoUettino deUa Soeietà

geografica italiana, fasc. S**, 15 nov. 1870, p. 97'107.

Le D' Herzen faisait partie, comme médecin, d*une expédition scientifique au nord entreprise en 1861 par M. Bama di Francoforte.

736. D' Hbbr. Die miocène flora und fauna Spitzbergens.Iftpjrt^, 1871,

in-4*. 2 tbl. (Brockhaus).

LBS EZPâDITIONS POLAIRES.

S t*». Résultats acquis. Les deux expéditions allemandes.

Les questions qui se rattachent aux explorations polaires ont pris, depuis trois ans, une importance toute nouvelle; on en peut juger par l'étendue seule de leur biographie. Ge sont les entreprises allemandes, inspirées par rhabile et actif directeur des Mitheilungm de Gotha, le docteur Augustus Petermann, qui ont donné à cette reprise des investigations arctiques la première et la plus vigoureuse impulsion, et, jusqu'à présent, ce sont toujours elles qui y tiennent la tête.

406 EXPEDITIONS POLAIRES. (iT' 698-736)

« Les tentatives antérieures, est-il dit dans un travail de M. Faligan resté malheureusement incomplet , bien qu'elles n'eussent pas abouti, avaient amené de nombreuses découvertes. On leur doit spécialement, sur le climat et la géographie des contrées arctiques, des notions plus précises qui nous ont mieux renseignés sur la véritable nature de» obstacles à vaincre. Jadis on était persuadé que la zone polaire, étant la partie la plus froide du globe, est en toute saison couverte d'une couche épaisse de glace et de neige. Aujourd'hui l'on a des raisons de croire que du oerde polaire au p61e la température moyenne doit aller en augmentant. B parait démontré qu'une mer libre existe au delà des amas de glaces qui, sur tout le pourtour de la zone polaire, ont jusqu'à présent arrêté les navires. Du moins a-t-on aperçu, sur plusieurs points de la limite extrême de la banquise, de larges étendues d'eau presque entièrement dégagées de glaces.

« Le témoignage de Morton, celui de Bayes surtout % ne permettent pas de conserver le moindre doute à cet égard. On pense aussi qu'à la fin de la saison chaude la banquise se rompt et se jdésagrége suffisamment, en certains points de sa circonférence, pour livrer passage à des bâtiments qui saisiraient l'occasion favorable. Il est positif, en tout cas, qu'elle n'est point inaccessible, comme on l'avait d'a> bord supposé. On a pénétré fort avant dans ses profondeurs avec des navires; on est remonté plus loin encore sur sa surface, à Taide de traîneaux. On ne doute plus qu'en usant de l'un ou de l'autre de ces moyens, ou plutôt en les employant alternativement, on ne puisse s'élever jusqu'au p61e. Enfin, des trois grandes voies qui se pré^ sentent aux explorateurs, les mers du Spitzberg, le golfe de Baffin et le détroit de Bering, aucune ne semble ^m^

i: Voy. la merUbredupôUf par le D' J.-J. Hayes, trad. de Ttii* glais par F. de Lanoye, 1 vol. gr. in-8\ Hachette, 1868.

HXSTORIQUB. 407

prtiieable. On ne peut dire enoore, il est Trai, ni comment, ni par quelle route on arrivera au but> Mais on a Tespérance fondée de l'atteindre; on est mû surtout par le déiir d'élucider les questions scientifiques soulevées par les dëeoQvertee les plus récentes. Cela suffit pour qu'on perliste.

« C'est de l'année 1865 que date le mouvement qui semble atteindra aujourd'hui son apogée. A cette époque, il y avait eu comme un temps d'arrêt à la suite des nombffuaes expéditions envoyées à la recherche de sir John Franklin. Il ne fut pas de longue durée. Le 23 janvier, nn explorateur très-expérimenté des régions arctiques, le eepitaine Osbome, donna lecture devant la Société de géograjdûe de Londres d'un mémoire sur une expédition nouvelle au pôle. Il proposait la voie du golfe de Baffin et da détroit de Smith, voie déjà reconnue par Eane et par Hayts. »

Ge pian trouva, dans le docteur Âug. Petermann, un ad- Tergaire déclaré. M. Petermann soutenait qu'on aurait infiniment plus de chances de réussir en essayant d'atteindre, sous la protection du Gulfstream, la mer libre par le nord du Spitzberg. La dissidence, aussi profonde que possible, portait non-seulement sur le choix de la route, mais sur l'état dee régions polaires. Resté fidèle à l'ancienne opinion, le capitaine Osbome est convaincu que d'immenaes champs de glace recouvrent la zone arctique. M. Petermann, au contraire, croit à l'existence d'une mer libre et à la possibilité de traverser la banquise et d'atteindre le pôle avec un navire. Des discussions très-vives s'engagèrent, dont le premier résultat fut de ramener la question du pAle à l'ordre du jour. Dans le même temps un projet analogue se produisait en France, et le promoteur de ce plan, M. Gustave Lambert, trouvait dans la Société de géographie de Paris un chaleureux et fructueux appui. CTest hi 'agitation .qui se produisit alors que sont dues les

expéditions entreprises dans ces dernières années ou maintenant en coars d'exécution.

£n 1868, deui navires pénétraient dans les mers du Spitzberg. Le premier, la Germania^ avait été équipé par le docteur Petermann, à l'aide de souscriptions publiques; l'autre, la Sofiay était commandé par un Suédois, M. Nordenskjœld, déjà connu par trois voyages d'exploration exécutés de 1858 à 1864 dans les mêmes parages. La Sofia était un bâtiment à vapeur solidement construit en fer et mis à la disposition de M. Nordenskjœld par le gouvernement suédois; les autres dépenses avaient été couvertes par des dons particuliers.

L'expédition de la Sofiu avait un double but. Elle devait conduire au Spitzberg une mission scientifique chargée de continuer, durant Tété, l'exploration de cet archipel. Puis, ces études terminées, et tandis que les membres de la mission seraient rapatriés par un autre navire, la Sofia devait mettre le cap droit sur le nord et chercher à gagner le pôle parallèlement à la côte orientale du Groenland. De cette façon, si Ton échouait dans la dernière tentative, on était sûr d'être dédommagé par les résultats de la première. C'est précisément ce qui est arrivé. (Voir ci-dessus, n«- 725 à 727.)

L'expédition de la Gèrmania ne fut pas plus heureuse. La Gèrmania^ petit navire à voiles de 80 tonneaux, avait pour instructions d'atteindre le pôle, soit en longeant les côtes orientales du Groenland, soit en passant au sud ou au nord du Spitzberg pour gagner ensuite les parages du nord-est. Elle se heurta vainement contre la banquise du Groenland^ elle rétrograda sur le Spitzberg, redescendit le long de la côte occidentale de cet archipel, la* remonta jusqu'au 80* 73^ de latitude; puis après quelques autres tentatives non moins inutiles, elle rentra finalement dans le port de Bei^hen. Pour la géographie, les résultats sont nuls; mais ils ne manquent pas d'importance pour l'é-

Page 1